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Gantry 5

 

France.

Luttes.
Mac Donald’s (Béthune, Pas de Calais). Grève le 8.08 pour les salaires.
Presse La presse parisienne était absente des kiosques en raison d’une grève le 20.08. Aucune information sur l’origine et les causes de l’action. A Marseille la grève se poursuit chez Prestalis contre les suppressions d’emplois.
Répression. A. Smith, inspecteur du travail dans la Marne, syndicaliste CGT, vient de faire l’objet d’un déplacement d’office sur décision de la ministre du travail E. Borne. Rappel des faits : A. Smith au cours d’une inspection demande en mars à une société d’aide à la personne de munir de masques son personnel. Celle-ci refuse et porte plainte auprès du ministère qui met à pied l’inspecteur et le traduit devant le conseil de discipline. Cette décision a entrainé une profonde indignation parmi les inspecteurs du travail qui s’est traduite par des pétitions, manifestations ce qui amené l’ensemble des syndicats à exiger le retrait de la sanction.
Smith a attaqué sa mise à pied (186 jours) et son déplacement devant le tribunal administratif.
Cela doit être considéré comme un avertissement à tous les inspecteurs du travail qui veulent accomplir correctement leurs missions. Un encouragement pour le patronat à contester tous les contrôles et obligations.
A suivre.
Suppressions d’emplois. La reprise de Camaïeu (habillement) après sa faillite par un fond (foncière immobilière bordelaise) va amener à 451 suppressions d’emplois sur3100 salariés. C’est une véritable hémorragie de l’emploi dans les chaines d’habillement ou de chaussures à la suite de faillites. La Halle, Naf Naf, André, Orchestra, Alinéa ont procédé au travers des faillites à des restructurations qui ont réduit l’emploi de 50 à 80%.
Ces faillites sont une véritable mine d’or pour leurs actionnaires. L’ordonnance du 20 mai 2020 permet aux actionnaires qui ont conduit l’entreprise à la faillite de la reprendre devant le tribunal de commerce, les dettes étant annulées et les salaires et indemnités des salariés licenciés payés en totalité ou en partie par le fond d’assurance générale des salaires. C’est le cas de Camaïeux et d’Aliéna (famille Mulliez). Une faillite frauduleuse organisée par l’Etat.
Handicapés. Dans un rapport l’Igas (inspection des affaires sociales) fait le point de l’évolution de l’emploi pour les handicapés. Sa lecture montre comme dans beaucoup d’autres domaines sociaux la distance entre le discours officiel et la réalité. Une loi de 2005 oblige les entreprises à employer 6% d’handicapés dans leurs effectifs. En 2020 ce n’est toujours pas le cas. Les quelques contraintes (aménagement des postes, des horaires) sont trop coûteuses aux yeux du patronat pour employer le contingent d’handicapés prévu par la loi. L’IGAS fait trois propositions non contraignantes à la fin de son rapport. La situation des handicapés va demeurer la même encore longtemps.
Etudiants. L’UNEF vient de calculer que le coût de la vie va augmenter de 3,69% en 2020 (pour une inflation officielle prévue à 0,8%). Cette baisse est la conséquence de l’augmentation des prix du logement et de la nourriture, de celui des masques dont le port est rendu obligatoire. L’UNEF demande une augmentation des bourses de 20% et l’ouverture du système d’aide à 100.000 étudiants supplémentaires.
Impôts d’entreprises. Alors que le gouvernement a décidé de baisser de 10 Mds les impôts dits d’entreprises un certain P. d’Ornano, PDG et vice- président du Meti (mouvement des entreprises intermédiaires) demande-au nom de la lutte pour l’emploi- une baisse de ces impôts de 35 Mds par an. Grands ou plus petits, le patronat n’en a jamais fini avec ses exigences de cadeaux sociaux et fiscaux.

Monde.
USA. L’agence pour la protection de l’environnement vient d’assouplir les règles de production de méthane émis par l’industrie pétrolière, en particulier celle qui pratique la fracturation hydraulique. Une « économie » pour les pétroliers de 100 millions de $ par an. A trois mois de l’élection présidentielle inutile de préciser l’origine de cet assouplissement.
La baisse des prix du baril de pétrole entraine une concentration de cette industrie. Les petits et moyens producteurs se retrouvent dans une situation financière difficile. Une trentaine d’entre elles sont sous la loi de protection des faillites. Un premier achat vient d’avoir lieu. Pour 13 Mds de $ Chevron vient de racheter une compagnie en difficulté.
Inde. Si le travail des enfants est interdit avant 14 ans, les 10 millions d’enfants au travail tous les jours amène à une tout autre réalité. La pandémie, avec la fermeture des écoles, a entrainé une augmentation énorme-mais non chiffrée- du travail des enfants. Les ONG qui s’occupent de l’enfance font part de leur inquiétude que cette situation se poursuive après la réouverture des écoles.
Brésil. 21 jours de grève chez Renault pour s’opposer à 747 suppressions d’emplois prévues dans le plan mondial annoncé. Ces licenciements sont en contradiction avec la signature d’un accord entre Renault et le syndicat. La grève plus un jugement condamnant Renault ont obligé la direction à les annuler. Une source d’inspiration pour tous les syndicats du groupe.

France.
Luttes.
Lejou. (Agents de sécurité, Lyon) Grève des agents pour l’obtention d’une prime Covid 19 de 1000 euros
Presse. La CGT de la « Marseillaise » appelle à un rassemblement le 13.08 contre le projet de reprise par « la Provence » et soutenu par X. Niel et qui vise, avec la suppression de 80% du personnel à mettre la main sur le mondial de pétanque organisé par le journal. Elle appelle à une autre solution qui garantirait emploi et une ligne éditoriale venant de Maritime médias.
Bibliothèque Nationale de France. (BNF) Un employé c’est suicidé sur son lieu de travail après que deux autres aient fait les mêmes tentatives qui n’ont pas réussi. Le personnel de la BNF a diminué de 300 emplois en 10ans, ce qui amène à des situations tendues dans l’exécution du travail. Pour l’ensemble du personnel il n’y a qu’une infirmière permanente, pas de médecin du travail.
Election. Chevignon. (Commerce). Malgré l’opposition de la direction pour organiser les élections dans cette entreprise sans représentants du personnel, la CGT remporte 95% des bulletins exprimés.
Emploi. Selon l’Insee les destructions d’emplois se sont poursuivies au deuxième semestre : 119.400. Depuis le début de l’année ce sont 600.000 emplois qui ont été détruits. Avec 36.400 postes supprimés, l’industrie poursuit son recul dans la production de biens matériels du pays.
La tendance constatée au 1er trimestre de la reprise des contrats précaires s’est poursuivie au second. Il semble que le patronat se serve de la crise pour accroitre la précarité de l’emploi, sans compter l’explosion des « autoentrepreneurs » utilisés par les entreprises de services.
Ces mauvais chiffres risquent encore de s’amplifier dans les mois à venir. D’une part avec la diminution des aides d’état pour indemniser le chômage partiel, d’autre part avec la saison touristique qui s’annonce désastreuse.
Le journal « Les Echos » (10.08) annonce à grand fracas la possibilité de relocalisation partielle de la filière auto en France. Il s’agirait essentiellement de la fabrication de voitures électriques et de batteries, toutes deux peu gourmandes en mains- d’œuvre du fait de la technique électrique et de l’automatisation de la production. Pour l’instant Peugeot produit sa 208 électrique en Slovénie. Un bien mauvais départ. Une annonce à considérer comme une aide à la campagne du pouvoir sur l’emploi
Commerce extérieur. Habituellement déficitaire, le commerce extérieur plonge encore d’avantage avec la crise. Pour le seul mois de juin il se monte à 7,96 Mds. La balance du commerce extérieur reflète l’état industriel du pays. La France ne peut s’appuyer que sur l’industrie aéronautique (57 Mds d’export en 2019) le luxe (27 Mds), l’agroalimentaire point fort encore récemment, étant réduit à très peu. Or en raison de la crise, ces industries ont pratiquement cessé d’exporter.
La France importe massivement bien de consommation où équipements. Deuxième producteur européen de voitures elle n’est aujourd’hui que le cinquième, l’essentiel de sa production étant réalisée en Europe de l’Est, en Turquie, au Maroc.
En détruisant systématiquement le tissu industriel depuis les années 1980, capitalisme français et les gouvernements successifs sont responsables de ce déficit permanent. L’annonce du nouveau ministre au Commerce extérieur et à l’attractivité (?) que le gouvernement inclura dans son plan de relance un volet de soutien à l’export est sans doute comme la corde qui soutient le pendu.
Total. Menace sur la raffinerie de Grandpuits (Seine et Marne). La direction explique qu’il lui faut reconstruire le pipe-line qui relie la raffinerie au port du Havre pour une somme de 500 millions. La CGT fait remarquer que cette somme est supportable pour une société qui réalise 7 Mds de profits. Pour la direction l’usine serait reconvertie dans la fabrication de bioplastiques ou de recyclage de plastique. Ce qui est loin d’assurer l’emploi des 400 salariés de Total et les 400 des sous-traitants.
D’une manière plus générale il s’agit d’une politique délibérée de la part des compagnies pétrolières qui ont fermé trois raffineries et qui s’inscrit dans la volonté d’établir leurs usines dans les pays dont les normes sociales et écologiques sont moins contraignantes qu’en France.
Suppressions d’emplois. Jet Aviation (aéroport international Bâle-Mulhouse). Jet Aviation, société suisse basée sur l’aéroport international de Bâle-Mulhouse veut supprimer 190 emplois en s’appuyant sur le droit suisse du travail, pratiquement inexistant. Pour une association de défense des travailleurs frontaliers c’est le droit français qui doit s’appliquer suivant une décision de la Cour de cassation.
Maxi Toys (jouet) Repris par King jouet annonce la suppression de 447 emplois sur 1237.

Air France. Les pilotes viennent de donner leur accord à la reprise des lignes intérieures par la filiale low cost d’Air France, Transavia. Les pilotes et leur syndicat étroitement corporatiste approuve dans les faits les plus de 1000 suppressions d’emplois chez Hop autre filiale desservant jusqu’à présent les lignes intérieures. C’est la direction d’Air France qui est la grande bénéficiaire de cette opération. Le coût d’un siège chez Transavia est de 63 euros contre107 pour Air France, 131 pour Hop sur un même trajet.
Accord de performance collective. Les salariés de Derichebourg (aéronautique, Toulouse) par leur action, ont fait la démonstration de tout ce qui favorise les vues patronales au travers de ces APC. Un rapport du comité de suivi a fait-à sa façon- le même constat. Le ministère du travail vient de raboter les aspects les plus criants en faveur du patronat. Sans rien changer sur le fond.
Endettement. Il s’agit de celui des entreprises qui se poursuit à grande vitesse, pour atteindre 1866 Mds soit + 13% sur un an. Cette dette représente 140% du PIB. En période d’argent facile et bon marché cela ne pose pas de problème. En cas de retournement du crédit comme cela arrive c’est la catastrophe assurée.
De leur côté, les banques ont provisionné pour 10 Mds, ce qui relativise les pertes annoncées pour le 1er semestre.
Covid 19. Si les médias font grand cas des actes ne non- respect par des groupes ou des particuliers des gestes dit barrière pour contrer la pandémie, ils sont beaucoup plus discrets sur la responsabilité des entreprises. Un « cluster » sur cinq est de leur responsabilité. Elles sont une part importante des foyers de propagation du virus. On se souvient de la levée de boucliers contre l’action de la CGT qui avait demandé et obtenu la fermeture de l’usine Renault de Sandouville. La réalité d’aujourd’hui montre la pertinence de cette action qui doit être poursuivie en permanence.
Idée. Lors de son discours d’investiture J. Castex a avancé l’idée d’un retour à une forme de commissariat au plan, supprimé en 2006 par Chirac en déclarant : Nous avons progressivement perdu notre capacité à nous projeter dans le long terme. A planifier une politique économique, à identifier les gisements de croissance du futur, à définir une perspective, à fixer un cap. C’est vrai que le capitalisme ne connait qu’une chose : le maximum de profit dans le minimum de temps. Ce plan n’aurait rien à voir avec ceux qui ont existé au lendemain de la seconde guerre mondiale encore moins avec les plans quinquennaux soviétique. Il ne doit pas redevenir le cadre que l’Etat impose mais le contraire. Cette idée a lancé un débat entre économistes. Entre les pour et les contre mais qui se retrouvent au fond. Un pour, P. Weil déclare : La planification doit redevenir non le cadre de toute action économique, mais une coopération dans les secteurs clés. Pour le contre E. Cohen les choses sont beaucoup plus simples. Ce dont nous avons besoin ce n’est pas d’un plan mais d’outils qui permettent d’orienter les fonds publics des projets de développement en partenariat avec le privé.
Entre les deux la boucle est bouclée. Quelle que soit la forme, tout pour le capital.
Chaque défenseur du capital y va de son idée. Un certain D. Pitelet, expert en management (?) apporte sa contribution à la casse de ce qui reste de protection pour les salariés. Dans « les Echos » (13.08) il signe une tribune. Titre : Il est temps d’abolir le CDI. Il va même plus loin dans l’article en proposant la disparition des contrats en CDD et de l’intérim. Il préconise le remplacement des contrats par des contrats de mission-partenariat ce qui permettrait avec ce nouveau contrat de sortir de la dialectique éculée de notre dialogue social en tournant le dos au relent de lutte des classes au profit d’une responsabilisation accrue des personnes. Ainsi plus de syndicat, plus de garanties sociales (santé, retraite, congés, conventions collectives). L’exploitation capitaliste est sans limite.
Monde.
USA. Le Congrès n’ayant pu se mettre d’accord sur le chèque de 600 $ versé aux salariés privés d’emploi, Trump -élection oblige- vient par décret de prolonger le versement en le diminuant de 200 $ avec un plafond de 44Mds et une durée de deux mois. A mettre en regard avec les 2000 Mds de$ versés au capitalisme US pour l’aider face à la crise.
Il annonce aussi le report des impôts payés par les entreprises et leurs annulations si ‘il est réélu. C’est lourd
Dans le même temps il poursuit son offensive contre les produits chinois. C’est Tyk Tok (société de jeux vidéo) qui est visé. Par décret Trump exige que celle-ci soit vendue à une société US dans un délai de 45 jours. Toujours sous le prétexte de sécurité nationale et de la possibilité d’espionnage à partir des données collectées sur les utilisateurs de ces jeux.
Comme si les USA n’avaient pas mis en place les plus grands réseaux d’espionnage que le monde connait.
Pour sa part le ministère de la défense vient de signer pour 50 Mds de $ de contrats avec l’industrie aérospatiale pour le compte de l’armée. Boeing en difficulté dans l’aviation civile se voit octroyer un contrat militaire de 31 Mds
Russie. La récolte de blé sera la deuxième meilleure de son histoire. Elle redevient le 1er exportateur mondial. La récolte calamiteuse en Europe (-21% pour la France) renforce la présence de la Russie dans le commerce international du blé tendre (celui qui sert pour faire le pain). Avec de bonnes perspectives de récoltes dans l’hémisphère sud, les cours s’effondrent. La tonne se négocie à 177 euros
Hongrie. A la suite de la visite du secrétaire d’Etat US elle annonce qu’elle va acheter pour 800.000 euros de fusées air-air US en remplacement de l’ancien système soviétique encore en service. En bonne vassale elle a bien suivi les injonctions du maitre en passant son budget militaire de 0,95% en 2013 à 1,21% en 2019. Ce n’est pas le seul exemple de cette soumission. En générale les pays de l’Europe de l’est n’ont rien à refuser à l’impérialisme US.
Compagnies aériennes. C’est à un véritable massacre de l’emploi. Les annonces connues à ce jour, font état de 36.000 suppressions chez United Airlines, 25.000 chez Américain, 22.000 chez Lufthansa, 12.000 chez Air France-KLM, 4.500 chez Easyjet.
A cela viennent s’ajouter les baisses de salaires. La direction de Lufthansa vient de rompre les négociations avec le syndicat qui pourtant acceptait une baisse de la masse salariale de 600 millions par an. Insuffisant pour la direction. De son côté KLM annule la hausse de salaire de 2,5% prévue en août.

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France.
Luttes.
La Poste. Dans l’Aisne appel à la grève illimitée à compter du 24.07 pour l’embauche des personnels en contrat de professionnalisation.
Nice. Grève le 28.07 aux Travaux du Midi (filiale de Vinci) contre 169 suppressions d’emploi sur 524. La CGT pense que ces emplois en CDI seront remplacés par des contrats précaires.
Camaïeux. C’est le magasin de Reims qui était dans l’action. Camaïeu filiale de l’anglais Kingfisher veut diminuer la prime d’intéressement de 2 mois ½ de salaire à un mois. Kingfisher a réalisé un bénéfice net de 539 millions au 1er semestre.
Cora (alimentation) Journée d’action le 31.07 contre le licenciement de 917 salariés qui ont refusé le nouveau contrat imposé par la direction et qui fait disparaitre un certain nombre d’avantages.
Hop (filiale d’Air France) Manifestation sur l’aéroport de Nantes contre les 1401 suppressions d’emplois annoncées. Le cas de Hop est un cas d’école. L’arrêt de certaines lignes et escales intérieures était prévu avant la crise du covid. Celle -ci sert de justificatif à la diminution de lignes et des effectifs
Presse. Du fait d’une grève dans ses imprimeries, le Figaro n’est pas paru le 6.08. La grève se poursuit dans la filiale de Prestalis qui distribue la presse dans le sud de la France contre les 500 suppressions d’emplois et le refus d’envisager toutes solutions proposées par les salariés
Répression. Primark (habillement, Créteil)). Le personnel a manifesté son soutient le 30.07 à une déléguée CGT lors de son entretien préalable.
Suppressions d’emplois. Ibsen (santé) a décidé de supprimer 400 postes de visiteurs médicaux.
Lamak (aéronautique, Pyrénées Orientales, Gers) 250 suppressions d’emplois sur 838.
L’UIMM et les syndicats CGDT, FO, CFTC, CGC viennent de signer un accord (dans le cadre d’une loi du 20.07.2020) pour un recourt à l’activité réduite pour le maintien de l’emploi. Le moins qu’on puisse dire devant les suppressions d’emplois en cours et celles annoncées, c’est qu’il s’agit d’un simple effet d’annonce pour justifier l’intérêt du « dialogue social ».
EDF. Annonce que les départs ne seront pas remplacés, ce qui amène la baisse des effectifs. Elle envisage de diminuer de 500 millions d’euros ses charges opérationnelles et de vendre pour 3 Mds de nouvelles cessions d’actifs.
Salaires. Sans surprise F Roux de Bézieux a bien été entendu lorsqu’il invite au blocage des salaires. Selon une étude du cabinet Adecco Groupe, sur les 55% d’entreprises qui avaient signé des accords d’augmentation de salaire pour 2020, 45% ont gelé les salaires, 23% les ont reportés en fin d’année.
Alstom transport. LUE vient de donner son accord au rachat de Bombardier par Alstom. Cette fusion exige des contreparties. Alstom devra se séparer de son usine de Reichshoffen (Bas Rhin) qui emploie 700 salariés et 200 intérimaires (plus les emplois de service). Le PDG d’Alstom se veut rassurant sur l’avenir de l’emploi dans le futur groupe. Mais une chose est sure : des doublons vont exister et il serait surprenant qu’ils restent en place.
Profit. BNP. Résultat net 1er semestre : 3,58 Mds (-6% sur 2019). Une belle performance. L’action en bourse a grimpé de 6% à l’annonce du résultat. Elle indique que depuis le 31.12.2008 le rendement par action a augmenté de 7,3% par an. Crédit Agricole : Résultat net : 1,59 Md. AXA. Résultat net : 1,43Md.
Les autres sociétés du CAC 40 annoncent des pertes plus ou moins importantes en raison de l’arrêt de l’économie. Le seul résultat net ne permet pas de se faire une idée réelle de la situation financière des entreprises. L’exemple de la Société Générale et Natixis (filiale de la Caisse d’Epargne et de Banques Populaires) en est l’illustration. Les deux annoncent des pertes. 1,26 Md pour la SG, 57 millions pour Natixis. Il faut cependant relativiser ces pertes. Il s’agit de pertes dues à des dépréciations d’actifs sans répercussion sur le capital bancaire. Pour la SG il s’agit de 1,384 Md tandis que Natixis augmente ses provisions de 264 millions. Pour sa part SG annonce la poursuite de son plan de « réduction de coûts » pour 450 millions. Sans casse sociale affirme son PDG. Personne, surtout dans le personnel n’est obligé de la croire.
Hold-up. C’est celui que le pouvoir s’apprête à réaliser sur les mutuelles de santé complémentaires. Pendant le confinement-hors malades du coronavirus- les frais médicaux tant chez les médecins de ville, les dentistes, les examens ou opérations non urgentes ont été reporté ce qui a entrainé une baisse des remboursements des complémentaires santé de 2,6 Mds sur lesquels le pouvoir veut mettre la main pour le reverser à la SS afin de « participer » à la diminution de la dette de celle-ci. Cette somme n’appartient pas à l’Etat mais aux assurés des complémentaires santé. Elle devrait leur revenir sous une forme ou une autre. Pour augmenter les ressources de la SS c’est vers la suppression des cadeaux sociaux au patronat qu’il faut se tourner.
Sur les 31 Mds de dette annoncés de la SS, la revue patronale « Liaison sociale » indique que les reports de cotisations décidés par le pouvoir et remboursables sur trois ans ont privé la SS de 21,1 Mds pour 2020.
Mauvaise surprise pour les malades touchés par le covid 19 et hospitalisés qui se voient réclamer-pour ceux qui n’ont pas de mutuelle- des sommes allant jusqu’à 1500 euros. Il s’agit là de l’effet pervers du ticket modérateur mis en place il y a plusieurs dizaines d’années pour réduire l’offre de soins. Comme il s’agit des malades les plus précaires financièrement, les factures non payées s’accumulent dans les hôpitaux ce qui augmente leur déficit.
Aides- soignantes à domicile. Nouveau coup de com. du pouvoir avec l’annonce par Macron d’une prime Covid de 1000 euros pour les aides-soignantes qui sont au nombre de 320.000. L’Etat apporte 80 millions, les départements autant. Même si tous les départements votent les sommes nécessaires -certains le refuse- une simple division montre que les sommes allouées ne font pas le compte. Elles représentent environ 500 euros.
TV France O. (outre- mer) Sa fermeture est programmée pour le 23 août dans le cadre du plan d’économie exigé par le pouvoir. Pour mieux faire passer cette fermeture, la direction de France TV affirme qu’une plus grande place sera réservée à l’Outre-mer sur les autres chaines du service public. La chaine jeunesse France 4 qui devait connaitre le même sort gagne un sursis d’un an en raison du succès de ses émissions pendant le confinement.
Monde.
Grande-Bretagne. La compagnie aérienne British Airways a obtenu l’accord des pilotes pour une baisse des salaires de 20% sur deux ans plus 8% pour les années suivantes ce qui n’empêche pas la suppression de 270 pilotes sur les 4.300 que compte la compagnie.
Chili. Le plan de relance du gouvernement a été reçu par des manifestations de rejet qui se sont concrétisées par des concerts de casseroles.
Israël. Nombreuses manifestations pour exiger le départ du premier ministre. Si elles sont avant tout politiques, la situation économique avec 20% de chômage y est présente. Même si les manifestants obtiennent ce départ, la question palestinienne ne sera pas résolue pour autant.
Chine. D’après l’indice Calsin/ Makirt basé sur les achats des entreprises, la production industrielle s’accélère en juin et devrait se poursuivre. Ce malgré la faiblesse des exportations plombées par la récession mondiale. Cette reprise n’a aucune incidence sur l’emploi. En bon capitaliste le patronat en profite pour réduire ses coûts et d’accroitre « l’efficacité » de sa production.
Corée du Sud. Samsung annonce la fermeture de son usine fabriquant de TV en Chine et qui emploie 6000 salariés pour la relocaliser au Vietnam. Si l’affrontement commercial Chine-USA a pesé en partie sur la décision, c’est avant tout une question de coûts qui a emporté la décision. Elle fait suite à la fermeture en 2018 et 2019 de trois usines qui fabriquaient des smartphones, elles aussi délocalisées au Vietnam.
Or. Valeur refuge en cas de crise il vient d’atteindre des sommets : 2000 $ l‘once. Elle ne valait que 1525 $ en janvier et pour certains analystes elle pourrait atteindre 2300 $ sous peu. Plus que les particuliers (les vente de bijoux diminuent) ce sont les fonds adossés à l’or qui achètent à tour de bras. En premier en Amérique du Nord, résultat de la faiblesse du dollar US. Leurs achats se montent à 458 tonnes en 2020 contre 205 il y a un an.
Les propriétaires des mines d’or ont vu leurs revenus s’envoler. D’après le cabinet Bloomberg les trois premiers producteurs auraient gagné 2,8 Mds de$.

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France.
Luttes : Dockers (St. Malo) Grève le 28.07. (Pas d’autres précisions sur sa durée et ses causes)
Camaïeu : Poursuite de la grève à l’initiative de la CGT. Le 25.07 c’est à Antibes (Alpes Maritimes) que le magasin était fermé avec une adresse à la population pour soutenir la lutte contre les suppressions d’emplois. Toujours à Antibes, poursuite de la grève chez Castorama contre la baisse de la prime d’intéressement.
Smart : Première riposte par une manifestation à la suite de l’annonce de la vente du site par Mercédès à Sarreguemines (Moselle) le 23.07
CGG : (exploration du sous- sol) Rassemblement le 23.07 à l’initiative de la CGT contre un plan social en préparation.
Onet : Voir article dans l’hebdo. https://www.sitecommunistes.org/index.php/france/luttes/998-dans-les-pays-de-loire-a-la-repression-syndicale-la-reponse-des-travailleurs-pas-de-treve-pour-les-luttes
Emploi : André (chaussures) en liquidation judiciaire est repris mais ne garde que 55 magasins sur 188 et supprime 188 emplois.
Chômage : Avec une diminution de 204.700 chômeurs de catégorie A entre mars et juin on peut se rendre compte de la rapidité des licenciements qui ont été effectués au début de la pandémie. Cette baisse est annulée par l’augmentation des chômeurs des catégories B et C de 326.000, ce qui montre l’augmentation du travail à temps partiel. Au total sur le 2ème trimestre, le nombre de chômeurs toutes catégories se monte à 5,815 millions.
Le ministère du travail a enregistré 107 plans sociaux concernant 20.000 salariés. E. Borne nouvelle ministre du travail est sans illusion : il y aura plusieurs centaines de milliers de chômeurs de plus à la fin de l’année. (Les Echos, 28.07).
Fonction publique : Dans sa présentation des grandes lignes du budget 2021 devant l’Assemblée Nationale, B. Lemaire a indiqué que le nombre de fonctionnaires d’Etat resterait stable. Avec les annonces d’augmentation des effectifs dans le domaine régalien (police, justice, armée) ce sont les emplois utiles à la population qui vont en faire les frais.
Sécurité sociale. L’Assemblée Nationale vient de voter la création d’une 5ème branche de la Sécu : la branch : vieillesse. En plus de la poursuite du démantèlement de la Sécu- déjà bien avancé- aucun financement n’a été voté. Un effet d’annonce plus qu’une solution aux problèmes de la vieillesse.
Faurécia : (Sous-traitant auto, filiale de Peugeot) Depuis des années le patronat nous a habitué à son mépris et son cynisme vis-à-vis des salariés, seuls producteurs des richesses. Faurécia qui a fermé des dizaines d’usines et supprimé des milliers d’emplois en France, vient de se distinguer. Au moment des NAO la direction justifie la faiblesse des augmentations générales par une importante prime d’intéressement. Celle-ci a représenté entre 2.000 et 3.000 euros pour les salariés non -cadres. Au dernier CSE la direction annonce qu’elle s’est trompée dans le calcul de la prime et demande le remboursement de 50% de celle-ci. Devant la grogne des salariés, l’opposition des syndicats, elle fait une nouvelle proposition : le remboursement s’effectuera sur trois ans par prélèvement sur les primes à venir. Nouvelle grogne et refus syndical. On en est là pour le moment.
Michelin : à la Roche/Yon fait aussi preuve de son cynisme. La direction-avec la complicité des syndicats signataires de la fermeture de l’usine, -CFDT, CGC, Sud- invite le personnel à une fête pour la sortie du dernier pneu. Avec un aller simple pour Pôle emploi.
Medef : F. Roux de Bézieux dans une interview au « Monde » justifie le blocage des salaires par le manque d’argent et les résultats (les premiers résultats trimestriels montrent que ce n’est pas tout à fait vrai) en profitabilité, augmenter les salaires va être compliqué.
Il a été entendu. La branche du commerce qui couvre 700.000 salariés repousse à septembre les négociations prévues en juillet.
Gouvernement et Medef sont sur la même ligne : c’est aux fonctionnaires et aux salariés de payer la crise.
Dans le même temps le Medef lance la « rencontre des entreprises de France » le 27 août sur le thème de « la renaissance des entreprises de France. La venue du premier ministre n’est pas encore certaine, celle d’anciens, Raffarin et Valls, sont acquises ainsi que celle d’Y. Jadot ; des PDG licencieurs de Véolia et Sanofi, des économistes de service. Une union nationale enfin réalisée.
Profits : PSA bénéfice net 517 millions. (-84,4%). LVMH 532 millions (-84%) Kéring (luxe) 569 millions (-63,4%). Même si les dividendes vont être en baisses ils seront confortables.
Budget militaire : Il va augmenter de 1,7 Md. Depuis l’arrivée de Macron en 2017 ce budget Trump qui exige que les budgets militaires des membres de l’OTAN soient de 2% de leur PIB.
Accord de performance collective : France 2 fait la promotion de tels accords le 27 juillet dans son journal de 20h. Après avoir fait l’historique de ces accords qui ont été mis en place par ordonnance en 2017 et indiqué que 370 avaient été signé depuis cette date, France 2 a pris l’exemple de Derichebourg sous-traitant aéronautique ou FO, majoritaire, vient de signer. Contre l’engagement de ne pas licencier avant 2022 les salariés abandonnent leurs primes de repas et de transport, les cadres une partie de leur salaire. Une centaine de salariés qui refusent cet accord serons licenciés selon les procédures habituelles.
Derichebourg gagne sur les deux tableaux : il baisse la masse salariale et réduit ses effectifs sans attendre 2022.
La commission de suivit des APC, pourtant composée avec soin (un ancien dirigeant de la CFDT, du Medef, d’un économiste) vient de rendre un rapport sur les conséquences de la mise en place de tels accords. Les conclusions sont particulièrement sévères : ils dynamisent le moins disant social au sein d’une branche, c’est une quasi-convention à l’organisation générale des conditions de travail visant à se substituer à la convention de branche.
Hausses : Au 1er août le tarif réglementé de l’électricité augmente de1,54%, celui du gaz de 0,3, 0,7, 1,4% suivant les utilisations. La commission chargée de déterminer les prix semble ignorer l’écroulement du prix du pétrole sur lequel celui du gaz est indexé. Ces hausses doivent se poursuivre jusqu’en février 2021pour atteindre 6% au total.
Santé. Le fond US KKR vient de prendre 45% du capital de Elisan, deuxième groupe privé de santé en France qui emploie 25.000 salariés et traite 2 millions de patients par an. Cette prise de participation valorise le groupe à 3,3 Mds. La famille Bettencourt est présente au capital. La santé un bon filon pour le profit.
Idée : Avec la pandémie les contributions pour rendre le capitalisme plus acceptable fleurissent. La dernière en date à l’initiative d’un enseignant à Sciences Po, signée par 150 politiques, syndicalistes, économistes, revient sur l’idée d’associer davantage les salariés à la marche de l’entreprise reprenant sous une forme qui se veut moderne la vieille rengaine de l’association capital-travail. Après avoir fait le constat que ce sont les salariés de tous corps de métiers qui ont tenu le pays par leur travail, ils posent une très juste question : L’imprévoyance n’est-elle pas la conséquence de la place inexistante de ceux qui travaillent dans la direction de notre économie ? Bien sur leur réponse n’est pas la fin de la propriété privée des moyens de productions. Leur réponse à la question est des plus classique : un tiers où une moitié dans les conseils d’administration, les entreprises françaises pourront aborder le changement du modèle productif sur une base refondée et enfin légitime. Comme on le voit à côté des décisions politiques immédiates pour faire payer par les travailleurs la crise, la bataille idéologique ne faiblit pas.
Monde
Irak : Si les luttes des peuples pour mieux vivre a pratiquement disparu de l’actualité, elle n’a pas disparue dans la réalité. Dernière en date en Irak ou de puissantes manifestations viennent d’avoir lieu pour des services publics dignes de ce nom. La répression policière a fait deux morts.
Chine : Les efforts des USA pour amoindrir la position dominante de Huwai en matière de télé-com viennent de subir un échec. Le chinois est devenu au 2eme trimestre le premier vendeur de téléphone mondial avec 55,8 millions, devant le sud- coréen Samsung 53,7 millions.

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