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France.

Luttes.

Services publics. La fédération CGT a déposé un préavis de grève pour toute la durée du mois de mai.
Hôpitaux. Belle Ile. Appel CGT pour le retrait du personnel devant le manque de moyens de protections. Hôpital du Cotentin. Appel CGT à la grève à compter du 24.04 contre la réduction de personnel du service des soins de suites et de réadaptation.
Cimenterie. Appel CGT à la cimenterie d’Arvard (Deux-Sèvres) à 24h de grève contre les conditions de travail, les pressions de la direction sur les salariés pour qu’ils soient présents.
Disney. Son surnom « oncle picsous » est toujours d’actualité. Dès l’annonce de la fermeture des spectacles Disney a mis fin aux contrats des CDD et des intermittents travaillant à Disneyland. L’action résolue de la CGT l’a obligé à reculer et à réembaucher tous ces salariés en contrats précaires. Ils pourront ainsi bénéficier du chômage partiel.
Luxfer. (Gerzat, Puys de Dôme). La seule usine européenne fabriquant des bouteilles d’oxygène médical a fermé ses portes en décembre 2019 sur décision de sa maison mère l’anglais Luxfer Gaz Cylender et supprimant 130 emplois. Au moment où Macron et d’autres prétendent vouloir relocaliser des productions en France, l’occasion était belle de passer de la parole aux actes en prenant des mesures pour sa réouverture. Interrogé sur cette éventualité B. Lemaire répond Ni les personnels ni les machines ne sont disponibles pour reprendre l’activité. Ce qui est démenti par le syndicat CGT qui a mené une bataille exemplaire pour sauver l’usine mais aussi par les élus de tous bords y comprit le maire LR de Gerzat élu LR.
Reprise. Le patronat lance en grand la reprise d’activité. S’il est difficile d’avoir une idée exacte de celle-ci, plusieurs grandes entreprises annoncent leur réouverture dans les jours qui viennent. Ce qui va entrainer celles des sous-traitants et des prestataires. Bien sûr le patronat affirme que toutes les mesures assurant la sécurité des salariés ont été prises. Parmi ces annonces citons Claas (machines agricoles, Le Mans) plusieurs usines de Valéo, Orano (ex Areva, la Hague) Guittton (Trémeur, Côtes-d’Armor) le BTP (en particulier les travaux publics), Hamelin (papeterie, Caen) Ikéa Renault qui reprend dans toutes ses usines françaises la semaine prochaine, Renault truck à Vénissieux. Dans plusieurs de ces secteurs, sous prétexte de surcoûts liés aux «mesures de sécurité » les demandes de dégrèvements fiscaux sont avancées. Dans le même temps 42.000 entreprises n’ont pas réglé le premier tiers de leurs impôts en mars comme le permettent les mesures prises en leurs faveurs. Parmi elles 20 grands groupes (transport, automobile, industrie).
Syndicats. Ceux de Peugeot -FO, CGC, CFDT, CFTC- viennent d’adresser une lettre à plusieurs ministres pour leur demander la réouverture des concessions pour donner du sens à la reprise du travail. Jusqu’où iront-ils dans la défense des dividendes ? La direction de Peugeot qui formule la même demande appréciera celle de ces syndicats.
Banques. Pratiquement toutes les banques obligent leurs salariés à la prise de congé et RTT avant la fin mai, obligatoire et sans accord avec les syndicats à la faveur des ordonnances. Un communiqué commun fédération bancaire (Patrons) et CGC, CFDT prévoit dans les prochains jours les plans de retour à l’activité normale. Le « dialogue social » dans toute sa splendeur.
Travailler plus. C’est ce que demande B. Retailleau, président du groupe LR au Sénat, tout en annonçant qu’ils voteront le collectif budgétaire présenté par le gouvernement. Il réaffirme son attachement au capitalisme Je suis pour un capitalisme d’entrepreneurs, mais ni un capitalisme financier anglo-saxon ni pour le socialisme (pour le socialisme on le savait).
Dividendes. Dans les ‘Echos » (21.04) A. Madelin (ancien du groupe fasciste Occident, ancien ministre des finances RPR) prend la défense de la distribution des dividendes, pandémie ou pas. Il donne à B. Lemaire, son cadet, une leçon de capitalisme choisir de distribuer un dividende ou pas reste le choix d’une entreprise, pas celui d’un ministre.
Madelin est entendu par Vivendi qui annonce une augmentation de son dividende 2020 de 20%.
Ehpad. Chacun se souvient des luttes menées par les personnels des Ehpad pour apporter aux résidents l’attention et les soins que leurs états nécessitent. La pandémie leurs donne raison. Les Ehpad sont transformés en mouroir. (7303 décès ont été enregistrés dans les Ehpad au 23.04, 18.687 dans les hôpitaux).
Par contre les propriétaires privés de ces établissements engrangent de confortables profits. Pour les deux plus importants d’entre eux Korian (filiale du crédit Agricole et de la mutuelle Malakoff Médéric) annonce un bénéfice avant impôts de 535 millions (+ 12,2%), Orgea (filiale d’un fond de pension canadien) un résultat net de 11,6% pour 2019.
Presse. Prestalis (distribution de la presse quotidienne et hebdomadaire) est en cessation de paiement est autorisé à poursuivre son activité jusqu’au 30 avril. Ses difficultés financières ont pour origine le refus des éditeurs de journaux de financer correctement le service de la distribution. La recherche d’un repreneur est en court mais dans tous les cas l’emploi sera le perdant.
Paris Normandie est lui aussi en liquidation judiciaire avec l’autorisation de la poursuite d’activité pour trois mois. Là aussi l’emploi risque de faire les frais d’une reprise.
Emploi. Les déclarations d’embauches enregistrées par la SS sont en chute libre. – 531.000 au 1er trimestre par rapport à 2019. Celle des cadres recule de 40%. Seul le chômage partiel financé par l’Etat au prix d’un endettement colossal évite l’explosion -pour l’instant- du chômage.
Les déficits des organismes sociaux explosent. 40 Mds pour la SS résultat des reports de cotisations (avant leurs annulations ?) de la désocialisation des primes, de la diminution des recettes liées à l’arrêt de l’activité et au chômage partiel, de la baisse des recettes fiscales, de charges supplémentaires avec les versements pour garde d’enfants.
Même situation à l’Unedic qui voit sa dette passée de 37 Mds fin 2019 à près de 50 en juin.
Inquiétude. C’est ce qui ressort d’un article des « Echos » (22.04) concernant l’après pandémie. Pas pour le capitalisme, gavé de milliards de dollars, d’euro, de yen par les banques centrales, les institutions financières, les Etats. L’inquiétude est ailleurs. Titre de l’article Le monde au bord d’une explosion sociale majeure. Il rappelle de la lutte des peuples tout au long de ces dernières années (des mouvements qui ont touchés plus de cent pays depuis 2017 selon une étude américaine) et qui en sommeil avec la pandémie, pourrait repartir de plus belle après la fin de celle-ci. L’économiste en chef du FMI déclare Si cette crise est mal gérée et que les citoyens estiment que leur gouvernement n’a pas fait assez pour les aider des troubles sociaux pourraient émerger. L’auteur de l’article va même jusqu’à parler d’émeutes, voire de révolutions.
L’OIT estime que 250 millions d’emplois supplémentaires vont être détruits, que 1,25 milliard de personnes de plus vont voir leurs revenus baisser, que la misère et la faim vont faire un bond (à ce propos le préfet de Seine St Denis s’inquiète de l’apparition de la faim dans certains quartiers) tandis que l’ONU craint une explosion de la faim qui s’ajoutera aux 135 millions de personnes au bord de la famine en 2019.
L’hebdomadaire « Challenge » exprime la même crainte. Après avoir fait le tour de mouvements sociaux depuis l’apparition du Covid 19 -Amazone, Carrefour, la Poste, les fonctionnaires, il conclut son article par le déconfinement social sera chaud.
Ces journaux, fidèles défenseurs du capitalisme ont raison de s’inquiéter. Les bavardages sur le « jour d’après » n’inquiètent pas le capital. La lutte des peuples, si.

Monde.
Confédération syndicale internationale (CSI). A la suite de la réunion du G 20 du 26 avril, la CSI a publié un communiqué. Deux phrases donnent une idée du degré de soumission de cette confédération au capitalisme : le sommet du G20 fait la preuve de leaderships mondial (au profit de qui ?) et Nous félicitons le G20 pour son engagement en faveur d’une relance économique mondiale. (Qui sera payée par les peuples) Pour rappel : l’ensemble des confédérations françaises sont adhérente à la CSI. Un des arguments de la CGT pour y adhérer était de modifier de l’intérieur la politique de la CSI. Le constat qu’il est possible de faire, c’est que ce n’est pas une réussite.
UE. Une réunion des chefs d’Etats et de gouvernement européen s’est tenue le 23 avril. Chacun y va de ses propositions en fonction des intérêts des capitalistes de son pays. Le socialiste espagnol P. Sanchez propose un fond de 1.500 Mds pour les pays les plus touchés par la crise. Ce fond prendrait la forme d’une « dette perpétuelle » (qui donc ne serait jamais remboursée, seuls les intérêts seraient réglés). L’italien M. Conti plaide pour l’émission d’une « dette commune », la France son projet de « fond de relance ». De leur côté l’Allemagne et la Hollande refusent toujours cette idée de mutualisation de la dette. Pour eux la dette est l’affaire des Etats et non de l’Europe. Sans surprise la réunion n’a donné aucun résultat concret. Pour ne pas perdre la face vis-à -vis des peuples et pour maintenir la fiction d’une Europe solidaire, ils ont décidé de renvoyer à la commission le soin de faire de nouvelles propositions dans le cadre du budget européen 2021-27
Pétrole. Les cours du baril ne remontent pas. Aux USA 20 avril il a été négatif à moins de un $. La production supérieure à la demande, les capacités de stockage qui ont atteint leurs points maximums n’expliquent pas tout. La spéculation joue un rôle important dans cette baisse. C’est ainsi que ce même 20 avril, 6 Mds de $ ont changé de main à la bourse. Un expert des marchés des matières premières explique : Il est envisageable qu’une manipulation en soit à l’origine. Sur les marchés les manipulations exploitent les goulets d’étranglements comme les contraintes de stockage.
Le cours est depuis remonté à 15 $ le baril aux USA, et côté en Europe à 20,55 le 23.04. Une situation temporaire qui ne change rien sur le fond.

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France.
Luttes.
Allard-Emballage. Débrayage le 4.04 à l’appel de la CGT et FO pour une prime pour le personnel appelé à travailler sur des activités indispensables.
Medef. Il vient d’annoncer la couleur. Dans une interview au Figaro, Roux de Bézieux sous le titre Il faut remettre l’économie en marche déclare : C’est la création de richesse qui permettra de ne pas augmenter l’assiette des impôts et assurer le remboursement des dettes accumulées pendant la crise. Ensuite il faudra bien se poser la question, tôt ou tard, du temps de travail, des jours fériés et du temps des congés pour accompagner la reprise, facilité en travaillant un peu plus la création de croissance supplémentaire.
Avant même cette déclaration, le patronat est à l’œuvre avec la signature d’accords d’entreprises qui aggravent de manière brutale les conditions de travail. Après Michelin, Renault vient de signer avec la CFDT, FO et la CGC un accord intitulé Contrat de solidarité et d’avenir qui prévoit le payement du chômage partiel par les salariés eux-mêmes en prenant sur les jours de congé, six jours de travail et 60 heures par semaine trois semaines par mois, diminution des congés à 12 jours au gré des directions d’usines. (Les 60 heures par semaine ont déjà été annoncées par le PDG). Quel avenir radieux pour les salariés !
Monde.
Pétrole. Un accord vient d’être signé par l’ensemble des pays producteurs pour réduire à compter du 1er mai la production de 9,7 millions de barils/jour. Il n’est pas sûr que cela suffise à faire remonter les cours au niveau d’avant la crise, l’économie mondiale tournant toujours au ralenti la production restera excédentaire.
USA. Les compagnies pétrolières les plus faibles n’ont pu suivre la baisse des cours. La production des USA qui était de 13 millions de tonnes en 2019 devrait passer à 11 millions en 2021.
Le Jour d’après. Intéressant article dans « les Echos » (9.04) reprenant un écrit de D. Rodrik, professeur d’économie à l’université d’Harvard. Les titres et sous- titres sont de la rédaction des « Echos ». Titre : Le Covid-19 une crise qui ne va rien changer. Sous-titre : A l’instar du changement climatique, une catastrophe comme celle du Covid-19 devait arriver et nous le savions. Au lieu de nous propulser dans un monde nouveau, cette crise amplifie au contraire les caractéristiques dominantes de chacune des nations. Il conclut son article en écrivant : En somme le Covid-19 pourrait bien ne pas changer-et encore moins inverser- les tendances qui étaient évidentes avant la crise. La Chine et les Etats-Unis maintiendront leur trajectoire de collision. Dit autrement le capitalisme restera ce qu’il est et les contradictions pour la domination mondiale aussi.
La volonté qui se manifeste dans tous les pays, est de remettre l’économie en marche au plus vite pour gagner des parts de marché face à des concurrents

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France.

Luttes.
Commerce. Après deux nouveaux décès de caissières et un dans les services de sécurité et plusieurs centaines de salariés contaminés et devant le refus apporté par les directions au droit de retrait la fédération CGT appelle à la grève à compter du 8.04.
Santé et Equipement. Les fédérations CGT ont déposé des préavis de grève pour avril et mai face à l’absence persistante des moyens de protections pour les salariés. Cela a entrainé des réactions haineuses de la part des journaux « l’Opinion » et « Chalenge » au nom des sacrifices à faire face à la pandémie. La santé et la vie des salariés ne sont pas leurs préoccupations.
Jacquet (agroalimentaire, filiale de Limagrain, Brossard, Puy de Dôme) Grève les 9 et 10.04 pour la sécurité au travail et contre les cadences infernales de travail pour faire face à la demande.
Fonctionnaires. Le ministre et la haute administration viennent de préciser de manière restrictive les conditions du droit de retrait dans la fonction publique. C’est le supérieur hiérarchique qui décidera si celui-ci s’applique ou non. Dans le cas où le fonctionnaire passerait outre à un refus les sanctions allant de la retenue financière à la révocation sont envisagées. Un encouragement donné au patronat pour qu’il adopte la même attitude.
Accord. L’UIMM et la CFDT, FO, CGC ont signé un accord sur les congés 2020-21. Il s’agit d’un accord de branche qui renvoie à la « négociation » dans les entreprises sur la base des ordonnances qui privent les salariés de disposer librement d’une semaine de congé ainsi que des RTT. Comme le déclare P. Poirier secrétaire confédéral de la CFDT à propos du « dialogue social » aujourd’hui celui-ci a besoin d’un fonctionnement en bonne intelligence. C’est fait.
L’accord se félicite de la reprise d’activité dans la métallurgie qui est passée de 30 à 50% des capacités de production.
Un accord vient d’être signé chez Michelin par la CFDT, Sud, la CGC qui permet à la direction d’aligner le congé maladie pour garde d’enfant sur ceux du chômage partiel à savoir la perte pour les salariés de cinq jours de congé annuel et de cinq RTT.
D’autres entreprises telles Legrand refusent au maximum les arrêts de production où annoncent comme Renault des semaines de 60 heures pour le mois d’août.
Un des fidèles idéologues du capital, X. Fontanet professeur à HEC avance encore plus loin. Dans « les Echos » (9.04) sous le titre Et si nous repensions le contrat de travail il propose un CDI à temps variable allant de 28 h/ semaine à 45 h. avec comme compensation de cette flexibilité un intéressement musclé soit pour ceux qui veulent allez plus loin dans l’association du capital et du travail une distribution régulière d’actions. Outre que le salarié est au seul service de l’intérêt patronal, il est proposé l’achat d’actions au moment où la bourse s’effondre, une carotte pour faire avancer l’âne.
Economie. La facture économique engendrée par la pandémie s’alourdi de jour en jour. Le compte exact ne sera connu que lorsque la crise sanitaire sera terminée. Pour l’instant certains experts la prévoient à 150 Mds d’euros, insupportable pour la France en raison de son endettement. Ils préconisent de faire appel à l’UE et à la BCE pour trouver les ressources nécessaires ce qui a été entendu avec l’annonce lors de la réunion des ministres des finances le 9 avril de l’ouverture d’un crédit de 500 Mds. Une annonce indispensable pour redonner une certaine crédibilité sur le rôle de l’UE face aux opinions publiques. Par contre, aucun compromis n’a été trouvé sur la demande de la France et d’autres pays sur la mutualisation des dettes face à l’opposition de la Hollande, la Finlande, l’Autriche et dans une moindre mesure de l’Allemagne ce qui conduit à des tensions politiques au sein de l’UE.
De son côté la Banque de France estime que l’activité a baissé de 6% au premier trimestre, après une baisse de 0,1 au quatrième de 2019.
La campagne menée par le pouvoir sur les suites de la crise reflète sans doute la réalité de la situation économique mais elle vise surtout à préparer les esprits aux nouveaux sacrifices qui vont être demandés au peuple pour « sauver l’économie ». La formule de B Lemaire la pire récession depuis la deuxième guerre mondiale est une fausse comparaison. L’économie mondiale d’aujourd’hui est intacte alors qu’elle était ravagée en 1945.
Le chômage partiel touche plus de 6 millions de salariés en France le 7.04. Son coût pourrait se monter à 20 Mds.
Air France va demander aux gouvernements français et hollandais une aide de plusieurs milliards. Europcar (location de voitures) également en difficulté à la suite des confinements dans des pays où il est présent négocie une aide spéciale de l’Etat.
Airbus. Annonce la réduction de sa production d’un tiers. En conséquence Airbus va travailler avec les partenaires sociaux pour définir les mesures sociales les plus appropriées pour s’adapter à cette situation nouvelle et en évolution. L’annonce que les salariés vont payer la note est joliment formulée.
Emploi. Le nombre des offres d’emploi auprès de Pôle emploi a chuté de 143.000 en un mois.
Caisse des Dépôts. Le résultat courant est passé de 1,5 Md en 2018 à 679 millions en 2019 ce qui ne va pas l’empêchée de verser 1,4 Md à l’Etat. Son portefeuille d’actions qui se monte à 38 Mds va subir la baisse de la bourse.

Monde.
Grèce. La pandémie fait la démonstration partout dans le monde du délabrement des systèmes de santé. C’est particulièrement le cas de la Grèce victime de la politique d’austérité qui lui a été imposée par le capitalisme européen et international. Devant l’impossibilité de faire face aux besoins les médecins et personnels de santé ont manifesté le 7.04 pour avoir les moyens de soigner.
Chômage. Il continue à progresser. Près de 7millions supplémentaires aux USA cette semaine, 2,3 millions supplémentaires au Canada, 950.000 en Grande Bretagne.
En Turquie, Maroc, Algérie, Tunisie aucun chiffre n’est disponible mais l’ensemble des syndicats de ces pays demandent -sans appeler à l’action- à leurs gouvernements respectifs des mesures sociales pour atténuer l’impact du chômage.
Il est possible de se faire une idée de la suite de telles demandes au vu de la signature entre le patronat et les confédérations marocaines qui s’engagent à travailler main dans la main.
L’OIT dans une étude évalue une perte de de 6,7% des heures travaillées au deuxième semestre ce qui représente 230 millions de travailleurs sur la base de 40 h par semaine. Ces chiffres ne tiennent pas compte de « l’économie informelle » qui pourtant en Inde et en Afrique est l’essentiel de l’activité économique de centaines de millions de travailleurs (hommes, femmes, enfants)

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France.
Coronavirus. Une chape de plomb, encore plus épaisse qu’à l’accoutumée, pèse sur les mouvements sociaux en liaison avec l’épidémie devant le refus des salariés de mettre leur santé en danger pour satisfaire les exigences du capital. Sans prétendre en faire le tour complet par manque d’informations il est possible de faire état de retrait pour mise en danger à la Poste, chez Safran (Le Havre), Arcelor (Le Creusot) Merlin Gerin (Alès) Amazone (Drome) aux Transports de Strasbourg, Chantiers de l’Atlantique, etc.
La fédération CGT des services publics a déposé un préavis de grève qui couvre tout le mois d’avril.
Pendant ce temps l’impuissance de l’Etat pour assurer la sécurité sanitaire du pays apparait dans toute son étendue. Les besoins élémentaires de prévention (test de dépistage) ou de protection (masques) ne sont toujours pas à la disposition des personnels soignants avec comme conséquence une multiplication des contaminations dans le personnel (plus de 530 cas d’arrêt à l’AP-HP au 23.03) et des premiers décès. Situation encore plus dramatique dans les Ehpad où les décès se comptent par dizaines et qui donne-malheureusement- raison aux luttes engagées par le personnel pour avoir les moyens de remplir sa mission.
Devant ce scandale sanitaire le pouvoir ne pouvait rester silencieux où se contenter de remercier les personnels de santé. Macron a été obligé de faire des promesses de revalorisation des salaires et de moyens supplémentaires pour l’hôpital. Il n’en reste pas moins qu’aucun budget n’a été voté lors du collectif budgétaire pour apporter des réponses immédiates.
Dans le même temps les opérations de communication gouvernementale se multiplient. L’hôpital militaire est enfin installé plus de dix jours après l’annonce, tandis qu’un bâtiment militaire de 32.000 tonnes est mobilisé pour transporter 12 malades entre la Corse et le continent. Les « entreprises » ne sont pas en reste. LVMH annonce qu’il va faire don de 10 millions de masques (fait en Chine), de son côté la grande distribution-qui supprime des milliers d’emplois- annonce une prime de 1000 euros (défiscalisée et sans cotisation sociale) pour le personnel en contact avec la clientèle. Quelle générosité ! Le capitalisme qui partage l’effort national !
Pouvoirs spéciaux. Profitant de l’épidémie le pouvoir a demandé et obtenu du Parlement le vote de pouvoirs spéciaux qui autorise le patronat à imposer aux salariés la prise de congés payés en lieu et place du chômage partiel. Le ministre Darmanin déclare à ce propos Lorsque l’on peut prendre des jours de congés pour pouvoir faire revivre notre pays, je trouve que c’est une pensée que chacun peut avoir. Une autre ordonnance met à mal le code du travail : celle qui prévoit la remise en cause des horaires de travail et impose une flexibilité entièrement soumise à l’arbitraire patronal (12 heures par jour, 60 heures de travail par semaine, travail de nuit où du dimanche) ordonnance qui couvre une période allant jusqu’au 31 décembre, bien au-delà de la période prévue de l’épidémie. Cela pendant qu’un collectif budgétaire validait toutes les promesses d’aide au capitalisme.
Les unions régionales de la RP (CGT, FO, Unsa, Solidaires, Unef, UNL (lycéens) dans un communiqué commun dénoncent le recourt aux ordonnances et l’absence de solutions réelles aux besoins des services publics et des salariés. Sans surprise la CFDT est absente quand un texte met en cause la politique du pouvoir.
Syndicats. L’ensemble des confédérations et trois organisations patronales ont signé un « relevé de discussion » qui relève de l’union sacrée plus que du souci de la défense de l’intérêt des salariés, impossible d’envisager dans une telle rencontre. Le « dialogue entre partenaires sociaux » étant pour les signataires le seul horizon possible.
De nombreuses protestations d’organisations de la CGT (UD, fédérations, membre de la Commission confédérale, syndicats d’entreprises) demandent, avec juste raison, le retrait de la signature de la CGT du texte.
Profitant de ce texte, gouvernement et patronat accentuent la pression pour la reprise du travail dans des entreprises ou secteur d’activité non indispensable à la vie dans cette période.
On est loin de la nécessité absolue du confinement et des promesses d’indemnisation du chômage partiel. Le Nous devons continuer à produire et faire fonctionner le pays lancé par Macron le 22.03 a été entendu. L’Afep (les 100 plus grandes entreprises privées) abonde dans ce sens tandis qu’un accord gouvernement-fédération patronale du bâtiment pour la reprise des chantiers vient d’être signé, qu’Airbus annonce la réouverture de ses usines (ce qui entraine celle de tous les sous -traitants soit plusieurs dizaines de milliers d’emplois) que Berger et F. Roux de Bézieu font dans les mêmes termes la même demande. Peugeot et Renault annoncent vouloir reprendre leurs productions.
Patronat et gouvernement doivent trouver que la facture du chômage risque d’être trop élevée et qu’il faut la réduire autant qu’il est possible.
L’épidémie a fait éclater au grand jour les conséquences des politiques des fermetures d’entreprises, des délocalisations menées depuis quarante ans sur l’appareil productif national pour le plus grand profit du capital. Devant l’émotion suscitée par cette réalité des slogans tel rien ne sera plus comme avant ou il faut rapatrier les chaines de productions fleurissent dans les milieux gouvernementaux.
B. Lemaire et bien d’autres, qui déclarait il y a encore peu que l’Etat n’a pas vocation à diriger les entreprises concurrentielles à la place des actionnaires qui ont les compétences et le faire-savoir pour faire mieux que lui n’a pas changé d’avis sauf à déverser des milliards d’argent public pour répondre aux revendications des capitalistes.
L’Etat, qui a privatisé tout son parc industriel n’a aucun moyen - même s’il en avait la volonté- de faire pression sur les entreprises capitalistes. Celles-ci n’auront qu’un seul souci : restaurer au plus vite leurs profits pour rattraper ce qu’elles auront perdu du fait de la pandémie. Avant comme après le capitalisme restera ce qu’il est.
Dividendes. Comme il s’agit des dividendes sur l’exercice 2019, Total et Société Générale ont fait savoir que la distribution des dividendes ne serait pas affectée par la crise. Les autres sociétés n’ont pas fait connaitre-pour l’instant- leurs positions
Suppression d’emplois. Dunlopillo en liquidation judiciaire est repris par un concurrent. Sur les 177 salariés seuls 90 sont repris.

Monde.
Chili. La colère populaire contre le pouvoir et le maintien de la constitution datant de la dictature de Pinochet change de forme mais est toujours intacte. Aux rassemblements de rues (interdit pour confinement) ont succédé concerts de casseroles, banderoles, affiches.
Coronavirus. A côté des milliards mis à la disposition des capitalistes par les banques centrales, chaque Etat y va de sa propre aide. Après la France, l’Allemagne (1100 Mds), le Royaume Uni, l’Espagne annonce 200 Mds d’aide à son « économie ».
Aux USA, Trump a plus le souci de l’économie que de la santé de la population (il est vrai que le système de santé US est encore plus que d’autres impuissant à faire face). Il vient de déclarer « L’Amérique sera à nouveau et bientôt ouverte aux affaires ». Lorsqu’il clame « l’Amérique d’abord », il faut comprendre « le capitalisme américain d’abord » avec le vote par le congrès d’une aide de 2000 Mds de $.
UE Une réunion des chefs d’Etats et de gouvernements a eu lieu le 26.03. A l’ordre du jour la mutualisation de la dette des Etats au niveau européen a été demandée par neuf pays dont la France. L’Allemagne et la Hollande sont résolument opposées à une telle initiative qui entrainerait à leurs yeux des dépenses inconsidérées de la part de certains Etats, dépenses qui devraient être réglées par les Etats « économes ». Toujours la fameuse solidarité européenne.
Bourses. L’ensemble des bourses de la planète ont des résultats en dents de scie toute la semaine. Le CAC termine la semaine en légère hausse à 4442 points contre 3869 au début.
Le fond d’Etat norvégien vient de faire connaitre la perte qu’il a subi depuis le début de la crise : 115 Mds de $. Cela donne une idée de la destruction de richesses engendrée par le système capitaliste. Cac40 au 23.03 3869 points. Wall Street -17, 3% (16 au 20.03)

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