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France.

Luttes. Cheminots Paris-Est. Appel de tous les syndicats à une grève le 18 mai pour soutenir cinq cheminots traduits devant le conseil de discipline pour « occupation illégale d’un local ».
International Paper (St Amand) débrayage le 22 mai pour une prime l’usine n’ayant pas arrêté son activité pendant la période de confinement.
BAO (filiale de Prestalis, Marseille) Grève avec occupation des locaux pour protester contre la fermeture de l’agence et 134 licenciements. La CGT fait des propositions pour la poursuite d’activité.
Abattoir Charal. (Cholet, Maine et Loire) Débrayage le 22 mai pour une prime de 600 euros, ce que la direction refuse après la signature par les syndicats (sauf la CGT) d’une prime d’un montant inférieur.
Dans la Marne rassemblements dans plusieurs villes à l’appel de tous les syndicats en soutient à l’inspecteur du travail menacé de sanction pour être intervenu dans une entreprise en faveur des salariés face à une direction qui ne respectait pas les mesures de sécurité.
Hôpital. (St Etienne). Au moment où Macron et sa suite discouraient sur l’avenir de l’hôpital 300 membres du personnel hospitalier manifestaient contre les prétentions de la direction de fermer quatre lits dans un service et prévoit la réorganisation des urgences pour éviter d’embaucher le personnel indispensable à son bon fonctionnement. Le monde d’avant est toujours d’actualité. Manifestation à l’hôpital Tenon (Paris) et à celui de St. Denis. Hôpital de Riantec grève le 25 mai pour les salaires et une prime. A Pau grève reconductible à compter du 20 mai salaires, fin de la rigueur budgétaire, égalité homme-femme. Dans le Tarn les directions refusent le versement de la prime sous le prétexte de l’absence importante de malades frappés par le Covid 19.
De leur côté 12 syndicats et collectifs qui ont mené la grève hospitalière ont exprimé leur méfiance face au plan d’augmentation des salaires tel qu’il a été exposé dans le « Journal Du Dimanche » par le ministre de la santé ainsi que sur les « négociations » qui n’aboutissent à rien, sinon à faire passer les décisions gouvernementales. Ils appellent à une manifestation nationale des personnels le 16 juin. Ils ont toutes les raisons de se préparer à l’action. D’autant que le gouvernement a placé sous la responsabilité de N Notat les discussions avec les syndicats et collectifs qui vont débuter.
Le rapport au Bureau National, la discussion qui en a suivi (à lire dans l’hebdo) a analysé sur le fond les attaques contre le service public de santé. Profitant de la pandémie qui a fait éclater au grand jour les dégâts résultat des politiques menées depuis des dizaines d’années, le pouvoir veut aller plus loin dans la casse de l’hôpital public au profit du privé. Prétendant répondre aux revendications salariales c’est la grille des salaires de la fonction publique qui est remise en cause, les 35h, pendant que des « spécialistes » avancent l’idée de transformer l’hôpital public en hôpital privé à but non lucratif ce qui lui donnerait « plus de souplesse dans sa gestion » première étape vers une privatisation complète de l’hôpital.
Enseignants. Les CGT, Sud, SNALC, Solidaires du second degré ont déposé un préavis de grève dans les collèges qui court jusqu’à la fin de l’année scolaire. Le nombre de demandes spéciales d’absence pour fragilités psychologiques explosent parmi le personnel enseignant au moment de la réouverture de certaines classes dans les collèges.
Hausse de prix. Il n’y a pas de chiffres récents de l’inflation publiés par l’Insee. L’opinion qui prévaut est une forte hausse des produits frais. Mais une autre se profile. « La facture du redémarrage » titre « les Echos ». Les mesures de protection, la reprise partielle ont un « fort surcoût ». Plusieurs secteurs ont déjà annoncé des hausses. Bâtiment qui demande une hausse de 10% sur les contrats en cours et la suppression des « charges » patronales jusqu’à la fin de 2020, garages (2 à 3 euros pour le nettoyage de la voiture) coiffeurs, agroalimentaire. De son côté et sans surprise, F. Roux de Bézieux estime qu’il va être compliqué pour les entreprises dans le rouge d’augmenter significativement les salaires. Une fin de non- recevoir en bonne et due forme.
Protection sociale. Le Haut conseil pour la protection sociale tire la sonnette d’alarme sur les conséquences financières de la pandémie vis-à-vis de la SS. Il chiffre le déficit à une quarantaine de Mds, qui risque de grandir encore avec les mesures envisagées pour les hôpitaux et dont le financement lui incombera. Le conseil propose qu’une partie des dépenses supplémentaires dues à la pandémie soit prise en charge par l’Etat. Sans réponse de la part de l’Etat pour l’instant comme cela a déjà été le cas en 2017 sur sa proposition de création d’une réserve financière pour faire face aux imprévus. La réponse de l’Etat vient de tomber. Ce sont les assurés qui paieront avec le transfert de 160 Mds de dette au Cades (Caisse d’amortissement de la dette sociale) alimentée par une retenue de 0,5% sur tous les salaires, pensions, allocations. La Cades devait disparaitre en 2024 la dette étant remboursée. Avec ce nouveau transfert elle est prolongée jusqu’au 31 décembre 2033.
Abattoirs. Dans trois d’entre eux (Loiret, Morbihan,) l’épidémie explose, avec des dizaines de salariés atteints. L’entassement sur les chaines de découpes, l’absence sérieuse des mesures de sécurité renforcées sont la cause de cette situation. Il faut y ajouter les conditions de travail plus que difficiles, l’absence ou la faiblesse des organisations syndicales, le fait que ces abattoirs sont souvent le seul emploi disponible dans une région et où le patronat impose une exploitation sans limite des ouvriers pour ne pas être surpris de cette explosion. La situation sanitaire est la même en Allemagne, aux USA, en Australie et sans doute ailleurs.
Collaboration de classe. Elle se développe avec la signature d’un texte commun MEDEF, CFDT, FO, CFTC, CGC dans la métallurgie. Sous prétexte de protéger les salariés du chômage les signataires proposent la diminution du temps de travail et que l’Etat, l’Unedic, prennent à leurs charges les pertes de salaires entrainées par cette diminution. Comme si les profits capitalistes nés de l’exploitation des salariés n’existaient pas et ne pouvaient pas supporter cette situation provisoire.
Renault. Des fuites (organisées ?) dans la presse pour préparer les esprits annoncent que dans le cadre de son plan d’économie de 2 Mds la direction envisage la fermeture de quatre usines en France : Flins, Dieppe, Choisy-le-Roi, fonderie de Bretagne. Cela au moment où Renault obtient un prêt de 5 Mds avec la garantie de l’Etat (PGE) qui ne comporte aucune obligation en matière sociale ou économique. Ajoutons que Renault dispose d’une trésorerie de 10,3 Mds d’euros. Le monde de demain ressemble furieusement à celui d’hier.
Interrogé au Sénat E. Philippe répond en se déclarant attentif à ce que le siège de Renault reste en France ainsi que les services de recherche et précise qu’il est attaché à la qualité du dialogue et à l’accompagnement social. Un air connu qui apporte la caution de l’Etat aux fermetures annoncées.
Université-recherche. Les chercheurs avaient manifesté leur inquiétude face à la loi en préparation sur l’avenir de la recherche en pointant en particulier l’insuffisance des crédits qui lui étaient alloués. La pandémie aggrave encore plus ce manque de recette avec le retrait du mécénat, la baisse de la taxe d’apprentissage, la venue d’étudiants étrangers et des frais d’inscriptions qu’ils acquittent, autant de ressources aléatoires qui vont disparaitre ou être réduites. Une enquête auprès de dirigeants d’universités indique que pour 65% d’entre eux, cela va se traduire par un risque de voir les financements publics baisser dans les deux à quatre ans au regard de la compétition entre les différents secteurs de l’économie. Dit autrement tout pour le capital, la recherche s’il reste des miettes.
Total. Vient d’acheter pour 515 millions un producteur et distributeur d’électricité espagnol qui compte 2,5 millions d’abonnés. Avec cette acquisition Total fournira du gaz et de l’électricité à 8,5 millions d’abonnés (France, Belgique, Espagne). Une reconversion qui s’annonce juteuse.

Monde.
Luttes des peuples. Au Chili reprise des manifestations en particulier dans les quartiers populaires contre la faim qui gagne de plus en plus. Le gouvernement y a répondu comme d’habitude par la répression policière. En Bolivie nouvelles manifestations en soutien au président Morales victime d’un coup d’Etat. En Colombie c’est par des chiffons rouges aux balcons et fenêtres que se manifeste la protestation.
Chine-USA. La guerre commerciale entre les deux ne s’arrête pas avec la pandémie. Le gouvernement US vient de renforcer les mesures de restriction sur la livraison des semi-conducteurs nécessaire au chinois Huawei pour ses productions. Cette décision pourrait être étendue à l’ensemble des fournisseurs tel le français Microelectronics.
La lutte pour la domination mondiale entre les deux puissances se retrouve aussi dans la décision des Usa de couper leurs cotisations à l’OMS accusé d’être un outil entre les mains de la Chine ou bien dans les pressions exercées sur Israël pour que les investissements chinois dans le pays soient restreints.
Chômage. L’explosion de celui-ci est inévitable au travers du monde de l’avis de tous ceux qui analysent la situation économique à venir. Les chiffres sont vertigineux. L’OIT a calculé que les heures de travail du deuxième trimestre ont reculées de 10,5% par rapport à 2109 soit 305 millions d’emplois à plein temps. En Europe se sont 50 millions de personnes qui sont au chômage. Il augmente aussi en France en frappant en premier les précaires (CDD, intérim) et est masqué- pour l’instant- par le chômage partiel qui touche 12 millions de salariés. Cette situation inquiète les capitalistes et leurs soutiens. Ils craignent une explosion sociale. Pour restaurer leurs profits leurs solutions sont bien connues : travailler plus, diminuer les salaires, exiger plus de diminution d’impôts et de cotisations sociales. A ce propos, voir la déclaration Medef-L. Berger et l’analyse de Communistes dans le rapport au Bureau national dans l’hebdo.
UE. Beaucoup de bruit autour de la proposition franco-allemande d’un fond de solidarité de 500 Mds destinés à aider les pays les plus en difficulté au sortir de la pandémie. Il s’agit de prêts remboursables et qui seraient débloqués au fur et à mesure des besoins. C’est l’Europe de la solidarité qui viendrait de naitre, œuvre de la France et de son président. Cocorico. A un détail près et qui a son importance. Ce projet doit être approuvé par l’ensemble des pays de l’UE. Avec la Hollande, l’Autriche, le Danemark et même une partie des députés de la CDU (le parti de Merkel) qui s’opposent farouchement à tout semblant de la mutualisation des dettes des Etats. Si la question de l’emprunt ne pose pas de problème à aucun Etat, c’est celui de son remboursement qui est la pierre d’achoppement. A suivre.
BCE. Les six dirigeants et les 19 membres du CA de la BCE sont obligés de déclarer les conflits d’intérêts que leurs fonctions pourraient engendrer. Tous sauf trois ont des intérêts dans des entreprises. Ainsi C. Lagarde au travers d’un fond de placement d’actions de Sanofi, Nestlé, AXA, Total tandis que le gouverneur de la Banque de France et membre du CA, est actionnaire de Villery & Boch qui distribue 49% de ses résultats sous forme de dividendes. Ils doivent aussi indiquer leurs dépôts bancaires supérieurs à 100.000 euros. Les deux Français en font partie.
Avec de tels dirigeants la gestion de la BCE en faveur du capital est garantie.

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France.
Luttes. Hôpital de Caen. Grève de 24h le 11.05 à l’appel de la CGT pour les revendications (salaire, embauches). Mêmes actions le 11.05 à l’hôpital de Nancy et de Toulouse pour les mêmes motifs.
Poste. (Puy de Dôme, Cantal, Haute Loire). Grève tous les samedis contre les conditions de travail à suite de la pandémie (tournées jusqu’à 200Km) et pour l’alignement des salaires des CDI sur les fonctionnaires. D’après France Info une trentaine de départements ont adopté la même forme d’action.
Europe Atlantique. (Nettoyage) Retrait du personnel devant l’absence de mesures de sécurité.
Carrefour Porte de Montreuil. Les salariés d’Atelan (nettoyage) en grève pour l’égalité en matière salariale avec les autres sous-traitants de l’enseigne.
Coop Atlantique. (Sous-traitant aéronautique, Marmande, Lot et Garonne) Débrayages depuis janvier pour une prime et l’arrêt du plan social pendant la période de confinement.
Prestalis. (Ex NMPP) Grève le 12.05 pour la défense de l’emploi. En dépôt de bilan et en absence de repreneur, la presse quotidienne parisienne propose de reprendre 250 salariés du 910, et la fermeture des agences de province.
Patronat. Les patronats français, allemand, italien viennent de faire une déclaration commune en vue de la relance de l’économie européenne pour exiger des gouvernements et de la commission européenne de nouveaux cadeaux. Ils interviennent au moment où les divisions entre Etats les bloquent pour l’instant. Ils ne réclament rien de moins que des mesures pouvant aller jusqu’à 5% du PIB par an pour la plupart des pays et ce au moins jusqu’en 2023. Le gigantesque bond en avant de la dette ne les inquiète pas. Ce ne sont pas eux qui la rembourseront.
Jour d’après. R. Soubie ex-conseiller social de Sarkozy est sans illusion sur l’avenir économique du pays, mais aussi inquiet, ce qu’il exprime à sa façon.
Dans une interview aux « Echos » (12.05) il explique : la crise de l’emploi va être très forte le climat social va être très dégradé.
Parlant des divers secteurs industriels il est sans illusion Mais toutes (les entreprises) devront ajuster leurs équipements et leurs effectifs, et, cela n’est curieusement pas abordé encore. Des dizaines de milliers et probablement des centaines des milliers d’emplois vont disparaitre.
Pour combattre cette perspective il a une solution : étendre la durée et le nombre d’entreprises pouvant bénéficier des « congés de reclassement » déjà en pratique depuis longtemps et qui conduisent directement à Pôle emploi.
Sur les salaires il est pour le partage des richesses et se pose la question où mettre le curseur du partage de la valeur ? Il est possible de répondre à sa place. Au plus bas.
Cette inquiétude s’exprime jusqu’au plus haut du pouvoir. Pour détourner le mécontentement et l’empêcher de tourner en lutte, l’annonce d’un plan pour l’hôpital avant l’été et d’une conférence sur les salaires pour septembre serait en préparation.
Santé. Le docteur Bleibtreu de l’hôpital de la Pitié (Paris) dans (les Echos, 12.05) a fait dans un article de quelques lignes, le procès de la situation dans le domaine de la santé. Extraits : Certains disent que c’est le système de santé qui a tenu pour surtout ne rien changer. Mais non ! Ce sont les personnels qui ont tenu, qui ont porté le système de santé à bout de bras et ce malgré le manque de matériel. Il s’inquiète en voyant dès à présent les pratiques de la rentabilité à outrance, d’effectifs revenir dans les services non Covid. Il conclut avec juste raison : C’est maintenant que nous allons avoir besoin du soutien de la population. Très juste.
Démagogie sans limite. Une centaine de députés LERM vient de proposer que les salariés abandonnent une journée de congé au profit du personnel soignant. La ministre M. Pénicaud trouve l’idée très intéressante et y apporte le plein soutien du gouvernement. Sans commentaire.
Pour sa part le gouvernement vient de publier seulement le 15 mai les ordonnances nécessaires au paiement de la prime promise et des heures supplémentaires. Il vient de sortir deux hochets : des légions d’honneurs et une médaille instaurée à la fin du XIX ème siècle et qui a disparue de la pratique depuis longtemps. Scandaleux.
Engie. Annonce une profonde réorganisation de ses activités tant géographique qu’économique qui représente 1,8 Md de CA et 15.000 salariés. La CGT dénonce une opération financière qui vise à augmenter les profits au détriment de l’emploi. Pour mémoire l’Etat est présent au capital à hauteur de 24%.
Industrie. Elle est plus atteinte par la crise que les autres industries européennes et mondiales tous secteurs confondus. Les plus touchées sont les industries lourdes, les cimenteries.
On peut s’inquiéter sur les conséquences de cet affaiblissement lors de la reprise et l’avenir de certains sites. Arcelor a mis deux hauts-fourneaux en sommeil sur les trois du site de Fos.
Achat. La pandémie n’empêche pas les affaires. Le groupe US Coty cède pour 3 Mds de $ son activité dans les soins des cheveux à F. Pineau (groupe KKR).
Relocalisations. B. Lemaire en parle beaucoup. La réalité est différente. Concernant Renault et sa volonté de supprimer des emplois et de fermer une usine son ministère explique ce n’est absolument pas incompatible. L’objectif avant tout que Renault soit encore là dans trois ans, et que la nouvelle orientation sur « la voiture propre » annonce de juteux profits.
Mayotte. C’est la seule partie du territoire qui n’a pas été déconfinée le 11.05. Ce département, certainement le plus pauvre, connait depuis 2018 une tension sociale qui entraine protestations mais aussi violence et actes anti-immigration. Avec le confinement c’est toute l’économie souterraine qui permet à la population de survivre qui a disparue avec le retour de la faim pour une grande partie de la population à laquelle les organisations caritatives sont incapables de faire face. Dans les bidonvilles surpeuplés et sans hygiène la pandémie galope. Misère et maladie les deux faces du néo-colonialisme.
Cadeaux. L’ensemble des organisations patronales accentuent leur exigence de nouveaux cadeaux fiscaux et sociaux-en plus de ceux déjà obtenus- avec l’annulation de « charges » jusqu’à la fin de l’année pour certains secteurs. Le pouvoir annonce 18Md pour le secteur du tourisme.
Un projet de loi-présenté par le gouvernement et qui a toutes les chances d’être adopté- prévoit un « assouplissement » des CDD et de l’intérim, une plus grande facilité dans le prêt de salariés d’une entreprise à une autre.
Télé travail. Les syndicats et le Medef vont engager des discussions pour aboutir à « un diagnostic partagé » sur la question pour déboucher sur « un document de synthèse » sans pour autant déboucher sur une négociation. Une manière pour le patronat de faire semblant de vouloir aboutir tout en étendant le système sans garanties pour les salariés.

Monde.
Irak. Alors qu’un nouveau gouvernement vient d’être mis en place, les manifestations à Bagdad et dans d’autres villes se poursuivent. Avec toujours les mêmes exigences. Comme l’ancien, le nouveau gouvernement n’a qu’une seule réponse : la répression policière.
Inde. Etat fédéral, chaque état à sa législation en matière de droit du travail. Plusieurs Etats viennent de porter à 72h la durée hebdomadaire de travail. La palme revient à l’Etat du Uttar Pradech (200 millions d’habitants) dirigé par un moine ultra réactionnaire qui a exempté du droit du travail le patronat dans l’ensemble des activités. Cela porte un nom : l’esclavage.
Allemagne. TUI (tourisme) envisage la réduction de ses coûts de 30% avec comme première économie l’emploi et la suppression de 8.000 postes sur 70.000 dans le monde. TUI a une filiale en France, depuis longtemps déficitaire. Son avenir est menacé. TUI vient de bénéficier d’un prêt bancaire de 1,8Md et peut compter sur 2,1 Mds de ressources propres.
Les salariés des abattoirs, originaires pour la plupart de Roumanie et de Bulgarie connaissent un taux de contamination bien supérieur à celui du reste de la population en raison du non- respect de mesures de sécurité et les conditions de logement pratiqués par les marchands de sommeil. Quant à leurs salaires, ils sont les plus bas du pays.
Grande-Bretagne-UE. Les négociations sur la sortie de la GB de l’UE piétinent avec des désaccords importants, par exemple sur la pêche dans les eaux britanniques. La GB joue sur la crise pour obtenir plus de concessions favorables à son capitalisme avec la menace que constituerait l’échec des négociations et la sortie de l’UE sans accord.

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France.
1er mai. Dans les conditions particulières du confinement le 1er mai journée de lutte des travailleurs du monde devient une célébration particulière. Loin des déclarations démagogiques de Macron, banderoles, affiches, manifestations certes réduites ont eu lieu. Avec des interventions policières contre des textes considérés comme injurieux vis-à-vis du pouvoir ou l’interdiction de manifester en voitures du maire (PS) d’Annonay sous le prétexte du confinement. Des verbalisations pour non- respect du confinement ont eu lieu dans plusieurs départements
Hôpitaux. Guingamp. Préavis de grève CGT pour le 5.05. Ce sont des revendications particulières qui font l’objet de ce préavis. Préavis CGT à l’hôpital de Dinan à compter du 4.05 pour les 300 euros d’augmentation.
Hôpital. Le collectif inter-hôpitaux se rappelle au bon souvenir de Macron et demande la satisfaction des revendications (salaire, embauches) défendues lors de la grève.
Renault. (Sandouville, Seine Maritime) La justice a donné raison à la CGT qui trouve les mesures de sécurité insuffisantes. La CFDT condamne cette action la jugeant « politique ». La direction a fait appel.
Sécurité Sociale. Les syndicats CGT, FO, Solidaires de la caisse d’assurance maladie appellent les personnels à refuser de participer aux équipes de dépistage du Covid 19. Ils considèrent que ce n’est pas le rôle des agents de la SS de faire ce travail.
Reprise. Le pouvoir poursuit sa campagne pour la reprise. Devant le Sénat, E. Philippe enfonce le clou : La vie économique doit reprendre. Le Medef, la CFDT, la CFTC n’ont pas attendu cette injonction. Ils ont signé un texte qui demande la reprise d’activité la plus large et le plus vite possible.
Les annonces de reprise d’activité se ressemblent. Le PDG de la SNCF y va de la sienne : il n’est pas anormal ni illogique d’ajuster au mieux le niveau de l’emploi au volume d’activité. Activité réduite actuellement mais qui devrait redevenir normale un jour ou l’autre avec une SNCF plus faible et en difficulté pour répondre aux besoins de transport. Ce qui permettra au privé de se tailler une plus grande part du marché. Il est à noter que l’Etat qui accorde généreusement sa caution financière aux entreprises privées se refuse jusqu’à présent à soutenir la SNCF dont il est le seul actionnaire. Aucune réaction à cette annonce de la part des « écologistes ».
GE Energie (Belfort) annonce 92 suppressions d’emplois et exige de ses sous-traitants une réduction de 20% de prix qu’ils pratiquent envers GE. Au risque de mettre ceux-ci en faillites (elles emploient 1700 personnes dans la région) et de manquer de fournitures pour le montage des machines. Un nouveau prétexte pour aller plus loin dans la suppression d’emplois, voir la survie du site.
Peugeot. Annonce la réouverture de ses usines à l’étranger et en France.
CFDT. Sur France Inter le 3 mai L. Berger n’élève pas la moindre protestation contre les suppressions d’emplois annoncées. Pour les justifier il met en avant les contraintes économiques dues à la crise que rencontreraient les entreprises. Comme solution à la crise il relance son idée de « pacte pour vivre mieux ».
De son côté le ministère du travail vient de publier des recommandations non contraignantes pour le patronat en vue de la reprise. Celui-ci a tellement conscience des dangers qu’elle représente pour la santé des salariés qu’il demande le vote d’une loi qui le dégagerait de ses responsabilités pénales en cas d’apparition de la pandémie parmi son personnel.
Le report de certaines « charges » vient de se transformer en abandon ce qui va aggraver la situation des organismes sociaux, tandis que de nouveaux cadeaux sont à l’étude pour l’embauche des jeunes, de primes pour l’achat d’un véhicule propre.
Temps de travail. La campagne sur l’allongement du temps de travail se poursuit. Si le Medef se fait plus discret la continuité est assurée par l’institut Montaigne défenseur des idées de droite et du patronat. Au nom de la reprise il propose la suppression de jours fériés, la suppression d’une semaine de vacances à la Toussaint (?), le paiement différé des heures supplémentaires. Au nom de « l’équité » les fonctionnaires se verraient appliquer les mêmes règles.
Interrogé sur ce point lors de sa conférence de presse le7.05, E. Philippe répond que la question n’est pas d’actualité… pour l’instant.
Profits. Au premier trimestre et même s’ils sont en baisse, les banques font encore des profits confortables, masqués en plus par les importantes provisions qu’elles réalisent. BNP : 1,28 Md, provision 1,4 Md. Crédit agricole 635 millions, 400 millions de provision.
EDF. La direction propose à l’assemblée générale des actionnaires de définir la « raison d’être » de l’entreprise, nouvelle disposition visant à masquer qu’elle recherche avant tout le profit. Pour EDF ce sont « les réductions de CO2 ». Ce qui n’apparait pas très contraignant compte tenu du parc de production. Plus inquiétant, l’absence de référence à la mission de service public d’EDF alors que le plan de démantèlement de l’entreprise est toujours d’actualité.
Peugeot. Fait du télétravail une règle. 18.000 salariés étaient déjà en télétravail en 2019. A l’occasion du confinement il est passé de 18.000 à 38.000 connexions ce qui va lui permettre d’augmenter le nombre de salariés en télétravail. Cette nouvelle forme de travail est tout bénéfice pour le patronat : moins de locaux, moins d’électricité et de chauffage, moins de taxes locales à payer, moins de frais de cantine, de transport. Et surtout la fin de la communauté de travail, des solidarités qu’elle engendre, plus grandes difficultés pour se syndiquer, pour participer aux élections de représentant du personnel, pour s’organiser pour la lutte.
Pour le salarié c’est plus de flexibilité dans les horaires, plus de productivité, plus de pression de la hiérarchie. Une « modernisation » du travail à sens unique.
Jour d’après. Deux fabriquants de produits de base pour la production de médicaments- Fareva et Sanofi- viennent avec le soutien du président LR de la région de Normandie faire part de leurs exigences et ce dès avant que le permis de construire ne soit déposé. Il devra être accompagné financièrement pour produire en Europe. Pour Sanofi il va falloir intégrer les critères de production en Europe dans la fixation du prix du médicament. Garantie du profit en premier, le reste ensuite.
P. Arthus (chef économiste de Natixis, membre du cercle des économistes) signe un article dans « les Echos » (5.05). Titre Coronavirus : changer de modèle économique ? Pas si vite… Il énumère trois obstacles à ce changement. Le troisième est l’exigence très élevé de la rentabilité du capital pour les actionnaires dans le capitalisme contemporain. 12% sinon 15%. Ce qui bloque tout investissement sur le moyen et long terme. Avec la baisse de leurs CA les entreprises vont essayer de réduire leurs investissements (ceux nécessaire pour les relocalisations) elles vont être réticentes face au nouvelles contraintes (climatiques, environnementales, marché du travail) où à la nécessité d’augmenter les rémunérations de certaines catégories de salariés. Dans ce contexte l’enthousiasme post-crise peut se transformer rapidement en un sentiment d’impuissance. Voilà un homme qui parle vrai. Et pour cause, il gère le capitalisme.
Monde.
1er mai. Il est difficile de se faire une idée de l’ampleur des manifestations du 1er mai dans le monde les médias les ayant passées sous silence. En Grèce à l’appel du PAME une manifestation importante a eue lieu à Athènes.
A l’occasion du 1er mai, le secrétaire général de la confédération européenne des syndicats (à laquelle sont affiliées toutes les confédérations françaises et présidée par L. Berger) a fait une déclaration. Après avoir- pandémie oblige- rendu l’hommage incontournable aux personnels soignants, il expose ce que va être l’action de la CES. Extraits : un paquet de mesures sans précédents pour un modèle économique durable et la création d’emplois de qualité, soutient à la négociation collective meilleur moyen des salaires justes, la législation promise en matière d’égalité de rémunérations renforcée. Tout cela en évitant un libéralisme aveugle. Un air connu qui n’a pas de quoi effrayer le capitalisme européen.
USA. Le mouvement de refus du paiement des loyers (déjà signalé) prend de l’ampleur à New-York et en Californie. Il émane de salariés qui ont perdu leurs emplois et qui vivaient depuis longtemps dans la précarité. La demande des locataires du paiement des loyers par les états, est relayée par certains élus démocrates. Les locataires avancent l’idée que le logement est un droit absolu.
Chômage et suppressions d’emplois. Celui- ci poursuit son envolé. 30 millions aux USA tandis que les annonces de suppressions d’emplois se multiplient. 17.000 dans trois compagnies européennes d’aviation, 8000 chez Roll Roye dans sa branche moteurs d’avions. Airbnb. 1900 soit 1/4 des effectifs mondiaux. Uber 3700 emplois dans le monde.
Allemagne. Sa cour constitutionnelle vient de condamner la banque centrale européenne à lui fournir d’ici trois mois les raisons qui la pousse aux rachats d’actifs des états (leurs dettes) et en cas où ces justificatifs ne seraient pas convainquant aux yeux des juges, la condamnerait au retrait de la banque centrale allemande de sa contribution (534 Mds) du capital de la BCE.
Ce jugement fait suite à une plainte d’épargnants allemands qui s’estiment lésés par la politique de la BCE.
En réalité les juges interviennent dans une opposition entre l’Allemagne et la BCE sur son rôle face à la crise. L’Allemagne refusant (comme elle le fait vis-à-vis de la mutualisation des emprunts demandée par la France et d’autres pays) toute forme de solidarité. Pour l’Allemagne c’est à chaque Etat et à lui seul de supporter les conséquences de la crise.
La France et l’Italie ont protesté contre cette décision. Elle illustre l’Europe « du chacun pour soi. »
Suisse. La pandémie fait ressortir tout ce que le capitalisme cache en temps normal. A Genève (une des dix villes les plus riches au monde) 2000 personnes ont fait la queue pour toucher un colis alimentaire de la valeur de 19 euros provenant d’une ONG. A Lausanne les bénéficiaires de la soupe populaire sont passés de 250 à 900. Il s’agit de travailleurs précaires, souvent sans papier, qui ont perdu les petits boulots qui leurs permettent de survivre en temps ordinaire.

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France.

Luttes. Travailleurs de l’Etat. La fédération CGT dépose un préavis de grève du 11 mai au 3 juin.
Colgate (Compiègne) Débrayage le 27.04 pour l’obtention d’une prime dans le cadre de la poursuite d’activité.
Onet (nettoyage) Le personnel assurant le nettoyage de l’hôpital de Valencienne est en grève depuis le 28.04 pour plus de personnel.
1er Mai. Manifestations en voitures à Annonay (Ardèche) et Bastia (Corse).
Stelsa (aéronautique, St Nazaire) Il a fallu à la CGT aller en justice pour obtenir le droit-reconnu par le code du travail- aux délégués de pénétrer dans l’entreprise en activité partielle.
Banderoles. L’agence France Presse rapporte qu’en région parisienne, à Marseille et dans d’autres villes apparaissent aux fenêtres et balcons des banderoles improvisées qui condamnent la politique du pouvoir. Leurs contenus reflètent le niveau politique de leurs auteurs mais l’agence signale des mots d’ordre tels que de l’argent pour l’hôpital, pas pour le capital ou encore : après le covid, la Commune. Les médias, tous occupés à relayer les applaudissements de 20h où les actes individuels de solidarité n’ont pas fait état de cette dépêche.
Reprise et suppressions d’emplois. La reprise économique commence à peine que déjà le patronat annonce les suppressions d’emplois qu’il envisage dans les mois à venir. Et cela au moment où l’Etat lui accorde sans compter les milliards qu’il demande.
Airbus. Dans une lettre au personnel son PDG dramatise la situation « je veux vous préparer à la réalité de notre nouvel environnement opérationnel. La survie d’Airbus est remise en question si nous n’agissons pas dès maintenant ». Il reconnait pourtant avoir obtenu 15 Mds de lignes de crédit qui joints à la trésorerie doivent permettre à Airbus de faire face. Il s’agit plus de préparer aux restructurations et suppressions d’emplois. Sa branche aéronautique de défense et de l’espace qui avait prévu 2362 suppressions de postes par « départs volontaires » les confirme.
Air France. Qui vient de toucher 7 Mds de l’Etat Français et de 2 à 4 Mds de la Hollande, annonce la fermeture de ses désertes intérieures, la disparition de sa filiale Hop, la diminution des « fonctions supports ».
Renault qui va toucher 5 Mds (alors que sa trésorerie dispose de 10,3 Mds de réserve) rappelle que son « plan d’économie » de 2Mds sera présenté comme prévu en mai, plan qui prévoit baisse des effectifs et fermetures d’usines.
Darty qui a touché 600 millions veut imposer aux salariés la prise de jours de congés pendant la période de chômage partiel, flexibilité après la réouverture.
Pour apprécier ces annonces il faut prendre en compte leurs répercussions sur les sous-traitants et sociétés de services devenus indispensables au fonctionnement de ces grands groupes.
A cela s’ajoute une campagne pour « rendre l’économie plus verte » qui va permettre au capitalisme une profonde réorganisation de son appareil productif et se traduire par des suppressions massives d’emplois, financées avec l’argent des emprunts que les contribuables rembourseront avec leurs impôts.
Chômage. Le non- renouvellement des contrats précaires fait bondir le chômage. En catégorie A il augmenté de 248.100 (+7,1%) pour s’établir à 3.732.000. Toutes catégories confondues il s’élève à 5.855.000 et cela malgré les 10,5 millions de salariés en chômage partiel. Dans ces conditions l’entrée en vigueur des nouvelles normes d’indemnisations qui avaient été repoussées d’avril à septembre, semblent remises en cause. Le ministère annonce qu’il va engager une réflexion avec les « partenaires sociaux » pour adapter nos nouvelles règles d’assurance chômage à cette situation exceptionnelle. A suivre.
De nouvelles dispositions plus restrictives vont s’appliquer à compter du 1er juin pour toucher les indemnités de chômage partiel. Le gouvernement laisse aux salariés la « liberté » de choisir d’aller travailler où être privé de ressources.
Profit. Sanofi annonce qu’il va distribuer 3,950 Mds de dividende. La CGT dénonce ce versement indécent en pleine pandémie. La famille Betancourt va toucher 120 millions, le fond US BlackRock 200. Sanofi a touché au titre de l’année 2019, 116 millions de crédit d’impôts.

Monde.
USA. Ils viennent d’enregistrer 73 mouvements de grève dans cette dernière période. Citons : le bâtiment à Boston, dans deux usines de GE, dans les services publics de transport, les égoutiers de Cleveland, des hospitaliers en Californie, Amazone et sa filiale de transport new-yorkaise. Un certain nombre de ces mouvements ont eu lieu dans des entreprises dépourvues de syndicats.
Par rapport au pays ce nombre de mouvement peut paraitre modeste. Il faut tenir compte qu’ils se sont produits au même moment ou 22 millions de salariés perdaient leurs emplois et que le déclenchement d’une grève doit suivre une longue procédure imposée par la législation. La rapidité de ces actions laisse à penser que ces procédures n’ont pas été respectées.
Les syndicats US se distinguent par leur réformisme, l’aide qu’ils ont apportée à la division du mouvement syndical international et aux campagnes contre l’URSS. Leurs présences dans les entreprises est malgré tout insupportable pour le capitalisme US. « Le Figaro », « les Echos » du 27.04 rapportent que des cabinets anti-syndicalisation touchent 300 millions de $ par an pour mener à bien leurs activités.
Boeing. Annonce la suppression de 10% de ses emplois soit 16000 salariés
Pakistan. Dans la capitale Lahore plusieurs centaines de membres du personnel de santé sont en grève de la faim pour protester contre le manque de moyens pour exercer leurs métiers.
Liban. Reprise des manifestations contre la situation économique et la corruption. C’est à Tripoli qu’elles ont été les plus fortes. La répression policière a fait un mort et des centaines de blessés. Au Liban la monnaie nationale a perdu 200% de sa valeur par rapport au dollar, depuis le début de l’année l’inflation atteint 55%, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Irlande. La compagnie à bas cout Ryanair annonce la suppression de 3000 emplois, en particulier des pilotes et personnel de cabine.
Alimentation. Les problèmes alimentaires risquent de s’aggraver rapidement, en Algérie, au Proche et Moyen Orient gros importateurs de blé et pour certains d’entre eux privés de la rente pétrolière. En raison d’un printemps sec les pays exportateurs prennent des mesures de restrictions de leurs exportations. Ainsi la Russie a décidé de suspendre les siennes jusqu’à la prochaine récolte. La flambée sur les prix est certaine. Le programme alimentaire mondial exprime son inquiétude. C’est tout ce qu’il peut faire. Capitalisme et solidarité deux mots antagonistes.

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