N° 985 09/07/2026 Le 4 juillet la police a arrêté Vicente Salazar, le dirigeant de la Fédération Paysanne Tupac Katari, à la suite d’une plainte déposée par le gouvernement de Paz contre les organisateurs des barrages routiers. La plainte contre Vicente Salazar porte sur « des infractions présumées d’incitation publique à commettre un délit, d’association de malfaiteurs » et de « terrorisme ».
Pendant plus de 7 semaines en mai et juin des syndicats, essentiellement la COB (Centrale Ouvrière Bolivienne) ainsi que des syndicats autochtones comme la Fédération Paysanne Tupac Katari,la Confédération nationale des femmes paysannes autochtones originaires de Bolivie « Bartolina Sisa »,l’organisation auto convoquéeont multiplié des blocages routiers, des grèves pour exiger la démission du président Rodrigo Paz, la hausse des salaires, le refus des privatisations, la défense des services publics et le contrôle populaire des ressources naturelles[1].
Paz n’a pas hésité à militariser la répression et à intégrer des groupes paramilitaires tels que l’Union Juvenil cruceñistcia (inspiré des phalanges franquistes) et la Résistancia juvenil Cochala qui ont opéré au côté de la police et ont tiré à balles réelles.
Ces manifestations ont donné lieu à de violents affrontements entre des manifestantset la police antiémeute, entraînant plus de 700 arrestations, 37 blessés et au moins 17 manifestants tués.
La COB est partagée entre l’avis du secrétaire général, Mario Argollo, appelant à la démission de Paz et plusieurs antennes départementales de la COB favorable à engager des négociations avec le gouvernement.
Les négociations entamées le 18 juin se sont conclues par la signature d’un accord : le gouvernement s’engageait à ne pas privatiser les entreprises publiques, à consulter les organisations sociales pour l’élaboration des lois structurelles et contrôler l’indice des prix face à: récession économique, à l‘envolée des prix. La COB a présenté un plan en 8 points, l'accord, a précisé Mario Argollo laissait au gouvernement 90 jours afin d’avancer sur plusieurs revendications syndicales.
L’ensemble des organisations mobilisées n’ont pas accepté de négocier avec le gouvernement de Paz. Les fédérations autochtones ont rappelé leurs propres revendications: lutter contre la privatisation de l’électricité, de l’eau, des télécommunications, des ressources naturelles, de la santé et de l’éducation.
Le soulèvement va bien au-delà de la démission de Paz, c’est un soulèvement contre l’État colonial, pour la restitution au peuple des terres accaparées par l’agrobusiness.
C‘est également un refus de la soumission aux États-Unis. Paz est un vassal des USA, alors que la Bolivie était jusqu’ici hostile à l’impérialisme étasunien. Depuis son élection, Paz est allé se soumettre au gouvernement d’extrême droite à Washington et a organisé un rapprochement avec Israël. Paz s’inscrit dans la continuité des plans d’ingérences de Trump sur le continent sud-américain, visant à faire de l’Amérique du sud son arrière-cour. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a dénoncé les manifestations comme étant des «tentatives de renversement du gouvernement légitime» et a adressé un avertissement sans équivoque à ceux qui, selon lui, «tirent profit de la mort et de la destruction dans notre hémisphère».
Après avoir signé le protocole d’accord avec la COB, Paz a promulgué le Décret Suprême 1740 instaurant l’état d’exception permettant le déploiement de l’armée contre les manifestations et les blocages, et garantit une protection juridique en faveur des militaires, leur octroyant une «présomption de légalité» en cas de tirs. Toutes les organisations n’ayant pas signé l’accord seront « soumises aux rigueurs de la loi », l’état d’exception criminalise les militants luttant contre le gouvernement de Paz et sont menacés d’être soumis à la même plainte que celle qui frappe Vicente Salazar. Même Mario Argollo ayant demandé la libération immédiate de Vicente Salazar, est menacé.
La solidarité du Parti Révolutionnaire Communistes avec les travailleurs, les organisations syndicales, le peuple luttant contre la politique du capital est sans réserve. Nous exigeons la libération immédiate de Vicente Salazar et de tous les détenus arrêtés à cause de leur lutte contre le système capitaliste et qui remet au premier plan la lutte contre les impérialismes.
[1].Hebdo n° 979 26/05/2026. En Bolivie, les prolétaires s’organisent ! Et c’est classe contre classe !
Chers camarades,
Le Parti Révolutionnaire Communistes (France) tient à vous exprimer ses plus sincères condoléances ainsi que sa totale solidarité avec le peuple vénézuélien face aux pertes humaines se chiffrant maintenant par milliers et aux immenses dégâts causés par le récent séisme dans votre pays. Tout doit être fait afin d'accélérer et amplifier les efforts pour rechercher les survivants. Nous saluons l'aide internationale qui se développe. Elle doit se poursuivre sans pour autant constituer une ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela. Ce qui n'est pas le cas s'agissant des États-Unis puisqu'un contingent militaire américain dirigé par un général des Marines a débarqué au Venezuela, au lendemain du séisme, conduisant le président Donald Trump a annoncé avoir "pris le contrôle du Venezuela en moins d’une journée", renforçant, avec la complicité de la direction vénézuélienne son emprise sur le pays et ses immenses richesses pétrolières et minières.
Ce séisme le rappelle aussi, une fois de plus, les couches les plus pauvres de la population paient les lourdes conséquences du non-respect des mesures de protection sismique, ainsi que des carences en infrastructures et en personnel de la protection civile. Cette situation n'est pas sans cause mais renvoie aux responsabilités du capitalisme combattu de manière conséquente par votre parti.
Veuillez transmettre nos plus sincères condoléances et l'expression de notre solidarité de classe aux travailleurs de votre pays.
Paris le 29 juin
Parti Révolutionnaire Communistes
Présentation :
Konstantin 26 ans, éboueur à la Ville de Paris dans le 2e arrondissement, membre de la direction du syndicat CGT FTDNEEA (Filière Traitement des Déchets, Nettoiement, Eau, Égouts, Assainissement) et responsable de son Collectif International.
Question 1.
Une délégation de camarades de la CGT des services publics de Paris (FTDNEEA-CGT) et du syndicat du conseil départemental de Charente, s'est rendu récemment à Cuba. Quel était le but de cette initiative ?
Konstantin: Depuis un an et demi, notre syndicat travaille à remettre en place une coopération dans le domaine de la propreté et de l’assainissement entre notre Direction de la Propreté et de l’Eau de la Ville de Paris et les Services Communaux de Cuba. Cette coopération avait existé jusqu’en 2001 sous les mandats de droite de Chirac et Tiberi où des camions bennes, des triporteurs et des EPI avaient été envoyés à Cuba, les socialistes y avaient mis fin. Une première délégation était déjà partie l’année dernière afin de (r)établir les premiers contacts avec nos homologues sur place ainsi qu’avec nos camarades de la Centrale des Travailleurs de Cuba (CTC). La délégation de cette année dont le but était d’approfondir les liens entre les travailleurs des services publics français et cubains, ramener le plus de matériel possible pour nos homologues et exprimer une position claire et ferme de nos organisations syndicales françaises contre le blocus, l’encerclement énergétique et les menaces d’interventions militaires, en soutien au peuple cubain, à son mouvement ouvrier et sa révolution socialiste. Tous les objectifs de cette délégation ont été remplis.
Question 2.
Quelles ont été vos premières impressions à Cuba dans une situation de blocus pesant lourdement sur la population. Dans le domaine que tu connais le nettoiement urbain, comment les travailleurs cubains s'organisent pour faire face ?
Konstantin: Nous avons eu la chance d’arriver quelques jours après que le pétrole russe ait été réparti dans l’ensemble du pays. Quand nous sommes arrivés le 21 avril, cela faisait 5 jours qu’il n’y avait pas eu de coupures de courant. Lorsque nous sommes rentrés en France le 11 mai, dès le lendemain, nos camarades cubains n’avaient déjà plus que 2h d’électricité en moyenne par jour car les stocks étaient arrivés à leurs fins.
Et pour cause, Cuba aurait besoin de 8 pétroliers par mois. Seul un pétrolier a livré des barils en bientôt 7 mois. La différence majeure en comparaison avec notre délégation de l’année dernière, c’est cet encerclement énergétique total rendant les choses compliquées pour toute la population et tous les secteurs de travail. C’est une véritable guerre psychologique.
Le cubain doit organiser toute sa journée et sa semaine à partir des 1h ou 2h d’électricité dont il dispose par jour. Les coupures, privent évidemment d’eau, pas d’internet ou de réseau, les transactions bancaires sont impossibles etc..
Puisqu’il n’y a pas de combustible, des écoliers et des travailleurs doivent marcher parfois plusieurs heures par jour. Les opérations chirurgicales à l’hôpital doivent se terminer à la lumière du smartphone, si tenté qu’on ait encore de la batterie.
Les routes sont pratiquement vides du fait de la pénurie de combustible.
Au niveau du nettoiement, seulement 60 camions bennes fonctionnels concernant tout le pays et une dizaine pour La Havane (qui compte environ 2,5 millions d’habitants comme Paris).
En raison du manque de matériel lié au blocus et désormais à la pénurie de combustible, nos homologues ne sont en mesure de collecter quotidiennement seulement la moitié des déchets. Nos camarades sont obligés de dépêcher des bulldozers afin d’évacuer les dépôts les plus problématiques (si tenté qu’il y ait du combustible) mais sont obligés de dégrader la chaussée et les trottoirs en opérant ainsi. Malgré toutes les difficultés, les travailleurs sont pleinement mobilisés pour assurer la continuité de l’ensemble des services publics et font preuve d’une créativité extraordinaire pour surmonter tous ces obstacles.
Question 3.
La vie politique à Cuba est caricaturée sous forme d'une dictature et le Parlement européen vient d'adopter un texte condamnant Cuba. Pourtant, la résistance populaire est forte. Le premier mai auquel a participé délégation peut témoigner de la puissance de la résistance populaire. Sur quoi s'appuie cette résistance.
Konstantin: La vie politique à Cuba s’organise sur la base de la démocratie ouvrière et protagoniste de tout le peuple. Le premier mai de cette année a encore été une démonstration incroyable avec 5 millions de cubains dans les rues (pour un pays de 9,7 millions d’habitants là où nous n’étions que 300 000 en France…) dont 500 000 à La Havane organisés en quatre fronts de marche ayant convergé devant l’ambassade yankee en signe de résistance face à l’impérialisme. Tous les secteurs de la population et leurs organisations de masse y participent : la jeunesse, le mouvement syndical, les retraités, la fédération des femmes cubaines, les sportifs, le Parti, le Président.. bref tout le monde y est représenté !
Ce qu’on a dû mal à comprendre depuis la France avec l’intoxication médiatique occidentale, c’est ceci: Cuba est bien plus démocratique en comparaison à notre système politique.
A titre d’exemple, nos camarades vont voter dans quelques semaines le nouveau Code du Travail à l’assemblée nationale du Pouvoir Populaire. Il a été le fruit de 40 000 réunions ayant regroupé 2,3 millions de travailleurs qui ont soumis 97 000 amendements, ajouts, suppressions, modifications etc..
Nos camarades du mouvement syndical ont tourné dans toutes les boîtes, les usines, les différents secteurs de travail et ont permis d’organiser ça en deux mois !
Ce qui, dirais-je caractérise la vie politique, c’est la consultation populaire, ouvrière et syndicale.
Question 4.
En accord avec le syndicat cubain frère, le Syndicat National des Travailleurs de l'Administration Publique de Cuba (SNTAP), vous avez décidé d'une campagne de solidarité autour d'un projet durable, utile et porteur de sens. peux-tu nous parler de ce projet ?
Konstantin: Nos camarades du SNTAP, l’homologue de notre Fédération CGT des Services Publics, organisent 200 000 syndiqués dans tout le pays. C’est donc un syndicat particulièrement important. Aujourd’hui avec l’impossibilité de se déplacer faute de combustible, il est très difficile pour nos camarades de continuer à assurer la continuité de l’activité syndicale et d’aller à la rencontre des travailleurs dans toutes les unités de travail (comme ils l’ont fait récemment pour le Code du Travail) car ce sont plus de 13 000km à parcourir entre les 15 provinces du pays et il existe un seul train et un omnibus par semaine en raison du blocus énergétique. A titre d’exemple, le 22e congrès de la Centrale des Travailleurs de Cuba va devoir s’organiser en distanciel la semaine prochaine, faute de combustible afin d’amener tous les délégués au même endroit. Rappelons que nos camarades organisent 3 millions de syndiqués (imaginez ce que ça aurait été de devoir organiser le 54e congrès confédéral CGT en distanciel).
En revanche, Cuba est en pleine transition énergétique accélérée avec une volonté de s’autonomiser complètement du combustible fossile importé et arriver sur le 100 % renouvelable d’ici une vingtaine d’années. Les parcs solaires sont de plus en plus nombreux dans le pays.
Lors de cette délégation, nos camarades nous ont clairement fait part qu’ils auraient besoin d’un véhicule électrique pour pouvoir continuer à assurer leur travail syndical avec le plus d’efficacité possible face au blocus car si il y a une chose que les États-Unis ne peuvent pas bloquer, c’est le soleil et donc l’énergie photovoltaïque. Il était de notre devoir de syndicalistes CGT d’y répondre favorablement et dès notre retour, nous avons lancé cette campagne depuis notre commission exécutive élargie. A l’heure où j’écris ces lignes, nous avons déjà récolté pratiquement la moitié (15 000 euros) en un mois. Chaque don compte, qu’il soit à titre individuel ou venant d’organisations, pour nous permettre de débloquer ce véhicule le plus vite possible en faveur de nos camarades. Nous voulons clôturer cette campagne avant le 26 juillet, cette date aura une signification particulière en cette année du centenaire de Fidel.
Les dons peuvent être versés directement sur cette cagnotte en ligne (pour les virements ou chèques, merci de contacter Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ) :
Question 5.
Comment amplifier la riposte populaire en France pour soutenir Cuba face à l'agression impérialiste et tout particulièrement quel rôle des syndiqués CGT et des travailleurs?
Konstantin: L’action de notre syndicat s’inscrit pleinement dans la campagne Confédérale pour Cuba menée par la CGT visant à encourager chaque structure syndicale CGT à développer des solidarités concrètes avec leurs homologues sur place. A titre d’exemple, l’Union Locale CGT Pantin est jumelée depuis 30 ans avec la CTC de la province de Villa Clara, l’UD CGT 94 est jumelée avec la CTC de Santiago.. Au niveau des Fédérations, la FNME et la FNIC ont toutes deux des projets en lien avec leurs secteurs d’activités. C’est aussi le cas de plusieurs syndicats de base comme le nôtre à partir de nos outils et moyens de travail/production.
En bref, chaque syndicaliste CGT peut, à partir de sa structure, développer un projet de coopération concret avec Cuba.
En plus des efforts de solidarité concrète tel l’envoi de containers, nous devons impérativement multiplier les délégations sur place permettant de développer le plus de liens possible avec nos camarades, amener du matériel avec nous, ces délégations font également partie de l’éducation ouvrière de nos militants (nous n’étions que deux délégations cette année au premier mai, la nôtre et celle de l’UL Pantin/UD 93).
Enfin, nous devons investir toutes les initiatives de solidarité avec Cuba, particulièrement les mobilisations de rue. Il n’est pas normal que des pays comme la Grèce ou l’Italie réussissent à faire des manifestations de plusieurs milliers de camarades pour Cuba, et qu’en France, nous sommes cantonnés à organiser des rassemblements de 400 à 500 personnes à Paris.
Nous devons plus que jamais réengager toute la CGT dans les efforts de solidarité et de mobilisation en faveur de Cuba.
Car le devenir de Cuba est le devenir de tous les peuples du monde. Cuba a été le pays le plus solidaire du monde depuis 67 ans. A nous à présent de montrer toute notre solidarité ! Nos frères et sœurs de classe ont besoin de nous !


N° 982 18/06/2026 La proposition de loi portée par les deux députés de Guyane, Jean-Victor Castor et Davy Rimanne, pour lever l’interdiction du forage du pétrole dans les outremers a été discutée à l’Assemblée nationale le 11 juin dernier. Sur les 139 députés présents, 64 ont voté pour la proposition de loi, 74 contre et 1 s’est abstenu.
Dans le détail ; les 38 députés RN présents (sur 122) ont voté pour, de même que les 5 députés UDR présents (sur 17), les 5 députés Horizons présents (sur 35), 2 des 5 députés MODEM (sur 37), les 2 LR présents (sur 48), 2 des 17 Ensemble Pour la République (sur 91) et les 8 présents du groupe GDR (sur 17) dont 3 députés du PCF métropolitains. Il faut y ajouter deux députés de la Guadeloupe, un du groupe LFI et un du groupe PS.
Le gros des troupes de l’opposition à la loi est représenté par l’axe gauche-macronistes, 29 des 30 présents de LFI (sur 71), dont l’état-major, Bompard, Guetté, Panot, Trouvé, « l’antifasciste » Raphaël Arnault et même Jérôme Legavre, militants du POI ; les 17 présents d’EELV (sur 38), dont Châtelain, Rousseau, Voynet et Simonnet, exclue de LFI, ; 10 des 12 présents du PS, mais sans les ténors ; 15 des 17 présents d’Ensemble pour la République, dont Attal, Ferracci, Genetet et Grégoire ; et 3 des 5 du MODEM.
L’abstentionniste est un député du PS. Il est à noter l’absence totale des députés du groupe LIOT, comptant 23 députés dont 5 ultramarins.
Le vote contre, massif, de la grande majorité des députés de « gauche », hormis ceux du PCF, au nom de la sacro-sainte écologie, a un relent manifeste de colonialisme. Davy Rimanne l’a dit dans son intervention : « Le sujet n’est pas de savoir si le pétrole est l’avenir de la Guyane, mais plutôt si la Guyane a le droit de choisir. […] A droite comme à gauche, vous êtes persuadés que vous savez mieux que nous. Depuis des décennies cet hémicycle ne nous écoute pas. ».
Ainsi, la représentante des Ecologistes a eu le bon goût de répliquer à Jean-Victor Castor : « Je ne suis jamais allée en Guyane, mais je suis députée de toute la République française », y compris, donc, députée des territoires colonisés. Quant au ministre Lescure, chargé de donner la position du gouvernement, opposé à la proposition de loi, une opposition n’ayant vraiment été assumée uniquement par les Macronistes pur sucre, il a parlé du côté anachronique de la proposition de loi et argumenté autour du fait qu’il était improbable de trouver du pétrole en Guyane : « On ne construit pas un modèle social et économique sur un mirage. ». Ce à quoi, Jean-Victor Castor a répliqué « Pourquoi interdire, s’il s’agit d’un mirage ? ».
Les députés guyanais ont reproché à la « gauche » d’être adepte du colonialisme vert. Ils ont parfaitement raison, car au nom de l’écologie on empêche l’autodétermination des Guyanais, au nom de l’écologie on prend des dispositions coloniales pures, empêchant les Guyanais de décider eux-mêmes, au nom de l’écologie, des sachants du centre impérialiste décident à la place la population autochtone.
Dans un texte commun de diverses associations écologistes, dont Les amis de la Terre et Greenpeace, nous pouvons lire ceci : « Une majorité de parlementaires a finalement défendu le consensus scientifique […] en votant contre le texte. A travers leur vote, les députés ont évité d’ancrer dans le droit français un recul environnemental majeur et de créer une France à deux vitesses. ». A aucun moment le texte n’évoque la misère vécue par les Guyanais, ni la responsabilité de la colonisation dans cet état de fait, encore moins la nécessité de laisser les Guyanais décider pour ce qui les concerne. La seule proposition, en fin de texte est : « Il est désormais urgent que le gouvernement et les parlementaires appuient politiquement et financièrement le développement de filières dans les territoires ultramarins telles que l’agriculture, la sylviculture, la pêche artisanale et les énergies renouvelables, capables de stimuler l’économie locale tout en préservant l’environnement. ». Outre le mépris dogmatique indiqué, car par cela c' est évident, ces activités ne sont pas de nature à régler la crise sociale en Guyane, nos sachants écologistes ne se demandent jamais si elles intéressent les Guyanais !
Nous le disions la semaine dernière, il est impossible , pour le Parti Révolutionnaire Communistes, de soutenir une position coloniale, même défendue avec de « bons sentiments ». Ces positions colonialistes, tenues par des gens, par ailleurs, souvent critiques de la colonisation, soutiennent les historiens petits-bourgeois réclamant une autre lecture de la colonisation que celle voulue par les réactionnaires. Pour autant, ils adhèrent, le voulant ou non à la « mission civilisatrice » de la colonisation. On ne peut caractériser autrement le fait de décider ce qui est bien pour la Guyane en prenant le rebours de l’avis des colonisés. Les mêmes soutiennent la Palestine, mais savent mieux que les Palestiniens comment et avec qui résister, de préférence, sans armes et sans le Hamas. Les mêmes, encore, après l’agression impérialiste contre l’Iran, mettent sur le même plan les agresseurs impérialistes et leur prolongement sioniste et les agressés en brocardant avec mépris le « régime des mollahs » ou en proclamant « ni Trump, ni mollahs ». Dans cette vision où l’Occident, fût-ce sa frange « progressiste », continue de savoir mieux que les colonisés ce qu’ils doivent faire, nous ne sommes pas loin de la colonisation civilisant, ce que Rudyard Kipling appelait : « le fardeau de l’homme blanc ».
L’écologie politique étant le prétexte à cette « bien-pensance » coloniale n’est pas non plus étonnant. C’est un courant malthusien destiné à gommer la lutte des classes, culpabiliser les travailleurs afin de mieux absoudre le système capitaliste de ses responsabilités environnementales. Et c’est un concept occidental, dans lequel des tenants des « Lumières » de Voltaire, au nom de leur propre culpabilisation (l’impérialisme occidental est également dominant en matière de pollution depuis le début du capitalisme) décident de culpabiliser les autres peuples, permettant de perpétuer leur domination.
Le Parti Révolutionnaire Communistes combat et combattra toujours l’idéologie colonialiste, quand bien même affublée de « bons sentiments ».
Suivre l'artualité sur:




