N° 997 30/09/2026 Un entretien avec Sophie Binet : Bis repetita placent[1]
Dans le numéro de septembre du mensuel « Ensemble » reparaîssant indépendamment de la « Nouvelle Vie Ouvrière », ancien journal de la CGT, Sophie Binet a donné une interview très éclairante sur l’attitude de la direction de la centrale syndicale concernant les luttes pourtant si indispensables en cette période.
Toujours l’idéologie avant l’économie et le refus de voir les gouvernants comme valets du Capital
La direction de la CGT continue à ne pas vouloir comprendre que Macron est un ennemi de classe. Interrogée sur le contenu d’un livre qu’elle va bientôt publier, la secrétaire générale de la CGT a ces mots : « Pendant dix ans, les gouvernements successifs sous la présidence d’Emmanuel Macron ont supprimé de nombreux droits et garanties, contribué à faire baisser les salaires, multiplié les cadeaux au patronat. Pour quels résultats ? Le chômage explose, les fermetures d’usines se multiplient… La politique de l’offre est un naufrage. Le capitalisme néolibéral craque de toute part, et, face à ça, le patronat et l’extrême droite veulent un capitalisme libertarien en guerre contre l’État et veulent remplacer l’État de droit par la loi du plus fort ou du plus riche. ». Ce fragment de bouillie idéologique appelle plusieurs commentaires. Le constat est certes juste mais mériterait un minimum d’explications, par exemple une réponse étayée à la question : « Pourquoi les différents gouvernements ont mené cette politique depuis dix ans ? ». Cela aurait peut-être pu éviter l’ineptie de la suite. Si les résultats des dix ans de Macron sont bien ceux décrits par Sophie Binet, la suite montre son incapacité à utiliser une grille de lecture de classe.
Pour qui donc la « politique de l’offre » est-elle un naufrage ? Pour le Grand Capital servi par Macron et ses différents gouvernements ? Absolument pas, on verse de plus en plus de dividendes, la casse des droits sociaux est du pain béni pour le Capital. Quant aux fermetures d’usine, c’est clairement, maintenant un choix délibéré des grands capitalistes de fermer dans notre pays, rendant totalement illusoire de leur demander de participer à la réindustrialisation, puisqu’ils ont fait le choix inverse. Aucune réindustrialisation ne sera possible en France dans le cadre du système capitaliste, ceci est de plus en plus clair.
Mais, manifestement, Sophie Binet n’a toujours rien appris du fonctionnement du capitalisme. Elle continue de mettre en avant, comme premières, des raisons idéologiques, un pseudo capitalisme néo-libéral et un non moins mythique capitalisme libertarien. Ces deux adjectifs, il est vrai, néolibéral comme libertarien, n’ont aucune importance fondamentale, ils sont simplement un habit idéologique pour des réponses bien plus semblable que ne semble le croire la secrétaire-générale, à la baisse tendancielle du taux de profit et à son corollaire, la baisse de rentabilité du capital. Peu importe les oripeaux qu’on lui donne, la politique de tous les gouvernements des pays capitalistes, au service de leurs capitalistes, répond à ces impératifs économiques touchant la classe dominante.
Une vision totalement bourgeoise et erronée de l’État
Trump (les libertariens dans l’expression de la CGT) est en guerre contre l’État, mais pas Macron (les néolibéraux selon le même catéchisme). Le problème, c’est que la conception de l’État de la direction de la CGT est, à peu de chose près, la définition qu’en donnent tous les idéologues bourgeois ou petit-bourgeois. C’est-à-dire, une sorte d’entité mythique au-dessus des affrontements, qui serait protecteur, et que les méchants libertariens voudraient supprimer avec leur tronçonneuse. Or, la politique de Macron montre bien, depuis dix ans, qu’il veut aussi démanteler tous les rouages, le langage de l’idéologie dominante appelle cela État-providence. Il est d’ailleurs intéressant de noter le recours à la notion « d’État de droit », jamais utilisée par le mouvement ouvrier car elle est tout droit issue des bréviaires des idéologues du Capital. L’État de droit, c’est non seulement le mythe de l’État, comme nous le décrivions, avec en plus l’idée tout aussi mythique que la protection vient du droit, donc des lois. Comme si le droit n’était pas fonction du rapport de force, une photographie à l’instant T, du niveau de riposte dont le prolétariat fait preuve. Il est temps de rappeler la définition qu’Engels donne de l’État dans "L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État" : « L'État est un produit de la société à une certaine étape de son développement. Il constitue l'aveu que la société s'est scindée en antagonismes inconciliables dont elle est impuissante à se débarrasser. Pour que ces antagonismes, ces classes qui ont des intérêts économiques contradictoires ne se dévorent pas et ne dévorent pas la société, une force est devenue nécessaire, qui, se plaçant en apparence au-dessus de la société modérerait le conflit, le maintiendrait dans les limites de "l'ordre". Cette force est l'État. ». L’État n’est donc pas un dôme protecteur, mais l’outil par lequel la classe dominante capitaliste comprime les oppositions, la lutte des classes et impose sa politique. C’est le même Engels qui dit que l’État est une « force spéciale de répression ». En ce sens, aucun politicien au service du Capital ne peut être « en guerre contre l’État », cette affirmation est idiote. Depuis le XIXème siècle, ceux qui combattent l’État et veule le voir dépérir ou disparaître, ce sont les révolutionnaires, marxistes ou anarchistes.
Quant à la loi du plus fort ou du plus riche, elle est en place depuis les débuts du capitalisme, il n’y a là rien de neuf, c’est la loi des capitalistes. Engels, encore, nous sert de ressource à ce sujet dans "Dialectique de la nature" : « Darwin ne savait pas quelle âpre satire de l'humanité, et spécialement de ses concitoyens il écrivait quand il démontrait que la libre concurrence, la lutte pour la vie, célébrée par les économistes comme la plus haute conquête de l'histoire, est l'état normal du règne animal. ». En bref, comme sur beaucoup de sujet, la direction de la CGT attribue à la phase actuelle du capitalisme ce qui relève du capitalisme dans son essence, depuis sa naissance, et, en outre, pour des raisons idéologiques. Il est manifestement des cours de base du marxisme qui seraient nécessaires ! La meilleure preuve en est cette autre phrase de l’entretien, à propos des ambitions de la CGT, que délivre Sophie Binet : « Enfin, il faut plus de démocratie dans le travail. Les multinationales ont pris le pouvoir et imposent leurs choix même aux gouvernements élus. ». Elle découvre malheureusement l’eau chaude, car depuis que les entreprises capitalistes sont organisées sous la forme de multinationales, elles ont le pouvoir sur le monde capitaliste et les gouvernements ne sont que des exécutants qu’elles mettent en place pour servir leurs intérêts, des « fondés de pouvoir du Capital », comme disait Marx. La CGT peine d’ailleurs à admettre cela , s’agissant de Macron, ce pourquoi elle ne voit pas en lui un ennemi de classe.
Un rapport au patronat incompréhensible
Si, pour la CGT, Macron n’est pas un ennemi de classe, c’est peut-être parce que le patronat ne l’est pas non plus. Cette phrase de la secrétaire-générale, questionnée sur les élections présidentielles est fortement révélatrice : « Et je suis atterrée par l’attitude du MEDEF et de Patrick Martin, son numéro un, qui dit ne pas savoir si le RN est, oui ou non, d’extrême-droite. Cela montre qu’il n’a tiré aucune leçon de l’histoire ; la seule chose qui compte, c’est l’argent. C’est une déchéance morale. J’exhorte tous les syndiqués à interpeller leur patron. Où sont leurs valeurs ? Que disent-ils à leurs salariés étrangers, sachant que, si le RN l’emporte au soir du 2 mai, Marine Le Pen a annoncé une réforme constitutionnelle qui visera à mettre en place un apartheid avec la préférence nationale, c’est de la xénophobie d’État. ». Il faut d’abord dire qu’au contraire, si nous admettons le RN comme une résurgence du fascisme des années 20/30/40, ceci étant loin d’être prouvé, Martin a bien compris son histoire. La Bourgeoisie capitaliste a utilisé le fascisme quand la démocratie bourgeoise ne lui permettait pas de tout contrôler, en présence de menace révolutionnaire et de crise du système ; le patronat industriel français a collaboré jusqu’au bout du bout avec l’occupant nazi. Mais le plus ahurissant c’est le recours à l’idée que le patronat aurait des « valeurs », autres que la recherche effrénée du profit. La secrétaire-générale de la CGT demande aux syndiqués d’interpeller leurs patrons, leur pourrissant tous les jours la vie, au sujet de leurs valeurs !!! Mais, on croit rêver !!! Cet ensemble de phrase est très proche du fascisme historique, de par son volet corporatiste : ouvriers et patrons ensemble contre l’ennemi commun, ici Marine Le Pen, mais ça ne change rien à l’affaire. Les patrons et les ouvriers ont des intérêts diamétralement opposés, c’est le fondement du système capitaliste et de la lutte des classes. Il n’existe aucune valeur des patrons pouvant satisfaire les salariés !
Un rapport au réel toujours aussi problématique
Une nouvelle fois, Sophie Binet nous sort la fable des reculs du gouvernement, faisant semblant d’ignorer que, contrairement au discours promu par le récent congrès du syndicat, et aux mots prononcés par la même Sophie Binet lors de la Fête de L’Humanité, les travailleurs n’ont rien gagné depuis des années et vont de défaite en défaite depuis celle sur les retraites en 2023. Interrogée sur le budget de super austérité par Lecornu proposé pour 2027, la secrétaire-générale nous dit : « Le point positif est que le gouvernement est toujours aussi faible, nous pouvons le faire reculer si nous sommes unis. ». Pourtant, le gouvernement dispose d’une majorité fluctuante mais réelle depuis 2024, tantôt avec le PS, tantôt avec le RN. Pourtant, tous ses budgets ont été votés, ses attaques contre l’assurance chômage, contre la gratuité des soins et contre les arrêts médicaux, ses budgets des armées en augmentation exponentielle, tout est passé. Il ne s’agit plus, à ce stade, de non-perception du réel, mais de mensonges.
Le plus beau des mensonges est quand même celui-ci : « Nous sommes en effet la seule organisation qui porte l’unité syndicale de façon identitaire et qui défend un syndicalisme qui allie rapports de force et négociations. Négocier à froid n’a jamais rien apporté. Dans un contexte où le gouvernement et le patronat déclarent la guerre à nos fonctionnaires, on a besoin d’un syndicalisme combatif pour se faire respecter. ». Là encore, on croit rêver. Depuis trois ans, la direction de la CGT a abandonné l’idée de coordonner les luttes, d’organiser la riposte en-dehors des mots, s’est fondue dans une intersyndicale dont le seul mot d’ordre est : « Il est urgent d’attendre ! » et la CGT serait une organisation combative alliant rapports de force et négociations ? On voit mal où Sophie Binet est allé cherche cela. Et le culot qu’il faut après 44 réunions sans aucun rapport des forces, avec le patronat dans le cadre du processus d’intégration au système baptisé « Travail, Emploi, Retraites » pour oser dire « Négocier à froid n’a jamais rien apporté », alors que c’st le mode de fonctionnement continu de la CGT !!!
Enfin, la secrétaire-générale voit un grand mouvement de sympathie pour la CGT, que nous avons du mal à percevoir dans la vie et surtout dans les luttes, qui ne sont pas à la hauteur. Si sympathie il y a, ce qui est au moins douteux, ce n’est pas pour le syndicalisme de lutte des classes que la CGT a abandonné. Mais cette soi-disant sympathie a une utilité : « Nous allons travailler à l’écart entre une CGT qui jouit d’une grande popularité, qui donne le ton du débat public et une organisation qui n’en est pas suffisamment le reflet. Nous devons pouvoir accueillir les centaines de milliers de personnes pour qui la CGT est une référence. […] La priorité est de développer les syndicats professionnels de territoire pour permettre à toutes celles et à tous ceux qui travaillent dans les entreprises dans lesquelles la CGT n’est pas présente d’être accueillis dans une structure. ». Elle sert à promouvoir les choix de verticalisation de la direction de la CGT et l’abandon du principe des syndicats d’entreprise avec ces fameux syndicats de territoire ou torchon sera dans le même pseudo syndicat que serviette.
Le communiqué de la CGT du 29 septembre : des rodomontades et aucune stratégie de lutte
A la suite de la journée d’action du 29 septembre, la direction de la CGT a publié un communiqué totalement dans la continuité de la parole qu’elle délivre depuis avant et pendant son congrès, selon le triptyque : faire croire que la CGT a frappé un grand coup (voire gagné) ; dire que le gouvernement va devoir s’exécuter ; faire un répertoire à la Prévert des actions futures ; mais ne surtout pas dessiner ne serait-ce que l’esquisse d’une stratégie de lutte.
Pour le gouvernement devant s’exécuter, nous avons le titre : « Services publics : face à la colère, le gouvernement a 48h pour revoir sa copie ! ». Ces rodomontades sont totalement inutiles et même contre-productives. Que va penser un salarié voyant ce titre, il sait pertinemment que Lecornu ne changera pas une virgule à son projet de budget et le même projet sera probablement voté avec l’assentiment du RN ? Il pensera la CGT à côté de la plaque ou vendue au Capital. Le texte y revient plus tard, au cas où le lecteur n’aurait pas compris : « La CGT le répète : le gouvernement prévoit d'annoncer son projet de budget le 1er octobre et a donc 48h pour revoir en profondeur sa proposition. Il faut augmenter le salaire des fonctionnaires, dégager des moyens pour nos services publics et cesser de faire les poches des travailleurs et des travailleuses, des retraités, des malades, des locataires, et des familles. ». Il faut tout cela, bien sûr, mais le gouvernement ne l’a pas sur sa feuille de route et n’a absolument pas l’intention d’en changer. Alors que fera la direction de la CGT au bout de 48 h 00, si le projet de budget est toujours le même ?
Pour ce qui est du grand coup frappé, voici le sous-titre : « Partout en France, plus de 300 000 agentes et agents de la Fonction publique (hospitalière, d'Etat et territoriale), avec les pompiers, ont manifesté aujourd'hui, rejoints par de nombreux lycéens, des salariés du privé mobilisés sur les salaires et l'emploi, des retraités, des privés d'emploi. » et le début du communiqué : « Plus de 180 rassemblements ont eu lieu partout en France, rassemblant plus de 300 000 manifestantes et manifestants. Ce niveau de mobilisation est en nette hausse par rapport à la journée du 5 décembre 2024, dernière grande grève unitaire dans la Fonction publique. ». On se gargarise d’une mobilisation d’autant plus en demi-teinte qu’on se garde bien d’évoquer le seul nombre qui a une importance, celui des grévistes et non des manifestants. Ce nombre, c’est plus que probable était plus important le 5 décembre 2024. Mais, désormais, foin des luttes, on se contente de mesurer le nombre de badauds, alors que tout le monde sait pertinemment que les manifestations, si fournies soient-elles (et ce n’était pas le cas), n’ont absolument aucun impact sur les gouvernements au service du capital. L’échec cinglant de la bataille contre la réforme des retraites est là pour nous le rappeler. Et, encore moins lorsqu’il s’agit d’une journée isolée, sans perspective de poursuite de la lutte et surtout, d’ancrage de la grève dans la durée. Passer d’une focalisation sur le nombre de grévistes à une sur le nombre de manifestant est plus significatif que réussir (ou ne pas trop rater) la journée devient le seul et unique objectif de la CGT. On enterre définitivement toute idée de lutter pour gagner.
Enfin, pour l’inventaire à la Prévert, nous sommes servis : « La colère monte, les fronts se multiplient et d'ores et déjà de prochains rendez-vous sont prévus : le 5 octobre manifestations féministes contre les violences sexistes et sexuelles, le 6 octobre grève des salariés de l'énergie, le 8 octobre grève des salariés de Total, le 14 octobre action des retraités contre le gel des pensions. Gouvernement et patronat doivent sortir du déni et faire enfin passer à la caisse les milliardaires et les multinationales ! ». A part la journée du 5, où tout aura lieu en fin de journée, après le travail, donc sans grève, aucune de ces initiatives n’est le fait de la direction confédérale de la CGT, laquelle se contente de relayer des initiatives décidées par d’autres structures de la CGT. Et quelle est donc l’utilité de la direction confédérale ? Quel est son rôle dans l’organisation et le développement dans luttes, dans la construction de la grève générale qui, seule, permettra de gagner ? Rien de tout cela n’est prévu. Comme son intersyndicale permanente fétiche, la direction de la CGT a fait le choix de ce mot d’ordre rassemblant manifestement tous les bureaucrates syndicaux de toutes les organisations : « Il est urgent de ne rien faire ! ».
En conclusion
Malgré certains mots, la direction de la CGT, semble-t-il ne mesure pas l’état réel de la catastrophe sociale dans ce pays, en termes de destruction des services publics et de la Sécurité sociale, ou, en tout cas, a décidé de ne rien organiser pour l’empêcher. A vivre trop loin des prolétaires, même et surtout en voulant parler en leur nom, on passe totalement à côté de leur vie réelle, ceci est quand même embêtant quand on est la direction d’une organisation se réclamant encore parfois de la lutte des classes.
La CGT est décidément là où on l’attend : dans les salons des ministères ou du patronat, dans les manifestations plan-plan n’ayant aucune autre utilité que de sortir se dégourdir les jambes, où il vaut mieux ne pas compter les grévistes, ni les syndicalistes venus sur un mandat, mais pas dans les luttes. Manifestement la direction confédérale actuelle, comme la précédente, considère que sa tâche n’est pas d’organiser la riposte, ni de coordonner les luttes, ni de mettre tout son poids et tous ses bureaucrates dans la construction d’une grève durable.
Il est pourtant évident qu’aujourd’hui, la seule chose inquiétant le gouvernement, ce n’est pas la grève ridicule en nombre des salariés de la fonction publique, mais le mouvement lycéen. Et pourquoi ? Parce qu’il monte en puissance et surtout parce qu’il dure. Les syndicalistes de lutte des classes restant dans la CGT doivent se prendre en main pour s’organiser, en lien avec les lycéens, indépendamment de la direction, elle ne fera rien et attend l’élection présidentielle. Il faut organiser la survie et le développement du syndicalisme de lutte des classes dans la CGT, alors que cela n’a pas été vraiment fait au moment du 54ème congrès, au contraire du précédent, et encore moins depuis.
Mais pour cela, il faut être lucide sur l’état réel de la CGT profonde. Cela oblige à prendre en compte la perméabilité de la ligne de collaboration de classe parmi les dirigeants et les militants, à tous les niveaux de responsabilité. Mais cela implique aussi de réaliser qu’un nombre non négligeable de cadres de la CGT ne sont pas à leur poste par affinité avec la lutte des classes, mais par volonté de bénéficier d’une sinécure, de ne pas ou pas complètement revenir au travail et de bénéficier des finances de la CGT. L’affaire Le Paon montrait une professionnalisation du syndicalisme CGT à un niveau élevé de responsabilité, elle a désormais gagné les fédérations, les unions départementales et locales, jusqu’à certains syndicats. Éviter le retour au travail, soit en ayant des heures de décharge dans le public ou en étant salarié de la CGT dans le privé est désormais un but. On se construit une carrière, pas forcément avec l’ambition de « grimper », mais avec celle de « demeurer ». Il s’établit une manière de symbiose entre ces militants la et la direction de la CGT faisant qu’ils ne contesteront jamais l’orientation, de peur de perdre leur sinécure. Enfin, à tous les niveaux de la CGT, la formation est un vide organisé faisant que, pour beaucoup, la lutte des classes n’est plus qu’un slogan creux qu’ils ne comprennent pas.
Forts de cette lucidité, militants du Parti Révolutionnaire Communistes, nous sommes résolument engagés dans une double bataille afin de rebâtir et structurer le syndicalisme de lutte des classes et pour la construction du parti révolutionnaire dont notre pays a tant besoin. Sans illusion, sans sous-estimation de l’ampleur de la tâche, mais sans rester figés sur le constat, sans négliger les luttes et la capacité du prolétariat à se réveiller.
N° 994 10/09/2026 La juridiction n’a rien trouvé à redire à la décision de la cour d’appel de Pau de mars 2025 demandant la réintégration du syndicaliste Timothée Esprit.
La cour d’appel de Pau n’a pas eu tort de demander en mars 2025 la réintégration de Timothée Esprit, salarié et syndicaliste de Toray CFE licencié quelques mois plus tôt. C’est ce qui ressort de l’arrêt de la Cour de cassation rendu ce mercredi 9 septembre.
La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire en France avait été saisie par l’entreprise contestant l’interprétation des juges palois à propos du statut de son employé. Pour la justice, Timothée Esprit est bien un salarié protégé et pour le licencier, l’employeur aurait dû obtenir l’autorisation de l’inspecteur du travail. C'est un nouveau camouflet pour la direction de l'entreprise. « Au-delà de ma personne, vient sacraliser la protection des salariés dans ma situation, c’est-à-dire les syndicalistes qui négocient les conventions collectives au niveau national, même dans les branches qui ne concernent pas leur entreprise. Une protection au même titre qu’un délégué syndical en entreprise. Cette victoire fera jurisprudence ». déclare Timothée L’entreprise devra aussi lui verser 3 000 euros.
Toray CFE dit prendre acte de l’arrêt de la Cour de cassation, tout en soulignant que d’autres procédures sont en cours. L’offensive patronale contre le syndicaliste, secrétaire fédéral de la FNIC-CGT, employé depuis 14 ans dans l’entreprise doit cesser
« Je vois bien jusqu’ici l’acharnement de l’entreprise contre moi mais la justice, depuis plus d’un an, a toujours confirmé les procédés illégaux contre la CGT de Toray et de l’un de ses représentants » ajoute Timothée Esprit. Pour mémoire, le premier licenciement de l’opérateur date du printemps 2024. Le salarié avait manifesté son soutien aux Gazaouis en postant sur Facebook une photo du Front populaire de libération de la Palestine ayant déplu à un gros client de Toray CFE !
La fédération nationale des industries chimiques et Timothée Esprit ont déposé plainte mi-mars auprès du procureur de la République de Pau.
Pour imposer sa politique le patronat s’attaque aux ouvriers organisant la lutte dans les entreprises. Les stratégies d’intimidation à l’encontre des syndicats sont de plus en plus nombreuses et variées : menaces, plaintes, sanctions disciplinaires et procédures judiciaires.
Il s'agit de signifier à ceux qui se battent organisant la lutte des classes que le pouvoir du grand capital utilisera la répression de manière à bâillonner les luttes et c'est ce qu'il fait déjà en traitant les militants comme des voyous et des délinquants. Celles et ceux refusant de plier face aux politiques patronales et gouvernementales sont un obstacle majeur au dialogue social. Place à la lutte des classes, systématique et organisée ! L’organisation méthodique de la riposte, c’est la responsabilité de toute la CGT et spécialement de sa direction confédérale.
Plus que jamais, la CGT doit impérativement renouer avec la lutte des classes !
N° 994 02/09/2026 Nous avons suivi et commenté le récent congrès de la CGT, nous alertions sur la conversion assumée à la collaboration de classe. La récente interview (28 août) au Monde, de Sophie Binet, sa secrétaire-générale, confirme, on ne peut après l’appel plus creux du CCN de la CGT fin août qu’il n’est plus question de lutter contre le Capital, mais il est urgent d’attendre.
Dans son chapeau avant interview, le ou la journaliste du Monde écrit ceci : « La secrétaire générale de la CGT s’inquiète de la "torpeur" du pays dans le contexte inédit d’une extrême droite proche du pouvoir par les urnes et veut saturer le débat sur les questions sociales afin d’empêcher une victoire du Rassemblement national (RN). ». Il serait aisé de lui répondre que beaucoup de travailleurs s’inquiètent de la torpeur de la CGT depuis pas mal de mois face aux attaques sans précédent menées par le relais principal de la classe dominante, l’exécutif macroniste allant de Hollande à Retailleau et parfois de Tondelier à Le Pen, au moment où se construit la destruction finale de tous les conquis sociaux de 45, à commencer par la Sécurité sociale. Cela d’ailleurs se vérifie dans cette intention de « saturer le débat » et pas d’organiser la riposte de classe contre la Bourgeoisie capitaliste et ses fondés de pouvoir. La mise sous l’éteignoir de la lutte des classes nourrit toutes les idéologies participant au jeu (bien fourni en apparence) de la classe dominante, à savoir tous les partis politiques représentés au Parlement, et pas mal au-delà. Ayant, dans le discours, depuis le dernier congrès et, dans les faits depuis un an, après la destruction de la riposte initiée le 10 septembre 2025, substitué la lutte contre « l’extrême-droite » à la lutte de classes contre le Capital, la CGT est désormais franchement sur la route de la collaboration de classe et cette interview ne démentira en quoi que ce soit cet état de fait objectif.
Au fil de l’interview, même habitué au discours convenu, sans épine un tant soit peu révolutionnaire de Sophie Binet, on peut parfois être encore ébahi. Ainsi cette phrase : « Mais, aujourd’hui, le seul critère d’appréciation du patronat, c’est son intérêt financier. ». Une phrase précédente : « Cela confirme que, pour le Medef, il n’y a que l’argent qui compte. » nous indique qu’il existe de fortes probabilités que la secrétaire-générale de la CGT soit en passe de découvrir la lune : les capitalistes seraient intéressés par le seul profit (ce mot n’est pas écrit, donc fort probablement pas prononcé) ! Il était temps de s’en apercevoir. Mais, il n’y a pas cela uniquement. Dans la citation initiale, le mot essentiel est « aujourd’hui ». Cela signifie, qu’auparavant, le patronat avait d’autres critères d’appréciation que son intérêt financier. On se demande bien lesquels. Il s’agit objectivement de dire qu’avant, lorsque le FN/RN n’avait pas cette importance, fabriquée par les divers gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis quarante ans en appliquant le même politique ; avant, donc, le patronat était respectable car il ne pensait pas qu’au profit. On aurait tendance à vouloir conseiller à la secrétaire-générale de lire « Salaire, prix et profit » de Karl Marx, de s’enquérir un peu de la baisse tendancielle du taux de profit, mais tout cela est peine perdue, on le sent bien. Elle n’est pas là pour ça, tout ce que la CGT écrit depuis qu’elle en est sa principale dirigeante est une mise sous silence de la conflictualité des classes sociales, un plaidoyer pour la « gauche », une tolérance du pouvoir actuel, le pire de la VèmeRépublique et une idée fixe sur « l’extrême-droite », sans analyse de la politique actuelle ayant mis en place, d’ores et déjà des mesures à caractère fascisant, et surtout sans aucune analyse de classe. C’est un choix délibéré et la mission de Sophie Binet depuis on élection à la direction à la CGT est de la sortir des rails de la lutte des classes.
Comme à son habitude, la secrétaire-générale s’attarde sur les questions électorales dans un moment où l’ampleur des coups portés aux salariés nécessiterait de se focaliser sur la lutte plutôt que sur les élections. A la lire, une fois de plus, on se trouve face à une opération semblable à celle de 2010, au moment de la bagarre des retraites : la gauche arrivera au pouvoir et annulera la réforme. Il s’agit de vendre la solution électorale pour mieux cacher que la CGT n’est absolument pas à la hauteur en matière d’organisation de la riposte et de combat contre le Capital. Et de tartiner, comme à chaque fois, la ritournelle de « l’extrême-droite ». Ainsi, les seules critiques formulées contre le patronat dans cette interview tournent autour du fait qu’une partie du patronat est en train de faire la courte échelle à l’extrême-droite ; en-dehors de cela, le patronat ne constitue pas un ennemi de classe, le concept même de classe sociale est d’ailleurs absent du discours de Sophie Binet, et ce n’est pas un hasard. La classe capitaliste, rappelons-le à la secrétaire générale ne fait la courte échelle à personne, elle réfléchit à qui dirigera bientôt le pays en tant que son fondé de pouvoir. Et le discrédit des macronistes, de Hollande à Retailleau, l’oblige à regarder ailleurs et à éventuellement envisager des hommes de paille pris dans d’autres courants idéologiques, le RN est donc une option sur la table pour l’ensemble de la Bourgeoisie capitaliste. Enfin, on ne peut ô combien tiquer encore sur la méconnaissance de l’histoire dont fait preuve Sophie Binet. Dans l’habituelle rhétorique anachronique comparant le RN au fascisme des années 20/30, elle reproche au patronat de ne pas s’inquiéter du risque d’arrivée au pouvoir du RN. Elle a cette phrase : « Cette amnésie du patronat est honteuse. ». Le mot amnésie est d’une stupidité sans nom. Le patronat a totalement collaboré avec les nazis entre 1940 et 1945. Il s’agit, là encore, sans le dire tout à fait, mais en le pensant très fort, de théoriser un mythique axe républicain, dans lequel il faut absolument inclure le patronat Foin du Capital, haro sur un des courants idéologiques à son service, en épargnant non seulement tous les autres, mais aussi la classe capitaliste en tant que classe aux intérêts communs, visant une politique répondant à la baisse tendancielle du taux de profit, avec ou sans le RN.
A l’occasion de son discours sur la canicule passée et le manque de moyens que la secrétaire-générale a un constat juste, mais, immédiatement après, une explication erronée prouvant encore son besoin d’épargner les gens en place, afin de désigner un unique ennemi, « l’extrême-droite » : « Cet été catastrophique est le fruit de dix années de politique d’austérité macroniste, qui ont laissé nos services publics dans un état de paupérisation complet. ». Oui, c’est le résultat de la politique menée par Macron et les siens au nom du Capital ; mais non, ces gens n’ont pas laissé les services publics dans un état de paupérisation, ils ont patiemment organisé leur disparition. Quant à la riposte, elle n’est encore une fois envisagée que contre le RN et en-dehors des affrontements de classes. Interrogée pour savoir si la CGT organisera des manifestations en cas d’arrivée de Le Pen au pouvoir, Sophie Binet a cette réponse, à la fois dilatoire et tellement éclairante sur le fait que la lutte sociale n’est pas sa préoccupation : « L’enjeu pour nous aujourd’hui, c’est de tout faire pour empêcher cette victoire du RN. Il n’y a rien d’inéluctable. On a réussi à empêcher leur victoire en 2024, on peut le refaire. ». L’enjeu est donc non en termes de rapport des forces dans les entreprises et dans la rue, mais en termes de magouilles électoralistes, comme en 2024. Cette « stratégie » n’a d’ailleurs pas fonctionné. Le regroupement de tous les partis, y compris ceux en place, a permis seulement un recul afin de mieux sauter et la politique prônée par le RN a partiellement déjà été mise en place depuis 2024 et le même RN a participé à la large majorité au Parlement qui soutient le gouvernement.
Ensuite, les éléments de langage utilisés sont ceux de la social-démocratie. Ainsi, la secrétaire-générale se demande naïvement : « Pourquoi le gouvernement ne veut-il pas prendre l’argent là où il est ? », alors qu’on se fatigue à tenter d’expliquer, car c’est très simple, il n’est pas là pour ça, il applique la feuille de route du Grand Capital, consistant à taper dans le travail vivant à cause de la baisse tendancielle du taux de profit. Et, pour ne rien gâcher, nous avons droit au sempiternel : « Dans notre pays, les richesses sont mal réparties : le problème est là. ». Eh non, le problème n’est pas là. Le concept de « répartition des richesses » ne sert uniquement à cacher la vraie question : qui créée les richesses et qui en tire profit ? Les prolétaires créent les richesses et les possesseurs des moyens de production et d’échanges, c’est-à-dire les capitalistes, ils en tirent profit. La question n’est pas de mieux répartir les richesses, mais d’exproprier les capitalistes et de socialiser les moyens de production et d’échanges.
Le constat, parfois juste : « Le macronisme est un cauchemar sans fin pour les travailleurs : chaque année, le gouvernement et le patronat nous font les poches alors qu’elles sont de plus en plus vides. » ou encore : « Pour des millions de salariés, c’est la rentrée de l’angoisse : les prix continuent à augmenter. Ils vont devoir choisir pour leurs enfants entre un nouveau cartable et l’inscription au football. », n’entraîne pourtant pas la direction de la CGT à appeler à une large riposte des travailleurs, sans concession et de manière déterminée, encore moins à l’organiser. Sophie Binet évoque des dates, en particulier le 29 septembre, mais s’en tient là. Et, évidemment, le journaliste ne pense pas à lui demander si elle pense que cela suffit, ni si c’est à la hauteur des enjeux. Enfin, on ne peut qu’être frappé par cette phrase suivant l’appel aux agents publics à se mobiliser le 29 septembre (appel à une journée noire par la grève, par la grève la plus forte possible) : « Montrons-leur ce qu’est qu’un pays sans hôpital, sans collège, sans université, sans éboueur, sans administration et sans sécurité. ». Cela part d’un bon sentiment, mais c’est complètement coupé du réel. Il n’’existe aujourd’hui, sans aucune grève, des journées sans hôpitaux, des bacheliers sans universités, des élèves sans cours au collège. Malgré certains mots, il semble que la direction de la CGT ne mesure pas l’état réel de la catastrophe sociale dans ce pays, en termes de destruction des services publics et de la Sécurité sociale. A vivre trop loin des prolétaires, même et surtout en voulant parler en leur nom, on passe totalement à côté de leur vie réelle, ceci est quand même embêtant quand on est dirigeante d’une organisation qui se réclame encore parfois de la lutte des classes.
N° 987 22/07/2026 Créée en 2000 par des militants de l’UNEF refusant sa fusion avec l’UNEF-ID, qui signifiait la fin du syndicalisme de lutte en France, la Fédération Syndicale Étudiante (FSE) ne se départit pas de son orientation syndicale de lutte de classes et de masse, seule la lutte et la grève générale sont à même d’éradiquer le système capitaliste. Et c’est suffisamment rare pour être signalé. La FSE pense : « l’intérêt du syndicalisme étudiant réside dans son opposition au corporatisme, c’est-à-dire son lien avec la lutte anticapitaliste du prolétariat. ».
La FSE a récemment publié un article évoquant le sort des étudiants tel le prévoient les fondés de pouvoir du Capital, à partir de la scandaleuse augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers. Nous publions cet article nous paraissant absolument pertinent et éclairant.

L’attaque en deux temps “Bienvenue en France” constitue la plus grande offensive faite aux étudiants depuis de nombreuses années. Certains ne comprennent pas l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, l’État nous l’expose comme une nécessité pour renflouer les caisses de l’université, mais quelles sont exactement les raisons derrière ce décret?
Peu importe les différentes pirouettes de Philippe Baptiste pour tenter de justifier ce décret, son objectif est on ne peut plus simple : exclure le prolétariat et les masses profondes de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) français. Pourtant, depuis les années 60 l’université s’est ouverte de plus en plus largement à la population pendant une cinquantaine d’années. La question est donc plutôt la suivante : comment expliquer ce changement de stratégie et de considération de l’ESR ? Pour y répondre nous devons nous plonger. dans le cœur de ce qu’est l’impérialisme français.
La période nationale actuelle est marquée par la militarisation et la marche à la guerre, nous observons la propagande d’état dans notre quotidien : des encarts publicitaires de l’armée française sur nos résidences CROUS jusque dans la page d’accueil de Parcoursup, en passant par les interventions de militaire dans nos lycées et universités.
L’augmentation du budget militaire sert de justification pour définancer les universités et les pousser à rechercher des financements privés. Et parmi ces partenariats se trouvent de grandes entreprises d’armement comme Thalès, Safran ou Dassault, toutes impliquées directement dans les génocides, massacres et crimes de l’impérialisme aux 4 coins de la planète.
Ces partenariats ne servent pas seulement à financer des laboratoires ou des centres de recherche : ils orientent les sujets étudiés, les technologies développées et, de plus en plus, des formations entières dédiées à la défense et les débouchés professionnels proposés aux étudiants.
Mais la France n’est pas la seule à vouloir nous envoyer à la guerre, c’est partout dans le monde que les puissances impérialistes se préparent à une guerre de repartage du monde. L’une des caractéristiques de l’impérialisme est que les puissances impérialistes sont en concurrence : on l’a vu par exemple récemment avec les agressions américaine en Iran qui visent à récupérer un contrôle sur l’ensemble de la région et en particulier sur les ressources pétrolières iraniennes, actuellement exploitées principalement par la Russie. Chaque pays opprimé sert de terrain de confrontation entre les peuples et l’impérialisme mais aussi entre les différentes puissances. Dernièrement, l’impérialisme français enchaîne les défaites et a perdu énormément de contrôle dans ses zones d’influence historique. On peut citer par exemple les révoltes récentes en Kanaky, au Sénégal ou à Madagascar. Affaibli par les soulèvements anti-impérialistes de plus en plus forts, l’impérialisme français cherche à regagner du terrain de toutes les manières possibles.
L’impérialisme français empêche le développement des pays opprimés, notamment ses colonies et anciennes colonies. Il atrophie tous ses aspects économiques, exploite les ressources, les terres et les peuples à l’étranger et continue leur exploitation sur le sol français via l’immigration. La question de l’ESR et l’immigration des étudiants étrangers n’est donc qu’un aspect de l’impérialisme français mais nous devons nous y intéresser pour bien comprendre ce qu’est “Bienvenue en France”.
Si l’augmentation des frais d’inscriptions est ce qu’il y a de plus flagrant, cette mesure s’accompagne aussi d’une volonté d’ « intensifier la projection des universités et écoles françaises » . La mainmise de la France sur ces pays passe aussi par des structures d’enseignement et de formation qui diffusent les intérêts et le modèle français, l’influence dans les programmes scolaires ou encore le développement de bourses pour aller étudier en France, au profit du développement de l’ESR sur place. Là où c’est le plus flagrant c’est dans les pays qui dépendent directement du gouvernement français : ses colonies départementalisées (Guadeloupe, Guyane, Kanaky…). Il n’y a pas d’investissements et d’infrastructures suffisantes dans les universités et les CROUS. Les étudiants sont alors contraints de partir à des milliers de kilomètres de chez eux pour étudier dans de bonnes conditions.
Il n’y a également pas d’augmentation des frais d’inscriptions pour les doctorants : ce n’est pas une erreur. La France organise la fuite des cerveaux : elle profite des chercheurs issus des pays qu’elle opprime sans que jamais le fruit de leur recherche ne serve leur pays d’origine. Celui-ci est capté par la bourgeoisie impérialiste et est privatisé, notamment via le système de brevets.
Les étudiants étrangers sont la frange la plus précaire des étudiants et subissent actuellement une multitude d’attaques comme la suppression des APL ou le racisme du CROUS qui leur limite l’accès aux bourses et aux logements. Mais nous devons avoir une vision claire sur ce qui est entrain de se passer : ce n’est qu’une question de temps avant que cette augmentation soit élargie à tous les étudiants ! Le gouvernement évoque déjà la possibilité de quadrupler les frais d’inscriptions pour tous les étudiants.
Ainsi, si l’université a pu s’ouvrir pendant une période c’est uniquement parce que la formation de main d’œuvre qualifiée répondait aux besoins de l’impérialisme français à un instant T. Aujourd’hui ses besoins sont différents, donc ses objectifs vis à vis de l’université aussi. Elle veut sélectionner, trier, exclure et réserver l’université à ceux qui servent directement ses intérêts économiques, militaires et impérialistes. Elle veut normaliser la marche à la guerre et faire de la jeunesse sa chair à canon. En conclusion, nous sommes tous concernés par la volonté de l’impérialisme français de fermer l’université pour nous envoyer à la guerre alors nous nous devons de lutter contre ce décret raciste jusqu’à son abrogation!
À bas l’impérialisme !
Pas de retrait, pas de rentrée !
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