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France.
Luttes. Succès. Neuhauser (alimentation) Après 10 jours de grève sur les sites de Reims et en Moselle, l’entrée dans la lutte de celui de Maubeuge et les annonces de grève sur les autres sites en France, la direction lâche la prime demandée de covid (pas de précision sur son montant) et une prime de production de 209 euros par mois.
Bombardier. (Métallurgie, Crespin, Nord). La direction voulait imposer une semaine de congé en juin avec des avantages financiers. Refus des syndicats CGT, Sud, CFDT pour qui la prise de congés est d’abord l’affaire des salariés. La direction a abandonné sa proposition.
Luxfer. (Métallurgie, Gerzat, Puys de Dôme) Cette dans cette entreprise (la seule en France) qui fabriquait des bouteilles médicales d’oxygène a été reprise et fermée en 2019 par un anglais qui voyait en elle un concurrent. Depuis de multiples actions pour sa réouverture ont eu lieu. Une nouvelle est annoncée pour le 25.06.
Enseignement-Recherche. Nouvelle action le 25.06 contre la loi de programmation qui livre la recherche encore davantage au privé. Consulté sur le projet, le Conseil économique et social l’a rejeté. Pour aller plus loin dans l’information sur cette importante question qui conditionne l’avenir de la recherche avec toutes ses conséquences économiques et sociales. Voir l’article dans l’hebdo et l’étude faite par notre cellule Enseignement-Recherche disponible sur notre site.
BFMTV. (Groupe Altice, X. Niel, propriétaire de SFR, actionnaire du « Monde » et d’autres organes de presse). Grève du 25.06 au 30 devant l’annonce de la direction de 1600 suppressions d’emplois. Une première chez BFM.
Dans le même temps X. Niel et son allié M. Pigasse s’offrent pour 100 millions Lagardère Studio qui regroupe une trentaine de société de production TV.
Ségur de la santé. Après avoir longuement tergiversé le pouvoir annonce les sommes qu’il entend mettre en œuvre pour répondre aux revendications des personnels de santé. 6 Mds pour l’hôpital public et privé et les Ehpad. On est loin du compte pour couvrir les besoins en salaires, emplois, installations médicales. Les premières réactions syndicales-à l’exception de l’inévitable L. Berger- vont dans le sens du rejet. Une nouvelle action des personnels est prévue pour le 30.06. Quant aux représentants des médecins hospitaliers ils ont quitté le Ségur.
Le pouvoir n’a en rien abandonné sa volonté de destruction de l’hôpital public. Chacun se souvient du limogeage du responsable de l’ARS de la région Grand Est qui avait déclaré en pleine pandémie que le plan hôpital était suspendu et non annulé. En marge de la journée du 16.06 une délégation de cette région a été reçue par la nouvelle responsable de l’ARS qui confirme le plan de 1000 suppressions de poste d’ici à 2033 à l’hôpital de Nancy et que le plan hôpital est suspendu et non annulé.
La lutte des personnels et de l’ensemble de la population s’impose.
La Halle. (Habillement) Grève le samedi 27.06 contre les suppressions d’emplois.
Aéronautique du Sud -Ouest. Appel de la CGT à une journée d’action le 9.07 face à la multiplication des menaces de suppressions d’emplois, à la volonté patronale de jouer à plein des « accords de performance collective » et autres moyens à leur disposition pour la baisse des salaires.
Centre médical chirurgical obstétrique. (Santé, Nord). En grève depuis 10jours pour une augmentation des salaires bloqués depuis 10 ans.
Piscines de Lyon. Préavis de grève CGT du 1er au 31.07 pour le respect des mesures de protections face à la pandémie.
HP hygiène (Deveziaux, Ardèche) Fabricant de gel et autres produits hydro alcooliques, le patron avait promis une prime de 2000 euros au plus fort de la production. Il revient sur cet engagement et ne propose plus que 1000 euros. Le personnel est en grève tandis que les 280 intérimaires embauchés pour faire face à l’afflux de commandes sont licenciés.
Bus de la région de Lorient. Appel CGT à la grève du 26.06 au 27.09 pour des revendications locales.
Cette liste d’actions diverses dans de multiples secteurs est en dessous de la réalité des luttes dans le pays. Pour importantes qu’elles soient il manque la coordination des luttes pour aboutir à faire reculer le pouvoir sur ses objectifs qui n’ont pas changé : mettre la société tout entière au service du capital.
Suppressions d’emplois. Schréder (éclairage extérieur, groupe belge, St. Florent sur Cher, Cher) supprime 110 emplois et délocalise sa production en Espagne.
Nokia. Après avoir supprimé 1210 postes entre 2016 et 2019 il annonce la suppression de 1223 nouveaux postes en particulier dans la R&D alors que ses concurrents Huawei et Ericsson (Suède) font le forcing pour gagner un maximum de marchés dans la 5G. L’un et l’autre annoncent des implantations d’usines en France et la création au total de 800 emplois. Cette décision du groupe finlandais s’inscrit dans sa décision d’un plan d’économie décidé en 2018 et qui n’a donc rien à voir avec une conséquence du covid. Comme à son habitude le pouvoir agite son sabre de bois et invite la multinationale à réduire le nombre de suppressions d’emplois.
Oxfam. (ONG d’origine anglaise, sa filiale française est dirigée par C. Duflot) Supprime 1500 emplois (1/3 des effectifs) et 700 sur 3600 sous-traitants. Pour les remplacer elle compte sur le volontariat. Oxfam dénonce les excès du capitalisme et prône le partage des richesses. Elle est signataire avec la CGT et d’autres d’une pétition censée proposer des solutions pour le « jour d’après ». Avec 42% de son budget provenant des gouvernements elle n’est pas une menace pour le capitalisme.
Sanofi. Annonce la mise en place pratique du plan d’économie de 2Mds annoncé en décembre. Il se traduit par 1700 suppressions dans le monde, de 1000 en France. Sanofi ne recherche que la mise au point et la fabrication de médicaments qui rapporte gros. Il vient de décider d’arrêter la recherche pour de nouveaux médicaments concernant le diabète et le cardiovasculaire.
Ses résultats sont excellents : CA au 1er trimestre 9,9 Mds (+4,69%). La distribution du dividende pour 2020 devrait avoisiner les 4 Mds.
Un nouveau suicide sur le lieu de travail vient d’avoir lieu dans la région parisienne. C’est le troisième depuis l’automne 2019. Le CSE s’est saisi de ces suicides et un cabinet de sécurité au travail a conclu que ceux-ci étaient le résultat d’un « management » brutal vis-à-vis des salariés.
Réunion à l’Elysée. Les « partenaires sociaux » se sont retrouvés avec Macron le 24.06. Celui-ci a confirmé que le chômage partiel serait poursuivi jusqu’en 2022 et que cette aide de l’Etat n’empêchera pas les licenciements que les « entreprises » jugeront nécessaires. A la grande satisfaction du Medef. L’envoi de lettres entre le pouvoir (où les institutions) et les « partenaires » semble devenir une nouvelle forme de dialogue. Huit organisations syndicales et patronales ont adressé une lettre à Macron pour lui faire part de leur intention de contribuer à une sortie de crise efficace et juste. Il semble que la CGT ne soit pas signataire.
La discussion du nouveau budget rectificatif- la troisième- s’est ouverte à l’Assemblée Nationale. Les députés EM ont rajouté de nouveaux cadeaux au patronat en plus de ceux prévus par le pouvoir.

Monde.
Tunisie. Le président tunisien vient de se rendre à Paris pour parler avec Macron d’économie et de coopération. La Tunisie occupe une place relativement importante dans l’industrie pharmaceutique et espère l’augmenter après la pandémie. Pour le reste, le pays connait une situation catastrophique doublée par une menace sur sa frontière avec la Lybie. Le chômage explose avec environ 960.000 chômeurs soit 18,8% de la population. Des manifestations viennent d’avoir lieu dans le sud pour l’emploi et l’application d’un plan d’embauches datant de 2017. Le pouvoir a répondu par la répression comme d’habitude.
Chine. Elle vient de terminer la mise en orbite du dernier satellite de son système de navigation Beidou qui vient concurrencer le GPS (USA) du Galiélo européen et de Glosnass (Russie). Avec cette mise en place la Chine acquiert son indépendance dans ce domaine vis-à-vis des USA, renforce sa puissance militaire, mais couvre aussi une dizaine de pays du sud-est asiatique qui ont donné leurs accords pour son utilisation.
Automobile L’ACEA (association des constructeurs européens d’automobiles) prévoit une chute de 25% du marché automobile européen en 2020 ce qui permet de justifier les dizaines de milliers de licenciements annoncés. La réalité est toute autre. La baisse des ventes a débuté dès 2019 et surtout les constructeurs profitent de cette baisse pour restructurer leurs outils de production en vue de l’arrivée massive sur le marché de la voiture électrique qui demande pour sa fabrication 1/3 de main-d’œuvre en moins qu’une voiture thermique. L’allemand BMW et ses 6000 suppressions d’emplois annoncées en est parfait exemple.
Allemagne. Chacun se souvient du scandale dit du « dieselgate » ou Volkswagen avait manipulé ses logiciels pour obtenir une baisse de ses émissions de CO2 de ses voitures. Un autre scandale vient d’éclater, financier cette fois. Il s’agit de Wirecard dont l’activité est celle d’un intermédiaire dans une transaction financière entre un commerçant et son client. Il s’agit d’un détournement de 1,9 Md qui a disparu des comptes. Il existe pourtant des organismes officiels pour surveiller ce genre d’activité. Le président de cet organisme a reconnu qu’il s’agissait d’un désastre complet. Plusieurs entreprises françaises (Air France, Leroy Merlin, le crédit Agricole, Orange Bank) étaient en relation avec Wirecart. Jusqu’à présent elles n’ont pas voulu s’expliquer sur les conséquences pour elles de ce scandale.
UE-USA. C’est le 26 juillet dernier délai que les USA décideront s’ils augmentent les droits de douane sur 3,1 Mds de $ d’importations, à la suite d’une décision de l’OMC jugeant non conforme les aides des Etats à Airbus. Une première série de mesures avaient été décidée par les USA en 2019. Les premières indications données iraient dans le sens de plus de droits de douane.

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France

Luttes. Enseignants chercheurs. Manifestation le 13.06 à la Sorbonne de plusieurs centaines d’entre eux. Ils refusent la loi sur la recherche qui doit être votée prochainement et qui la livre au privé.
Personnels de santé. Voir article dans l’hebdo. A noter, sans surprise l’absence dans l’action de la CFDT. L’appel à la poursuite de l’action est plus que justifié au vu de la manière dont le pouvoir agit avec la prime de 1500 euros annoncée à grand renfort de propos élogieux sur le dévouement des personnels de santé.
L’ordonnance pour le versement de la prime de 1500 euros vient de paraitre plus de deux mois après son annonce. Les conditions restrictives mises pour son obtention font que peu de personnel la touchera dans son intégralité. Une raison supplémentaire pour maintenir un haut niveau de lutte.
Neuhauser. (Reims et Moselle, alimentation) Sur ces deux sites, grève à compter du 13.06 pour les salaires et une prime pour avoir travaillé pendant le confinement.
Spectacle. A l’appel du syndicat CGT manifestations à Paris, Lille, Lille, Lyon pour une meilleure indemnisation des jours perdus en raison de la pandémie.
Renault Lardy. Débrayage le11.06 contre le plan de la direction de supprimer 4600 emplois en France.
Poste. (Corrèze) Préavis CGT pour une grève reconductible tous les samedis jusqu’au 30 septembre. Cette action a pour but de protester contre la distribution du courrier 3 samedis sur 4 ce qui porte atteinte au service, à 140 h de travail par mois (pas de précision sur les conséquences sur les salaires), suppression de RTT.
Dockers Ceux du Havre sont appelés à 24h de grève le 19.06 à la suite de l’assassinat de l’un d’entre eux dans une affaire de droit commun. Appel étendu à l’ensemble des ports par la fédération.
Coved (transport, Calvados) Appel à la grève le 19.06 à la suite du suicide d’un salarié victime de ce qui relève d’un licenciement abusif et pour l’amélioration des conditions de travail.
Succès. En Guadeloupe, l’administration et le patronat se croient toujours au temps de la colonisation. La répression est une de leurs armes favorites. Mal leur en a pris. La justice relaxe un syndicaliste du CHU accusé par sa direction de menace de mort. La Cour d’appel fait de même pour un syndicaliste des travailleurs de la banane.
Retraite. Le Conseil d’orientation des retraites fait le point sur le déficit du système de retraite pour 2020. Il se monterait à 30Mds. Les causes en sont un effondrement des cotisations de 8,5% (9,7 pour le privé comme pour les indépendants). A cela s’ajoutent les exonérations de toutes sortes décidées par le pouvoir au nom du maintien de l’activité économique et non compensées par l’Etat.
C’est l’ensemble des caisses de Sécurité Sociale qui est en déficit pour les mêmes causes. 30 Mds pour l’assurance maladie, accidents du travail 700 millions, famille entre 1 et 1,5 Mds
SNCF. Elle aussi prévoit un déficit entre 4,5 et 5 Mds. L’Etat-seul actionnaire- si généreux envers le privé n’a rien versé, ni apporté sa garantie au 1,2 Md que la SNCF a emprunté sur les marchés. Les crédits de rénovations annoncés sur les « petites » lignes vont être diminués ou reportés.
Air France. Le plan de suppressions d’emplois se précise avec 8000 et 10000 emplois, qui toucheront l’ensemble du personnel. La direction annonce une réorganisation entre ses différentes compagnies : Air France, HOP, Transavia. Suppressions des petites lignes et des escales et de ses personnels, du personnel au sol. Comme à son habitude B. Lemaire annonce qu’il sera très attentif sur la nature des suppressions d’emplois, mais qu’il ne s’y oppose pas.
Peugeot. A la suite des protestations multiples à l’annonce de l’emploi de travailleurs polonais la direction manœuvre en recul. Ce ne sont plus 531 salariés polonais qui seront présents sur les chaines mais seulement 124. Peugeot a de la suite dans sa volonté d’imposer à ses salariés la flexibilité à l’échelle européenne.
Presse. « Paris Normandie » est repris par le groupe de presse Rossel déjà propriétaire de journaux en Belgique, de la « Voix du Nord » et d’autres journaux régionaux dans le Nord et l’est de la France, de deux radios et deux chaines de TV. Cette reprise s’accompagne de 60 suppressions d’emplois sur 240. Elle a été accueillie avec satisfaction par les intéressés. Bizarre !
« Le Parisien » (groupe « les Echos ») étudie un plan d’économie. Il serait question de faire disparaitre les neuf éditions départementales pour les remplacer par une édition régionale avec comme conséquence des réductions d’emplois.
NexRadioTV (filiale multimédias d’Altice). Annonce la suppression de 380 postes en CDI et 200 de pigistes sur 1600 salariés. Les syndicats dénoncent cette décision sans aucune justification économique, le groupe a augmenté son CA depuis le début de l’année.
L’Equipe. Les personnels ont refusé les propositions de la direction qui voulait une baisse des salaires et l’abandon de jours de congés.
Renault. Vient de donner de premières indications sur son plan de réduction de 4600 emplois sur trois ans. Ce sont les usines qui fourniront le plus gros des départs : 2100, l’ingénierie 1500, 1000 dans les fonctions « supports ». Il n’y aura aucune souffrance sociale déclare avec cynisme le PDG en présentant ce plan. D’autant que l’on peut douter de la réalité de ces déclarations en particulier pour le site de Flin ou il restera 1600 salariés pour plus de 20.000 salariés dans le passé et une production supérieure à 1000 voitures/ jour.
Concernant la Fonderie de Bretagne des discussions s’ouvrent entre la direction, les syndicats, les collectivités locales qui ont versé 8 millions de subvention à la fonderie pour aider à sa remise en état après un incendie. La CGT propose de rester dans le groupe Renault et d’utiliser à plein les capacités de production en créant de nouvelles activités.
Renault Trucks (camions, filiale de Volvo) annonce de son côté la suppression de 463 emplois en France.
TUI (tourisme, filiale du groupe allemand du même nom) supprime 538 emplois sur 904.
Sanofi. Pour redorer le blason écorné par ses déclarations sur la fourniture prioritaire aux USA, Macron a visité un site de production. Il en a profité pour poursuivre ses déclarations sur « l’indépendance sanitaire » et annoncé 200 millions de subvention à Sanofi pour la recherche d’un vaccin anti-corona. Pour mémoire Sanofi a supprimé des milliers d’emplois en France. Sur ses principaux centres de recherche et de fabrication quatre sont situés à l’étranger un seul en France.
La Chapelle Darblay. (Papeterie, Seine Maritime). Un curieux marchandage est intervenu entre la CGT et la direction finlandaise du groupe. La CGT accepte le licenciement des 230 salariés en échange de l’engagement du groupe de ne pas démanteler l’installation industrielle d’ici juin 2021. La CGT justifie sa position en affirmant vouloir donner du temps à la recherche d’un repreneur.

Monde.

Liban. Les manifestations contre la politique du gouvernement se poursuivent au moment où la valeur de la monnaie libanaise s’effondre vis-à-vis du dollar et où l’inflation atteint des sommets, plongeant de plus en plus de Libanais dans la misère et la faim. Le gouvernement qui n’entend pas modifier sa politique financière envoie l’armée contre les manifestants.
UE. Il en était question depuis longtemps, c’est fait. L’UE vient de débloquer 500 millions pour 2019 et 2020 pour des fabrications d’armes en Europe et achetées par les Etats européens. Le budget sur la période 2012-2027 devrait se monter à 9 Mds. La ministre de la défense française, F. Parly a félicité le commissaire européen T. Breton pour la réussite de cette décision.
Les ministres des armées ont tenu une réunion le 16.06. Ils ont convenu de reprendre la coopération européenne pour la formation de l’armée malienne de plus en plus critiquée pour ses exactions vis-à-vis des populations locales. Ils ont aussi affirmé leur volonté d’une « autonomie stratégique » en matière de sécurité et de défense. Affirmation qui se heurte à la poursuite de l’appartenance à l’OTAN et à la tutelle des USA sur l’organisation. En fait c’est la production de plus d’armements et leurs achats par les pays européens à la place des fournitures US qui est au centre des préoccupations et des profits qui en découlent pour les fabricants d’armes.
D’autre part Bruxelles annonce sa volonté de sévir contre les groupes étrangers qui sont subventionnés par leurs Etats. Une annonce qualifiée de pistolet à eau par un expert du cabinet Gide.
La répartition des sommes du plan de relance européen – 310 Mds sur les 650 au total- va s’avérer plus que compliquée, chaque Etat membre proposant un mode de calcul le plus favorable à ses intérêts. Plusieurs Etats font toujours des réserves sur la mutualisation des remboursements. Une réunion des chefs d’Etats et de gouvernements doit e tenir en juillet pour conclure.
Chine. Au travers des déclarations officielles il est difficile de se faire une idée de l’ampleur du chômage. 2,2 millions de salariés sont indemnisés par l’assurance chômage, le même chiffre qu’avant la pandémie. Rien n’est dit sur la situation des 300 millions de précaires qui sont présents dans les grandes villes ou ils fournissent une main-d’œuvre sans droits et à bas coût. Avec la disparition de tous ces petits boulots nombre d’entre eux ont regagné leurs campagnes pour ne pas mourir de faim. Un autre danger guette l’économie pour l’essentiel tournée vers l’exportation. L’arrêt des économies mondiales va créer des difficultés à cette industrie exportatrice avec des conséquences non connues aujourd’hui.
Même si la pandémie a ralenti les mouvements sociaux, il en a été recensé 300 au premier trimestre contre 700 pour la même période de 2019.
OCDE. L’organisation discute depuis des années sur l’imposition des Gafa. Le gouvernement US vient d’informer qu’il ne voit pas de solution aux négociations engagées et qu’il s’en retire. Non content de soustraire ainsi les grandes entreprises du numérique- pour l’essentiel américaines- il menace les pays qui auraient l’audace d’imposer une taxe nationale à ces entreprises qui exercent sur leurs territoires. La France qui voulait apparaitre comme à la pointe de la taxation des Gafa avait déjà opéré un premier recul en acceptant de reporter la taxation prévue pour cette année. L’inévitable B. Lemaire a envoyé une lettre de protestation qui n’aura aucun effet.

 

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France.
Luttes. Fonderies du Poitou. Débrayage le 04.06 pour le maintien de l’emploi dans le cadre des productions pour Renault.
16 juin. La CGT appelle à participer à la journée de lutte pour la défense du système de santé organisée par les syndicats et les coordinations hospitalières. La fédération des services sociaux CGT se joint aux appels précédents ainsi que de nombreux syndicats hospitaliers et organisations locales.
Paris Normandie (presse) En liquidation judiciaire débrayage des journalistes et personnels contre les 60 suppressions d’emplois envisagées par les repreneurs.
Prestalis. Dans la région Sud Est troisième semaine de grève contre les licenciements annoncés.
Frichti (fabrication et livraison de repas à domicile, Paris). Employant uniquement des « autoentrepreneurs » dont un grand nombre de sans-papiers, elle vient de se séparer de 80 d’entre eux à la suite d’un contrôle. Manifestation le 8.06 devant le siège parisien pour la régularisation et la reprise des salariés.
Pompiers départementaux. La CGT les appelle à ½ heure de grève par jour à compter du 15.06 pour obtenir les engagements pris à la suite de leur action du printemps dernier.
Répression. Les syndicats CGT de la RATP appellent à la grève et à un rassemblement devant le siège de l’entreprise le 13.06 pour soutenir quatre membres du personnel menacés de sanctions pour « entrave à la liberté du travail » pendant le conflit sur les retraites. Pour l’instant un seul des deux est passé devant le conseil de discipline et a été condamné à deux mois de mise à pied.
Suppressions d’emplois. Hutchinson. (Filiale de Total) Annonce la suppression de 30.000 postes dans le monde dont 800 à 1000 en France sous forme de rupture conventionnelle collective. Elle justifie cette mesure par la baisse d’activité due à la pandémie. Les syndicats contestent cette mesure, sans appel pour l’instant à la lutte.
Centrale Energie Antilles. (Guadeloupe). Prenant là aussi prétexte de la pandémie elle supprime 40 emplois.
Damart. Annonce la suppression de 159 emplois sur 1800 en France. En cause les conséquences de la pandémie. Dans le même temps Damart négocie un PGE de 80 millions
Medef : Roux de Bézieux dans une longue interview aux « Echos » (10.06) revient à la charge sur une reprise totale de l’activité économique le plus vite possible, la révision des protocoles sanitaires mis en place sur les lieux de travail en arguant d’un surcoût de 10 à 15% et pose la question : Qui va payer ? L’Etat ou le consommateur. Mais en aucun cas le patronat. Il semble que les exigences du Medef sur les impôts dits « d’entreprise » soient entendues, le pouvoir s’oriente vers leurs suppressions, au moins pour deux sur quatre d’entre eux. R. de B. indique : Il semble que cette mesure fasse consensus. Mais demande son application dès septembre et non pas en 2021.
Sur la souveraineté économique (la tarte à la crème d’aujourd’hui) il prévient : la souveraineté à un prix, qui doit être répercuté dans la chaine de valeur. Ces surcouts devront être pris en compte par les consommateurs. Pareil pour la transition écologique qui devra être financée par une taxe aux frontières de l’Europe. R.de B. ne change pas de discours.
Aéronautique. Le gouvernement annonce une aide de 10Mds pour la filière qui emploie 195.000 salariés en France et où dans certaines régions telle l’Aquitaine elle est devenue une mono industrie. Cette aide vise à soutenir les commandes enregistrées, à la création d’un fond d’investissement géré par le privé et à la restructuration de la filière. L’armée de ‘air sera mise à contribution pour avancer ses commandes d’avions et d’hélicoptères. Deux sous-traitants Mécachrome et Daher ont touché les aides garanties par l’Etat.
Ces milliards ne font pas revenir les directions d’Airbus (emploi) ou de Safran (temps de travail) sur leurs volontés de faire payer la crise aux salariés.
Peugeot vient d’annoncer sa volonté de faire venir 531 salariés polonais pour travailler sur son site d’Hornaing (Nord) sous le prétexte d’un manque d’activité en Pologne. Dans le même temps il supprime les contrats de 502 intérimaires. A un récent CES, il a affiché sa volonté de la mobilité des salariés d’une usine à l’autre suivant ses besoins.
Dépendance. Le rapport au Comité national du 6 juin a consacré une large place à cette question qui avec le projet de loi déposé devant l’Assemblée en vue de la création d’une cinquième branche de la SS est plus que jamais d’actualité. Sans revenir ici sur le fond, cette nouvelle loi va porter un nouveau mauvais coup à la SS et avec un financement insuffisant ne va répondre en rien aux besoins face au vieillissement de la population. La situation dans les Ephad ne connaitra pas les évolutions nécessaires en personnel, de sa rémunération, des prix demandés aux pensionnaires. Le projet de loi ignore la question du maintien au domicile et des problèmes qui se posent aux « aidants » familiaux ou professionnels.
Au « Ségur de la santé » N. Notat multiplie les manœuvres pour que la question des salaires soit le plus « saucissonnée » possible pour opposer les catégories entres elles dans le but de lâcher le moins possible.
Suites de la conférence à l’Elysée le 4.06. Sans surprise le patronat se déclare satisfait des propositions avancées par Macron tandis que L. Berger se réjouit que la réunion ait permis d’aller au fond des choses (?) alors que la question des salaires n’a même pas été abordée. Par contre une série de rencontres gouvernement-patronat -syndicats doivent avoir lieu pour aboutir d’ici le 15.06 à des propositions sur cinq points : assurance chômage, chômage partiel, emploi des jeunes, formation et travail détaché. Ce qui apparait pour l’instant c’est la volonté du pouvoir de réduire autant que possible les aides de l’Etat qui vont en direction des salariés (baisse des indemnités de chômage partiel, refus d’annuler la « réforme du chômage »). La CFDT va plus loin en proposant 12 mesures. L. Berger en explique le sens : Il faut un pacte productif ou un plan de relance qui soit au service du rebond écologique et social. Un souci tellement social que rien n’est dit sur les salaires. En toutes occasions la CFDT poursuit son rôle de soutien aux exigences du capitalisme.
134 Mds c’est le nouveau budget rectificatif qui va être proposé et adopté par l’Assemblée Nationale. Il est entièrement consacré au « sauvetage de l’économie ». Ce budget risque d’être insuffisant face à la poursuite des demandes d’aides formulées par des corporations qui jugent n’en avoir pas assez reçues (BPT et d’autres) Rien n’est prévu pour les salaires, traitements, pensions, allocations.
Jeunesse. Toutes les prévisions économiques indiquent que ce sont les jeunes qui vont subir le plus durement et durablement les conséquences de la crise actuelle. Salaires et emplois vont être gravement affectés. L’hebdo de la semaine prochaine y consacrera une large place.
Fonction publique. La pandémie a montré toute l’utilité d’avoir sur le lieu de travail un organisme assurant la protection de la santé et de la sécurité des salariés. Une réunion a eu lieu le 5.06 sur la fusion de CHSCT avec les autres instances représentatives dans la fonction publique. Comme s’il ne s’était rien passé le pouvoir continue à mettre en place la casse de ces institutions dans le cadre de la « réforme » de la fonction publique. Les syndicats CGT, FA-FP, FO, FSU, Solidaires ont quitté la réunion en signe de protestation.
Banques. Les discussions sont ouvertes dans l’ensemble des banques sur le versement de la prime (défiscalisée et désocialisée) de 1500 euros promis par Macron. Le patronat des banques arrange les choses pour payer le moins possible. A la Société Générale comme à la BNP les primes sont fonction du temps de présence sur le lieu de travail, entre ceux qui ont été en télétravail et les autres. Dans les banques mutualistes, à la Caisse d’Epargne aucune discussion et propositions n’a eu lieu jusqu’à présent.
Dette A côté de la dette de l’Etat, celle des entreprises atteint des sommets. Elle est passée de 800 mds en 2004 à 1801,7 aujourd’hui. Sur cette somme les banques détiennent pour 1127,3 Mds de crédits. Une situation qui pourrait se révéler explosive à un moment donné. Dette qui devra bien être remboursée un jour. Inutile de dire par qui.
Accords de productivité. Ils sont en train de se multiplier avec le chantage patronal au maintien de l’emploi. Au journal « l’Equipe » un tel « accord » est en cours de discussion. Les compagnies aériennes l’utilisent en grand. Air Caraïbes et Frenchbee (groupe Dubreuil) viennent d’en signer un.

Monde.
Italie. Nouveau mouvement de grève à l’aciérie d’Ilva reprise par Arcelor Mittal contre la volonté de supprimer 5000 emplois sur 11.000 et qui demande 2,5 Mds sur deux ans de subventions à l’Etat italien.
Irlande. La compagnie aérienne low-cost Ryanair se distingue une nouvelle fois dans sa politique antisociale. Sa filiale polonaise qui n’emploie que des « autoentrepreneurs » comme pilotes et les sous-payent, exige qu’ils acceptent 10à 20% de baisse de leurs rémunérations. En France Mata Air (groupe Ryanair) fait le même chantage. Baisse des salaires ou licenciement de 81 pilotes. Ainsi que d’hôtesses et stewards. L’APC (Accord e Performance Collective) a été refusé par le syndicat des pilotes.
Hong Kong. Les deux principales banques, HSBC et Standard Charetered, viennent d’apporter leur soutien à la loi sur la sécurité nationale récemment votée à Pékin et qui soulève la protestation d’une partie de la population. Une claque pour les USA et l’Angleterre qui, dans le cadre de la guerre économique, entre eux et la Chine ont condamné cette loi.
Pour les deux banques qui exercent l’essentiel de leur activité en Chine, les affaires sont les affaires.
Pétrole. L’accord de réduction de la production entre l’OPEP et la Russie vient d’être prolongé d’un mois. Depuis la signature de l’accord en mai le cours du baril est remonté. Il cotait 4,3 $ le 5.06.
Toutes les compagnies pétrolières annoncent des suppressions d’emplois. Après Chevron (USA), Total, c’est BP. (Angleterre) qui en supprime 10.000 dans le monde. A part Shell (anglo-néerlandais) toutes les grandes compagnies maintiennent le versement des dividendes.

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France

Luttes. Renault. Après une journée de grève le 29.05 et une manifestation le 30 les syndicats de l’usine de Maubeuge ont été reçus, avec la direction, au ministère de l’économie. Il fallait au plus vite éteindre le début d’action. Comme à son habitude B. Lemaire n’a pas été avare de phrases creuses sur l’avenir du site. Il annonce l’ouverture d’un dialogue technique et social pour un projet qui devra garantir à long terme, au- delà de2023, l’emploi et le niveau d’activité industrielle. La CFDT s’est déclarée satisfaite de la reprise du dialogue social.
A Choisy (Val de Marne) ou la fermeture est officielle les salariés sont en grève reconductible depuis le 2.06. Au Mans débrayage le 30.05.
La garantie de l’Etat pour le prêt de 5 Mds a été signée. L’État accepte la suppression de 4.600 emplois. Quelle qu’en soit la forme qu’ils prendront, ils seront à tout jamais perdus en France.
Hôpital. Poursuite des rassemblements et manifestations dans de nombreux hôpitaux le mardi. Préparation de la journée du 16.06
Chimie. Appel de la fédération CGT à participer aux côtés des hospitaliers à la journée du 16.06.
Poste. (Thionville, Moselle) Débrayage le 30.05 contre les projets de la direction de revoir l’organisation du travail qui se traduirait par une charge supplémentaire pour les postiers.
Val d’Oise Manifestation le 3.06 devant la préfecture à Cergy et rappel des revendications (salaire, temps de travail) de la CGT.
Patronat. Pendant que certains discourent sur le « jour d’après » le patronat est à l’œuvre. Il organise une vaste recomposition de l’appareil productif avec le soutien de l’Etat (Air France, Renault) qui fait de nouveaux cadeaux sous prétexte d’emploi des jeunes. Il organise une baisse des salaires, (une campagne se dessine pour qu’une plus grande généralisation de l’intéressement remplace la hausse des salaires, pour pallier à la disparition de toute forme de protection collective). Sous prétexte d’embauche des jeunes le président du Medef Roux de Bézieux demande l’exonération des cotisations sociales et une prime de 10.000 euros par embauche. Macron vient de lui donner satisfaction en accordant des primes de 5.000 à 8.000 euros lors de la rencontre gouvernement-patronat-syndicats du 4.06. De son côté le président de l’organisation patronale « Croissance plus » revient à la charge pour la suppression des impôts « d’entreprise » qui alimentent les caisses des collectivités locales. Les cadeaux obtenus par le patronat ne lui suffisent pas. Il en réclame toujours plus. Dans le cadre de la casse du code du travail, une ordonnance a créé « l’accord de performance collective » qui peut, dans le cadre d’un accord avec les « partenaires sociaux », remplacer un plan social. (Voir article dans l’hebdo). L’avantage de ce système par rapport au PSE c’est qu’il ne comporte aucun engagement patronal et qu’il n’est pas limité dans sa durée. Le Code du travail est en lambeaux mais il reste encore une protection collective : les conventions collectives de branche. Sous le prétexte de facilité d’embauche des précaires, un article des « Echos » (29.05) suggère que les entreprises qui embaucheraient de tels salariés soient dispensées du respect des obligations contenues dans la convention. Tous précaires. De son côté le gouvernement apporte son aide à ces restructurations. Sur RTL (2.06) B. Lemaire confirme un plan de relance pour moderniser notre outil productif. E. Philippe rassure les multinationales et les invite à poursuivre leurs investissements en France. Il leur assure que les acquis en matière d’attractivité depuis 2017, ne seront pas remis en cause. De plus la baisse des impôts sur les sociétés et le capital, les crédits d’impôt-recherche seront maintenus. Comme depuis toujours, le « jour d’après » sera celui de la lutte de classe.
Réunion à l’Élysée. A part l’annonce de la subvention à l’embauche d’apprentis tous les autres sujets sont renvoyés à de nouvelles rencontres avec les ministres. L’augmentation des salaires, la diminution du temps de travail n’ont pas été abordés. Une réunion pour faire semblant de tenir compte des avis des uns et des autres, surtout de ceux qui vont dans le sens souhaité par le pouvoir et le patronat.
Santé. Le secteur privé de la santé a parfaitement compris le discours d’E. Philippe lors de l’ouverture du « Ségur de la santé » Le président des établissements de santé privé note qu’il a parlé de réformer l’hôpital et non l’hôpital public. De son côté le directeur général de Ramsay (premier groupe d’hospitalisation privé en France) déclare « je me réjouis qu’on parle d’un Ségur de la santé et non de l’hôpital public ». Ils espèrent bien s’approprier le maximum d’argent de la Sécurité Sociale pour accroître leurs profits au détriment de l’hôpital public et de la santé de la population.
Presse Le journal « l’Equipe » prenant prétexte de l’arrêt des événements sportifs annonce qu’il va demander des « efforts » aux salariés. Si ces « efforts » ne sont pas acceptés la direction menace de supprimer 1/3 des emplois. Pour l’instant les syndicats dénoncent une stratégie de choc. C’est peu.
Le Parisien (groupe " les Echos" ) annonce sans plus de précisions pour l’instant sa volonté de revoir son organisation et le travail de sa rédaction.
Suppressions d’emplois. PicWicToys (jouets) annonce la fermeture de trois entrepôts et de 21 magasins sur 63 soit 447 suppressions d’emplois sur 1237. Dans le Nord Verywear (prêt à porter) et NCN (bâtiment) sont placés en redressement judiciaire avec poursuite de l’activité pendant 6 mois. Elles représentent 933 emplois. Avec les précédentes annonces c’est une nouvelle saignée d’emplois qui s’annonce dans le département. Dividendes. Alors qu’il refuse de régler les contrats d’assurances envers les commerçants qui ont souscrit une assurance pour perte d’activité Axa annonce la distribution de 1,7 Md de dividendes. 1,7 md est mis de côté pour être, éventuellement, versé en fin d’année.
Ventes d’armes. Elles représentent 8,3 Mds à l’exportation en 2019 en baisse de 8% par rapport à 2018. Cette baisse n’est pas due à un changement de politique de vente d’armes mais à la fin de plusieurs contrats (l’Egypte, l’Inde, le Qatar). L’augmentation des ventes est toujours un objectif qui a été rappelé par la ministre de la défense.

Monde

Amazone. Si les médias ont rendu compte de la lutte des syndicats d’Amazone en France menée pour la défense de la santé des salariés qui ont imposé la fermeture des plates formes, ils ont fait l’impasse sur celles menées ailleurs. En Espagne, même situation à la suite de l’intervention
syndicale de la CCOO. Aux USA, où il n’existe pas de représentation élue des salariés et où Amazone empêche par tous les moyens l’implantation d’un syndicat, les salariés ont mis sur pied des groupes informels qui ont mené plusieurs mouvements de grève en particulier à Chicago et à New York. Amazone y a répondu par le licenciement de trois salariés considérés comme des « meneurs ».
UE . A noter la prise de position du secteur EDF de Paris à propos du soutien des syndicats DGB (Allemagne) et des cinq confédérations françaises et la signature par Martinez. Elle critique tant sur la forme (pas de consultation des organismes dirigeants de la CGT) que sur le fond le soutien de ces syndicats au plan de l’UE qui va accorder 750 Md au capitalisme européen.Sa prise de position se termine en rappelant les fondamentaux de la CGT : en tant que syndicat de lutte de classe elle doit se battre plus que jamais pour la destruction du capitalisme et le changement radical de société où les richesses produites exclusivement par le peuple doivent lui revenir totalement.
La réunion des syndicats des Bouches du Rhône, l’Union Fédérale des travailleurs de l’État, l’UD du Cher, le comité régional des Pays de Loire condamnent aussi cette signature et demandent que la confédération la retire.
Politique agricole commune (PAC) Les organisations professionnelles s’inquiètent de la baisse de 8% (31 Mds) du budget européen 2021-2027 en euros constants (qui tiennent compte de l’inflation). On est loin des annonces de « plan vert » qui serait au cœur de la politique agricole de l’UE. Ce budget est la conséquence des pressions exercées par les pays de l’Europe du nord qui demandent une diminution des sommes consacrées à la PAC contrairement à la France et à d’autres pays du Sud.
Chine-USA. La tension entre les deux pays se poursuit. Après les accusations de Trump sur l’origine
du Corona virus et ses critiques sur les décisions de la Chine vis-à-vis de Hong Kong la Chine agite la menace d’un embargo sur les terres rares (dont les prix flambent) et sur la diminution des achats chinois de soja et de porcs US. Menaces réelles ou intimidation ?

Le plan de relance de l'Union européenne : Un plan capitaliste contre les travailleurs
La commission européenne propose un plan dit « de relance » de 750 milliards d'euros. Sur cette somme empruntée entre 2021 et 2024 par l'émission d'eurobonds sur les marchés financiers 250 milliards seront prêtés, 500 milliards (en fait 433 milliards) seront transférés par le canal du budget européen aux États membres les plus touchés par le Covid-19. Ces sommes sont à mettre en rapport avec le budget de l'UE de l'ordre 1100 milliards d'euros qui lui est abondé par les États membres. Cette proposition n'est généreuse qu'en apparence. Car les prêts sont une aide plus que relative pour les États déjà fortement endettés. Les remboursements devront commencer à partir de 2028. Et surtout les 433 milliards de subventions seront conditionnées à des plans d'investissements et à des réformes de structure dont on sait qu’elles seront des outils de la restructuration et de la concentration capitaliste au détriment des salariés. Les plans d'investissements devront satisfaire aux objectifs du « Green deal » et de la transition énergétique définie par l'UE sous forme d'aides aux entreprises privées. Les réformes de structure qui sont la Bible des forces dominantes sont responsables de la faillite des États à répondre à la crise sanitaire du Covid en particulier en liquidant et/ou privatisant les services publics. Comme quoi du point de vue du capital, « le jour d'après » ne peut que ressembler comme deux gouttes d'eau au jour d'avant. Pour accroître la compétitivité des entreprises européennes dans la concurrence mondiale accrue notamment avec les entreprises US et asiatiques, il est impératif pour elles de se débarrasser de tout ce qui limite le profit du capital : les droits sociaux des salariés sont donc particulièrement visés, comme le sont les salaires, de nombreuses entreprises jouant le chantage de l’emploi contre des baisses de salaire ! Le remboursement de cet emprunt se fera par les États membres à partir de 2028 en fonction de leurs contributions au financement de l'Union et non pas en fonction de la part qu'ils en auront reçu. Ce principe dit de solidarité se heurte à la réalité de la dette de chaque État. Autrement dit, ceux qui sont les moins endettés ne veulent pas payer pour les autres. Pour faire admettre son plan et contourner l'opposition des Pays Bas, de l'Autriche, de Suède et du Danemark, la Commission européenne a été très généreuse dans la répartition des aides avec les pays d'Europe centrale et orientale qui ont été moins affectés par le Covid que les pays du sud de l'Europe. Ainsi l'Espagne et l'Italie particulièrement touchés ne sont qu'à la 8e et 12e place dans le tableau des aides financières directes. La France 18e estime que les 39 milliards qui lui sont alloués constituent un minimum. Les négociations vont être particulièrement serrées entre les États membres. La validation du plan requiert l'accord unanime des chefs d'État et de gouvernement ainsi que l'approbation du parlement européen et des parlements nationaux afin d'être opérationnel en 2021.
Il s'agit donc d'un plan de financement des entreprises européennes via leurs États sur un axe déjà définis par l'UE (transition numérique et énergétique), conditionné à des réformes de dérégulation du travail avec l’objectif de passer à une phase nouvelle de restructurations et de concentration du capital dans le cadre des affrontements au sein de l’impérialisme et tout particulièrement entre les deux puissances que sont les USA et la Chine.
Les réactions à ce plan, en général favorables et soulignant un pas nouveau dans la « solidarité » européenne, sont très significatives de la tendance à formaliser la super structure étatique et anti-démocratique européenne. Cette voie qui a été rejetée il y a quinze ans avec le NON au référendum sur la constitution européenne, est de plus en plus la forme imposée par le capital en Europe pour réguler et défendre ses intérêts. En France, les forces politiques soutiennent ce plan même si certaines, comme le PCF y ajoutent une critique sur le refus d’une nouvelle austérité : mais ce plan peut-il signifier autre chose ? Tandis que le groupe socialiste au parlement européen affirme dans un communiqué : « La délégation de la gauche sociale et écologique accueille favorablement la proposition franco-allemande de fonds de relance doté de 500 milliards d’euros ». Prétendre que l’Europe peut être sociale, c’est oublier délibérément qu’elle est une construction impérialiste au service des monopoles capitalistes. Sa structure, son organisation son idéologie sont entièrement construites pour le capital et contre les salariés. Au plan syndical, c’est une belle unanimité au soutien qui s’exprime. Dans une déclaration commune, les syndicats DGB allemands et les cinq confédérations françaises approuvent le plan : La confédération syndicale allemande DGB et les cinq centrales françaises CFDT, CFTC, CGT, FO et Unsa appellent, dans une déclaration commune, à une « convergence économique, fiscale et budgétaire des États membres de l’Union européenne » et demande une stratégie de relance qui aille « au-delà des 500 milliards d’euros annoncés par la France et l’Allemagne ». Elles vont même plus loin en réclamant : « Dans ce cadre, l’initiative franco-allemande pour la relance européenne, présentée par le président français et la chancelière allemande le 18 mai, doit se concrétiser par la modernisation des modèles économiques européens, en plaçant la transition écologique au cœur de la nouvelle stratégie de croissance de l’Union européenne (UE). C’est une revendication de longue date du syndicalisme européen, nous ne pouvons que nous en féliciter. » Cet engagement dans le sillage des gouvernements allemands et français met les organisations syndicales à la remorque de la stratégie du capital. Pas étonnant que cette déclaration suscite des remous dans la CGT qui se traduisent par l’expression d’un désaccord de plusieurs fédérations professionnelles et territoriales. Pour notre part nous alertons les salariés sur le contenu de ce plan pour plus d’exploitation et moins de démocratie. Nous disons que sans la lutte de classe contre le capital, pour l’abattre, il est illusoire de penser que le « salut » viendra de la « solidarité » au sein du capital européen ! Lutte de classe ou collaboration de classe : il faut choisir et pour nous le choix est clairement fait!

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