Gantry 5

 

France.

Luttes. Hôpital. La Timone (Marseille) Rassemblement devant les urgences en grève, personnel paramédical et médecins (35 sur 40 en grève).
Jeudi 10 octobre, à la Pitié-Salpêtrière un collectif inter-hôpitaux est créé. Il veut rassembler l’ensemble des personnels hospitaliers. Il faut bouger l’hôpital pour sortir de cet enfer budgétaire explique un de ses membres. Les 750 millions promis par la ministre pour les urgences et pris sur d’autres postes budgétaires, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ils réclament des augmentations de salaires pour rendre plus attractif les métiers hospitaliers et envisagent des formes d’action particulières en liaison avec leurs professions. Une manifestation est prévue pour le 14 novembre. A l’AP-HP 900 lits sont fermés faute de personnel.
Général Electric. En grève avec occupation depuis le 9 octobre à Belfort et Boulogne contre le projet de licenciements. La discussion avec la direction n’ayant rien donné une réunion du personnel aura lieu le 11 pour la suite à donner au mouvement. Le syndicat Sud de GE estime qu’une suppression de 200 emplois plus des départs « volontaires » serait une solution acceptable. Il ouvre la voie à l’idée que les suppressions d’emplois sont inévitables et que la seule possibilité est d’en négocier le nombre. A l’échelon national Sud appelle volontiers à la grève générale, dans les usines il est l’auxiliaire du patronat.
Kéolis Moulin (Allier,transport) Les conducteurs sont appelés par la CGT à un débrayage le 16 octobre de 9 à 14h pour les conditions de travail, particulièrement dégradées depuis la reprise du service par Kéolis. Une manifestation de soutien de la population est prévue pour le 25.
Onet (nettoyage) Valenciennes. Le personnel chargé de celui de l’hôpital débraye depuis un mois pour les conditions de travail. A l’appel de la CGT une manifestation de soutien aura lieu le 17 octobre.
Retraités. Manifestations le 8 octobre à Paris et en province (silence des médias). La CFDT qui a quitté l’intersyndicale des syndicats de retraités a manifesté de son côté avec quelques dizaines de participants.
Agriculteurs. Ils ont manifesté contre l’adoption du CETA dans plusieurs régions en établissant des barrages sur les routes.
Succès. Jinjiang SAM. (Decazeville, Aveyron) Après plusieurs jours de grève la direction qui voulait procéder de 150 à 200 suppressions d’emplois recule. Ils sont annulés, le chômage partiel sera indemnisé à 100%, les jours de grève payés.
Sans papiers. 150 d’entre eux obtiennent leurs régularisations à la suite des actions menées dans la région parisienne.
Répression. EDF Gardanne. Après la suspension de la grève entamée depuis 8 mois pour permettre la discussion sur les propositions de la CGT, après l’arrêt du charbon prévu pour 2022 et l’échec de celle-ci, la reprise de la grève a été décidée. La direction assigne quatre syndiqués CGT et le syndicat devant la justice pour blocage.
Livreurs. Les livreurs à vélo de Bordeaux, Dijon, Lyon viennent de créer leurs syndicats CGT. Ceux de Paris regroupé au sein du Collectif des livreurs autonomes de Paris rejoignent eux aussi la CGT tout en gardant leur autonomie.
EDF. La direction en accord avec l’Etat annonce le report de son plan de scission de l’entreprise qui serait retardé au printemps 2020. Il s’agit d’un repli tactique- le projet n’est pas abandonné- après la grève très suivie du 19 septembre et d’un nouvel appel pour l’action pour le 17 octobre. Le gouvernement de son côté ne veut pas multiplier les sources de conflits avec son projet de retraite par points. « Les Echos » (7.10) écrivent avec raison « Le temps pour le gouvernement…. De mettre dans le rétroviseur la réforme des retraites ».
Michelin. Vient de confirmer ce qui était prévisible depuis quelques semaines : la fermeture de son usine de la Roche/ Yon d’ici à la fin de2020 et le licenciement des 619 salariés. Pour faire passer cette décision Michelin promet un reclassement dans les autres usines du groupe Un accord de compétitivité a été signé il y a deux ans entre les syndicats- sauf la CGT- et la direction qui prévoyait des investissements contre une aggravation des conditions de travail. Les compromissions avec le patronat se révèlent une nouvelle fois pour ce qu’elles sont : un marché de dupes dont les salariés font les frais.
Formation. Alors que la formation est présentée par le pouvoir comme une priorité, la réforme de son financement aboutit pour cette année par 300 millions inutilisés sur un budget de 900 millions. Cela provient de la « réforme » de ce secteur. Alors que la formation était basée sur un certain nombre d’heures attribuées au salarié et qui revenait à une dépense de 35 à 40 euros par heure de formation, c’est maintenant le salarié qui touche 15 euros par heure, libre pour lui de choisir sa formation et son organisme. Une économie sur le dos des salariés.
Apprentissage. Avec l’inauguration de deux centres d’apprentissage d’entreprise, la réforme entre dans la réalité. Il s’agit de deux centres créés par le groupe Nicolin de Montpellier (service à l’environnement), et aussi propriétaire du club de foot de la ville. Le premier centre sera consacré à la formation de jeunes joueurs, le second à celle de cadres intermédiaires dont l’entreprise a besoin. C’est l’Etat qui va financer cet apprentissage uniquement destiné aux seuls besoins du groupe au travers d’un paiement forfaitaire pour chaque contrat signé. La présence de la ministre du travail à cette inauguration est un encouragement au patronat à développer ce genre d’apprentissage au détriment de celui de l’Education nationale. Le patronat d’engouffre dans cette « réforme » qu’il a exigée. 550 demandes de centres d’apprentissages ont été déposées.
Logement. Dans son rapport annuel sur le logement la fondation abbé Pierre fait état de la situation plus qu’alarmante de la région parisienne. Elle représente 18,2% de la population nationale mais 6152 personnes vivent dans des bidonvilles. Elle est à l’origine de 34% des demandes pour les HLM, 41% des expulsions. Le prix de loyer a été multiplié par 10, celui à l’achat par 14 depuis quarante ans tandis que les revenus sur la même période ne le sont que de 7. La pénurie de logements, en particulier sociaux, aggrave chaque année cet état. La fondation estime que 37.000 logements sociaux doivent être construits chaque année contre 30.000 effectivement réalisés. En conclusion elle demande le renforcement du plan logement du gouvernement. Un vœu pieu.
Cour des Comptes. Elle s’invite dans le débat sur les retraites avec une étude sur les départs anticipés. D’après elle, il existe 7 possibilités de départs anticipés pour un coût de 14 Mds par an. D. Migaud, président de la Cour, demande que soient revus les départs dans la fonction publique et conclut : La maitrise des dépenses de retraite requiert celle des flux de départs anticipés. Une aide au travailler plus de Macron.
Prélèvement forfaitaire unique. (flat tax) Une étude du Sénat fait état d’un manque à gagner pour les finances publiques de 900 millions au profit des actionnaires. Le rapport note que ce cadeau a eu un effet évident sur le versement des dividendes. Il aurait pu ajouter que c’est le but recherché.
Monde.
USA. HP (ordinateurs, imprimantes) annonce la suppression de 9.000 emplois sur 55.000 dans le monde sans préciser la localisation de ces suppressions. HP emploie 1000 salariés en France. HP a réalisé un bénéfice net de 5,3 Mds de $ en 2018. Sans surprise le plan vise à augmenter encore plus les profits.
Liban. L’économie libanaise est en pleine déroute. C’est le résultat des attaques israéliennes, de quinze ans de guerre civile, des conflits en Irak et en Syrie, de la corruption. Une manifestation a eu à Beyrouth le 6 octobre pour dénoncer la détérioration des conditions de vie, de népotisme et la corruption. La dette se monte à 150% du PIB, les agences de notations envisagent la baisse de la note du pays ce qui entraine mécaniquement la hausse des intérêts payés lors de emprunts sur le marché.
Inde. La baisse de la croissance se confirme. Elle a été de 5% au deuxième trimestre, le plus mauvais résultat depuis 2003. La baisse des impôts sur les entreprises décidée par le gouvernement de 18,5 Mds d’euros va encore aggraver le déficit budgétaire au moment où les recettes de la TVA sont au plus bas ce qui confirme le recul de la consommation intérieure.
Banques européennes. C’est une véritable hémorragie des emplois bancaires qui a lieu. 50.000 emplois sont en jeu. Les banques françaises ne sont pas épargnées. Société générale 2130, BNP 500 en France plus 2.200 en Belgique, 1500 en Italie. Les arguments avancés pour justifier ces suppressions sont les taux d’intérêts trop bas, l’introduction massive de l’informatique, les conflits commerciaux dans le monde. La recherche du profit n’est pas mentionnée dans les causes.
Equateur. Voir article dans l’hebdo. Depuis la rédaction de celui-ci la lutte contre l’austérité imposée par le FMI a encore pris plus d’ampleur. Ce sont les campagnes qui ont déferlé sur la capitale en manifestant leur opposition à ces mesures avec une grève générale le 9 octobre. Le gouvernement répond en décrétant l’état d’urgence. La situation est tellement tendue que le président et le gouvernement ont quitté la capitale pour se réfugier en province, laissant à la police et à l’armée le soin d’écraser la lutte du peuple.
Chine-USA. Les négociations reprennent le 10 octobre. Les deux pays ont raidi leurs positions avant cette reprise ce qui laisse penser qu’un échec est probable.
Taxe sur les Gafa. L’OCDE vient de mettre au point un texte qui sera soumis aux divers pays le 17 octobre pour créer une fiscalité internationale sur les grands groupes du numérique. Il s’agit plus d’une déclaration de principe non contraignante avec de nombreux points pratiques non résolus. Amazone, l’une des entreprises qui pourrait être taxée, salue une importante avancée et ajoute : Nous continuons de soutenir les travaux de l’OCDE et d’y contribuer activement en vue de parvenir à une solution. Un enthousiasme et une contribution des plus suspecte quant à la portée réelle de cette future taxe, si elle voit le jour.

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France.

Luttes. Enseignants. Ceux de la Seine St Denis sont en grève le 3 octobre, jour de l’enterrement d’une directrice d’école de Pantin qui s’est suicidée dans son établissement en laissant une lettre d’accusation contre son administration. D’autres départements sont aussi dans des actions sous diverse forme le même jour. Les directeurs d’écoles et les enseignants administrent dans le même temps l’établissement scolaire ce qui amène à une charge de travail insupportable. Selon un rapport de l’inspection générale de 2018, quatre directeurs sur dix sont en état d’épuisement. D’après le rapport établi par un député EM c’est 3400 postes de directeurs à temps plein qu’il faudrait créer. En réponse à l’action des enseignants le ministre répond par l’annonce de la mise en place d’un « observatoire ».
Travailleurs sans papiers. Dans une émission sur France Inter, P. Martinez indique que sur 12 sites de la région parisienne les travailleurs sans papiers sont en lutte pour leurs régularisations.
Retraités. Seront dans l’action le 15 octobre.
Services sociaux d’Anglet (Pyrénées Atlantiques) Le personnel débraye et manifeste pour plus de moyens afin de mieux accomplir ses missions.
Poste. Appel départemental CGT pour une grève le 5 octobre et rassemblements.
Adisséo. (chimie, Commercy, Allier). Site classé Seveso la direction veut réduire le nombre de pompiers. Les salariés qui refusent cette diminution de la sécurité sont en grève perlée depuis le 17 septembre
Budget. Voir rapport au Bureau National du 2 octobre. Quelques précisions sur celui de la défense et de l’assurance vieillesse.
Défense. En 2020 il se monte à 37,5 Mds (+ 4,7% par rapport à 2018) hors pensions et atteint 1,87% du PIB très près des 2% exigé par Trump de ses vassaux de l’Otan. Toutes les armes- terre, mer, air, nucléaire, spatial- vont voir leurs moyens augmentés. 27.000 personnes sont recrutées tous les ans et les effectifs nets vont augmenter de 300 emplois. Les crédits pour les opérations extérieures passent de 850 millions en 2019 à 1,2 Md.
Assurance vieillesse. Voit son déficit se monter à 4,4Mds (retraites+ fonds de solidarité vieillesse) pour 2019 et 2020. Les causes en sont bien connues : cadeaux sociaux au patronat décidés par le pouvoir et non remboursés par l’Etat. (La seule désocialisation des heures supplémentaires coûte 1,2 Mds à la protection sociale), poursuite du chômage de masse, blocage des salaires, primes d’intéressements et de participation sans cotisations sociales.
Une organisation systématique des déficits pour justifier -entre- autre- la liquidation du régime par répartition. Au 1er octobre sont entré en vigueur les nouveaux plans d’épargne retraite. Actuellement ils ont un encourt de 230 Mds que le gouvernement veut porter à 300 en 2022. Pour ce faire cette épargne sera simplifiée dans sa pratique et pourra être réalisée en rente ou en capital. Les assurances sont sur les rangs pour s’assurer des parts de marché à un moment où l’assurance-vie est peu rentable en fonction des taux d’intérêts à zéro ou négatif.
Assurance maladie. Avec 2,3% du PIB au lieu de 2,4 en 2019, c’est 4,2 Mds qui disparaissent de son budget. C’est dire que la crise médicale tant dans la médecine de ville qu’hospitalière n’est pas prête de disparaitre.
Dette. C’est 205 Mds que l’Etat va emprunter pour boucler son budget. Les seuls intérêts de la dette coutent 136,4 Mds par an.
Rabot. Le gouvernement passe sur l’aide aux entreprises qui finance des places de crèches pour 103 millions, le crédit d’impôt innovation 166 millions ou la fin des avantages sur le tabac en Corse qui entrera en vigueur en 2022. Enfin il est prévu 10Mds d’euros de privatisation (aéroport de Paris, Française des jeux).
Aigle Azur. La liquidation de la compagnie est prononcée avec ses 1500 suppressions d’emplois. C’est la cinquième compagnie qui disparait depuis 2002. L’un des repreneurs potentiel, le groupe Dubreuil, explique que la reprise implique celle de l’ensemble du personnel avec leurs salaires et avantages. D’où son refus malgré ses moyens financiers. S’il n’est pas possible de diminuer les effectifs et de baisser les salaires la reprise n’a plus d’intérêt. Profit d’abord. Air France a aussi refusé.
XL Airways. (compagnie aérienne) La liquidation est prononcée et la suppression de 570 emplois. Dans les deux cas, ces liquidations sont dues pour l’essentiel à la concurrence acharnée que se livrent les compagnies entre elles.
FMV Technologie. Sous-traitant de l’automobile (filiale du groupe chinois Jinjiang) Villiers-la-Montagne (Meurthe et Moselle) supprime une centaine d’emplois sur 140.
Peugeot. Annonce la suppression de 1500 postes d’intérimaires à Mulhouse et à Poissy, ainsi que la mise en chômage technique une semaine sur deux pendant six mois d’une partie de son usine en Allemagne.
EDF. Les anti-nucléaires civils ont gagné. EDF annonce pour la fin juin la fermeture de la centrale de Fessenheim pour juin 2020. Entre le personnel EDF, les prestataires et les emplois induits c’est 2000 personnes qui sont touchées à plus ou moins long terme. Si le personnel d’’EDF protégé par son statut peut être plus ou moins à l’abri, le reste sous statut privé va subir de plein fouet cette fermeture. Elle va couter à l’Etat 400 millions sur les quatre ans à venir plus un manque à gagner basé sur le prix de l’électricité jusqu’en 2041. Devinez qui va payer ?
HLM. Action Logement, organisme officiel chargé de la vente des logements HLM, lance la vente de 5.224 logements. L’objectif est de vendre 1% par an du parc des 45.000 logements possédés par les offices pour dégager des fonds destinés à la construction de nouveaux logements ou à la rénovation d’anciens. Cela pour compenser la baisse des aides de l’Etat, la baisse imposée des loyers avec la diminution de l’APL. Les précédentes ventes montrent que 42% des achats sont effectués par des non- locataires ce qui risque d’amener à des copropriétés ingérables. Les maires, dans le cadre des 20% de logements sociaux dans leurs villes peuvent s’opposer à ces ventes.
Le nombre de permis de construire (toutes catégories confondues) continu de diminuer. Sur un an la baisse est de 5,7%. La crise du logement n’est pas près de disparaitre, la spéculation immobilière non plus. Les prix des logements anciens continuent à progresser depuis janvier de + 7,4% à Paris, de + 1,4 sur la France, zone rurale comprise.
Emplois francs. Créer par Macron pour remplacer les emplois aidés avec une aide de 15.000 euros par emploi pour un CDI, 5.000 pour un CDD de plus de 6 mois, rencontre un très faible succès. 4.330 contrats ont été signés depuis un an contre 12.000 prévus fin 2019. Un rapport tente de répondre à ce manque d’enthousiasme patronal : prime insuffisante, démarches administratives contraignantes. Cela doit être vrai du point de vue patronal.
Institutions représentatives du personnel. (IRP) La CFDT fait une découverte. Les IRP nouvelle formule, issues des ordonnances Macron qu’elle n’a pas combattu, prive les représentants élus de moyens pour aller au contact des salariés et réduit leurs droits. Quelle découverte ! C’était pourtant inscrit dans le texte des ordonnances. Ce constat fait par la CFDT ne reconnait pas sa compromission avec le patronat et le pouvoir et n’appelle pas à la lutte contre ce recul.
SNCF. Le nouveau PDG a été entendu par les commissions parlementaires. Tirant les conclusions de la privatisation il annonce sa volonté de gérer comme dans le privé. Polyvalence pour les cheminots, productivité accrue « On a devant nous un plan de productivité à un niveau peut-être jamais fait », augmentation du temps de travail partout ou des accords plus avantageux ont été signés. En clair une nouvelle saignée dans les effectifs. Bien sur il se déclare pour un dialogue respectueux, clair et lucide avec les syndicats. Les commissions parlementaires n’ont rien trouvé à redire sur cette orientation.

Monde.
Irak. Manifestation à Bagdad contre le chômage (27% de la population) les coupures d’eau et d’électricité, la corruption. Le gouvernement répond par la répression policière, plusieurs blessés par balles.
Egypte. Violente répression des manifestations de protestation contre l’augmentation des prix à la suite d’un prêt de 3Mds de $ du FMI qui exige en contrepartie la suppression des aides aux produits de première nécessité.
Hollande. KLM (filiale d’Air France) vient de signer un accord salarial après 3 grèves des personnels au sol. Les pilotes et le personnel naviguant obtiennent 7% d’augmentation sur 2 ans, le reste du personnel 8,5% sur la même période. Les « négociations » avaient duré cinq mois sans aboutir. La lutte paye en Hollande comme partout où elle est menée.
USA. La compagnie aérienne Delta vient de reprendre pour 1,9 Mds de $ plus 350 millions de frais la compagnie Latam, première compagnie sud-américaine. Delta qui possède des participations dans six compagnies aériennes dans le monde dont 9% d’Air France est en passe de devenir une des premières mondiales.
UE-USA. Les USA viennent de gagner devant l’OMC une amende de 7,5Mds de $ pour des subventions versées à Airbus. Ils ont annoncé qu’ils allaient taxer les importations européennes à 10 ou 25% à compter du 16 octobre pour compenser les dommages qu’ils ont subi. L’UE les appelle à la « retenue » et au « dialogue » appel qui n’a pas été entendu. Pour l’instant l’UE n’envisage pas de contre-mesures.
Cryptomonnaies. Il en a déjà été question dans le résumé. Il faut y revenir. L’idée de battre monnaie à la place des Etats inquiète de plus en plus dans la sphère capitaliste au point que les banques centrales de 19 pays se sont réunies en Suisse à la mi-septembre. Après le « libra » que s’apprête à lancer Facebook, associé à 27 groupes capitalistes dont le français Free, le russe Télégram veut lancer sa monnaie numérique d’ici fin octobre, tandis que la Chine confirme la sienne pour la fin de l’année. D’autres groupes devraient suivre. Outre les échanges d’argent, ces nouvelles monnaies pourraient offrir des crédits au détriment des banques et des Etats. Avec une force inégalée : 2 milliards d’utilisateurs pour Facebook, 200 millions pour Télégram à comparer aux 500 millions de la Banque centrale européenne.
Paris et Berlin demandent à la BCE de travailler sur une telle monnaie pour qu’elle soit en service fin 2020. Une nouvelle capitulation des Etats devant le capitalisme.

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France.

24 septembre. L’action a été d’un bon niveau avec la grève des cheminots, la manifestation de Paris et dans 160 autres localités. Comme à leur habitude les médias ont fait le service minimum avant et après la journée. « Les Echos » en rajoutent en écrivant en titre La CGT peine à mobiliser contre la réforme des retraites et passe sous silence la grève à la SNCF et les manifestations en province.
Luttes. GE (Belfort) Débrayage de 4h. pour s’opposer au plan de suppressions d’emplois.
Equipement (Oise) Le personnel rattaché au département est appelé par la CGT à une grève le 23 septembre pour leurs revendications locales.
Hôpital du Rouvray (Seine Maritime) Après 4 mois de grève le personnel avait obtenu 30 embauches qui n’ont toujours pas été réalisées. Face à ce non- respect de l’accord le personnel est appelé à la grève.
Grève des personnels des blocs opératoires. 38 établissements touchés pour l’instant. Salaires et reconnaissance des compétences sont les principales revendications.
Chômage. Suivant une étude de l’Unedic le nombre de chômeurs indemnisés va baisser de 220.000 d’ici à 2022 ce qui permettra une économie de 690 millions en 2020, de 1,760 Md en 2021, de 2,090 Mds en 2022 soit 4,5 mds au total, ce qui était l’exigence du gouvernement. La ministre du Travail fait valoir les nouvelles catégories (Démissionnaires, indépendants) qui vont bénéficier de l’allocation chômage pour justifier les décisions gouvernementales, la réalité confirmée par l’Unedic est bien que ce sont les chômeurs qui vont payer. Suivant les cas les indemnités passeront de 868 euros à 431, de 897 à 697, de 929 à 869.
Aide à domicile. Devant le tollé provoqué par l’annonce de la diminution des aides à domicile, qui avait pour but l’économie de 800 millions, le gouvernement recule et annule provisoirement cette mesure qui visait avant tout à faire des économies sur le budget du ministère du travail. Ce n’est que partie remise. E. Philippe déclare devant l’Assemblée Nationale : qu’il faudra trouver des mesures d’économie dans ce champ. La ministre nous fera rapidement d’autres propositions.
CICE (le « E » pour emploi) : Casino, Auchan, Carrefour ont touché 522 millions et ont supprimé 10.000 emplois. Pour les trois c’est 1Md de dividendes qui ont été distribués sur la même période.
La Poste. Annonce qu’elle va recruter 1000 facteurs en plus des 3000 prévus. Malgré cela le nombre de facteurs va continuer à diminuer en raison des départs en retraite. Il est possible de mettre cette annonce au crédit des luttes pour l’emploi menées dans de multiples bureaux.
TV. G. Darmanin, le ministre qui se veut avec le gouvernement et Macron à la pointe de l’action pour les baisses d’impôts, vont proposer de ramener la taxe sur l’audio-visuel à 138 euros contre 139 actuellement. Information parue dans « les Echos ».
HLM. Elles tiennent leurs 80ème Congrès. Pratiquement tous les intervenants mettent en cause, avec plus ou moins de vigueur, la politique du logement social du pouvoir et demandent le retour à une TVA à 5,5% pour la construction de logements neufs ou la réhabilitation des anciens. Ils s’opposent à l’idée du gouvernement qui propose l’ouverture de financements privés pour la construction de logements sociaux au nom de l’exigence de rentabilité du capital, incompatible avec la vocation des HLM.
BNP. La saignée des effectifs se poursuit dans tout le secteur bancaire. Elle prévoit la suppression d’une centaine de postes (10% des effectifs) à Paris dans la cadre d’un plan « d’économies » plus large au niveau du groupe.
Fonctionnaires. La suppression de 1800 emplois est annoncée au ministère de la transition énergétique d’ici à 2022 en même temps qu’une augmentation du budget de 800 millions en 2020. Nul doute que le privé est prêt à prendre la place des fonctionnaires supprimés pour profiter de cette augmentation.
Impôts. Si beaucoup de battage est fait par le pouvoir sur la baisse des impôts pour les ménages, il est très discret sur le milliard de baisse pour le patronat au travers de l’impôt sur les sociétés qui passe de 31 à 28% pour celles qui réalisent – de 250 millions de CA, de 33,3 à 31% pour celles de + de 250 millions. Ce qui vient s’ajouter aux multiples cadeaux déjà consentis mais que le patronat trouve insuffisants.
Orpea. (groupe d’hospitalisation privé). Annonce qu’il va construire 17.000 nouveaux lits. Le résultat net du groupe est de 120 millions (+ 11,6) en 2018. Il prévoit de faire mieux en 2019. Les difficultés voulues de l’hôpital public profitent au privé.
Tabac. L’usine de tabac de Sarlat (Dordogne) appartenant à l’allemand Alliance One, ferme en octobre. C’est la dernière encore en activité en France qui emploie 33 salariés et est fournie par 176 tabaculteurs. Le propriétaire n’a tenu aucun des engagements qu’il avait pris pour assurer la pérennité de l’usine. Une manière d’éliminer un concurrent ?
Total. Annonce qu’il va augmenter les dividendes versés de 5 à 6% par an au lieu des 3% prévus jusqu’à présent, ce qui représente environ 3 Mds de$ cette année. Il prévoit d’augmenter son cash-flow de 1Md par an jusqu’en 2025 soit 5 Mds au total.
Ecologie. Les capitalistes intensifient leurs efforts pour apparaitre comme les défenseurs de la biodiversité. E. Faber, PDG de Danone vient d’annoncer devant l’assemblée de l’ONU que 19 multinationales s’engagent pour défendre la diversité des espèces, la restauration des sols, la déforestation. E. Faber explique : Ils (les consommateurs) sont à la recherche d’un nouveau contrat social avec la nature. Qui place la biodiversité centre de l’économie et de la société ? Et qui oublie la lutte de classe ? C’est tellement mieux pour le capital.

Monde.
USA. Avec la grève qui se poursuit chez GM pour la deuxième semaine les statistiques font apparaitre une nette augmentation des conflits. 375.000 salariés ont fait grève depuis le début de l’année et 80.000 autres devaient les rejoindre sous peu contre 465.000 en 2018. Ces actions touchent le secteur public comme privé.
Allemagne. La grande coalition vient d’annoncer avec beaucoup de battage un plan pour « lutter contre le réchauffement climatique ». Le premier constat est que l’Allemagne ne tiendra pas ses engagements concernant la baisse des émissions de CO2 qu’elle a pris lors de la conférence de Paris. La deuxième est qu’elle va utiliser à plein jusqu’en 2039 ses centrales à charbon pour produire son électricité, les énergies renouvelables ne représentent que 40% de ses besoins en énergie après l’arrêt de ses centrales nucléaires. Entre le discourt et la réalité il y a un gouffre qu’un gouvernement au service du capital est incapable de combler.
Inde. Alors que des millions d’Indiens ne disposent pas des besoins élémentaires pour vivre, le gouvernement décide de baisser les impôts sur les sociétés de 30 à 22%. Cela va entrainer un manque à gagner de 5 Mds d’euros pour les finances publiques. La Bourse a enregistré une hausse de 5% à l’annonce de cette décision.
Argentine. Sous la coupe du FMI qui impose ses pratiques habituelles d’austérité l’Argentine est déclarée en état d’urgence alimentaire. Avec une inflation de 55% c’est 38 à 40% de la population qui sera sous le seuil de pauvreté suivant un sociologue argentin. La situation est telle que les cantines scolaires ouvrent le Week-end pour pallier aux problèmes de sous- alimentation des enfants.
ONU. Vient de consacrer une session aux questions climatiques. Les grandes déclarations et annonces se veulent exemplaires mais la réalité est tout autre. Il y a l’absence volontaire des pays les plus gros pollueurs et la faiblesse des engagements des présents. Le secrétaire de l’ONU a conclu que ce sommet a été convoqué pour des actes et pas des platitudes. Quant aux « Echos » ils écrivent Sommet climat : des engagements très décevants des Etats, sans écrire que ces Etat sont les gérants de leur capitalisme respectif.

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France.
Luttes. Professions libérales (avocats, secteur médical privé, pilotes, personnel navigant), professions qui ont leurs propres régimes de retraites et qui ne veulent pas les voir disparaitre à l’occasion de la « réforme ». Ils ont manifesté le 16. Ils défendent leurs régimes de retraites particuliers, excédentaire de 25 Mds. Ils refusent aussi l’augmentation des cotisations et la baisse des pensions prévues par la « réforme ».
Fonctionnaires. Forte grève de 24h pour ceux des impôts qui refusent les suppressions d’emplois annoncées et les fermetures de centres des impôts.
EDF. Grève le 19 contre les projets de privatisation de la partie la plus rentable du groupe. La direction reconnait 33% de grévistes, 45% selon la CGT. La baisse de la production a été de 9% sans coupures. Un mouvement à nouveau largement passé sous silence par les médias.
Transport. Transdev. (Rouen) Appel CGT à des débrayages de 55 minutes par jour entre le 24 septembre et le 31 décembre. Ce sont les conditions de travail qui sont en cause.
Lorient. Appel CGT dans les transports publics pour une grève les 23 et 24 septembre.
Pour rappel grèves et manifestations contre la « réforme » des retraites le 24 pour la CGT. FO manifeste le samedi 21.
Impôts. Fort battage gouvernemental et médiatique sur une baisse annoncée des impôts de 9,3 Mds pour 2020 en additionnant baisse sur le revenu et impôts locaux, d’autres baisses telle l’exonération des heures supplémentaires pour 3Mds. N’ayant pas ces sommes en caisse, elles sont financées par la dette qui atteint pratiquement 100% du PIB. Cette fausse hausse du pouvoir d’achat permet au patronat de refuser les hausses de salaires et ainsi d’augmenter ses profits. Une nouvelle forme de cadeaux. Ces baisses qui ne touchent que 50% des ménages se traduisent par les suppressions de postes de fonctionnaires, la baisse des prestations sociales, des difficultés accrues pour la protection sociale.
En 2020 les taxes sur le tabac augmentent pour 500 millions sur l’année.
Industrie. La balance entre les fermetures et les ouvertures d’usines pour les sept premiers mois de l’année est de nouveau défavorable : 76 fermetures, 58 ouvertures. Les fermetures annoncées, les mises en liquidation risquent d’alourdir ce bilan. Pour le patronat ce sont les lourdeurs administratives ou réglementaires, les impôts dit d’entreprises qui en seraient la cause. Le gouvernement, toujours soucieux de satisfaire aux exigences patronales va examiner comment lui donner satisfaction. Ce qui n’empêchera pas les délocalisations vers les pays à bas coûts.
Les annonces de fermetures tel La Chapelle Darblay après -entre- autre- de Arjowiggin, de Whirpool, la délocalisation de 350.000 véhicules annoncée par Renault et Peugeot, la fin programmée du diesel, celle de Michelin concernant quatre sites de fabrication vont, sans aucun doute, accentuer cette tendance. Le cas de Michelin est à surveiller de près. En effet la revue de l’activité des sites a été effectuée en concertation avec tous les syndicats- sauf la CGT- avec une clause de confidentialité qui ont ainsi apporté leur caution aux futures fermetures de sites et à l’aggravation des conditions de travail. Le cas de la Roche/ Yon ou ces mêmes syndicats ont accepté l’augmentation du temps de travail contre une promesse d’investissement qui n’a été tenue que partiellement par la direction en est l’exemple.
Banque. Devant la baisse des taux d’intérêts qui diminue leurs profits, une première banque française -Lombard -Odier vient de décider de taxer les dépôts au- delà de 1 million. D’autres s’apprêtent à faire de même. A quand la taxation généralisée de tous les dépôts ?
Société Générale. Annonce 530 suppressions d’emplois d’ici à 2023.
Optique. Essilor Luxottica (groupe franco-italien verres et montures) numéro un dans ce domaine annonce son intention de prendre le contrôle du distributeur Général d’optique et de Grand Optical en France appartenant au hollandais Grand Vision soit 900 magasins et 10% du marché. Essilor Luxottica est largement implanté à l’international mais peu présent dans la distribution en France et en Europe. Cet achat doit lui permettre de combler ce vide. L’ensemble des opticiens, indépendants ou groupe tel Afflelou s’inquiètent de cette arrivée d’un nouveau concurrent maitrisant toute la chaine de la fabrication à la distribution. Depuis trois ans il disparait 200 opticiens par an. Ce marché juteux en raison du vieillissement de la population, donc d’un besoin accru de lunettes, attire toutes les convoitises y compris la grande distribution qui se lance dans cette activité.
Universités. L’inspection des finances de l’éducation vient de réaliser, à la demande du ministère, une étude sur la gestion des universités et de ses personnels. Elle trouve qu’elles disposent de marges de manœuvre inexploitées pour piloter leur masse salariale. En clair il y a trop de personnel enseignant ou technique et de préconiser le non- remplacement poste pour poste des départs en retraite. Dans la droite ligne de la politique du pouvoir.
Syndicalisation. Le défenseur des droits, J. Toubon, dans un rapport vient de faire une découverte : c’est la peur des représailles qui est la cause du faible taux de syndicalisation. Cette réalité est connue depuis longtemps, aggravée par les campagnes antisyndicales menées systématiquement par le patronat et le pouvoir. J. Toubon qui ignore la lutte de classes se félicite d’avoir envoyé un guide aux « entreprises pour « un recrutement sans discrimination». Sans commentaire.
Monde.
USA. Les 49.000 salariés de Général Motors sont en grève pour les salaires et une meilleure protection sociale assurée par l’entreprise.
Ecosse. Les salariés du fabricant de whisky Diageo sont en grève entre le 17 et le 27 septembre. Motif : l’augmentation de 30% du salaire du patron alors que le personnel se voit proposer 2,8%.
Bourses. La bourse de Londres soutenue par le gouvernement refuse la proposition d’achat faite par celle de Hong Kong.
Chine. Confirmation du ralentissement économique en août après celui de juillet. Il est dû pour une part à la guerre commerciale déclenchée par les USA mais aussi à la faiblesse de la consommation intérieure. La gestion capitaliste de l’économie chinoise en est la cause. La couche de la population qui s’est enrichie avec cette gestion n’est pas suffisante pour tirer l’économie face aux bas salaires (même si des luttes ont conduit à une augmentation de ceux-ci) à l’absence de protection sociale digne de ce nom, aux frais de scolarité, à la hausse des loyers qui amputent le pouvoir d’achat de la grande masse de la population. Les dirigeants chinois n’ont pas l’intention de modifier cet état de chose. Le premier ministre vient de déclarer « qu’il ne serait pas quelqu’un qui se prépare à appuyer sur le bouton de la croissance ». Autre signe du malaise. Les capitalistes chinois procèdent à des ventes d’actifs qu’ils détiennent à l’étranger pour 40 Mds de $ contre 28 en 2017 tandis que les investissements à l’étranger reculent à 35Mds.
BCE. Le torchon brule à la tête de la banque. Lors de la dernière réunion du CA deux lignes se sont opposées. Celle de son président M. Draghi qui veut continuer à inonder les banques de crédit pour « relancer l’économie », et porter l’inflation à 2% par an et ceux partisans d’une stricte orthodoxie budgétaire menée par les représentants de l’Allemagne et de la Hollande qui ont fait part publiquement de leurs critiques. A suivre à un mois de la prise de fonction de la nouvelle présidente de la banque. (Lagarde)
Situation identique à la Réserve Fédérale US (la banque centrale) ou ces deux mêmes oppositions se font jour. Pour l’instant la Réserve continue à injecter massivement dans le système bancaire. 128 Mds de $ en deux jours cette semaine et abaisse une nouvelle fois son taux de 0,25% après une baisse en juillet du même ordre.

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