N° 989 05/08/2026 Il est de bon ton sur les plateaux télé, comme dans les media en général, sans oublier les salons, surtout de gauche, de juger la politique des États-Unis à l'aune des humeurs de leur Président D. Trump. Cette approche personnalisée a l'avantage pour les thuriféraires du système capitaliste de passer sous silence une donnée essentielle : la politique de la plus grande puissance capitaliste, disputant son hégémonie au sein du système impérialiste à celle montante qu'est la Chine et ses alliés dans le bloc euro-asiatique en formation, ne naît pas dans la tête de Trump mais bel et bien dans les exigences des monopoles capitalistes l'ayant porté au pouvoir. Ce bref rappel pour dire, ce qui détermine en dernier ressort la politique des puissances capitalistes dans leurs affrontements au sein du système impérialiste pour la maîtrise des matières premières et des technologies, des voies de communication et de la force de travail, ce sont la valorisation du capital au travers des taux de profits et conséquemment l'accumulation du capital1.
Si l'on examine de ce point de vue la politique des États-Unis, ceci est incontestable, elle est globalement cohérente et nous ajouterons sans surprise car formalisée au travers de deux documents fondamentaux : la stratégie de défense nationale américaine 20262 et la stratégie de sécurité nationale américaine3 elles ont en commun l'objectif majeur d'inscrire les États-Unis dans affrontements pour le repartage impérialiste du monde en leurs assurant le maintien de leur domination.
Si l'on examine, par exemple, ce qui est revendiqué comme un terrain d'exclusivité pour les États-Unis, à savoir le continent américain, force est de constater la permanence de leurs efforts afin de reconquérir le terrain économique et politique, qui leur ait contesté par leur rival systémique au sein du système impérialiste : la Chine dont l'influence a grandi dans cette région à leurs détriment. Ainsi, Les États-Unis ont obtenu le retrait des sociétés chinoises de la gestion du canal de Panama4 qui constitue une voie stratégique commerciale mondiale. ils ont, comme le souligne un document récent publié par la FNIC-CGT5 avec la complicité de l'appareil d'état, fait plier le Venezuela et fait main basse sur les richesses minérales du pays : " La reddition de secteurs stratégiques tels que le pétrole et l’or, dans des conditions d’occupation impérialiste, montre la fragilité des projets politiques qui dépendent de la conciliation avec le capital ou de son intégration partielle dans le système capitaliste mondial ". Cette main-mise sur le Venezuela est aussi un moyen d'expulser les intérêts chinois !
Si l'attaque contre Cuba est une politique récurrente depuis que ce pays et son peuple ont choisi la voie d'un développement indépendant et socialiste, la violence renouvelée et amplifiée du blocus étasuniens illégal vise à affaiblir toute velléité de changement politique en Amérique latine en suscitant un changement de régime de l'intérieur6 ou par une action extérieure, tandis que le soutien des États-Unis vise à renforcer les pouvoirs acquis à sa cause comme c'est le cas en Argentine, au Pérou, au Honduras7, en Colombie, au Chili...sans négliger les pressions contre tous ceux et en particulier le Brésil et le Mexique marquant quelques volontés de ne pas subir complètement l'influence étasunienne.
Au Moyen-Orient, comme nous l'avons analysé récemment : "Le conflit autour de l'Iran ne peut s'abstraire des confrontations au sein de l'impérialisme ". En effet comme nous l'écrivions à ce sujet : " ... ce qui se déroule autour de l'Iran n'est ni une guerre isolée, ni un simple épisode d'instabilité au Moyen-Orient, mais s'inscrit dans un affrontement plus large entre puissances impérialistes rivales. Cela renvoie au point nodal de ces affrontements celui entre les États-Unis et la Chine il en est le rival stratégique majeur et qui est désigné par les USA comme un ennemi systémique. Dans cette confrontation, la Chine, même si elle semble se tenir à distance de la guerre, n'est ni un observateur distant, ni une force neutre. Du fait de la guerre et du blocage de la voie maritime du Détroit d'Ormuz, ces besoins énergétiques sont profondément affectés, surtout après la prise en main par les États-Unis de la production pétrolière au Venezuela8. Au niveau du contrôle des voies de communications, la Chine qui développe son propre réseau de circulation9, concurrent de celui des États-Unis, pour ses échanges voit ses capacités réduites dans une zone stratégique."
Si l'on ajoute à cela la guerre se livrant sur le territoire de l'Ukraine, la lutte pour le contrôle de l’Arctique, ses richesses et cette voie de communication, celle pour le contrôle de l'Afrique10...on dresse alors un tableau réaliste des affrontements au sein du système impérialiste et de la rationalité des positions étasuniennes. Nous sommes alors bien loin du discours sur le chaos et l'incertitude des positions américaines. Concernant les révolutionnaires, gagner en clarté sur la nature et les conséquences des affrontements au sein de l'impérialisme est une tâche nécessaire pour le combattre efficacement, à commencer par le nôtre !
1 https://www.sitecommunistes.org/index.php/publications/documents/4058-aller-a-la-racine-de-la-crise-du-capitalisme-et-en-tirer-les-consequences
2 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/amerique-du-nord/3793-strategie-de-defense-nationale-americaine-2026
3 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/amerique-du-nord/3718-strategie-de-securite-nationale-americaine-ou-comment-preparer-les-etats-unis-aux-affrontements-pour-le-repartage-imperialiste-du-monde
4 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/amerique-du-sud/3795-canal-de-panama-imperialisme-et-voies-de-communications
5 https://fnic-cgt.com/2026/07/20/tract-venezuela-la-revolution-trahie/
6 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/amerique-du-sud/4055-cuba-des-changements-economiques-comportant-de-graves-risques-ont-ete-adoptes
7 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/amerique-du-sud/3786-trump-installe-son-poulain-au-honduras-avec-la-complicite-de-la-france
8 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/amerique-du-sud/3753-venezuela-communique-du-bureau-politique-du-comite-central-du-parti-communiste-du-venezuela
10 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/afrique/3232-republique-democratique-du-congo-des-bandes-armees-au-service-des-multinationales-et-de-leurs-profits
N° 985 08/07/2026 Ce qu’il faut retenir du discours de Trump : Identité américaine en péril, communisme, âge d’or...
Il vante une Amérique «exceptionnelle», promet de rendre au pays son «identité». «Demain, nous franchirons un cap historique. Après deux siècles et demi, nous savons qu’il ne s’agit pas d’une fin, mais seulement du début de l’âge d’or de l’Amérique», s’est-il enorgueilli, parlant sous les visages de George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln et livrant une vision optimiste de l’avenir du pays, défendant la «culture» américaine, vantant la puissance des États-Unis, «le pays le plus puissant de la planète». «Par la grâce de Dieu, les États-Unis d’Amérique sont la nation la plus prospère, la plus accomplie et la plus exceptionnelle qui ait jamais existé dans l’histoire de l’humanité et c’est formidable d’être votre président», a-t-il déclaré.
Le communisme érigé en «ennemi»
Le président s’en est ensuite pris à l’une de ses cibles récurrentes : le communisme, étiquette qu’il a déjà apposée à plusieurs démocrates comme le maire de New York. «Il y a aujourd’hui une résurgence de la menace communiste sur notre sol, y compris chez des nouveaux venus dans notre pays, qui épousent des idées totalement opposées à notre mode de vie et à notre grande réussite», a-t-il dénoncé.
Donald Trump a qualifié le communisme de «menace mortelle pour la liberté américaine», le comparant aux attentats du 11-Septembre, le désignant comme «l’ennemi de la Constitution», «l’ennemi du 4 juillet 1776» et «l’ennemi» tout court. «A la veille de ce 250e anniversaire du patrimoine américain, nous décidons et jurons, pour que tous l’entendent, que les citoyens des États-Unis d’Amérique vaincront rapidement le communisme». Merci Monsieur Trump pour cet hommage : comme le rappel le Manifeste du Parti communiste (1848) de Karl Marx : « Que les classes dominantes tremblent devant une révolution communiste. Les prolétaires n'ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !
Oui trembler Monsieur Trump car la théorie des communistes peut se résumer en une seule phrase : abolition de la propriété privée. Oui, les classes dirigeantes tremblent devant une révolution communiste! Les prolétaires n'ont rien à perdre que leurs chaînes et ils ont le monde à gagner. Une fois de plus il qualifie le communisme de « cancer » rongeant l'« empire de la liberté » (d’exploitation), merci de cet hommage du vice à la vertu d’abolir l’exploitation et la propriété privée. L’avenir appartient à ceux qui veulent changer le monde : abattre le capitalisme, construire le socialisme c’est exactement ce que nous voulons.
Cap fixé pour les élections de mi-mandat
Trump a également profité de l'occasion afin d’aborder l'adoption de sa réforme controversée sur l'inscription des électeurs : le SAVE America Act. Un projet de loi pour restreindre l’inscription aux listes électorales. Si le Congrès franchit cette étape, a assuré Donald Trump, «alors nous ne perdrons plus une élection pendant 100 ans».
Trump promet le Gilded Age:
Le président a conclu sur le Gilded Age, en souvenir de l'expansion rapide de l'industrialisation entre 1860 et 1890 : ère de croissance économique rapide, la période a vu un afflux de millions d'immigrants européens, le Gilded Age fut aussi une ère de pauvreté abjecte et d'inégalité alors que des millions d'immigrants provenaient de régions appauvries se déversant aux États-Unis. La forte concentration de richesse devenait plus visible et controversée par l'ascension d'industriels et de financiers millionnaires baptisés les « barons voleurs » en raison de leurs abus de pouvoir, de leurs pratiques financières et peu soucieux des conditions de travail. Ce fut l'émergence du syndicalisme réprimé dans des bains de sang. Le Sud après la guerre de Sécession est resté économiquement dévasté ; son économie est devenue de plus en plus liée à la production de coton et de tabac. Les peuples afro-américains du Sud descendants des esclaves déportés en Amérique furent dépouillés du pouvoir politique et des droits de vote et restèrent économiquement désavantagés. À partir de 1879, les actes de violence raciale se multiplièrent, également l'exil de populations noires dans les États du centre et du sud.
Cette période sera suivie par les deux grandes dépressions nationales: la Panique de 1873 et celle de 1893 interrompant la croissance, provoquant la misère et précipitèrent la fin du Gilded Age.
L’opinion envers Washington et son président est loin d’être au beau fixe. Une enquête, réalisée par le Pew Research Center dans 36 pays, auprès de plus de 42.000 personnes entre le 8 février et le 13 mai : seulement 37% des sondés ont un avis favorable sur les États-Unis. Moins de la moitié les voit comme un partenaire fiable. Ils sont 35% à penser que l’Amérique contribue à la paix dans le monde. Et 32% disent que celle-ci ne prend pas en compte les intérêts des autres nations.
N° 971 30/03/2026 Le 28 mars du nord au sud et d'est en ouest, des millions d'américains sont descendus dans la rue pour crier, tel qu'ils l'ont fait déjà trois fois cette année, qu'ils ne voulaient pas de roi : "No kings". Selon les organisateurs, 8 millions de manifestants ont participé à 3.000 cortèges. Ces manifestations ont eu lieu dans les grandes comme dans de petites villes.
N° 967 05/03/2026 Le soutien inconditionnel du gouvernement US au génocide à Gaza, ainsi que sa complicité, de même que la montée de la tension guerrière et l’agression impérialiste contre l’Iran ont révélé peu à peu, et de manière évidente désormais, qu’une bonne partie des soutiens initiaux de Trump manifestaient des désaccords essentiels avec le locataire de la Maison Blanche.
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