Le documentaire Naza applaudi et primé à la Mostra de Venise et incendié par les politiciens sionistes
Présenté à la Mostra de Venise, le film documentaire Naza (signifiant dommage collatéral) de Yuval Abraham et Rachel Szor, financé notamment par le journal britannique The Guardian a reçu une énorme ovation : plus de 20 minutes d’applaudissements après le visionnage lors du passage à la Mostra et le prix spécial du jury. Le film repose sur des interviews de membres de l’Armée israélienne. Les visages des vingt-quatre intervenants demeurent floutés et leurs voix ont été changées. Les entretiens ont lieu en toute discrétion, dans la pénombre, sur une terrasse surplombant la ville.
Un journaliste de 20minutes, a vu le film, il écrit ceci : « Les témoignages des intervenants sont épouvantables de naturel et de simplicité. On découvre que l’armée israélienne considère que 15 % de marge d’erreur sur les personnes tuées est acceptable et qu’il est légitime de tuer les supposés terroristes la nuit au milieu de leurs familles, femmes et enfants compris. Ce qui est dit est sidérant. L’un des militaires compare les frappes à un jeu vidéo et un autre avoue s’être amusé à tirer sur des Palestiniens tentant d’atteindre des points de ravitaillement. Ces hommes ne sont pas des monstres. Entre la déshumanisation qu’impliquent des attaques par drones et une haine savamment entretenue, ils accomplissent leur devoir sans trop d’état d’âme. Ils finissent même par admettre avoir abattu des innocents en sachant qu’ils n’étaient ni armés, ni menaçants. ».
Parmi les politiciens de l’entité coloniale sioniste de tous bords, le film et le prix obtenu ont suscité une colère noire. Le ministre de la culture, Miki Zohar, s’est exprimé le 13 septembre dernier, déclarant : « La haine de soi brûlante des réalisateurs, prêts à nuire à leur patrie, afin de recevoir les applaudissements des antisémites du monde entier, est incompréhensible et constitue une trahison envers l’État. ». Le soir même, il a réclamé que les deux réalisateurs soient déchus de leur citoyenneté. Concernant la coalition d’opposition à Netanyahu, les « sionistes libéraux », l’ultra réactionnaire Avigdor Lieberman, ancien ministre de la défense a fustigé « un tissu de diffamations et de calomnies contre l’État d’Israël, contre Tsahal et contre nos magnifiques combattants ».
Rachel Szor, réalisatrice, et Yuval Abraham, journaliste d’investigation lancé dans la réalisation de documentaires, sont également les auteurs, en 2024 du film No other land montrant la réalité de la pression de l’occupation coloniale sur les Palestiniens de Cisjordanie, à travers le village de Massafer Yata, les démolitions de maisons par l’État colonial sioniste, les arrestations arbitraires, les meurtres et la résistance des Palestiniens reconstruisant la nuit les maisons détruites.
Nous pourrions en terminer là et nous joindre au concert de louanges et à celles et ceux considérant Abraham et Szor comme des héros, mais la réalité montrée par ce film et l’analyse que l’on peut faire de l’événement lors du festival de Venise sont bien plus complexes.
La validation d’un crime par les criminels
Les spectateurs enthousiastes de la Mostra et les gens célèbrant les deux « héros », notamment la « gauche » unanime en France, illustrent bien le problème. Concrètement, un film réalisé par des citoyens de l’entité sioniste a rendu la réalité palestinienne suffisamment crédible pour qu’on l’affronte. Simplement parce qu’un Israélien le dit. Aujourd'hui, le film est célébré car des militaires sionistes y racontent les détails du meurtre de Palestiniens. Nous n’avons pas connu autant de ferveur ni d’émotion lorsque les Palestiniens racontaient ces mêmes détails, lorsque les habitants de Gaza filmaient leurs enfants sous les décombres et leurs médecins amputant les blessés sans anesthésie. La bonne conscience occidentale n’a pas vraiment réagi à la masse considérable d'images et de témoignages documentant l'anéantissement de familles entières et le meurtre de journalistes alors qu'ils rapportaient la vérité. On peut le considérer à la lecture de ces réactions enthousiastes, qu’il existait un besoin qu'une voix issue de l'armée d’occupation elle-même vienne confirmer la réalité de ce qui, pourtant, est depuis trois ans sous les yeux de tout le monde. Quelle défaillance morale conduit à suspendre la crédibilité du témoignage d'une victime jusqu'à ce qu'il soit validé par un membre de l'armée de son bourreau ?
Nous sommes bien, c’est incontestable, dans un déni des Palestiniens, puisque l’on ne montre pas leur propre souffrance filmée par eux à la Mostra, mais le seul point de vue, fût-il critiqué, de l’armée coloniale d’occupation. D’ailleurs, il y avait deux films palestiniens lors du festival, dont « Citizen Osama », film d'Ahmed Hassouna, réalisateur palestinien originaire de Gaza. Le synopsis officiel de son documentaire est le suivant : « A Gaza, entre les bombardements et ses rêves de cinéma, un journaliste navigue entre devoir professionnel, inquiétudes familiales et l’émotion de devenir père, s’attachant à préserver ce qu’il reste d’humanité dans un monde plongé dans le chaos. ». Or, « Citizen Osama » n'a été sélectionné uniquement hors compétition à la Mostra de Venise, ni le réalisateur ni les acteurs n’ont pu y assister.
Une bonne partie de la petite bourgeoisie idéologique occidentale ne peut ou ne veut croire le récit des Palestiniens, qualifiés de terroristes, islamistes, antisémites et n’y ajoute fois que lorsque des « gentils » issue de la « démocratie » coloniale sioniste le valide. C’est cela la dure réalité à laquelle nous confronte l’événement de la Mostra. Et ce n’est pas nouveau. Il faut se remémorer Valse avec Bachir, sorti en 2008. Ce titre faisait référence à une scène où un soldat sioniste tirait en dansant au cœur de Beyrouth, entouré de portraits de Bachir Gemayel, l'allié au Liban de l'ennemi sioniste ! Le film revisitait l'invasion du Liban et les massacres de Sabra et Chatila à travers la mémoire, les cauchemars et les remords, pauvre de lui, de ce soldat de Tsahal ; il a naturellement remporté un Golden Globe en 2009, attribué à l’État colonial sioniste, celui-là même ayant perpétré ces massacres au Liban !
Les sionistes y trouvent leur compte
Avec le film Naza et ses témoignages effroyables sur les crimes de l'occupation, la même question ressurgit quant au sens de cet engouement. Et quelles en sont les retombées ? Le sang des Palestiniens et des Libanais est relégué au second plan derrière la crise psychologique d'un soldat ayant pris part à l'invasion, au génocide, aux tueries, aux destructions au bulldozer et aux mutilations. Finalement, sa sensibilité morale occupe le devant de la scène, et ses aveux deviennent un exploit digne de récompenses et d'applaudissements nourris. Certes, révéler le crime peut servir la vérité. Mais transformer cela en une célébration de la conscience sioniste permet à l'État colonial d'engranger un capital moral et à l'entité coloniale de redorer son image, tandis que les droits des victimes demeurent en suspens ou tombent dans l'oubli. Ainsi, l'Occupation parvient à absorber la condamnation de ses crimes et à la présenter comme une preuve de sa capacité d'autocritique, sans pour autant remettre en cause ses fondements. C'est son œuvre, ce film qu'il a produit. Le courage de l'aveu ne confère pas à l'État un certificat d'innocence ; cela leur vaut tout au plus un nouveau prix de cinéma. Le sang palestinien et arabe ne saurait servir à redorer l'image de l'occupation !
Ces témoignages peuvent certes fournir des preuves en vue d'une reddition de comptes, mais transformer cet aveu en un acte de bravoure morale, tout en dissimulant l'identité des intervenants, revient à les célébrer tout en les soustrayant à toute responsabilité. Le sang palestinien ne saurait servir à redorer l'image de celui qui l'a versé. Tout ce que nous constatons, au sujet de ce film place les sionistes au centre de tout. Le film présente les crimes de guerre de l’entité coloniale sioniste contre les Palestiniens d'une telle manière refusant d'humaniser ces derniers. Car nous ne les voyons quasiment pas.
Un internaute a posté ce message sur X ; « Deux colons enregistrent des entretiens avec des colons génocidaires pour les faire témoigner de la manière dont ils ont exterminé des Palestiniens autochtones, tout en leur garantissant l'anonymat afin de les protéger d'éventuels procès et de la prison. Une ovation au Festival de Venise. Israël a créé un genre cinématographique spécifique, le "Tire et pleure" (Shoot and Cry), fondé sur le choc psychologique ressenti par les soldats israéliens après avoir tué des Palestiniens ou des Libanais. ». Nous sommes de nouveau au cœur du problème. Car, ce « genre cinématographique », ainsi décrit, transforme les auteurs de génocide en victimes traumatisées d'un système colonial, jamais remis en question. Tous ces films poignants sont acclamés et primés dans les festivals de cinéma occidentaux, à l'instar de Naza à Venise. Ces pays impérialistes occidentaux récompensant ces œuvres de propagande soutiennent le colonialisme de substitution des sionistes ; ils cherchent tous à nous faire croire que l'élimination des autochtones était inévitable, tout en prétendant en avoir éprouvé du malaise, comme dans Valse avec Bachir.
Ou bien ils nous suggèrent l’existence d’une frange de colons opposée à ces « excès » et que la colonisation se doit d'être plus « humanitaire » ; qu'une part de la société coloniale fait preuve d'humanité, à l'instar des réalisateurs de Naza. Le film peut ainsi être interprété comme « Il existe une réalité de résistance antisioniste dans l’entité coloniale », ceci est un mensonge et tous ceux encensant le film le savent. Mais le message est le suivant : « Il y a de l'espoir au sein de la société coloniale sioniste, on peut et doit donc réhabiliter l’entité coloniale. ». En réalité, la société de l’entité coloniale est gangrenée par le sionisme et les deux réalisateurs servent au mieux de caution. Chez ces colons, quels qu'ils soient, on reconnaît finalement une humanité, contrairement aux autochtones exterminés, non considérés comme des êtres humains et ne méritent donc pas que les porte-parole des impérialistes occidentaux leur tendent un micro pour qu'ils racontent leur propre extermination. Depuis trois ans, aucun journaliste ni cinéaste occidental n'a pénétré dans l'immense ghetto de la mort qu'est Gaza, et aucun « sioniste humaniste » n'a réalisé de fresque épique sur le soulèvement du ghetto de Gaza, contrairement à ce qui a été fait pour l'insurrection du ghetto de Varsovie ou les camps d'extermination allemands. L'objectif de ce « genre cinématographique » est de permettre la poursuite de l'extermination et du nettoyage ethnique en proposant un travestissement fondé sur l'auto-victimisation, tant des soldats ou d'une partie des colons.
Enfin, il permet aussi d’absoudre des sionistes. Naza remplit également une fonction de propagande essentielle : elle permet aux sionistes, sachant pertinemment ce que leur entité génocidaire faisait et la soutenaient sans réserve, de feindre la stupeur et la découverte soudaine, cependant ils prennent conscience de la piètre image dont jouit désormais la marque. Elle les transforme, en apparence, en êtres « moraux ». Ainsi, le présentateur TV sioniste, Raviv Drucker, a visionné le film. Il commente disant s’être vu « comme des Allemands durant la seconde guerre mondiale découvrant ce que leur pays avait fait. ».
Le bilan sommaire de Naza et de sa projection est celui-ci : il ne donne pas de nom, donc aucune accusation n’est possible contre aucun individu ayant participé activement au génocide ; il révèle, avec tambours et trompettes, ce que tout le monde sait déjà depuis belle lurette ; enfin il est une manière d’étendre la compassion à ceux commettant le génocide. Comme s’ils ne recevaient pas déjà bien plus d’empathie que leurs victimes !
L’ambiguïté de Yuval Abraham
En avril 2024, Yuval Abraham a fait partie des nombreux intellectuels de « gauche » de la société coloniale sioniste qui relayaient les mensonges sur les viols perpétrés soi-disant par la Résistance. Le très philo-sioniste, New York Times, on le sait, a dû jeter l’éponge après quatre mois d’enquête en mars 2024, révélant qu’il n’avait trouvé aucune preuve. Qu’à cela ne tienne, les mediade l’État colonial sioniste ont tenté de faire parler des anciennes captives de la Résistance palestinienne, dont une arriva vaguement à remplir l’office, après n’avoir rien dit pendant plusieurs semaines. Voici le contenu du message de Yuval Abraham : « Le silence de ceux qui ont passé des mois à semer le doute sur les témoignages israéliens de viol est honteux. Aujourd'hui, lorsqu'une otage courageuse décrit en détail comment elle a été enchaînée et torturée sexuellement, c'est tout aussi honteux. Ceux qui instrumentalisent ces faits pour justifier des crimes à Gaza sont tout aussi coupables. Des propagandistes, les uns comme les autres… ». Comme d’autres sionistes, il a amplifié des mensonges fabriqués de toutes pièces concernant des viols perpétrés par des Palestiniens n'ayant jamais eu lieu. Ces mensonges ont contribué à plonger le public de l’entité coloniale sioniste dans une frénésie génocidaire, exacerbant encore davantage leur soif de sang, et ont servi sur un plateau, pour les « progressistes » occidentaux, un prétexte pour rester les bras croisés et laisser faire. Le but même de ce canular sur les viols de masse était le suivant, ces « progressistes » occidentaux perçoivent le génocide comme une punition justifiée. Tout cela n'était qu'un mensonge, et Yuval Abraham a contribué à le légitimer.
Yuval Abraham a lui-même servi dans l'armée coloniale d'occupation. Et, dans toutes ses publications, il a inscrit le contexte dans une perspective avilissante, plaçant l'occupant et le peuple sous occupation sur un pied d'égalité dans la condamnation, tout en reconnaissant, certes, l'existence de l'occupation. Il est comme nos colonialistes des « bons sentiments » en France, qui vilipendent Netanyahu (et pas le sionisme) et le Hamas, colon et colonisé sur le même plan. On ne peut pas ainsi contribué à la fin de la colonisation.
Enfin, lors de la sortie de No other land, Abraham avait affirmé qu’il était interconnecté avec les acteurs palestiniens et leur village. Depuis, plusieurs des villageois ont été enlevés, un adjoint palestinien de la réalisation a été assassiné par l’armée d’occupation, le village a vu les destructions s’amplifier, et, dans son second film, il n’existe plus de Palestinien. Où s’arrête « l’interconnexion » ?
En conclusion
Sous toute roche mise en exergue par la « gauche » colonialiste des bons sentiments et la petite bourgeoisie, il se cache une anguille. Et celle-là est de taille !
La validation trois ans après, lorsqu’un colon dit la vérité par l’ensemble des bonnes consciences de « gauche » pourrait surprendre. Pourtant elle vient de leur difficulté, voire de leur impossibilité à appréhender la colonisation. Pour elles et eux, la société coloniale sioniste est une société « normale », une « démocratie », comme dirait Sophie Binet. Or, si elle est une démocratie bourgeoise, et non une démocratie, à l’instar des pays impérialistes occidentaux, il est impossible d’oublier qu’elle se différencie parce qu’elle est une société de colons, et que l'identité coloniale revêt un caractère bien particulier. Dans le cadre d'un colonialisme fondé sur le remplacement démographique forcé des populations autochtones par des colons étrangers, ces derniers développent leur propre mode d'accumulation de capital, s'agissant de terres, de ressources ou de l'exploitation de la main-d'œuvre autochtone, au cours du processus d'invasion. Il s'agit d'une forme d'accumulation de richesses distincte, propre tant à la société des colons qu'aux individus eux-mêmes, s'ajoutant à celle dont bénéficie la métropole grâce à l'existence et au fonctionnement de la colonie. Parmi les six millions de colons, essentiellement d’origine européenne, seule une poignée est véritablement antisioniste ; au terme d'un long cheminement personnel pour se défaire de l'endoctrinement, ils se considèrent comme des Palestiniens, leur identité « israélienne » n'étant que le fruit d'une nécessité imposée. On peut donc l’affirmer, la quasi-totalité de la société de l’entité sioniste est une société de colons car, malgré les dissensions internes, elle soutient un régime colonial qu'elle ne remet pas en cause et sur lequel reposent ses privilèges et ses conditions matérielles. Toutes celles et tous ceux ne concevant pas le stade impérialiste, ni la nature profonde de la colonisation de substitution ne peuvent comprendre ou admettre cette réalité évidente.
Évidemment, cette analyse peut mettre mal à l’aise et coincer certains dans une contradiction difficile à dépasser. On peut d’abord se réjouir de cette réalisation, de ce dévoilement qui aide à mener le combat contre ce que commet l’État colonial sioniste avec ses soutiens impérialistes occidentaux. Et puis on le réalise, cette soi-disant capacité à se remettre en cause, fait intrinsèquement partie du système à l’œuvre au sein de l’État paria, soutenu par une majorité écrasante du peuple des colons. Et, on le mesure, les réalisateurs, aussi respectables soient-ils, sont en fait la caution d’un État irréformable. Et cela oblige tous les partisans sincères de la libération de la Palestine à regarder en face la seule voie qui permettra de sortir de l’horreur de ce génocide en temps réel : le démantèlement de l’entité coloniale sioniste génocidaire.
N° 994 10/09/2026
Douze États occidentaux sanctionnent, non pas l’État colonial sioniste, mais les colons de Cisjordanie : beaucoup de bruit pour rien
Le communiqué du 8 septembre
Le 8 septembre, Le Monde publie un article: « Onze pays européens et le Canada sanctionnent la politique d’Israël en Cisjordanie qui menace de "détruire la solution à deux Etats". ». Effectivement, dans le sillage du Royaume-Uni, la France, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, l’Islande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, la Suède, et le Canada, imposent des sanctions sur les produits issus des colonies de Cisjordanie. […] Une déclaration commune des ministres des Affaires étrangères parue le même 8 septembre l’explique. Considérant ceci : « les actions menées par le gouvernement d'Israël en Cisjordanie compromettent la possibilité d'une solution à deux États » et la situation : « se dégrade rapidement », les douze pays indiquent explicitement qu'ils proposeront des mesures nationales pour interdire le commerce de biens issus des colonies. Est notamment pointée du doigt « la décision inadmissible de publier des appels d'offre pour le projet de colonie E1 » prévoyant la construction de plus de 1 200 logements en Cisjordanie. Une mesure jugée par la philo-sioniste Kaja Kallas, « illégale en vertu du droit international ».
La volonté de certains États de l’UE de sanctionner l’entité coloniale sioniste, plus motivée par la conscience grandissante des peuples du monde de la nature fasciste et génocidaire de l’État colonial sioniste que par sympathie pour les Palestiniens, se heurte à l’opposition de certains États membres. A la fin des années 90, alors ministre des Affaire étrangères, le socialiste Hubert Védrine avait indiqué à des journalistes en marge d’un événement officiel : « A chaque fois que des sanctions sont proposées contre Israël, deux mains se lèvent pour s’y opposer, celles des ministres néerlandais et allemand. ». C’est manifestement toujours le cas, mais certains pays d’Europe de l’Est sont aussi de la partie.
La colère grandissante des travailleurs de ces douze pays oblige leurs gouvernements à hausser le ton. Il s’agit désormais d’une logique de sanctions visant l’ensemble des colonies, et non plus seulement quelques acteurs violents et organisations, tout en en rejetant la normalisation lente, sur laquelle l’entité coloniale sioniste a longtemps misé et qui a du plomb dans l’aile depuis que l’opération « Déluge d’Al-Aqsa » a remis la question palestinienne au centre des préoccupations de nombreux peuples.
Le rôle des Britanniques
Le gouvernement britannique a lancé l’affaire. Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Ed Milliband a déclaré le même 8 septembre que la Grande Bretagne ne pouvait plus simplement dénoncer l'injustice et les souffrances du peuple palestinien. Et d'indiquer à la Chambre des communes que le gouvernement britannique allait instaurer "une interdiction d'importation des marchandises provenant des colonies illégales situées dans les territoires occupés", dans le cadre d'une initiative coordonnée avec d'autres pays. Londres a également annoncé des restrictions visant certains services et entreprises liés au développement des colonies. Il a accusé le gouvernement sioniste de « fermer les yeux » sur un « nettoyage ethnique » perpétré par des « colons terroristes » en Cisjordanie. Et d’ajouter devant la Chambre des Communes : « Bien trop souvent, le gouvernement israélien a fermé les yeux sur cette situation ; pire encore, certains de ses membres ont tenu des propos et pris des mesures visant à soutenir le déplacement forcé des Palestiniens. ». Et, bien évidemment, il a aussi rappelé son attachement à l’État colonial sioniste, mêlé, comme de bien entendu, à sa judéité et mis en avant ses liens personnels (sa grand-mère s’est installée dans l’entité coloniale sioniste, après la mort de son grand-père dans un camp nazi) et renouvelé sa bénédiction à la pseudo solution à deux États. Le résultat catastrophique gageons le, des récentes élections locales pour le parti travailliste au pouvoir, a causé la démission du précédent premier ministre Keir Starmer, à cause de la défection de nombre de soutiens à la cause palestinienne et n’est pas pour rien dans ce que l’on pourrait appeler une mini volte-face.
L’entité coloniale sioniste, installée par le Royaume Unie sur la Palestine à partir de 1917 avec la Déclaration Balfour, a répondu aux sanctions de Londres et des onze autres pays occidentaux en fermant le consulat britannique à Jérusalem et en interdisant à 12 responsables britanniques de poser le pied sur le sol de la Palestine colonisée. Le ministre sioniste Gideon Saar évoque une « ingérence dans les affaires intérieures » affirmant haut et fort, une nouvelle fois, la volonté sioniste d’annexer la Cisjordanie.
Toutefois, il y a loin de la coupe aux lèvres. La Grande-Bretagne a assuré en privé aux États-Unis que les sanctions envisagées contre les colonies israéliennes illégales en Cisjordanie occupée seraient « largement symboliques » et n’auraient « aucune incidence concrète sur les relations globales du Royaume-Uni avec Israël en matière de commerce ou de sécurité ». Selon un compte-rendu du 10 Downing Street1, le Premier ministre britannique Andy Burnham et Donald Trump se sont entretenus par téléphone lundi. M Burnham aurait profité de cet appel pour informer M. Trump que le Royaume-Uni s’apprête à annoncer une interdiction des échanges commerciaux avec les colonies israéliennes illégales en Cisjordanie occupée. Après les menaces des sionistes, Trump a fait les gros yeux, mais personne n’est dupe : qui peut savoir quels sont les produits des colons venant des colonies implantées sur les territoires palestiniens ? Aucun État n’exerce de contrôle à ce sujet et l’État colonial sioniste ne fait aucune distinction dans son étiquetage.
Pour les États de l’UE, sanctions effectives ou pas ?
Malgré l’aspect poudre aux yeux, le Royaume Uni, comme la Norvège, l’Islande et le Canada, va décider effectivement de cette interdiction des importations. Mais, qu’en est-il des pays appartenant à l’Union européenne ? Le media Politico a rappelé que la mesure d’interdiction des échanges commerciaux avec les colonies dites illégales, décidée par plusieurs pays de l'UE, demeure juridiquement incertaine au regard du droit de l'Union, le commerce relevant d'une compétence exclusive de cette dernière. Les États membres peuvent effectivement agir « au nom de la sécurité nationale ou en cas de violation des droits humains et de la démocratie », mais « toute mesure prise au niveau national est évaluée afin de vérifier sa compatibilité avec le droit de l'UE ». Comprenons bien ceci les gouvernements en question sont obligés d’agir mais les sionistes demeurent leurs partenaires, le communiqué commun des douze comprend la reconnaissance des « intérêts de sécurité légitimes d’Israël », et réaffirme leur « condamnation de l'attentat terroriste du 7 octobre perpétré par le Hamas, qui constitue le pire massacre antisémite depuis la Shoah ».
De la poudre de perlimpinpin
Au total, plus d’agitation que d’effet concret. Selon l’accusation des Britanniques, le gouvernement de l’entité sioniste laisse faire ou ferme les yeux, c’est seulement une tentative d’épargner le prolongement organique de l’impérialisme occidental. Il n’existe aucune volonté de sanction contre l’entité coloniale sioniste elle-même. Rappelons ceci : 90 % des Palestiniens de Cisjordanie qui ont été assassinés depuis près de trois ans, l’ont été par l’armée coloniale d’occupation et non par les colons. L’État colonial sioniste ne laisse pas faire, ne ferme pas les Yeux, il organise l’assassinat des Palestiniens, la dépossession de leurs terres, la destruction de leurs maisons. C’est à lui qu’il faut s’en prendre si l’on veut sincèrement défendre les Palestiniens et faire cesser la colonisation. Tant que cet État colonial existera, la colonisation continuera et avec elle toutes les horreurs qu’elle entraîne.
Du côté des « sionistes de gauche », la réaction de Herzog
Le président de la République coloniale sioniste, Isaac Herzog, membre du parti travailliste, s’était signalé en signant des obus destinés au massacre de Gaza, au début de 2024 et a fait une déclaration dans laquelle il dit, entre autres : « Aujourd'hui, nous nous attendons à voir des titres annonçant certaines sanctions commerciales britanniques à l'encontre des colonies israéliennes en Cisjordanie. Si cela se produit, et si d'autres nations venaient à se joindre, je crois que cela s'avérera être une grave erreur de jugement, une décision qui se trouvera du mauvais côté de l'histoire. Les sanctions ne sont pas une solution. Le dialogue, lui, l'est. Je m'adresse à tous les gouvernements étrangers : arrêtez. Éloignez-vous de l'impasse des sanctions et des boycotts, et tournez-vous vers un dialogue constructif et vers la coopération. ».
On va attendre les réactions, en France, de la gauche sioniste, car, quand même, Herzog défend ainsi la politique de Netanyahu. Et « Netanyahu d’extrême-droite » est responsable de tout. Et celles de la gauche non sioniste, parce que Herzog piétine « le droit international et les résolutions de l’ONU ». Nous risquons d’attendre longtemps. La seule chose certaine, chez les sionistes, on n’en trouve pas un pour rattraper l’autre. De gauche, de droite ou du milieu, tous sont des colonialistes, sionistes, génocidaires.
En France, parmi les génocidaires, nous avons le CRIF, et c’est du lourd !
Le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives en France) est en réalité une seconde ambassade de l’entité coloniale sioniste ou une antenne permanente du Mossad, il a réagi à l’annonce de ces sanctions dont nous avons montré le caractère minimal, voire inexistant, dans un texte publié le 8 septembre. Nous donnons à lire l’intégralité de ce texte, car il vaut son pesant d’or. Voici d’abord le titre : « Interdiction du commerce avec les implantations israéliennes : une décision regrettable et inefficace qui ne servira pas la paix. ».
La couleur étant annoncée, voici le contenu de ce crachat colonialiste : « Le Crif déplore la décision annoncée par douze pays, dont la France, de vouloir interdire le commerce avec les implantations israéliennes en Judée-Samarie / Cisjordanie. Présentée comme un geste en faveur de la paix, cette mesure produira malheureusement l'effet inverse de celui qu'elle prétend rechercher. Alors qu'elle affirme les défendre, cette mesure frappera en effet d'abord les milliers de travailleurs palestiniens qui sont employés dans les zones concernées. Pour rappel, lorsque l'entreprise SodaStream avait dû fermer son usine sous la pression des campagnes de boycott, des centaines de salariés palestiniens avaient alors perdu leur emploi. Vouloir soutenir une solution diplomatique au Proche-Orient est une chose. Choisir pour cela de pénaliser précisément les îlots de coopération où, malgré un contexte difficile, Israéliens et Palestiniens travaillent côte à côte en est une autre. Cette annonce traduit ensuite une singularisation d'Israël qui interroge. Le monde compte des dizaines de conflits territoriaux, de Chypre du Nord au Cachemire. Combien ont donné lieu à une telle mesure d'interdiction ? Cette focalisation du monde occidental sur le seul conflit israélo-palestinien, qui mobilise une énergie diplomatique sans équivalent, dit moins l'attachement au droit international que le regard particulier porté sur l'État juif. Cette annonce sera en outre sans le moindre effet sur la paix. Comme la reconnaissance d'un État palestinien l'an dernier, cette annonce ne modifiera en rien les paramètres du conflit sur le terrain et relève avant tout de la gesticulation diplomatique symbolique. La paix ne se décrète pas par des sanctions unilatérales : elle se construira par la négociation et la coopération entre Israéliens et Palestiniens. Pour être utile à la paix, la diplomatie devrait agir pour obtenir le désarmement du Hamas et veiller à une position d'équilibre ne faisant pas peser uniquement sur Israël la responsabilité du conflit. Enfin, dans un contexte pré-électoral en France, cette annonce ne manquera pas de renforcer la rhétorique antisioniste de LFI, nourrissant un climat de suspicion et d'hostilité vis-à-vis des Juifs au nom de leurs liens réels ou supposés avec Israël. ».
On peut d’abord se permettre quelques remarques de vocabulaire. Au lieu d’utiliser le terme de Cisjordanie, employé depuis belle lurette, le CRIF y ajoute le nom, soi-disant d’origine biblique de « Judée/Samarie ». Ce simple ajout vaut adhésion au récit mythologique donc faux, tenu par les sionistes affichant un extrémisme religieux, souvent de façade, avec tout le charabia, Dieu a donné la terre, le peuple élu, etc. sous le regard goguenard de feu David Ben Gourion disait : « Dieu n’existe pas, mais il nous a donné une terre. ». Les fameuses colonies illégales sont appelées systématiquement dans le texte « implantation » par le CRIF.
L’argument des licenciements fait partie de la vieille ritournelle de la propagande sioniste quand il s’agit de combattre le boycott. Mais parler des colonies de Cisjordanie comme des « îlots de coopération » où « Israéliens et Palestiniens travaillent côte à côte » nous laisse pantois et change tellement du discours beaucoup plus cynique et beaucoup plus réel des colons eux-mêmes. Non, les colonies sont des lieux où les colons s’implantent après en avoir chassé les Palestiniens qui y vivaient auparavant, après leur avoir volé leurs terres et détruit leurs maisons. Ils ne côtoient pas les Palestiniens en-dehors des agressions et des assassinats, ils les chassent ou les tuent. C’est du colonialisme de substitution, les colons remplacent les autochtones. Les produits de la terre comme les avocats qu’on peut vendre en France avec l’étiquette « Israël » venant alors de Cisjordanie ne sont pas cultivés ni récoltés par des Palestiniens exploités, mais par les colons et des travailleurs asiatiques surexploités. Passons sur la paix, puisque même s’il parle de préserver la solution à deux États, le ministre Milliband met surtout en avant le nettoyage ethnique évoqué par le CRIF, même pour le nier. Qui ne dit mot consent.
L’insistance à parler de conflit israélo-palestinien et de le banaliser comme un des nombreux autres conflits meurtriers est une donnée majeure de la propagande sioniste. Il n’existe pas de conflit israélo-palestinien. Il y a une guerre coloniale, menée depuis au moins 1948 par des colons essentiellement d’origine européenne contre le peuple originel de Palestine dans le but de les déporter, de les exterminer et de s’installer à leur place, sur leurs terres. Il y a une guerre de libération nationale menée par le peuple palestinien à travers sa Résistance armée pour libérer son pays, de la mer au Jourdain et pouvoir vivre en paix sur la terre de ses parents, de ses grands-parents, de ses ancêtres. La guerre de libération nationale de la Palestine est à la fois unique, différente des natures des guerres impérialistes ou d’agression impérialiste menées dans le monde, et elle est nodale pour l’émancipation des peuples par rapport à l’impérialisme occidental.
Quant à dire que les dirigeants occidentaux font peser uniquement sur l’entité coloniale la responsabilité du conflit, cela devrait faire pousser le nez des rédacteurs du texte bien plus que celui de Pinocchio. A coup de « Israël a le droit de se défendre », de « 7 octobre antisémite », de « seule démocratie du Moyen Orient » de « apologie du terrorisme » ou encore de « antisémitisme déguisé en antisionisme », les gouvernants et leurs séides des media, en France et dans nombre d’États impérialistes occidentaux ont soutenu l’entité coloniale sioniste de bout en bout dans son opération génocidaire qu’ils passent leur temps à nier. C’est assez ingrat de la part du CRIF, quand on sait comment l’État bourgeois français a mobilisé ses forces spéciales de répression, police et justice, réprimant les partisans de la libération nationale de la Palestine, au grand bonheur du CRIF.
Passons aussi sur le leitmotiv du désarmement du Hamas, consistant à priver la Résistance du seul moyen de se défendre. Pour le coup, le CRIF ne ment pas, désarmer la Résistance pour pouvoir « finir le travail » comme l’a dit impunément le grand rabbin de France, est l’obsession de tous les sionistes et de tous leurs alliés, car le caillou dans la chaussure fait décidément trop mal quand il faut descendre des avions, cesser de combattre à distance avec des missiles ou des drones et poser le pied sur le sol de Gaza pour affronter la Résistance. Passons aussi sur l’habituelle instrumentalisation des juifs assimilés par le CRIF à l’entité sioniste, assimilation et instrumentalisation ayant une conséquence, faire augmenter l’antisémitisme. Mais le CRIF n’en a cure, bien au contraire, car cela sert son récit mensonger comme quoi les partisans de la Palestine libre font monter l’antisémitisme.
Enfin, les militants de la France Insoumise peuvent remercier le CRIF faisant d’eux, bien à tort, les parangons de l’antisionisme, malgré leur « Le Hamas a commis des crimes de guerre » ou leur « Bibi et le Hamas sont les deux faces d’une même médaille, celle du sang perpétuel » et leur adhésion, à l’exception notable de Rima Hassan, comme l’ensemble de la gauche non sioniste à la solution à deux États. Les fascistes sionistes mettent en avant, comme leur adversaire, les colonialistes des bons sentiments. La seule question à se poser est la suivante : le CRIF sait-il qu’à chaque fois qu’il désigne Mélenchon et LFI comme le symbole de l’antisionisme, il leur fait gagner des voix ?
Finalement, le seul moment où le CRIF ne ment pas, c’est quand il parle de gesticulation diplomatique symbolique et dit que, comme la reconnaissance de la Palestine, annoncée avec tambours et trompettes, ces mesures, si tant est qu’elles soient mises en place, n’auront aucun effet sur la situation concrète. Il faudrait de vraies sanctions contre l’État colonial sioniste, rupture des relations diplomatiques, fin de l’approvisionnement direct ou indirect en armes et munitions, arrêt complet du commerce avec les génocidaires. Mais cela n’est absolument pas dans les intentions des dirigeants impérialistes occidentaux, ils donnent vaguement de la voix simplement car le monde entier sait pour le génocide et qu’une partie de plus en plus importante des populations de leurs pays s’en émeut.
Opération « Déluge d’Al-Aqsa » : on nous ressort la fable « Ils savaient »
La révélation faite à Naftali Bennet
Il y aura bientôt des élections générales dans l’entité coloniale sioniste et les adversaires de Netanyahu lance tous azimuts des attaques contre lui sur le thème : « Pour le 7 octobre, Netanyahu savait tout et il n’a rien fait ». L’un de ceux, en campagne contre lui (une vaste coalition de sionistes allant de la gauche à la droite), le réactionnaire Naftali Bennet, ancien premier ministre, a appris par Haaretz que le chef des Émirats Arabes Unis aurait averti Netanyahu dix jours à l’avance de l’imminence d’une attaque venue de Gaza. D’habitude la fable se décline sous la forme : les services secrets égyptiens auraient prévenu leurs homologues sionistes. Mais, incriminer les chefs du Mossad ou du Shin Beth n’a aucune utilité dans la campagne électorale, le seul et unique coupable doit être Netanyahu.
Et voila Bennet se déchaînant. Il accuse Netanyahu d'assumer une « responsabilité personnelle et directe » pour les échecs ayant conduit à l'attaque. Il a qualifié la réponse de Netanyahu de « négligence criminelle », affirmant qu'il n'a pas « prévenu les responsables des services de sécurité », ni « préparé Israël à une attaque », ni « convoqué le cabinet ». Au lieu de cela, il a déclaré que Netanyahu « alimentait le Hamas », en transférant davantage d'argent, en promettant des effectifs supplémentaires et en poursuivant une politique de « rachat d'une paix temporaire tout en se soumettant à la terreur ». Déclarant ensuite Netanyahu :« tellement absorbé par sa propre conception » que même les avertissements des dirigeants régionaux n'avaient pas réussi à changer son approche. Il a enfin souligné Netanyahu : « ne peut plus continuer à exercer ses fonctions une minute de plus » et a accusé le gouvernement de bloquer la création d'une commission d'enquête « par crainte de révéler la terrible vérité ».
Il n’est pas nécessaire d’être un grand expert es sionisme ni es Proche Orient pour comprendre qu’il s’agit là d’une bagarre politicienne en vue des élections prochaines.
Une position classique coloniale
Or nous savons, outre la question électorale interne, ce qui motive ce genre « d’information » pour les colonialistes. Pour l’expliquer, le mieux est de laisser la parole à la Résistance palestinienne. Selon un communiqué des brigades Al-Qassam (branche armée du Hamas) destiné à expliquer en détail le déroulement de l’opération, à propos des affirmations de ceux (déjà) suggérant que la direction sioniste savait et avait laissé faire : « Suggérer que l’entité sioniste a laissé faire ou que Netanyahu était au courant implique que les forces de la résistance palestinienne n’auraient pu réussir par elles-mêmes sans une forme de permission des sionistes est, en outre mélangé. Cette théorie du complot relève, par essence, d’une arrogance coloniale et raciste. Elle réduit les Palestiniens à des êtres incompétents, incapables de vaincre leur occupant grâce à leur propre intelligence, discipline, courage, planification et capacité militaire. Lorsque les Palestiniens font preuve de leur propre capacité d’action et de leur puissance, même en subissant un siège brutal, des bombardements et des sanctions, les mentalités coloniales cherchent désespérément à y voir la main des sionistes ; car admettre que les Palestiniens ont surpassé l’occupation terroriste réduirait en miettes la mythologie qu’ils ont mis des décennies à bâtir. Comme si la force d’occupation terroriste sioniste n’avait pas été humiliée le 7 octobre. Comme si les Palestiniens ne pouvaient accomplir un tel exploit que parce que leur occupant l’avait secrètement autorisé. Non. Les Palestiniens possèdent leur propre capacité d’action, leur intelligence, leur savoir-faire militaire, leur stratégie et des compétences d’ingénierie de haut niveau... Leur dénier cette capacité d’action, simplement parce que les sionistes ne supportent pas l’idée qu’un peuple occupé puisse surpasser et déjouer la force d’occupation, relève du racisme colonial. ».
Eh oui, la Résistance palestinienne a déjoué la force d’occupation sioniste, soutenue par des milliers de milliards de dollars, des armes nucléaires et une protection mondiale. Et non, les sionistes n’ont pas laissé le 7 octobre se produire ; l’entité sioniste génocidaire, dans toute son arrogance, a été humiliée, et elle ne peut l’accepter. Un autre passage du même communiqué permet un lien avec la situation actuelle au sein de l’entité sioniste : « Alors, pourquoi ces mensonges sont-ils propagés ? Parce que les libéraux sionistes ne s'opposent pas au génocide. Ils s'opposent aux dégâts qu'il cause à leur image. Ils veulent le départ de Netanyahu, non pas parce qu'il est un criminel de guerre, mais parce qu'il est devenu un handicap pour l'image qu'ils cherchent à vendre au monde. Ils veulent le remplacer par un gouvernement d'opposition qui poursuivrait le siège, le déplacement forcé et l'extermination des Palestiniens, mais avec une meilleure communication. Et Haaretz joue son rôle en cherchant à redorer l'image de l'opposition sioniste génocidaire, qui ne diffère en rien du Likoud terroriste. ».
Pourquoi la « gauche » française relaie-t-elle « Netanyahu savait » ? La position héritée de Voltaire
Le problème, les libéraux sionistes et les sionistes de gauche ne sont pas les seuls à relayer ces billevesées. La gauche non sioniste, celle que nous qualifions de « colonialiste des bons sentiments », fait de même. Le problème, chez nous, sur les réseaux sociaux, elle relaie « ad nauseam » ces élucubrations électorales y croit dur comme fer gratifiant des « On vous l’avait dit » en forme de cocoricos triomphants. Non seulement la gauche tombe dans le panneau, ressort sur les réseaux ses vieux démons (Netanyahu et le Hamas) emboîtant le pas de Bennet.
Bien sûr, c’est lié à sa ligne consistant à ne pas critiquer le sionisme en général, ne surtout pas demander le démantèlement de l’entité coloniale sioniste, mais de tout se fixer sur un ennemi quasi unique : Netanyahu d’extrême-droite en réservant des miettes pour Ben Gvir et Smotrich. Mais ce n’est pas la raison profonde. Ce qui explique à la fois cette ligne et le relais massif de l’idée « Netanyahu savait et a laissé faire », c’est que, dans leur grande majorité, les gens de « gauche » refusent d’analyser correctement la situation coloniale en Palestine. Et la raison en est simple, ils sont indélébilement marqués par l’héritage idéologique de la colonisation, de l’impérialisme français, des « Lumières » de Voltaire. Leur position consiste à dénigrer le Hamas ou la Résistance armée, expliquant aux Palestiniens qui doit organiser la résistance et comment. Toujours les mêmes parlent de paix et non de libération nationale de la Palestine. Les mêmes parlent de « solution à deux États » permettant de facto le maintien de la colonisation. Les mêmes, encore parlent de « complicité » des impérialistes occidentaux et non de leur implication directe dans la colonisation.
Pourquoi la « gauche » française relaie-t-elle « Netanyahu savait » ? Changer le sens du 7 octobre 2023
L’action de la Résistance, le 7 octobre 2023, a permis de « sortir la poussière de sous le tapis », de remettre en exergue la cause palestinienne et que des millions de travailleurs dans le monde découvrent ou redécouvrent la question coloniale et la lutte armée contre les créatures de l’impérialisme occidental à travers le symbole de la Palestine. Malgré toutes les horreurs qu’elle subit, la Palestine est, en France comme ailleurs, le miroir révélateur de l’adhésion de beaucoup de politiciens, intellectuels, syndicalistes au système capitaliste, au stade impérialiste, à la vision dominante occidentale baptisée sous le nom usurpé de « Lumières ».
Or la position « Netanyahu savait et a laissé faire » change le sens de l’opération « Déluge d’Al-Aqsa » et la réduit à une « combinazione » de la direction sioniste, cela revient à dire, non pas qu’elle a permis au monde de comprendre le sionisme mais qu’elle a permis aux sionistes de massacrer Gaza. L’argument des compradores de Ramallah est repris là par notre gauche.
Pourtant, le communiqué évoqué plus haut, toujours dans l’idée de documenter la journée du 7 octobre 2023, cite les paroles d’Izz al-Din al-Haddad, membre du Conseil militaire général des Brigades Al-Qassam, tué au combat par les sionistes : « Nous avons saisi des informations nous révélant les plans de l’ennemi et le calendrier d’une guerre dévastatrice contre la bande de Gaza, quelques jours avant le 7 octobre. Le plan de l’ennemi consistait à lancer une attaque aérienne surprise visant toutes les factions de la résistance, suivie d’une offensive terrestre massive et destructrice. L’opération "Déluge d’Al-Aqsa" est une opération militaire préventive. L’unité de renseignement et de sécurité d’Al-Qassam a piraté l’un des serveurs de l’Unité 8200 des forces d’occupation (IOF), accédant notamment aux réseaux terroristes du Shin Bet et du Mossad. Ils ont réussi à pénétrer ce qui est considéré comme les systèmes de renseignement et militaires les plus protégés et les plus lourdement fortifiés au monde, saisissant ainsi des informations et des documents appartenant à l’occupation. ». Et, cela, Haaretz n’en dit mot, pourtant, on peut dire que la donne en est sacrément changée.
Nous-mêmes avons relayé et relaieront probablement encore des articles de Haaretz, seul journal de l’entité sioniste à défendre un point de vue différent et à aller à la pêche aux informations. Mais cela ne nous fait pas oublier que Haaretz reste dans le monde sioniste. Si Gideon Levy critique fortement le notion de peuple élu ou la victimisation de l’agresseur colonial sioniste, la rédaction de Haaretz est majoritairement composée de gens ne remettant absolument pas en cause l’existence de l’État colonial sioniste et qui, pour ce qui est des élections à venir, a choisi son camp.
En conclusion
A la lumière de tout cela, nous voyons bien en quoi la gauche française et avec elle une part non négligeable des gens pensant défendre la Palestine, en relayant « Netanyahu savait » ont une position coloniale. Pour défendre la Palestine, il faut être les porte-voix de celles et ceux que l’on veut effacer. Et, donc, il faut dénoncer, certes, dénoncer les bombardements n’ayant jamais cessé, la destruction systématique des habitations à Gaza, un modèle qui ressert au Sud du Liban, dénoncer la torture dans les prisons, dénoncer le commerce avec les colonies sionistes en Cisjordanie occupée, les Bédouins chassés de chez eux dans le Néguev occupé et l’occupation et la colonisation de la Palestine, en général. Et dénoncer aussi toutes les personnes publiques favorables au génocide est une nécessité, afin que chacune d’elles et chacun d’eux ne puisse continuer à afficher des positions favorables à l’État colonial sioniste. Mais dénoncer ne suffit pas. Surtout, il ne faut pas considérer le peuple Palestiniens et sa Résistance comme des victimes, quelle que soit l’ampleur de l’oppression qu’ils vivent et supportent, mais comme un peuple construisant sa propre libération nationale. Il ne faut pas en rester aux explications de notre « gauche » bien-pensante sur la soi-disant « paix juste et durable » elle n’est rien d’autre que la paix coloniale et ne remettant jamais en doute l’existence de l’État colonial sioniste, autant dire la poursuite de la colonisation.
Quant un militant se pensant solidaire de la Palestine dit « Vous voyez, Netanyahu savait, on vous l’avait dit ! », en emboîtant le pas aux « libéraux sionistes », cela relaie, de manière évidente, l’idée que les Palestiniens n’étaient pas capables d’organiser tous seuls une opération militaire aussi réussie et il a forcément fallu que les sionistes les aident. Cela révèle donc, encore plus peut-être que d’autres brillantes idées de la « gauche » sur la question palestinienne, une impossibilité de s’extirper de la matrice colonialiste. Quiconque dénonce Netanyahu parce qu’il savait et a laissé faire adopte une position coloniale et suprémaciste, une défense, involontaire peut-être, de l’impérialisme français et de son récit des « Lumières ». Voilà, une nouvelle fois mise à nu, la raison fondamentale pour laquelle le mouvement de solidarité avec la Palestine libre est moins important en France que chez nos voisins : le poids de notre propre histoire coloniale, vaguement dénoncée mais jamais remise en cause.
Nous le disons à nouveau ; les Résistants palestiniens combattent le même ennemi nous opprimant: l’impérialisme occidental. Leur victoire serait un signal fort pour notre propre émancipation. Un peuple luttant pour sa libération nationale, contre une créature des impérialistes occidentaux, lutte aussi contre la colonisation et ses présupposés idéologiques qui gangrènent aujourd’hui l’ensemble de la « gauche » française.
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, le combat de la Résistance palestinienne, qui affronte directement la pointe avancée de l’impérialisme occidental est vital pour les prolétaires de l’ensemble de la planète ; les Palestiniens sont un peuple acteur de sa propre histoire, en lutte contre le sionisme, l'impérialisme et la réaction, pour sa libération nationale, un long combat dont nous devons reconnaître la centralité et le caractère stratégique pour notre propre émancipation.
(1) La résidence du premier ministre britannique, équivalent de l’hôtel Matignon en France.
N° 992 24/08/2026 Un fil des déclarations des sionistes et de leurs alliés en un peu plus d’une semaine
Le 11 août dernier, plus de 1 500 Français disposant aussi de la nationalité de l’entité sioniste, se sont rendus en Palestine occupée pour participer à une manifestation à Hébron aux côtés de Bezalel Smotrich, Itamar Ben Gvir et Niki Kupfer Naouri. Ils ont défilé dans cette ville palestinienne pour réclamer la colonisation totale d’Hébron et de la Cisjordanie, alors que les habitants palestiniens y sont soumis à de fortes restrictions de déplacement et se font chasser ou tuer quotidiennement par les colons et l’armée d’occupation. Bien entendu, aucune mesure française n’a été prise à l’encontre des participants.
Le 17 août, l'ambassadeur de l’entité coloniale sioniste en Autriche suggère que tout Palestinien âgé de 16 ou 17 ans devrait être tué.
Le 18 août, Eli Hazan, nouveau directeur du bureau de presse du gouvernement de l’État colonial sioniste, a lâché une bombe dans une interview. Ancien porte-parole du Likoud, il assume sans filtre sa stratégie de communication. « La vérité n’a plus d’importance. Les faits n’ont plus d’importance. », déclare-t-il calmement. « Nous devons inonder les réseaux sociaux avec de fausses informations pour défendre Israël. ».
Le 19 août, France Info évoque les déclarations du sinistre fasciste Ben Gvir, disant que l’armée d’occupation sioniste devrait tuer 30 à 40 Palestiniens de Gaza chaque jour. Le media d’État ultra-réactionnaire parle de « déclarations polémiques », qui « divisent la société israélienne et inquiètent la communauté internationale », mais ne dénonce ni ne condamne le ministre génocidaire. Le même jour, notre ministre Barrot trouve ces déclarations « insupportables et inhumaines » ; mais n’a toujours pas, ne serait-ce qu’un mot, pour dénoncer les 10 à 15 assassinats quotidiens à Gaza, perpétrés par l’armée coloniale sioniste. Il en reste à son credo, prononcé voilà quelques semaines : « Il y a désormais un cessez-le-feu à Gaza, certes imparfait, violé, mais qui existe. ».
Le 20 août, la « justice » de l’État colonial sioniste génocidaire classe sans suite l’affaire concernant la mort de travailleurs humanitaires américains, canadiens, britanniques, européens et australiens de la WKC, tués lors d’une attaque au missile de l’armée d’occupation sioniste à Gaza. Le commandant israélien ayant ordonné le massacre, Nochi Mendel, a été promu à la tête de l’unité « Implantations et infrastructures nationales » au sein du ministère israélien de la Défense. Lui-même colon fanatique, avant de perpétrer ce massacre, avait signé une pétition réclamant que l’on affame deux millions de Palestiniens à Gaza. Nochi Mendel a bénéficié du soutien total du conseil des colons israéliens illégaux, qui lui a même envoyé une boîte de chocolats pour célébrer le crime de guerre qu’il a commis. Comme à l’habitude, le gouvernement de l’entité sioniste et ses magistrats, la société sioniste récompensent les soldats se rendant coupables d’actes génocidaires.
Le 21 août, le fasciste Ben Gvir commet de nouvelles déclarations : « Nous avons déjà démoli plus de 10 000 maisons de Palestiniens ; il n'y a pas de meilleur son que celui des engins détruisant leurs maisons. On m'appelle le ministre des démolitions, c'est un compliment. ». Il a d’ailleurs coutume de se rendre en personne sur place afin de se moquer des Palestiniens dont il fait détruire la maison.
Le même jour, donnant un concert à Tel Aviv, où il s’est réfugié pour fuir le boycott culturel, le chanteur sioniste génocidaire Amir a déclaré : « Israël offre la lumière au monde en entier. ».
Encore le même jour, des Palestiniens de Gaza ont découvert une fosse commune remplie de corps en décomposition de femmes et d'enfants, les mains liées dans le dos avec des attaches en plastique.
Toujours le même jour, un chirurgien britannique rentré de Gaza a déclaré lors d’une conférence de presse : « Les corps des enfants palestiniens sont restitués avec les cœurs, les poumons et les foies retirés. ».
Enfin, le 23 août, le ministre de la Guerre de l’entité sioniste, Israel Katz, a ordonné à l'armée de répondre militairement « immédiatement et avec force » aux cerfs-volants lancés depuis Gaza par des enfants de 12 ans. Il a appelé à traiter ces cerfs-volants « comme des drones » et leur lancement, même sans explosif, « comme un acte de guerre ».
Ce florilège n’est, bien sûr, pas exhaustif, mais il donne une idée de l’ambiance dans l’entité coloniale génocidaire où l’ensemble de la population coloniale fait corps avec son gouvernement et souhaite le but du projet sioniste : la mort ou la déportation de tous les Palestiniens.
Du côté de la Turquie
Le 21 août dernier, le ministère turc de la Justice, Akin Gurlek, a saisi les ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères du pays demandant l'émission d'une notice rouge d'Interpol à l'encontre du premier ministre de l’État colonial sioniste, Benyamin Netanyahu, accusé de crimes contre l'humanité et de génocide, conformément aux mandats d'arrêt émis le 14 juillet 2026 à l'encontre de Netanyahu pour accusation de génocide. Le ministre Gurlek a aussi déclaré : « Nous rejetons catégoriquement les affirmations selon lesquelles l'administration Netanyahou, qui mène une politique de génocide à Gaza, serait intouchable. Nous ne tolérerons aucun silence autour des crimes perpétrés à Gaza. ».
Le Parti Révolutionnaire Communistes ne se fait aucune illusion sur le gouvernement turc. Mais il faut tout de même noter cette évolution, au moins en termes de posture, en un temps ou les tensions entre les gouvernements turc et sioniste s’exacerbent.
Ghassan Kanafani et la lutte de la Résistance palestinienne
Né en 1936 à Acre, réfugié victime de la Naqbah en 1948, Ghassan Kanafani est un écrivain et journaliste palestinien. Il fut aussi un important militant de la Résistance marxiste-léniniste palestinienne, faisant partie des fondateurs du FPLP, dont il fut le porte-parole et rédigea le programme en 1969. Il est assassiné par le Mossad le 8 juillet de 1972, et sa nièce également, âgée de 17 ans, par l’explosion d’une bombe placée dans sa voiture.
Sa veuve, Anni Hǿver-Kanafani, avait écrit ces quelques mots en hommage à son défunt compagnon, nous les publions : « L’amour de la vie exige la violence. Ghassan n’était pas pacifiste. Il a été tué dans le cadre de la lutte des classes, tout comme Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg, Ernst Thälmann, Lumumba et Che Guevara. Tout comme eux, il aimait la vie. Comme eux, il percevait la nécessité de la violence révolutionnaire comme un acte d’autodéfense face à l’oppression exercée par les classes exploiteuses. Malgré les menaces répétées pesant sur sa vie, il ne s’est pas laissé soumettre. Le mouvement de libération palestinien a été contraint de répondre à la violence par la violence ; il s’est sacrifié dans une lutte inégale et a dû affronter la mort au quotidien. Peu avant son assassinat, un correspondant occidental a demandé à Ghassan : "La mort a-t-elle un sens pour vous ?". « Bien sûr, la mort a une grande signification. L’essentiel est d’en comprendre la raison. Le sacrifice de soi, dans le contexte de l’action révolutionnaire, témoigne de la compréhension la plus élevée de la vie et de la lutte pour rendre la vie digne d’un être humain. Pour l’individu, l’amour de la vie se mue en amour pour la vie des masses populaires ; il refuse que leur existence demeure marquée par une misère, des souffrances et des épreuves incessantes. Ainsi, sa conception de la vie devient une vertu sociale, capable de convaincre le militant que le sacrifice de soi constitue une rédemption pour la vie de son peuple. C’est là l’expression ultime de l’attachement à la vie". ».
Ce court texte en dit plus long sur le sentiment des Résistants palestiniens et de tous les militants révolutionnaires engagés dans la lutte armée ou son soutien qu’une longue dissertation.
En conclusion
Chaque semaine, chacun peut, s’il ou elle s’y intéresse, faire un état des lieux macabres des déclarations des colonialistes sionistes et des exactions et massacres qu’ils commettent. Si nous terminons par les mots de Ghassan Kanafani et l’hommage de son épouse, c’est pour dire une fois de plus qu’il ne faut pas considérer le peuple Palestinien et sa Résistance comme des victimes, quelle que soit l’ampleur de l’oppression qu’ils vivent et supportent, mais comme un peuple construisant sa propre libération nationale. L’action de la Résistance, le 7 octobre 2023, a permis de « sortir la poussière de sous le tapis », de remettre en exergue la cause palestinienne et que des millions de travailleurs dans le monde découvrent ou redécouvrent la question coloniale et la lutte armée contre les créatures de l’impérialisme occidental à travers le symbole de la Palestine. Malgré toutes les horreurs subies, la Palestine est, en France comme ailleurs, le miroir révélateur de l’adhésion de beaucoup de politiciens, intellectuels, syndicalistes au système capitaliste, au stade impérialiste, à la vision dominante occidentale baptisée sous le nom usurpé de « Lumières ».
Soyons les porte-voix de celles et ceux que l’on veut effacer. Et, donc, dénonçons, certes, mais ne nous contentons pas de dénoncer. Cela signifie ne pas en rester aux explications de notre « gauche » bien-pensante sur la soi-disant « paix juste et durable » n’étant la paix coloniale, rien d’autre et qui ne remet jamais en doute l’existence de l’État colonial sioniste autant dire la poursuite la colonisation. Dans leur grande majorité, les gens de « gauche » refusent d’analyser correctement la situation coloniale en Palestine. Et la raison en est simple, ils sont indélébilement marqués par l’héritage idéologique de la colonisation, de l’impérialisme français, des « Lumières » de Voltaire. Leur position consiste à dénigrer le Hamas ou la Résistance armée, expliquant aux Palestiniens qui doit organiser la résistance et comment. Les mêmes, toujours, parlent de paix et non de libération nationale de la Palestine. Les mêmes parlent de « solution à deux États » permettant de facto le maintien de la colonisation. Les mêmes encore parlent de « complicité » des impérialistes occidentaux et non de leur implication directe dans la colonisation. Ce sont enfin les mêmes qui tentent objectivement d’épargner l’impérialisme français en le disant sous pression des lobbies comme le CRIF. Dans ce cadre, la dénonciation de toutes les personnes publiques favorables au génocide est une nécessité, afin que chacune d’elles et chacun d’eux ne puisse continuer à afficher des positions favorables à l’État colonial sioniste.
Nous le disons à nouveau ; les Résistants palestiniens combattent le même ennemi qui nous opprime : l’impérialisme occidental. Leur victoire serait un signal fort en faveur de notre propre émancipation. Un peuple luttant pour sa libération nationale, contre une créature des impérialistes occidentaux, lutte aussi contre la colonisation et ses présupposés idéologiques qui gangrènent aujourd’hui l’ensemble de la « gauche » française.
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, le combat de la Résistance palestinienne, qui affronte directement la pointe avancée de l’impérialisme occidental est vital pour les prolétaires de l’ensemble de la planète ; les Palestiniens sont un peuple acteur de sa propre histoire, en lutte contre le sionisme, l'impérialisme et la réaction, pour sa libération nationale, un long combat dont nous devons reconnaître la centralité et le caractère stratégique pour notre propre émancipation.
N° 991 19/08/2026 Les 7, 8 et 9 août s'est tenu à la Havane la 24éme rencontre internationale des partis communistes et ouvriers. Plusieurs dizaines d'organisations y ont été invitées et y ont participé. Cette rencontre était placé sous le thème de : " Défendre et honorer l'héritage de la Révolution cubaine à l'occasion du centenaire de la naissance de Fidel et consolider la solidarité avec Cuba socialiste ; renforcer les actions conjointes et unir nos forces pour la paix et contre l'agression impérialiste. "
Les documents associés à cette rencontre, ainsi que la déclaration finale1 sont disponibles sur le site solidnet2.
Nous reproduisons ci-dessous l'intervention du Parti Communiste de Palestine.
Intervention PC Palestine à la 24e Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers à La Havane, Cuba (7-9 août 2026)
Camarades, Secrétaire général du Parti communiste de Cuba, dirigeants et représentants des partis communistes et ouvriers, invités de marque.
Au nom du Parti communiste palestinien, parti de la classe ouvrière palestinienne, nous vous adressons nos plus vives salutations révolutionnaires, espérant le succès de notre 24e Rencontre internationale dans sa lutte pour unifier les rangs de notre mouvement communiste face à la féroce offensive impérialiste contre nos peuples. Nous adressons également un salut particulier, empreint de respect et d'admiration, au peuple révolutionnaire cubain et à son Parti communiste, alors que nous nous réunissons aujourd'hui sur la terre inébranlable de la Révolution cubaine, confrontée aux plus grandes attaques impérialistes et à l'injuste blocus économique et financier depuis le débarquement de la Baie des Cochons. Cette réunion coïncide avec le centenaire de la naissance du père de la Révolution cubaine, l'immortel camarade Fidel Castro, et se tient à proximité des foyers de l'impérialisme, là où le peuple cubain libre a bâti le socialisme et prouvé au monde que les peuples sont capables de victoire. Nous réaffirmons notre pleine solidarité avec Cuba et exigeons son retrait définitif de toute liste unilatérale d'organisations terroristes. Camarades, Notre réunion se tient dans un contexte international extrêmement complexe, marqué par une dangereuse accélération des transformations internationales. Le capitalisme mondial, dans sa phase impérialiste, traverse une profonde crise structurelle : une crise persistante de surproduction. Historiquement, le capitalisme a résolu ses contradictions et ses crises en déclenchant des guerres, qu'il s'agisse de conflits de grande ampleur comme les Première et Seconde Guerres mondiales, ou de conflits plus restreints au Vietnam, en Corée, en Irak, en Afghanistan et, plus récemment, en Iran. Aujourd'hui, cette lutte impérialiste acharnée pour les matières premières, les marchés, les routes commerciales et l'énergie s'intensifie. Les puissances capitalistes, menées par l'impérialisme américain et ses alliés, recourent à la militarisation et à l'exacerbation des tendances chauvines, de l'extrême droite, des régimes racistes et du fascisme lorsque la démocratie bourgeoise se révèle incapable de contenir ces crises. La position marxiste-léniniste de principe affirme que les guerres entre puissances capitalistes visent toujours à contrôler les sources de richesse. Par conséquent, notre parti considère la guerre russo-ukrainienne comme l'expression de la crise et des contradictions du système capitaliste mondial, ainsi que de la lutte que se livrent les puissances impérialistes pour l'influence, les intérêts et les positions stratégiques. Cette guerre ne peut être comprise indépendamment des politiques d'expansion militaire de l'OTAN et de l'hégémonie américaine suite à l'effondrement du socialisme en Union soviétique. Parallèlement, le recours à la force militaire par la Russie et sa violation de la souveraineté ukrainienne sont injustifiables. La Russie d'aujourd'hui est un État capitaliste gouverné par des intérêts de classe et géopolitiques, et non une alternative socialiste à l'hégémonie occidentale. La position de principe des forces communistes et ouvrières repose sur le rejet des guerres impérialistes sous toutes leurs formes et sur le refus d'instrumentaliser les peuples dans les conflits des grandes puissances. Les premières victimes de cette guerre sont les travailleurs, les masses laborieuses et le peuple, tandis que les entreprises d'armement et les grands monopoles en tirent profit. La solution réside donc dans la cessation des hostilités, la recherche d'une solution politique garantissant les droits et la souveraineté des peuples, et la lutte pour un ordre international plus juste, fondé sur la paix et la coopération entre les nations, affranchi de toute hégémonie et de toute polarisation militaire.
L’offensive capitaliste et impérialiste contre nos peuples a pris sa forme fasciste la plus brutale dans notre région, sous l’égide de l’alliance entre le sionisme fasciste et l’extrémisme religieux. La guerre contre la bande de Gaza est devenue l’un des crimes les plus odieux de génocide, de nettoyage ethnique et de famine systématique des temps modernes, visant à briser la volonté de notre peuple et à le déraciner de sa terre. Parallèlement, la Cisjordanie, y compris Jérusalem occupée, est confrontée aux formes les plus viles d’apartheid et à une expansion effrénée des colonies. La Cisjordanie est divisée par plus de 1 300 portiques électroniques et points de contrôle militaires, la transformant en enclaves et zones isolées afin d’éradiquer la présence historique de notre peuple. Cette agression criminelle sioniste ne s’est pas limitée à la Palestine, mais s’est étendue à notre Liban frère et à son peuple résilient, par une attaque brutale ciblant des zones résidentielles et des civils, et une violation flagrante de sa souveraineté nationale. Il s'agit d'une tentative sioniste-impérialiste flagrante d'étendre le champ de la guerre et d'imposer la soumission aux forces de résistance dans la région. De cette tribune, nous déclarons notre solidarité internationale indéfectible avec le peuple libanais frère et sa vaillante résistance face à cette brutale agression sioniste. Dans ce même contexte, les agressions et menaces répétées des Américano-sionistes et contre l'Iran et sa souveraineté sont perçues comme faisant partie intégrante de la stratégie impérialiste visant à subjuguer toute la région et à démanteler tout axe qui entrave l'hégémonie absolue de l'impérialisme américain et de son allié sioniste sur les ressources énergétiques et les voies maritimes stratégiques. Nous considérons cette agression comme une tentative d'imposer de nouvelles équations coloniales par la force des armes et des sanctions économiques étouffantes. Nous réaffirmons notre position de principe, qui consiste à défendre le droit absolu des peuples à protéger leur souveraineté et leur indépendance nationale face aux desseins impérialistes qui cherchent à déclencher une guerre régionale généralisée, ne servant que les intérêts du complexe militaro-industriel et des réseaux du capital monopolistique. Chers camarades, Notre parti, le Parti communiste palestinien, est pleinement engagé, avec toutes ses ressources et ses cadres, en première ligne pour faire face à cette offensive fasciste sioniste. Dans la bande de Gaza, le parti consent d'immenses sacrifices et verse son sang, nombre de nos camarades étant tombés en martyrs dans la lutte pour résister et chasser l'occupation. En Cisjordanie, nos camarades sont victimes d'arrestations et de persécutions incessantes. Dans ce contexte complexe, notre parti poursuit son combat sous toutes ses formes pour rétablir nos droits nationaux légitimes. Il concentre ses efforts inlassables sur le terrain afin de former un large front national qui unit les forces actives opposées à l'occupation et à l'approche liquidatrice d'« Oslo ». Ce front prend progressivement forme aujourd'hui, malgré toutes les restrictions et les persécutions imposées par l'appareil sécuritaire de l'Autorité palestinienne, complice de l'occupation et qui cible notre parti et les forces de la résistance nationale. Camarades, la lutte du peuple palestinien n'est pas un simple conflit politique local, mais bien une partie intégrante et un front de pointe dans la lutte internationale contre l'impérialisme, le colonialisme et le pillage. C'est pourquoi, depuis cette tribune, nous soulignons l'importance capitale du rôle du mouvement communiste international. L'impérialisme opère comme un bloc internationalement interconnecté, et le combattre exige une réponse et une lutte internationales unifiées, fondées sur l'unité de la classe ouvrière et des peuples opprimés. L'histoire a prouvé que l'unité du mouvement communiste a toujours été la garantie et le pilier fondamental de la victoire sur le fascisme et le colonialisme, et que tout affaiblissement de cette unité donne aux ennemis le champ libre pour imposer leurs projets. C'est pourquoi nous appelons au développement de formes de coordination plus efficaces, à l'organisation de campagnes de solidarité et à un boycott total de l'occupation, à une opposition collective au siège, aux sanctions et aux alliances militaires impérialistes, et à la reconstruction du projet socialiste mondial sur des fondements marxistes-léninistes révolutionnaires. De ce point de vue, notre parti affirme devant vous, camarades, sa position et sa ferme conviction historique : la proposition du Parti communiste palestinien et sa solution juste à la question palestinienne ne se limitent pas aux frontières de 1967. Nous rejetons cette division et réaffirmons notre objectif fondamental : mettre fin au projet colonial de peuplement sioniste dans son intégralité et établir un État démocratique unique sur l’ensemble du territoire palestinien – un État pour tous ses fils et ses filles, où tous les membres de la société vivent dans l’égalité absolue des droits et des devoirs, sans aucune discrimination nationale, religieuse ou ethnique. Cet État garantira le droit sacré au retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers, conformément à la résolution 194 de l’ONU, et ouvrira la voie au socialisme et à la justice sociale. En conclusion, nous adressons nos plus sincères remerciements au Parti communiste de Cuba pour son accueil chaleureux et son hospitalité lors de cette importante réunion. Nous réaffirmons notre conviction que l'étendard des travailleurs internationaux continuera de flotter haut et que les peuples libres sont capables de vaincre l'occupation, le fascisme et l'impérialisme, et de bâtir un monde nouveau de paix et de socialisme.
Gloire aux peuples en lutte !
Gloire à la solidarité internationale !
Liberté pour toute la Palestine, du fleuve à la mer !
Vive l'internationalisme communiste !
1 https://www.solidnet.org/article/24th-IMCWP-FINAL-DECLARATION-OF-THE-24TH-INTERNATIONAL-MEETING-OF-COMMUNIST-AND-WORKERS-PARTIES/
2 https://www.solidnet.org/meetings-and-statements/imcwp/24th-international-meeting-of-communist-workers-parties/