N° 968 12/03/2026 L’oppression et le génocide continuent
Avec l’agression impérialiste contre l'Iran, les colons ont intensifié leurs attaques contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée ces derniers jours, profitant de l'attention portée sur le conflit et ses répercussions et du silence des media. Cette situation alimente les craintes palestiniennes d'une accélération des déplacements de populations bédouines et d'un accaparement accru de leurs terres.
Les attaques de colons n'ont pas cessé depuis le début de l’agression, mais ont même connu une augmentation significative, notamment dans la zone C, où les habitants palestiniens subissent déjà une pression constante. Les colons et les autorités coloniales sionistes exploitent le contexte politique et sécuritaire lié à la guerre, ainsi que la conjoncture économique difficile, pour intensifier la pression sur les Palestiniens et les contraindre à quitter leurs terres.
Cela inclut l’arrachage des arbres ou l’assassinat. Lundi 2 mars, les colons ont assassiné deux frères palestiniens à Qayrut, au sud de Naplouse. Ce sont les 18ème et 19ème Palestiniens tués par l’armée d’occupation en Cisjordanie depuis le début de l’année.
Par ailleurs, le nombre de journalistes tués à Gaza s'élève désormais à 261 depuis le début de la guerre d'extermination menée par l’entité coloniale sioniste dans la bande de Gaza, après l'annonce, le 9 mars, du décès de la journaliste Amal Muhammad Shamali, correspondante d’Al Jazeera, tuée dans un bombardement sioniste.
La situation au Liban
Les dirigeants sionistes voulaient profiter de l’attention fixée sur l’Iran pour envahir et annexer une partie du Liban. Seulement, contrairement à ce qu’ils avaient affirmé au moment du pseudo cessez-le-feu qu’ils n’ont cessé de violer, la Résistance libanaise n’est pas détruite. Pire pour eux, elle s’oppose victorieusement à l’entrée des troupes au sol. Plusieurs tentatives au sud avec les chars, à l’est avec des parachutistes d’installation de troupes sionistes sur le territoire libanais ont échoué.
Les bombardements sionistes font certes des ravages, obligent les habitants à se déplacer. Ceux qui restent en paient souvent le prix. Malgré l’ordre d’évacuation, une centaine d’habitants du village de Qlayaa, au sud du Liban, avaient décidé de rester sur place. Ils ont essuyé des tirs de l’artillerie coloniale et le prêtre maronite du village, Pierre Raï, a été tué le 9 mars en portant secours aux blessés par le feu des sionistes.
Les sionistes, évidemment, rejettent la faute sur la Résistance, essentiellement le Hezbollah. Ils auraient « rompu le cessez-le-feu » alors que l’initiative a été la poursuite des bombardements par les sionistes ; ce discours est également repris par nos media occidentaux et par le président de la République et le premier ministre du Liban. Ceux-ci expliquent que la mission de l’armée ne serait pas de résister à l’invasion sioniste, mais de désarmer le Hezbollah. Note intéressante : le chef de l’armée a refusé de désarmer la Résistance et ici et là, des éléments de l’armée participent à la Résistance aux côtés des milices.
Le Hezbollah et les autres forces de Résistance sont bien présents. Ils infligent des pertes aux agresseurs sionistes et ciblent les colonies du nord de l’État colonial sioniste. Le fils du sinistre Bezalel Smotrich a ainsi trouvé la mort dans ces affrontements.
Les réactions des dirigeants libanais et des media en France particulièrement, ne surprennent nullement. Les dirigeants compradores libanais sont soumis à l’ancien colonisateur toujours présent, la France, et à l’antenne locale de l’impérialisme occidental, l’entité sioniste. La tentative des forces réactionnaires libanaises, liées à l'impérialisme occidental et aux media mercenaires financés par les régimes du Golfe, de rendre la Résistance responsable des crimes de l'occupation fait partie intégrante du conflit et constitue le rôle de ces forces et de leurs instruments médiatiques dans leur quête afin de contrôler et vaincre la résistance. L'une des priorités de ces forces et de leurs commanditaires est d'ancrer profondément le discours dominant dans les consciences. Au lieu de désigner le véritable coupable, la puissance possèdeant des avions, bombarde des maisons, tue des civils sans défense, des enfants, des femmes et des personnes âgées, et déplace des villages, des villes et des quartiers entiers, le débat est détourné vers le procès de ceux qui s'opposent à cette agression.
Ainsi, certains Libanais se laissent prendre à ce mensonge, parlant d’une guerre « qui ne les concerne pas » ; nos media, d’ailleurs ne parlent pas de l’agression sioniste contre le Liban mais de la « guerre entre Israël et le Hezbollah ». Tout cela se fait au nom du récit que le projet sioniste tente d'imposer depuis des décennies : l’État colonial sioniste n'est pas un État qui exerce la puissance, mais plutôt un État toujours « contraint » de se défendre. En répétant ce discours dans les media et sur la scène politique internationale, il s’agit de tenter de transformer chaque guerre menée en un acte de défense, quelle que soit l'ampleur des destructions infligées.
L'hégémonie coloniale, dans son sens le plus profond, ne s'exerce pas uniquement par la force, mais aussi par la manipulation des perceptions publiques. Lorsqu’une partie, même minoritaire, de la société elle-même reproduit cette interprétation, le conflit ne porte plus uniquement sur le territoire, mais également sur le sens et la mémoire. Par conséquent, s'opposer à l’invasion et la colonisation sionistes ne se limite pas à la lutte contre l'agression militaire, mais implique également de libérer les consciences des récits du pouvoir dominant et de rétablir les responsabilités à leur juste place : l'agresseur est appelé agresseur et la victime, victime, et la Résistance est un acte qui s'inscrit dans le contexte de l'agression, et non sa cause.
Que rien ne filtre !
En matière de mensonge, l’entité sioniste est championne du monde. On le voit de plus en plus avec sa manière de traiter la riposte des Iraniens à l’agression impérialiste. Tous les soirs, des pluies de missiles tombent sur Tel Aviv, Haïfa ou Beersheba, centre scientifique dans le Néguev. L’entité sioniste interdit aux journalistes et aux simples gens de filmer ; des amendes et des peines de prison les menacent. Ainsi CNN tourne en Iran avec l’autorisation du gouvernement et ne peut faire son travail dans le Sionistan. Des soldats ont été chargés de démonter ou détruire les caméras de surveillance. Nos media, comme toujours, nous montrent des images des dévastations à Téhéran, aucune de celles de Tel Aviv. Pourtant, il est désormais évident que le fameux « dôme de fer » est une passoire. Les sirènes prévenant des arrivées de missiles retentissent de plus en plus tard, parfois juste avant.
Un reportage de la BBC, le 10 mars, depuis Tel Aviv, indique : « confinement partiel, rues désertes, magasins fermés : la situation devient insupportable pour la population. Même les missiles du Hezbollah atteignent leur cible sans que les sirènes ne retentissent, du jamais vu. ».
Le 11 mars, un journaliste de Fox News, chaîne réactionnaire US, se démarquant de Trump au sujet de la guerre rapportant que les sirènes retentissent dans toute la ville, l'occupation israélienne restreint la couverture médiatique, empêchant les journalistes de montrer les conséquences des missiles qui tombent. Le journaliste ne peut montrer d’image, mais fait entendre le bruit des sirènes. Il proteste contre cette interdiction en disant : « Tout a changé, ici ».
Le même 11 mars, le Jérusalem Post annonce ceci : « Après 11 jours de combats, Israël a reçu 9 115 demandes d'indemnisation pour dommages causés par des missiles : 6 586 bâtiments, 1 044 contenus/équipements, 1 485 véhicules. ».
Mais il en est de l’information comme de la vérité sur l’entité sioniste, malgré les menaces, la censure, les pressions, le monde sait. Les vidéos des attaques de missiles sont légion et sont vues par de nombreuses personnes, y compris celles du nombre incalculable de gens massés dans l’aéroport Ben Gourion à attendre de quitter la « Terre promise ». Le combat des dirigeants sionistes pour empêcher qu’on connaisse le délabrement de l’État colonial est aussi vain que celui pour empêcher que le monde voie son vrai visage.
En conclusion
Partout, contre la falsification au service de l’impérialisme occidental, la criminalisation de l’anticolonialisme, pour la défense de la vérité et de la libération nationale de la Palestine, on trouvera les militants du Parti Révolutionnaire Communistes. Les barricades n’ont que deux côtés, comme disait Elsa Triolet. C’est la libération nationale de la Palestine ou la soumission d’une manière ou d’une autre à l’ordre colonial.
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, le combat de la Résistance palestinienne, qui affronte directement la pointe avancée de l’impérialisme occidental est vital en faveur des prolétaires de l’ensemble de la planète ; les Palestiniens sont un peuple acteur de sa propre histoire, en lutte contre le sionisme, l'impérialisme et la réaction, pour sa libération nationale, un long combat dont nous devons reconnaître la centralité et le caractère stratégique pour notre propre émancipation.
L’État colonial sioniste tombera, c’est le sens de l’histoire ; et la Palestine sera libre de la mer au Jourdain !