Gantry 5

 

France.
Coronavirus. Une chape de plomb, encore plus épaisse qu’à l’accoutumée, pèse sur les mouvements sociaux en liaison avec l’épidémie devant le refus des salariés de mettre leur santé en danger pour satisfaire les exigences du capital. Sans prétendre en faire le tour complet par manque d’informations il est possible de faire état de retrait pour mise en danger à la Poste, chez Safran (Le Havre), Arcelor (Le Creusot) Merlin Gerin (Alès) Amazone (Drome) aux Transports de Strasbourg, Chantiers de l’Atlantique, etc.
La fédération CGT des services publics a déposé un préavis de grève qui couvre tout le mois d’avril.
Pendant ce temps l’impuissance de l’Etat pour assurer la sécurité sanitaire du pays apparait dans toute son étendue. Les besoins élémentaires de prévention (test de dépistage) ou de protection (masques) ne sont toujours pas à la disposition des personnels soignants avec comme conséquence une multiplication des contaminations dans le personnel (plus de 530 cas d’arrêt à l’AP-HP au 23.03) et des premiers décès. Situation encore plus dramatique dans les Ehpad où les décès se comptent par dizaines et qui donne-malheureusement- raison aux luttes engagées par le personnel pour avoir les moyens de remplir sa mission.
Devant ce scandale sanitaire le pouvoir ne pouvait rester silencieux où se contenter de remercier les personnels de santé. Macron a été obligé de faire des promesses de revalorisation des salaires et de moyens supplémentaires pour l’hôpital. Il n’en reste pas moins qu’aucun budget n’a été voté lors du collectif budgétaire pour apporter des réponses immédiates.
Dans le même temps les opérations de communication gouvernementale se multiplient. L’hôpital militaire est enfin installé plus de dix jours après l’annonce, tandis qu’un bâtiment militaire de 32.000 tonnes est mobilisé pour transporter 12 malades entre la Corse et le continent. Les « entreprises » ne sont pas en reste. LVMH annonce qu’il va faire don de 10 millions de masques (fait en Chine), de son côté la grande distribution-qui supprime des milliers d’emplois- annonce une prime de 1000 euros (défiscalisée et sans cotisation sociale) pour le personnel en contact avec la clientèle. Quelle générosité ! Le capitalisme qui partage l’effort national !
Pouvoirs spéciaux. Profitant de l’épidémie le pouvoir a demandé et obtenu du Parlement le vote de pouvoirs spéciaux qui autorise le patronat à imposer aux salariés la prise de congés payés en lieu et place du chômage partiel. Le ministre Darmanin déclare à ce propos Lorsque l’on peut prendre des jours de congés pour pouvoir faire revivre notre pays, je trouve que c’est une pensée que chacun peut avoir. Une autre ordonnance met à mal le code du travail : celle qui prévoit la remise en cause des horaires de travail et impose une flexibilité entièrement soumise à l’arbitraire patronal (12 heures par jour, 60 heures de travail par semaine, travail de nuit où du dimanche) ordonnance qui couvre une période allant jusqu’au 31 décembre, bien au-delà de la période prévue de l’épidémie. Cela pendant qu’un collectif budgétaire validait toutes les promesses d’aide au capitalisme.
Les unions régionales de la RP (CGT, FO, Unsa, Solidaires, Unef, UNL (lycéens) dans un communiqué commun dénoncent le recourt aux ordonnances et l’absence de solutions réelles aux besoins des services publics et des salariés. Sans surprise la CFDT est absente quand un texte met en cause la politique du pouvoir.
Syndicats. L’ensemble des confédérations et trois organisations patronales ont signé un « relevé de discussion » qui relève de l’union sacrée plus que du souci de la défense de l’intérêt des salariés, impossible d’envisager dans une telle rencontre. Le « dialogue entre partenaires sociaux » étant pour les signataires le seul horizon possible.
De nombreuses protestations d’organisations de la CGT (UD, fédérations, membre de la Commission confédérale, syndicats d’entreprises) demandent, avec juste raison, le retrait de la signature de la CGT du texte.
Profitant de ce texte, gouvernement et patronat accentuent la pression pour la reprise du travail dans des entreprises ou secteur d’activité non indispensable à la vie dans cette période.
On est loin de la nécessité absolue du confinement et des promesses d’indemnisation du chômage partiel. Le Nous devons continuer à produire et faire fonctionner le pays lancé par Macron le 22.03 a été entendu. L’Afep (les 100 plus grandes entreprises privées) abonde dans ce sens tandis qu’un accord gouvernement-fédération patronale du bâtiment pour la reprise des chantiers vient d’être signé, qu’Airbus annonce la réouverture de ses usines (ce qui entraine celle de tous les sous -traitants soit plusieurs dizaines de milliers d’emplois) que Berger et F. Roux de Bézieu font dans les mêmes termes la même demande. Peugeot et Renault annoncent vouloir reprendre leurs productions.
Patronat et gouvernement doivent trouver que la facture du chômage risque d’être trop élevée et qu’il faut la réduire autant qu’il est possible.
L’épidémie a fait éclater au grand jour les conséquences des politiques des fermetures d’entreprises, des délocalisations menées depuis quarante ans sur l’appareil productif national pour le plus grand profit du capital. Devant l’émotion suscitée par cette réalité des slogans tel rien ne sera plus comme avant ou il faut rapatrier les chaines de productions fleurissent dans les milieux gouvernementaux.
B. Lemaire et bien d’autres, qui déclarait il y a encore peu que l’Etat n’a pas vocation à diriger les entreprises concurrentielles à la place des actionnaires qui ont les compétences et le faire-savoir pour faire mieux que lui n’a pas changé d’avis sauf à déverser des milliards d’argent public pour répondre aux revendications des capitalistes.
L’Etat, qui a privatisé tout son parc industriel n’a aucun moyen - même s’il en avait la volonté- de faire pression sur les entreprises capitalistes. Celles-ci n’auront qu’un seul souci : restaurer au plus vite leurs profits pour rattraper ce qu’elles auront perdu du fait de la pandémie. Avant comme après le capitalisme restera ce qu’il est.
Dividendes. Comme il s’agit des dividendes sur l’exercice 2019, Total et Société Générale ont fait savoir que la distribution des dividendes ne serait pas affectée par la crise. Les autres sociétés n’ont pas fait connaitre-pour l’instant- leurs positions
Suppression d’emplois. Dunlopillo en liquidation judiciaire est repris par un concurrent. Sur les 177 salariés seuls 90 sont repris.

Monde.
Chili. La colère populaire contre le pouvoir et le maintien de la constitution datant de la dictature de Pinochet change de forme mais est toujours intacte. Aux rassemblements de rues (interdit pour confinement) ont succédé concerts de casseroles, banderoles, affiches.
Coronavirus. A côté des milliards mis à la disposition des capitalistes par les banques centrales, chaque Etat y va de sa propre aide. Après la France, l’Allemagne (1100 Mds), le Royaume Uni, l’Espagne annonce 200 Mds d’aide à son « économie ».
Aux USA, Trump a plus le souci de l’économie que de la santé de la population (il est vrai que le système de santé US est encore plus que d’autres impuissant à faire face). Il vient de déclarer « L’Amérique sera à nouveau et bientôt ouverte aux affaires ». Lorsqu’il clame « l’Amérique d’abord », il faut comprendre « le capitalisme américain d’abord » avec le vote par le congrès d’une aide de 2000 Mds de $.
UE Une réunion des chefs d’Etats et de gouvernements a eu lieu le 26.03. A l’ordre du jour la mutualisation de la dette des Etats au niveau européen a été demandée par neuf pays dont la France. L’Allemagne et la Hollande sont résolument opposées à une telle initiative qui entrainerait à leurs yeux des dépenses inconsidérées de la part de certains Etats, dépenses qui devraient être réglées par les Etats « économes ». Toujours la fameuse solidarité européenne.
Bourses. L’ensemble des bourses de la planète ont des résultats en dents de scie toute la semaine. Le CAC termine la semaine en légère hausse à 4442 points contre 3869 au début.
Le fond d’Etat norvégien vient de faire connaitre la perte qu’il a subi depuis le début de la crise : 115 Mds de $. Cela donne une idée de la destruction de richesses engendrée par le système capitaliste. Cac40 au 23.03 3869 points. Wall Street -17, 3% (16 au 20.03)

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France.
Lutte. Bigard. (Quimperlé, Finistère). L’épidémie n’arrête pas l’exploitation capitaliste. Les ouvriers sont appelés à la grève à compter du 16.03 pour s’opposer à la remise en place de pointeuses à l’entrée des ateliers au lieu de la sortie du vestiaire ce qui aurait pour conséquence de réduire leur temps de pose et d’augmenter la productivité sans contrepartie. La direction c’est refusée à toute discussion.
Répression. Marseille. Trois procès sont en cours contre les responsables CGT : dockers à la suite d’une plainte de FO en 2013 qui conteste le résultat des élections professionnelles, dans une entreprise du privé et à la SNCF. Plusieurs rassemblements et manifestations ont eu lieu.
Coronavirus. Confirmation des mesures en faveur du patronat avec 45 Mds d’aide pour les entreprises, 300 Mds de garantis pour les prêts consentis par les banques. C’est la Sécu qui va prendre en charge les arrêts maladies pour la garde des enfants (sans précision pour savoir si l’Etat remboursera cette dépense), suspension du versement des cotisations sociales, des impôts, des factures de gaz, électricité, des loyers. 2,5 Mds sont prévus entre l’Etat et les régions pour indemniser les indépendants des pertes subies.
Dans cette débauche d’argent pas un mot sur les revendications des personnels soignants, aucune annonce de budget pour l’hôpital. Le pouvoir se contente de remerciements et vante la conscience professionnelle ce qui ne coûte rien.
Conséquence du délabrement du service de santé et devant l’engorgement actuel et à venir des services de réanimation au fur et à mesure du développement de l’épidémie la question du tri des malades est posée. Ce n‘est pas l’annonce à grand fracas d’un hôpital militaire de 30 lits qui répondra aux besoins pas plus que le transport de six malades par un avion militaire. Dans le même temps les masques pour les personnels de santé ne sont toujours pas disponibles et encore moins pour les salariés en contact avec le public.
Amazone. Les salariés sont appelés par l’ensemble des organisations syndicales à un débrayage et un rassemblement le 18 mars devant la plate-forme de Saran (Loiret), droit de retrait à Lanwin (Nord) tandis que les protestations se multiplient dans l’ensemble des plates-formes devant les conditions de travail incompatibles avec l’épidémie et la protection de la santé. Même mouvement en Italie et aux USA. Le coronavirus est une source de profit pour Amazone, qu’il ne faut surtout pas rater et qui prévoit en France 10.000 emplois supplémentaires … et précaires.
D’autres mouvements de grève ont eu lieu dans les usines des équipementiers auto, Faurécia et Valéo, dans l’Orne, le Calvados, la Somme, qui sont restées ouvertes car elles fournissent des usines hors de France
L’entrée en vigueur des nouvelles dispositions d’indemnisations des chômeurs sont repoussées au 1er septembre.
La « réforme » des retraites est mise ne sommeil. Il sera intéressant de voir l’évolution des retraites par points là où elles existent, des fonds de pensions face à l’écroulement des bourses où sont placées les cotisations retraites. De même pour les 75 Mds de réserve de l’Agirc-Arco réalisés avec le blocage des retraites et des mesures d’âge.
Les mesures de confinement ne sont pas les même pour tout le monde. En premier pour les salariés qui doivent être présent pour assurer des productions non indispensables. Dans de nombreux département la CGT demande soit l’arrêt de l’activité des entreprises, soit elle appelle les salariés à utiliser leur droit de retrait.
Le CAC 40 est à 3833 points le 19.03 (-27,38% depuis le 1 er mars et -35,51 depuis le 01.01.2020)
Voir le rapport au Bureau national du 18 mars qui développe sur l’ensemble des questions liées au coronavirus.
Presse. La « Novelle République du Centre Ouest » qui couvre cinq départements de la région Centre veut supprimer entre 95 et 100 postes sur 500 sous prétexte de difficultés financières alors que son résultat brut d’exploitation a été de 1,7 million en 2019. Une grève a eu lieu le 12.03 pour refuser ces suppressions.

Monde.
Italie. Les italiens sont confinés mais le patronat maintient les usines ouvertes au nom de la défense de l’économie italienne sans pour autant prendre les précautions élémentaires pour assurer la sécurité des salariés. Des grèves pour exiger les protections indispensables ont éclatées le 16.03 dans plusieurs régions du pays. A la suite de ces mouvements une distribution gratuite de matériel de protection a eu lieu.
Hollande. KLM (filiale d’Air France) devant la baisse du trafic ne perd pas de temps pour sabrer dans ses effectifs. Entre 1500 et 2000 emplois de précaires vont être supprimés. Les horaires de travail vont être réduits (sans précision sur leurs indemnisations) la prime d’intéressement supprimée.
Pétrole. Malgré quelques fluctuations la chute des cours se poursuit : 27,93 $ le baril le 19.03.
Bourses. Les banques centrales ont beau déverser des milliards pour soutenir l’économie les bourses mondiales continuent leur descente. Aux USA les 850 Mds de $ pour l’économie, taux zéro décidé par la banque centrale, n’ont pas empêché les baisses à Wall Street. Pareil en Europe. La BCE annonce 750 Mds d’aide soit 1000Mds depuis septembre 2019. A ces sommes il faut ajouter l’aide décidé par chaque Etat séparément. La BCE n’exclut pas d’autres aides si le besoin s’en fait sentir avec l’aggravation de la crise.
Certains experts font remarquer avec raison que cette crise se produit dans une situation plus dégradée qu’en 2010 avec l’augmentation de l’endettement des Etas, des entreprises, des particuliers. Ils n’excluent pas une deuxième crise de la zone euro dans les prochains mois, ce qui mettrait en péril l’euro, la crise économique conduisant à une crise politique au niveau européen qui ferait la démonstration de son incapacité à maitriser la situation. Ce qui les inquiète.
D’autres interventions de la BCE et une planche à billets qui fonctionne à plein régime ne sont pas à exclure…

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France.
Luttes
Universités-recherche : Après leur journée de grève et de manifestations le collectif les regroupe et les étudiants qui inscrivent leur action dans la lutte plus générale contre la politique du pouvoir appellent à une « semaine noire » entre le 18 et le 21 mars avec un temps fort le 19 ainsi qu’à l’action le 31 mars avec l’intersyndicale.
Flow Continental Energy. (St Junien, Haute Vienne) Grève et manifestation le 12.03 contre la mise en liquidation judiciaire.
Retraite. Une nouvelle réunion de la « conférence sur le financement des retraites » a eu lieu le 10 mars. Les participants- Etat, patronat, syndicats- sont tombés d’accord sur le montant du déficit à combler d’ici à 2027 : 12Mds. Le document de travail soumis aux participants précise : Les quatre organisations d’employeurs sont favorables à une mesure d’âge et quatre organisations syndicales sont prêtes à la prendre en considération si elle est accompagnée d’autres mesures. En clair tous s’orientent vers un allongement de l’âge de départ. Le rapport de force est tellement en faveur du patronat que la CFTC a été obligé de faire le constat : l’essentiel des mesures chiffrées fait porter l’essentiel de l’effort sur les salariés. Aucune des mesures ne revient en effet à solliciter les entreprises. La CFTC fait une découverte. C’est quand même le but de la « réforme ».
Collectivités locales. Les différents responsables des associations de collectivités locales viennent d’envoyer une lettre à Macron pour refuser la suppression d’un certain nombre d’impôts dit « d’entreprises » qui financent les collectivités prévues dans le cadre du « apte productif » censé relancé l’activité industrielle. Suppressions exigées par le patronat. Ils considèrent avec raison que ces impôts ne nuisent pas à la compétitivité des entreprises et qu’ils leurs revient en partie sous forme d’investissement collectifs. Mais pour satisfaire les exigences patronales ils proposent de diminuer les cotisations sociales patronales. Sans commentaires.
Boiron (homéopathie, Lyon) A la suite de la décision du pouvoir de ne plus rembourser les médicaments homéopathiques à 30% mais à 15, le fabricant annonce 646 suppressions d’emplois sur 2500. Quelques millions d’économie pour la SS qui coûte cher à la collectivité.
Profit. EssilorLuxottica. (lunettes, groupe franco-italien) Résultat net : 1,9Mds (+ 4,8%). Auchan. Le groupe est divisé en activités distinctes mais au total pour Auchan Holding le résultat net est de 432 millions contre une perte de 183 millions en 2019. Ratp : Résultat net : 131 millions avec une perte estimée à 150 millions due aux grèves.

Monde
Coronavirus. (voir article dans l’hebdo) La crise engendrée par l’apparition du virus- au- delà de l’aspect sanitaire- prend de plus en plus l’aspect d’une crise du système capitaliste comme il en apparait à intervalles réguliers, la dernière remontant à 2007-2008 et ayant pour origine la spéculation immobilière aux USA.
Pour sauver le système, les Etats, les institutions financières, les banques centrales ont déversés des sommes colossales sur les marchés et imposé une austérité sans précédent aux peuples de la planète. La crise passée, ils ont continué à pratiquer l’argent facile créant d’une part un endettement très élevé des Etats et des entreprises et une augmentation des marchés financiers et de bourses sans aucun rapport avec la réalité de la production de richesses. La bulle spéculative était en place avant l’épidémie et ne demandait qu’à exploser.
De nombreux économistes, le FMI et la banque mondiale ont alerté depuis quelques mois sur ce risque. La seule inconnue dans leurs prévisions étant la date de l’explosion. C’est chose faite. La purge boursière a eu lieu le 9 mars. Ce jour- là plus 16000 Mds de $ se sont volatilisés. Le CAC 40 a poursuivi sa baisse toute la semaine. De 5253 points le 9 à l’ouverture il tombe à 4084 points le 13.03 et perd 34% depuis le 1er janvier.
Pour y faire face les Etats au service du capitalisme préparent une série de mesures pour permettre au système de surmonter la crise et de repartir dans la course au profit. Au détriment des besoins des peuples. La France entend mobiliser entre 30 et 40 Mds (certainement plus à l’arrivée), l’Allemagne tous les milliards nécessaires, 50 Mds aux USA pour ne citer que les principaux pays.
Dans un même temps cette crise aggrave les contradictions entre les pays capitalistes pour la conquête de nouveaux marchés et de zone d’influences.
L’exemple du pétrole et de la chute des cours en est le meilleur exemple. Avec un cours à 35,92 $ le baril le 9 mars ce qui représente une chute de 21,05% sur le court précédent. La raison en est la rupture de l’accord entre les pays de l’Opep et la Russie qui visait à limiter la production pour assurer les prix à un niveau qui permettent à chacun de s’assurer des profits issus du pétrole.
Le refus de la Russie de baisser sa production lors de la réunion du 9 mars a entraîné la riposte de l’Arabie qui a inondé le marché en cassant ses prix.
Conséquence prévisible : des difficultés pour les autres pays producteurs en premier l’Iran déjà sous les sanctions américaines et concurrente de l’Arabie comme première puissance régionale. Seront également très touchés l’Algérie, l’Irak, le Nigéria déjà en proie à de fortes contestations sociales.
Le pétrole et le gaz de schiste US ne vont plus être rentables avec un prix aussi bas du baril. De nombreuses faillites ont eu lieu dans ce secteur en 2019. Elles devraient augmenter en 2020 et affaiblir les USA concurrent de la Russie et l’Arabie au profit de ses deux derniers.
Sans surprise les 27 pays de l’UE font face à la crise sanitaire et économique en ordre dispersé, chacun défendant les intérêts de son capitalisme. Solidarité et capitalisme deux mots incompatibles. La crise met à nu l’état lamentable des systèmes de santé avec des médecins italiens obligés de trier les malades pour savoir lequel va recevoir les soins appropriés et les autres sans doute remis à la « grâce de dieu ». En France c’est le rappel des médecins retraités qui est mis en place, tandis que les moyens élémentaires de protection- masque, lotion- ne sont pas suffisants pour faire face aux besoins. Cela avec une crise hospitalière vieille de plusieurs années. L’Europe qui protège chère à Macron fait preuve de son chacun pour soi.
Avec leur système de santé privatisé pour l’essentiel, les USA sont encore moins aptes à faire face. Les tests de détection du virus ne sont pas disponibles. Une journée d’hospitalisation est facturée plus de 4600 $. Les mesures d’interdictions d’entrer sur le territoire coûtent moins chères que d’offrir à la population un système de santé digne de ce nom.
Liban. Annonce qu’il est en défaut de paiement et incapable de rembourser une dette de 1,2 Md de bons qui arrive à échéance. Sa dette se monte à 92 Mds de $ soit 170% de son PIB. Le Liban paye la facture de la guerre civile (1975-1990), de son système politique hérité du colonialisme français et basé sur la représentation des trois courants religieux reconnus (chrétien, maronite, musulman) qui facilite clientélisme et corruption. Les manifestants ont fait de la disparition de ce système une de leurs exigences.
Achats. Le coronavirus n’empêche pas les affaires de se poursuivre. Aon, deuxième plus gros assureur du courtage achète pour 30Mds de $ le numéro trois dans le même métier.
Tesco (supermarché anglais) vend ses magasins en Malaisie et en Thaïlande à un groupe local pour 9,9 Mds de $ dont 6,6 seront reversés aux actionnaires sous forme de dividendes.

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France.
Retraite. Entre le coronavirus et le 49-3 les médias ont complètement passé sous silence la poursuite de la lutte contre la casse du régime par répartition. Pourtant à Paris, Lyon, Bordeaux, Privat (Ardèche) et sans doute ailleurs des manifestations ont eu lieu, préparées dans un temps record. Le personnel de l’aviation civile a été appelé par la CGT à faire grève du 5 au 8 mars.
Nouvelle manif le 8 mars autour de la journée revendicative des femmes.
Avec FO, la CGT a quitté la conférence sur le financement de la retraite par points.
Justice. Les greffiers du tribunal de Bobigny (Seine St Denis) sont en grève soutenus par les magistrats et avocats pour l’embauche de trente greffiers supplémentaires afin de permettre à la justice de faire correctement le service qu’elle doit rendre.
Bosch. (Equipementier auto, Rodez, Aveyron). A la suite de la diminution de la fabrication de moteurs diesel Bosch qui en fourni les bougies, le site est dans une situation difficile, la direction entend le faire payer aux salariés. Lors d’un CES elle a mandaté le cabinet Alix Partnairs pour un audit. Les conclusions de celui-ci ont déclenché la colère du personnel «L’usine a des salaires trop élevés, elle est trop enclavée, elle est trop « rouge ». Bosch a touché 140 millions de l’Etat en 2019.
Enseignement supérieur et recherche. Le mécontentement est profond face à la nouvelle loi en préparation. La CFDT et sa filiale étudiante la Face et l’Unsa, ont été obligées d’appeler à participer à la journée de grève et de manifestations organisée par l’ensemble des autres syndicats le 5 mars. La mobilisation a été forte en particulier dans les villes universitaires.
Libertés syndicales. Pour protester contre les atteintes aux libertés syndicales, en particulier celle de manifester, manifestations de protestations devant les palais de justice à Orléans, Clermont-Ferrand, Gardanne, à la RATP pour soutenir les responsables CGT poursuivis.
Profits. Getlink (tunnel sous la Manche) Résultat net 159 millions (a distribué 1,4Md aux actionnaires depuis 2008). St. Gobain. Résultat net 1,9 Md (+10%) trésorerie 1,9 Md (+ 50%). SNCF : elle paie le poids de la grève avec une perte de 690 millions pour la seule année 219 (la perte de janvier pèsera sur 2020). Elle annonce la suppression de 900 emplois en 2020. Veolia : Résultat net 625 millions (440en 2018). Orano (ex Areva) : Résultat net 408 millions (-544 millions en 2018).
Pour l’ensemble des entreprises du CAC 40 les bénéfices déclarés se montent pour 2019 à 79,5 Mds.
Logement. Les prix continuent à augmenter. A Paris le prix du m2 atteint 10.508 euros (+ 2,3% depuis le 01.01.2020). Dans la capitale le prix au m2 le moins « cher » dans le 19eme est à 8501 euros, il progresse de 10,5% sur la même période. Ce qui fait dire aux professionnels que les 10.000 euros au m2 seront bientôt atteint sur l’ensemble de la ville. Sur les dix plus grandes villes l’augmentation varie entre + 0,3% à Bordeaux à 2,6% à Rennes.
Seules les zones rurales sont en recul : -0,4%, confirmation de la poursuite du déclin de celles-ci.
La baisse des APL imposée aux bailleurs sociaux leur coûte 3,07 Mds sur la période 2018-2020 ce qui réduit d’autant leurs capacités de construction pour le plus grand bénéfice du privé. En Ile de France 28.594 logements sociaux ont été construits contre une prévision de 37.000. Plus de 72.000 ménages sont en attente.
Banque Postale. La fusion entre la banque et CNP Assurance est réalisée après avoir obtenu l’ensemble des autorisations formulées par les autorités de la concurrence des pays où elles exercent une activité. La banque détient 62,13%du capital de CNP et entre dans les quinze premiers groupes de banques assurances européens avec un CA de 9,2 Mds. Avec cette orientation toujours plus tournée vers la finance, le service public de La Poste devient une charge qu’il faut absolument alléger aux yeux du pouvoir.
Fessenheim. La Cour des Comptes épingle l’Etat pour sa mauvaise gestion de la fermeture de la centrale. Comme c’est l’Etat qui a décidé de la fermeture c’est à lui qu’il incombe d’assurer les indemnités du manque à gagner pour EDF et les investisseurs allemands et suisses, alors que la durée de vie de la centrale était prévue jusqu’en 2040. Elle estime la facture à 370 millions qui pourrait encore augmenter. Un grand merci à EELV !!!.
Uber. La cour de Cassation a formulé un jugement sans aucune ambiguïté sur la requalification d’un « autoentrepreneur » en salarié en CDI. Un coup dur pour l’ensemble de ces plates-formes qui exploitent sans aucune retenue les salariés. Pour tous ceux qui le souhaitent ils pourront aller devant les prud’hommes pour faire requalifier leurs contrats de travail. La rentabilité financière va en souffrir. Une manifestation des chauffeurs a eu lieu le 6.02 devant le siège d’Uber pour réclamer une meilleure protection sociale.
Monde.
Peuples en lutte. S’ils ne font plus la une de l’actualité les peuples poursuivent leur lutte pour plus de justice sociale, contre la corruption et pour plus de démocratie. En Algérie, Liban, Irak, Chili, ils ne désarment pas. Partout les pouvoirs en place répondent par la répression.
USA. Le pétrolier Chevron annonce sa priorité absolue : distribuer quelques soient les circonstances 80 Mds de $ à ses actionnaires dans les cinq ans à venir.
Coronavirus. Chaque année la rougeole fait 140.000 morts. La grippe entre 300.000 et 600.000 (10.000 en France) sans que cela provoque de grandes émotions dans les médias. Pareil pour le virus « Ebola » qui a ravagé l’Afrique. Pourquoi se battage autour de ce virus apparu en Chine, même s’il ne faut pas prendre l’épidémie à la légère. La réponse est simple. Le capitalisme dans sa recherche du profit a transformé le Chine -avec la complicité des dirigeants chinois- en usine du monde. Tout ralentissement de l’économie chinoise a des répercussions immédiates sur l’économie mondiale. Une économie qui fait la preuve de sa faiblesse à la merci d’un arrêt local de la production.
A cette occasion on découvre l’ampleur des délocalisations effectuées par le capitalisme international en direction de la Chine lorsqu’on apprend que 85 et 90% de deux médicaments de base y sont fabriqués. Sans parler des autres productions
L’OCDE dans sa dernière estimation de la croissance mondiale l’estime à 2,4 contre 2,9 avant l’épidémie avec pour la Chine 4,9 contre 5,7, Zone euro : 0,8, Allemagne 0,3. France : 0,9 contre 1,2. Ces estimations pourraient être revues à la baisse en fonction de l’évolution de l’épidémie. Pour venir en aide au capitalisme toutes les institutions financières et les banques centrales sont mobilisée. Ainsi en Chine la Banque centrale met 200 Mds d’euros en soutient à l’activité vers les PME. Banque mondiale 12 Mds de $. Pour aider les « économies les plus fragiles » tandis que la Réserve fédérale US baisse ses taux d’intérêts. En Europe la banque centrale dont les taux sont autour de zéro invite les gouvernements à la relance budgétaire, en clair à creuser les déficits ce qui correspond au souhait de la France mais se heurte à l’hostilité de l’Allemagne et de la Hollande accrochées au pacte de stabilité.
Les bourses mondiales enregistrent toutes des reculs importants. Le CAC chute de 6.100 points le 11.02 à 5464 le 5.03.
Comme d’habitude se sont les peuples qui paieront. Le chômage partiel est à l’ordre du jour en France et en Allemagne. Une compagnie aérienne anglaise vient de déposer le bilan avec 2000 emplois supprimés.
Cette épidémie montre la faiblesse du système de santé mondial insuffisant pour faire face. C’est le résultat des politiques d’austérité pour la santé menée depuis des années par l’ensemble des pays dit « développés ». Cela concerne aussi bien les hôpitaux que les protections individuelles à mettre à la disposition de la population. T. Amouroux (syndicat des infirmiers spécialisés) remarque avec raison : nous n’acceptons pas de ne pas disposer du matériel adapté dans la cinquième puissance mondiale.
Enfin le pouvoir se sert de cette épidémie pour tenter une double opération. Celle de l’unité nationale et de son souci d’être efficace pour défendre la santé des Français relayé par des médias plus que complaisants.
UE. La Commission poursuit le « verdissement » apparent de la politique européenne. Elle veut arriver à la « neutralité carbone » en 2050 avec une étape en 2030 et une autre en 2040. A part l’effet d’annonce, la Commission qui refuse de s’attaquer aux causes réelles, le capitalisme et sa recherche du profit, sera des vœux sans effet.

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