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France.
Luttes. Retraite.La fin de la grève dans les transports, seule médiatisée, permet à la presse aux ordres de minimiser au maximum la poursuite de l’action. C’est flagrant avec le traitement de la journée du 29 janvier. Il ne reste plus dans l’actualité que le débat parlementaire et la conférence sur le financement.
Après consultation des UD et fédérations la CGT a décidé de participer à la conférence sur le financement. Une décision qui vient en contradiction avec son affirmation du retrait du projet de retraite pas points.
La CGPME (organisation patronale) vient de faire connaitre les propositions qu’elle défendra à cette conférence. Refus absolu d’augmentation des cotisations (comme le Medef). Pour un départ anticipé sans malus elle propose que les salariés abandonnent RTT et congés annuels ce qui leur permettraient de partir plus tôt. Seconde proposition : augmenter la CSG payée par les retraités au taux maximum. Le président de la CGPME déclare en conclusion : Tout le monde doit participer à l’effort pour remettre le système des retraites à l’équilibre. C’est une question de justice.
Le Conseil d’Etat qui ne prend pas position sur la loi de retraite par points confirme son caractère anti démocratique avec 29 ordonnances prévues et les incertitudes sur le financement des retraites ainsi que sur plusieurs autres aspects. Dans une émission de radio la ministre en charge des retraites A. Buzin le reconnait J’aurais préféré un autre avis du Conseil d’Etat.
« Les Echos » poursuit ses attaques contre la CGT et la lutte des salariés. Il écrit (24.01) sous le titre Sortir la CGT des ports à propos de la grève des dockers et des marins « l’Etat doit briser le monopole de la CGT ». Cet appel sans précédent à la répression illustre le véritable visage du capital et de ses porte-plumes.
Une nouvelle journée est prévue pour le 6 février.
Radio France.La grève se poursuit à Radio France avec les coupures d’antenne. Tous les syndicats- sauf la CGT et Sud- sont d’accord pour reprendre les discussions avec la direction. Celle-ci maintient son projet de réduction de son budget de 60 millions par an ce qui amène aux suppressions d’emplois. Il s’agit de donner un nouvel habillage pour mieux le faire accepter par les personnels.
Pompiers. Manifestation des pompiers en grève le 28 janvier à Paris. Intervention de la police. Ils voient une de leur revendication satisfaite. La prime de feu passe de 19 à 25% du salaire. Pour les retraites, les pompiers pourront continuer à partir à 57 ans moyennant une surcote de cotisations. Reste la question des effectifs pour faire face aux missions, la sécurité de celles-ci. Les syndicats appellent à l’arrêt de la grève.
Hôpitaux de Paris. La direction menace de sanctions les grévistes qui refusent le codage des actes qui servent au remboursement par la SS. Toujours la menace. Une manifestation des personnels hospitaliers est prévue pour le 14 février.
Chômage. Pôle emploi vient de publier les statistiques du chômage pour 2019. Pour les chômeurs de la catégorie A leur nombre diminue de 107.300 sur l’année soit 3,3 millions. Le nombre des chômeurs dans les catégories A, B, C est en baisse de2,5% soit 2,56 millions. (Ces chiffres concernent la France métropolitaine. En y ajoutant les territoires d’outre-mer, ils se montent à 3,5 millions et 2,75 millions). A noter la persistance, y compris dans les embauches en CDI des contrats cours et l’augmentation des chômeurs de plus de deux ans à 1,5 millions ce qui souligne la très forte précarité qui continue d’exister. Les statistiques ne prennent pas en compte les radiations qui vont se multiplier avec les nouvelles mesures de restriction des droits entrées en vigueur le 1er novembre et celles qui doivent intervenir au 1er avril.
Cora (grande distribution, filiale du groupe belge L. Delhaize également propriétaire de Match, Truffaut, Animalis). La CFDT, FO, CFTC ont accepté un avenant au contrat de travail qui impose la flexibilité et la polyvalence au personnel. 1077 salariés sur 6000 ont refusé cet avenant et vont être licenciés. En huit ans les effectifs sont passés de 21.000 à 18.000.
LVMH.Le groupe de luxe, propriété de B Arnault annonce une année 2019 record. CA 53,7 Mds (+10%) résultat net 7,2 Mds (+13%). L’activité dans le luxe et son résultat confirme, à sa manière, l’enrichissement d’une petite partie de la population au détriment de tous les autres. Le groupe va rouvrir l’ancien magasin de la Samaritaine après travaux. Il comprendra 26 chambres et 16 suites pour un premier prix de 1150 euros la nuit.
Logement. Malgré les taux bas des prêts le nombre de permis de construire baisse de 3,3% en 2019 soit 449.400 logements après – 7,1% en 2018. 15 millions de personnes sont mal logés en France à des degrés divers et cela dans toutes les régions.
Formation Les ministères des Finances et du Travail viennent de donner pour mission à leurs inspections de formuler des recommandations permettant d’assurer un fonctionnement soutenable du système de financement de l’alternance et de la formation professionnelle. En clair la loi sur la formation présentée comme fondamentale pour combattre le chômage et votée en novembre dernier n’est pas financée pour l’avenir.
Polytechnique. Vent de fronde dans l’école à la suite de la décision de la direction de laisser Total s’installer sur le territoire de celle-ci. Vote des élèves contre le projet, pétition avec 6000 signatures. La direction de l’école refuse de retirer cette implantation et annonce qu’elle recherche de nouvelles alliances avec le privé pour 200 millions par an.
Presse. Le quotidien France Antilles (dernier journal du groupe Hersant) est mis en liquidation judiciaire. La Martinique, la Guadeloupe, la Guyane n’ont plus de quotidien régional. Les 235 salariés sont au chômage.
CFDT. En 2014 le syndicat du commerce parisien en désaccord avec la confédération au sujet du travail du dimanche avait vu ses locaux fracturés, ses archives saisies et mis sous tutelle. La justice vient de condamner une nouvelle fois la confédération pour abus de pouvoir.
Monde.
UE. La Grande Bretagne sort de l’UE le 31 janvier. Va ouvrir une nouvelle période de négociations entre l’UE et la Grande Bretagne sur les traités commerciaux qui vont définir les nouvelles règles qui doivent être achevées le 31 décembre 2020. C’est la défense des intérêts des capitalismes respectifs qui va être au centre des discussions.
La conséquence immédiate de ce retrait est la disparition des 60 Mds que la GB versait au budget de l’UE. Les Etats rechignent à augmenter leurs cotisations ce qui risque d’amener des coupes dans les budgets civils, le budget militaire de l’UE étant intouchable.
Angleterre. Le premier ministre conservateur B. Johnson, devant la situation catastrophique des chemins de fer du nord de l’Angleterre gérés par les compagnies privées vient d’en décider la nationalisation pour les remettre en état. Ceux de l’ouest ont déjà fait l’objet d’une telle mesure. D’autres réseaux qui sont tous dans le même état pourraient suivre dans la nationalisation. B. Johnson serait-il devenu révolutionnaire ? Non bien entendu, il s’agit de faire payer la rénovation au peuple et ensuite de rendre aux compagnies privées la gestion des chemins de fer. Ainsi, les compagnies privées sont exemptées des investissements pour ensuite reprendre l’exploitation du transport ferroviaire. C’est tout bénef.
Allemagne. Le ralentissement de l’économie a des conséquences sur l’emploi, sont solutionnés là comme ailleurs avec les mêmes méthodes. Dans l’automobile et la machine- outil c’est 2000 emplois qui sont détruits chaquemois depuis mai dernier. Chez les sous-traitants les journées de chômage partiel se multiplient. Le plus dur reste à venir avec la marche forcée des constructeurs auto vers la voiture électrique qui nécessite 1/3 de moins de main-d’œuvre.
Fidèle à la collaboration de classe le syndicat IG Métal fait des propositions au patronat pour trouver des solutions sur le dos des travailleurs. (Voir article quelle perspective politique dans l’hebdo).
USA. La démographie est en baisse ce qui inquiète les économistes sur la croissance future du pays. Trois raisons : la baisse de l’immigration à la suite de la politique restrictive menée par Trump(595.000 entrées en 2019 contre 1,05 million les années précédentes). Le nombre de suicides liés à la consommation de drogues diverses. Le recul de l’espérance de vie (trois mois entre 2014 et 2017) conséquence d’un système de santé défaillant.
Boeing en grande difficulté industrielle depuis la chute de deux de ses avions et l’interdiction de vol pour les autres du même type annonce une perte de 636 millions de $ pour 2019. Ce qu’il ne l’empêche pas de verser 4,63 Mds de $ de dividendes.
Apple annonce une année record. Un CA de 91,8 Mds de $ (+8,9%) et un profit de 22,2 Mds.

France.
Luttes. Il est trop tôt pour faire un point exact de la journée du 24. Les manifestations ont été nombreuses et fournies. La semaine a été marquée par de multiples actions : EDF, ports et docks, transports, enseignants, égoutiers, avocats, dans le privé souvent en liaison avec les discussions sur les salaires, chez les fonctionnaires.
Pouvoir et médias avait mis en avant la lutte dans les transports. Avec la modification de la forme de la lutte ils espéraient l’arrêt de celle-ci. Ils en sont pour leurs frais. Au contraire ils sont obligés de faire état des autres luttes qui se développent où se poursuivent. D’où une hargne contre les grévistes et la CGT, assortie de menaces.
Malgré cette campagne, l’opinion est toujours très majoritairement contre la réforme.
Trois nouvelles journées sont annoncées pour la semaine prochaine avec un temps fort le 29.
Enseignants. La mise en place de la réforme du bac avec les premiers contrôles continus de la nouvelle formule en janvier suscite inquiétude et colère tant chez les lycéens que chez les enseignants. Les syndicats appellent à ne pas tenir ces épreuves, considérant que les élèves ne sont pas prêts à les passer. Face à cette remise en cause de sa « réforme » le ministre de l’éducation jette l’anathème sur ceux qui osent la refuser et manie la répression en sanctionnant les professeurs qui ont refusé ou retardé la correction du bac l’an dernier.
Retraite. Une étude d’impact sur l’évolution de l’âge de départ en retraite confirme : l’âge de départ va augmenter jusqu’à 67 ans pour la génération née en 1999. Cet allongement s’explique par les mesures prisent par les gouvernements successifs. Durée des cotisations avec Hollande (43 ans pour une retraite complète), équilibre financier avec Macron. Le départ à 65 ans sera effectif pour la génération née en 1981. La « victoire » de Berger va devenir de plus en plus difficile à expliquer.
Les pensions seront aussi en baisse. Pour 1 Smig – 6 euros/mois, pour 3 Smig -17 euros/mois, pour 8 Smig -2146 euros/mois (chiffres en regard de la rémunération de 2019). Avec comme première conséquence la baisse des cotisations patronales avec le nouveau système – 1,4 Md par an. L’Agirc-Arcoo va voir ses ressources diminuer de 4 Mds par an (cotisations salariales et patronales) avec le plafonnement des cotisations au- dessus de 10.000 euros/ mois. Ce qui ouvre grandes les portes de la capitalisation. Pour l’instant pour les plus hauts salaires. « Les Echos » (21.01) en font leur gros titre : Les personnes gagnant plus de 120.000 euros par an vont devoir se tourner vers la capitalisation pour compléter leur retraite. Un début en attendant que tous ceux qui le peuvent y soient contraints.
A noter la parution d’un « point de vue » signé par l’UGIC-CGT, la CGC, FO cadres (les Echos 22.01) qui dénonce les conséquences de la retraite par points pour les cadres et réaffirme son attachement au système par répartition et leur volonté de la défendre.
M. Carmignac (PDG du fond du même nom) confirme les vues des fonds sur la capitalisation. Tous les acteurs de la gestion d’actifs vont se positionner sur l’épargne retraite. Nous ne faisons pas exception.
Propagande et réalité. Le pouvoir, la presse aux ordres, font grand cas -autour de la réception par Macron et une grande partie des ministres, de 200 patrons de multinationales à Versailles et de l’augmentation des investissements étrangers en France. Macron en visite à Dunkerque déclare : Les bonnes nouvelles n’arrivent pas toutes seules. Elles arrivent parce qu’on fait des réformes. Or en regardant de près les investissements annoncés on constate le faible nombre d’emplois créés par ceux-ci. AstraZenece (pharmacie) qui annonce 500 millions d’investissement, créera environ 300 emplois. FedEx pour 30 millions n’annonce aucune création d’emploi.
Par contre, le tissu industriel continue à se dégrader. En 2019, 350 PME de plus de 50 salariés ont fait l’objet d’une procédure collective qui menace 175.000 emplois (+ 1,6%). Pour sa part l’Insee constate que la baisse des embauches en CDI ou CDD longue durée ont reculé de 0,8% au dernier trimestre 2019 par rapport à 2018. Pour 2020 il prévoit 90.000 emplois créés au 1er trimestre, la moitié par rapport à 2019. Telle est la réalité.
Taxe. La taxe sur les GAFA présentée par Macron et Lemaire comme la volonté du pouvoir de ne faire aucun cadeau fiscal aux multinationales étrangères opérant en France et votée par le Parlement, fait long feu avec la décision de suspendre les versements prévus en avril et novembre. Elle est de 3% sur le CA et devait rapporter entre 300 et 500 millions par an. La raison ? Les USA ont sorti le gros bâton pour défendre leur capitalisme en menaçant d’augmenter les droits de douane sur 7,5 Mds d’importations françaises. Le pouvoir vient une nouvelle fois de reculer devant les exigences du capital qu’il soit français ou étranger. Il n’est fort que pour s’opposer aux revendications et aux besoins des salariés.
A Davos, Lemaire cherche une position de replis en voulant élargir cette taxe à l’UE. Ce qui a peu de chance d’aboutir, plusieurs pays y étant opposés. Quant à l’OMC qui discute de l’imposition des GAFA depuis deux ans le résultat risque fort de se faire attendre encore longtemps.
CFDT. Des informations dans la presse font état d’un certain nombre de départs pour désaccord avec les positions confédérales. L. Berger dans une interview à l’AFP le reconnait à demi-mots : Certains partent parce qu’ils ne sont pas contents, d’autres arrivent. De son côté le SGEN CFDT Recherche, a fait connaitre son opposition à la retraite par points.
Electricité. Après une hausse du tarif réglementé de 5,9% l’an dernier, il va augmenter de 2,4% en février si le gouvernement qui dispose de trois mois pour son application décide de le faire sans délai.
C’est officiel. EDF propose au gouvernement la fermeture de 14 réacteurs en plus de ceux de Fessenheim réparti sur 7 sites d’ici à 2035 ce qui entrainera celle des centrales avec toutes les conséquences pour l’approvisionnement énergétique du pays et pour les salariés d’EDF et surtout des sous-traitants. Les conséquences de la fermeture de Fessenheim sont à cet égard édifiantes. Les 737 salariés EDF vont se voir proposer des postes ailleurs (avec tout ce que cela comporte dans la vie familiale) quant aux 330 prestataires ils doivent se contenter de vagues promesses de reconversion dans des entreprises dont aucune n’a pour l’instant manifesté l’intention de s’établir dans la région. Les collectivités vont perdre 12,3 millions sans compensation totale de l’Etat.
Plus inquiétant le sort des quatre centrales à charbon (Le Havre, St Nazaire, St Avold en Moselle et Gardanne) avec leur fermeture prévue pour 2022 d’autant que deux d’entre elles sont en partie privatisées. Les salariés de Gardanne sont en lutte depuis 415 jours pour maintenir leur centrale en activité par une reconversion, ceux de St Nazaire ont débrayé. Là aussi les questions sur l’avenir des personnels (EDF et sous-traitants) risquent de déboucher sur des licenciements.
Ces fermetures sont purement électorales sous la pression des « écologistes » qui ont déclaré la guerre au nucléaire civil tout en ignorant volontairement les dangers du militaire, ont soutenu celui-ci en votant les crédits pour son développement lorsqu’ils participent aux gouvernements (Jospin 1997-2002 et Hollande).
Suppressions d’emplois. C & A (habillement) va fermer 30 magasins qui vont entrainer 200 licenciements.
Gémalto (électronique, filiale de Thales) Gémalto emploie une jolie formule en prévoyant 220 suppressions. Il s’agit de « gestion active de l’emploi ». Il fallait l’oser.
Cora. (Alimentation) La réunion du CSE le 28 janvier pour examiner un plan social fait craindre à la CGT la suppression de 1070 postes.
Monde.
UE. L’UE est la championne du monde dans la distribution des dividendes. 359 Mds distribués aux actionnaires (+ 12 Mds et 3,6 %) en 2020 selon l’estimation d’un gestionnaire d’actifs. Ils représentent le budget de l’Allemagne. Le rendement des dividendes est le plus élevé dans les pays qui ont profité de la crise pour écraser les salaires. En tête l’Angleterre suivie de l’Espagne, de l’Italie et de la France (salaires bloqués + cotisations sociales patronales réduites). Ces chiffres rappellent une nouvelle fois que la contradiction centrale entre le capital et le travail est bien la question du paiement de la force de travail, décisif pour augmenter les profits.
Les rendements versés (dividendes/ capitalisation) sont de 3,7 % en Europe, 1,9 aux USA, 2 en Chine, 2,3au Japon.
Les fonds spéculatifs (hedges funds) ont rapporté 178 Mds de $ à leurs clients dans le monde et ils prélèvent 20% sur les bénéfices à leurs profits. Les placements en actions ont rapporté 59,3 Mds soit trois fois plus qu’en 2018.
Travail dans le monde. L’OIT vient de publier un rapport sur cette question. Aux 120 millions de chômeurs recensés elle ajoute 165 millions qui travaillent à temps partiel et 120 millions qui sont en marge du marché du travail. D’autre part 630 millions gagnent moins de 3,20 $ par jour (20% de la population active) incapables de subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles. Sans en tirer de conclusions il fait le constat que sur les 11 sous-régions du monde 7 ont connu en 2019 des manifestions qui démontrent le mécontentement contre la situation économique et sociales qui leur est faite.
Davos. Au travers de Trump le capitalisme US poursuit son offensive commerciale. Cette fois envers l’UE. Il exige la « négociation » d’un nouvel accord plus favorable aux USA sinon il menace de taxer les importations de l’UE en particulier l’automobile. (Voir aussi article dans l’hebdo)

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France.
Retraite. (voir articles dans l’hebdo). La poursuite du mouvement oblige le pouvoir à manœuvrer pour diviser les catégories de salariés et mener à bien son projet. Après la compromission de la CFDT sur le faux retrait de l’âge pivot, il multiplie les réunions pour donner l’impression qu’il est en mesure d’apporter des solutions au refus et à l’inquiétude qui s’exprime. Pénibilité, emploi des seniors, maintient de certaines caisses de retraite des indépendants, tout est bon. Il veut profiter de ces discussions pour faire disparaitre les garanties collectives au profit de droits individuels plus faciles à refuser. Avec dans le même temps l’affirmation que le projet ne sera pas retiré et donc que l’action ne se justifie plus, avec la mise en avant des pertes à la RATP (200 millions) à la SNCF (850) ou les difficultés des transporteurs routiers et des métiers portuaires avec la grève des dockers.
Après les trois journées d’action cette semaine, l’intersyndicale appelle à nouveau à trois journées les 22.23 et le 24 janvier à une journée interprofessionnelle de grèves et manifestations.
A la suite du « retrait provisoire » de l’âge pivot L. Berger s’est empressé de crier Victoire et de justifier les résultats de ses positions. « les Echos » remettent les pendules à l’heure. Il faut rassurer ses lecteurs sur cette « victoire ». E. Lefebre écrit (13.01) Le gouvernement a obtenu de la CFDT qu’elle accepte que ces mesures de redressement figurent bien dans la loi, alors que L. Berger avait exclu toute réforme paramétrique. La nécessité d’équilibrer les comptes est d’autant mieux garantie qu’une règle d’or plutôt robuste figure dans le texte de loi. Enfin, l’âge pivot est certes remisé temporairement mais il est consacré comme élément central du futur régime universel. Sans commentaire.
Radio France. Poursuite de la grève contre les suppressions d’emplois à l’appel de la CGT. Les coupures d’antenne ne permettent pas à la direction de cacher le mouvement.
Luttes Stations de sports d’hiver. La CGT appelle les saisonniers des stations de sports d’hiver à la grève le 15 février. Les nouvelles règles de l’assurance chômage vont gravement affecter les saisonniers qui risquent de beaucoup y perdre. La CGT demande des mesures d’indemnisations qui prennent en compte le caractère très particulier de ce travail.
Enedis. (Lodève, Cantal). La région fait rarement la une de luttes sociales. Pourtant là comme partout, les salariés sont en lutte. Ceux d’Enedis (filiale d’EDF) sont en grève depuis le 9 décembre. Une manifestation de soutien a eu lieu le 17 janvier. De son côté l’hôpital de la ville est lui aussi en grève pour que l’ensemble des précaires qui y sont employés passent sous statut.
Hôpitaux. 1200 médecins, chefs de services, annoncent la grève du service administratif. Ils exigent comme le reste du personnel les moyens pour que l’hôpital joue son rôle. La grève du codage des actes médicaux hospitalier, si elle est peu visible de l’extérieur, a fait perdre entre 270 et 300 millions faute de réalisations des factures.
Auchan. Annonce la suppression de 519 emplois par « départs volontaires » dans ses services centraux. Auchan justifie ces suppressions par une baisse de ses profits. Le président d’Auchan (hyper-marchés) reconnait dans une interview aux « Echos » (15.01) la responsabilité de la direction dans la mauvaise gestion des magasins : Nos organisations ne sont plus efficaces…. Nous n’avons pas investi dans nos outils depuis 20 ans. A la famille Mulliez les profits et quand ils ne sont plus au rendez-vous, les salariés trinquent.
Livret A. Le pouvoir a décidé d’appliquer à la lettre les modalités qui servent au calcul du taux d’intérêt du livret. Il passe de 0,75% à 0,5 bien en dessous de l’inflation. B. Lemaire invite les épargnants à se détourner du livret pour investir dans d’autres formes d’épargne en particulier les plans d’épargne retraite. Une politique globale pour pousser à la retraite par capitalisation et mettre à la disposition du capital l’épargne qui lui échappe pour l’instant.
Monde.
Inde. Dans un communiqué le PC hindou salue le mouvement de grève qui vient d’avoir lieu et donne quelques précisions sur son ampleur. Il a été suivi par 250 millions de salariés, mais aussi par les paysans pauvres et les salariés agricoles. Le PC se félicite de cette convergence.
Luttes des peuples. Si elles font moins les gros titres elles se poursuivent. Liban, Irak (malgré les évènements extérieurs), au Chili, en Haïti. Les pouvoir en place ont plus recours à la répression qu’à la satisfaction des revendications populaires.
Allemagne. La saignée des effectifs se poursuit chez Opel (automobile, filiale de Peugeot) avec la suppression de 2100 emplois d’ici à 2022 qui font suite au 5000 supprimés en 2018-19. Ces licenciements font suite à un accord direction- syndicat I.G. Métall.
Chine-USA. Ce n’est pas un accord commercial qui vient d’être signé entre les deux puissances impérialistes mais une simple trêve où chacune des deux parties espère en tirer un bénéfice temporaire. Trump en campagne électorale alors que sa politique de droits de douane sur les produits chinois et les mesures de rétorsions prises par la Chine frappaient durement le secteur agricole US. Il présente « l’accord » comme un succès de sa fermeté dans les relations commerciales. La Chine dont la croissance faiblit et qui fait face à une série de difficultés économiques et un endettement massif de ses entreprises évite ainsi de nouveaux droits de douane sur 200 Mds de produits exportés.
Ce qui n’empêche en rien la lutte pour la domination mondiale en particulier dans les nouvelles technologies. Les USA continuent à faire pression pour que leurs vassaux refusent la 5G de Huawei (téléphonie), tandis que la Chine accélère pour se doter d’une industrie des composants électroniques et se passer des achats qu’elle est obligée -pour l’instant- d’effectuer aux USA.
Au même moment les USA, l’UE, le Japon viennent d’adopter une position commune pour réformer les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qu’ils endentent proposer à la prochaine réunion et qui vise les pratiques économiques chinoises en matière de subventions aux entreprises ou de propriété intellectuelle.
USA. Les profits des banques se sont envolés en 2019. De 36,4 Mds de $ pour J.P. Morgan à 8,47 Mds pour Golman Sachs au total 120 Mds pour les principales banques.
Cacao. Après des années de vaches maigres, le cours du cacao s’envole ; 2570 $ la tonne (+20%). La Côte d’Ivoire et le Ghana (60 % de la production mondiale) viennent de décider de l’instauration d’une taxe de 400 $ par tonne vendue, destinée à alimenter une caisse pour venir en aide aux planteurs en cas d’effondrement des cours à compter d’octobre. aux multinationales de l’agroalimentaire cette initiative risque de ne pas avoir de suites réelles.

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France.
11 janvier. Voir article dans l’hebdo. Le 18 poursuite des actions et manifestations ainsi que le 19. Nouvelles journées interpro les 14.15.16 janvier.
Fonctionnaires. Echec de la réunion gouvernement-syndicats sur la pénibilité à la suite de l’annonce du refus de la reconnaissance dans la retraite par points des carrières dites actives pour les agents nés après 1975, refus d’un régime transitoire. Le départ de la CGT, CGC, FSU a conduit à l’annulation de la rencontre.
Grèves. Elles coutent 700 millions à la SNCF, 100 millions à la RATP à la date du 6 janvier. La SNCF va démarrer sa première année comme société anonyme dans le rouge. A ces pertes vont venir s’ajouter les pénalités diverses venant des régions comme des usagers. L’Opéra de Paris enregistre une perte de 12,5 millions à la suite des annulations de spectacles.
Armement. Après avoir acheté pour 100 millions ses nouveaux fusils à des entreprises allemandes et belges l’armée va acheter pour 44 millions de nouveaux révolvers à une entreprise autrichienne tandis que les munitions seront fournies par une entreprise tchèque. Les kits d’entrainement proviendront d’une société US. La France ne produit plus d’armes légères pour son armée depuis la fermeture des manufactures d’armes de Châtellerault (1960) et St Etienne (2000).
Groupe Laurent. (pièces détachées pour l’automobile, St Etienne) Sa mise en liquidation judiciaire entraine la suppression de 147 emplois.
Retraite. « Les Echos » (7.01) font part des exigences du capital face au compromis voulu tant par certains cercles du pouvoir que par les syndicats réformistes CFDT en tête. E. Lefebvre conclu son article en écrivant : Le compromis est certes souhaitable, mais pas à n’importe quel prix. Exigence entendue par le pouvoir, les rencontres entre E. Philippe et les syndicats réformistes le 10 décembre n’ont pas abouti. En réalité c’est une capitulation des syndicats qu’exige le patronat.
Cadeaux. La « réforme des retraites » n’arrête pas la mise en œuvre de nouveaux cadeaux au patronat. Il s’agit des impôts d’entreprises, en réalité de quatre taxes pour l’essentiel au profit des collectivités locales. Le patronat en demande la suppression depuis longtemps sous le prétexte qu’elles nuisent à la compétitivité. Il a été entendu puisque le ministère des finances étudie actuellement la baisse de l’une d’entre elles pour être votée dans le budget de 2021. Il s’agit de la taxe sur les salaires destinée aux collectivités et qui se monte à 3,8 Md par an.
Michelin. La CGC et Sud viennent de donner leur accord à la fermeture de l’usine Michelin de la Roche / Yon et de 619 emplois. (les emplois indirects ne sont bien sur pas compris dans l’accord). Il prévoit le versement de 40.000 euros par salarié licencié soit 27.640.000 euros + 500 euros par année de présence.
Quand il décide de supprimer des emplois Michelin trouve les millions nécessaires alors qu’il refuse les augmentations de salaires. A noter que la CGC et Sud reconnaissent les profits réalisés par Michelin ce qui montre « la rentabilité » des usines françaises selon le capital, les délocalisations ne sont donc pas justifiées. Le refus de la lutte est plus que condamnable.
Monde.
Inde. Grève dans les transports et dans la banque le 8.01. Les grévistes demandent la hausse du salaire minimum à 270 euros, l’augmentation des pensions, l’arrêt des privatisations et de la casse du code du Travail. La situation économique se dégrade très vite. La croissance est tombée à 5% contre 7, le chômage atteint 7,83%
Chine. La Chine cède à la pression du capitalisme international qui exige depuis longtemps l’ouverture de son marché financier. Les banques étrangères pourront ouvrir des succursales en Chine sans être obligées de s’associer à des banques chinoises. Elles pourront aussi détenir la majorité du capital. Le marché financier chinois -toutes activités- représente 40.000 Mds de $ ce qui ouvre de beaux profits en perspective. Une décision qui ne peu que renforcer le capitalisme en Chine et dans le monde.
Pétrole. Les tensions au Moyen Orient font flamber les cours du pétrole. Le baril vient de passer à 70 $ le 6.01 au plus haut depuis novembre. Il est revenu depuis à son prix d’avant crise.
Dans cette situation l’or atteint des sommets. Toujours le 6.janvier il se négocie à 1600 $ l’once. Les actions des compagnies minières s’envolent + 4% à la bourse de Johannesburg. Autre matière première très recherchée dans l’industrie automobile, le palladium cest monté à 2.030 $.

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