France.
24 septembre. L’action a été d’un bon niveau avec la grève des cheminots, la manifestation de Paris et dans 160 autres localités. Comme à leur habitude les médias ont fait le service minimum avant et après la journée. « Les Echos » en rajoutent en écrivant en titre La CGT peine à mobiliser contre la réforme des retraites et passe sous silence la grève à la SNCF et les manifestations en province.
Luttes. GE (Belfort) Débrayage de 4h. pour s’opposer au plan de suppressions d’emplois.
Equipement (Oise) Le personnel rattaché au département est appelé par la CGT à une grève le 23 septembre pour leurs revendications locales.
Hôpital du Rouvray (Seine Maritime) Après 4 mois de grève le personnel avait obtenu 30 embauches qui n’ont toujours pas été réalisées. Face à ce non- respect de l’accord le personnel est appelé à la grève.
Grève des personnels des blocs opératoires. 38 établissements touchés pour l’instant. Salaires et reconnaissance des compétences sont les principales revendications.
Chômage. Suivant une étude de l’Unedic le nombre de chômeurs indemnisés va baisser de 220.000 d’ici à 2022 ce qui permettra une économie de 690 millions en 2020, de 1,760 Md en 2021, de 2,090 Mds en 2022 soit 4,5 mds au total, ce qui était l’exigence du gouvernement. La ministre du Travail fait valoir les nouvelles catégories (Démissionnaires, indépendants) qui vont bénéficier de l’allocation chômage pour justifier les décisions gouvernementales, la réalité confirmée par l’Unedic est bien que ce sont les chômeurs qui vont payer. Suivant les cas les indemnités passeront de 868 euros à 431, de 897 à 697, de 929 à 869.
Aide à domicile. Devant le tollé provoqué par l’annonce de la diminution des aides à domicile, qui avait pour but l’économie de 800 millions, le gouvernement recule et annule provisoirement cette mesure qui visait avant tout à faire des économies sur le budget du ministère du travail. Ce n’est que partie remise. E. Philippe déclare devant l’Assemblée Nationale : qu’il faudra trouver des mesures d’économie dans ce champ. La ministre nous fera rapidement d’autres propositions.
CICE (le « E » pour emploi) : Casino, Auchan, Carrefour ont touché 522 millions et ont supprimé 10.000 emplois. Pour les trois c’est 1Md de dividendes qui ont été distribués sur la même période.
La Poste. Annonce qu’elle va recruter 1000 facteurs en plus des 3000 prévus. Malgré cela le nombre de facteurs va continuer à diminuer en raison des départs en retraite. Il est possible de mettre cette annonce au crédit des luttes pour l’emploi menées dans de multiples bureaux.
TV. G. Darmanin, le ministre qui se veut avec le gouvernement et Macron à la pointe de l’action pour les baisses d’impôts, vont proposer de ramener la taxe sur l’audio-visuel à 138 euros contre 139 actuellement. Information parue dans « les Echos ».
HLM. Elles tiennent leurs 80ème Congrès. Pratiquement tous les intervenants mettent en cause, avec plus ou moins de vigueur, la politique du logement social du pouvoir et demandent le retour à une TVA à 5,5% pour la construction de logements neufs ou la réhabilitation des anciens. Ils s’opposent à l’idée du gouvernement qui propose l’ouverture de financements privés pour la construction de logements sociaux au nom de l’exigence de rentabilité du capital, incompatible avec la vocation des HLM.
BNP. La saignée des effectifs se poursuit dans tout le secteur bancaire. Elle prévoit la suppression d’une centaine de postes (10% des effectifs) à Paris dans la cadre d’un plan « d’économies » plus large au niveau du groupe.
Fonctionnaires. La suppression de 1800 emplois est annoncée au ministère de la transition énergétique d’ici à 2022 en même temps qu’une augmentation du budget de 800 millions en 2020. Nul doute que le privé est prêt à prendre la place des fonctionnaires supprimés pour profiter de cette augmentation.
Impôts. Si beaucoup de battage est fait par le pouvoir sur la baisse des impôts pour les ménages, il est très discret sur le milliard de baisse pour le patronat au travers de l’impôt sur les sociétés qui passe de 31 à 28% pour celles qui réalisent – de 250 millions de CA, de 33,3 à 31% pour celles de + de 250 millions. Ce qui vient s’ajouter aux multiples cadeaux déjà consentis mais que le patronat trouve insuffisants.
Orpea. (groupe d’hospitalisation privé). Annonce qu’il va construire 17.000 nouveaux lits. Le résultat net du groupe est de 120 millions (+ 11,6) en 2018. Il prévoit de faire mieux en 2019. Les difficultés voulues de l’hôpital public profitent au privé.
Tabac. L’usine de tabac de Sarlat (Dordogne) appartenant à l’allemand Alliance One, ferme en octobre. C’est la dernière encore en activité en France qui emploie 33 salariés et est fournie par 176 tabaculteurs. Le propriétaire n’a tenu aucun des engagements qu’il avait pris pour assurer la pérennité de l’usine. Une manière d’éliminer un concurrent ?
Total. Annonce qu’il va augmenter les dividendes versés de 5 à 6% par an au lieu des 3% prévus jusqu’à présent, ce qui représente environ 3 Mds de$ cette année. Il prévoit d’augmenter son cash-flow de 1Md par an jusqu’en 2025 soit 5 Mds au total.
Ecologie. Les capitalistes intensifient leurs efforts pour apparaitre comme les défenseurs de la biodiversité. E. Faber, PDG de Danone vient d’annoncer devant l’assemblée de l’ONU que 19 multinationales s’engagent pour défendre la diversité des espèces, la restauration des sols, la déforestation. E. Faber explique : Ils (les consommateurs) sont à la recherche d’un nouveau contrat social avec la nature. Qui place la biodiversité centre de l’économie et de la société ? Et qui oublie la lutte de classe ? C’est tellement mieux pour le capital.
Monde.
USA. Avec la grève qui se poursuit chez GM pour la deuxième semaine les statistiques font apparaitre une nette augmentation des conflits. 375.000 salariés ont fait grève depuis le début de l’année et 80.000 autres devaient les rejoindre sous peu contre 465.000 en 2018. Ces actions touchent le secteur public comme privé.
Allemagne. La grande coalition vient d’annoncer avec beaucoup de battage un plan pour « lutter contre le réchauffement climatique ». Le premier constat est que l’Allemagne ne tiendra pas ses engagements concernant la baisse des émissions de CO2 qu’elle a pris lors de la conférence de Paris. La deuxième est qu’elle va utiliser à plein jusqu’en 2039 ses centrales à charbon pour produire son électricité, les énergies renouvelables ne représentent que 40% de ses besoins en énergie après l’arrêt de ses centrales nucléaires. Entre le discourt et la réalité il y a un gouffre qu’un gouvernement au service du capital est incapable de combler.
Inde. Alors que des millions d’Indiens ne disposent pas des besoins élémentaires pour vivre, le gouvernement décide de baisser les impôts sur les sociétés de 30 à 22%. Cela va entrainer un manque à gagner de 5 Mds d’euros pour les finances publiques. La Bourse a enregistré une hausse de 5% à l’annonce de cette décision.
Argentine. Sous la coupe du FMI qui impose ses pratiques habituelles d’austérité l’Argentine est déclarée en état d’urgence alimentaire. Avec une inflation de 55% c’est 38 à 40% de la population qui sera sous le seuil de pauvreté suivant un sociologue argentin. La situation est telle que les cantines scolaires ouvrent le Week-end pour pallier aux problèmes de sous- alimentation des enfants.
ONU. Vient de consacrer une session aux questions climatiques. Les grandes déclarations et annonces se veulent exemplaires mais la réalité est tout autre. Il y a l’absence volontaire des pays les plus gros pollueurs et la faiblesse des engagements des présents. Le secrétaire de l’ONU a conclu que ce sommet a été convoqué pour des actes et pas des platitudes. Quant aux « Echos » ils écrivent Sommet climat : des engagements très décevants des Etats, sans écrire que ces Etat sont les gérants de leur capitalisme respectif.
France.
Luttes. Professions libérales (avocats, secteur médical privé, pilotes, personnel navigant), professions qui ont leurs propres régimes de retraites et qui ne veulent pas les voir disparaitre à l’occasion de la « réforme ». Ils ont manifesté le 16. Ils défendent leurs régimes de retraites particuliers, excédentaire de 25 Mds. Ils refusent aussi l’augmentation des cotisations et la baisse des pensions prévues par la « réforme ».
Fonctionnaires. Forte grève de 24h pour ceux des impôts qui refusent les suppressions d’emplois annoncées et les fermetures de centres des impôts.
EDF. Grève le 19 contre les projets de privatisation de la partie la plus rentable du groupe. La direction reconnait 33% de grévistes, 45% selon la CGT. La baisse de la production a été de 9% sans coupures. Un mouvement à nouveau largement passé sous silence par les médias.
Transport. Transdev. (Rouen) Appel CGT à des débrayages de 55 minutes par jour entre le 24 septembre et le 31 décembre. Ce sont les conditions de travail qui sont en cause.
Lorient. Appel CGT dans les transports publics pour une grève les 23 et 24 septembre.
Pour rappel grèves et manifestations contre la « réforme » des retraites le 24 pour la CGT. FO manifeste le samedi 21.
Impôts. Fort battage gouvernemental et médiatique sur une baisse annoncée des impôts de 9,3 Mds pour 2020 en additionnant baisse sur le revenu et impôts locaux, d’autres baisses telle l’exonération des heures supplémentaires pour 3Mds. N’ayant pas ces sommes en caisse, elles sont financées par la dette qui atteint pratiquement 100% du PIB. Cette fausse hausse du pouvoir d’achat permet au patronat de refuser les hausses de salaires et ainsi d’augmenter ses profits. Une nouvelle forme de cadeaux. Ces baisses qui ne touchent que 50% des ménages se traduisent par les suppressions de postes de fonctionnaires, la baisse des prestations sociales, des difficultés accrues pour la protection sociale.
En 2020 les taxes sur le tabac augmentent pour 500 millions sur l’année.
Industrie. La balance entre les fermetures et les ouvertures d’usines pour les sept premiers mois de l’année est de nouveau défavorable : 76 fermetures, 58 ouvertures. Les fermetures annoncées, les mises en liquidation risquent d’alourdir ce bilan. Pour le patronat ce sont les lourdeurs administratives ou réglementaires, les impôts dit d’entreprises qui en seraient la cause. Le gouvernement, toujours soucieux de satisfaire aux exigences patronales va examiner comment lui donner satisfaction. Ce qui n’empêchera pas les délocalisations vers les pays à bas coûts.
Les annonces de fermetures tel La Chapelle Darblay après -entre- autre- de Arjowiggin, de Whirpool, la délocalisation de 350.000 véhicules annoncée par Renault et Peugeot, la fin programmée du diesel, celle de Michelin concernant quatre sites de fabrication vont, sans aucun doute, accentuer cette tendance. Le cas de Michelin est à surveiller de près. En effet la revue de l’activité des sites a été effectuée en concertation avec tous les syndicats- sauf la CGT- avec une clause de confidentialité qui ont ainsi apporté leur caution aux futures fermetures de sites et à l’aggravation des conditions de travail. Le cas de la Roche/ Yon ou ces mêmes syndicats ont accepté l’augmentation du temps de travail contre une promesse d’investissement qui n’a été tenue que partiellement par la direction en est l’exemple.
Banque. Devant la baisse des taux d’intérêts qui diminue leurs profits, une première banque française -Lombard -Odier vient de décider de taxer les dépôts au- delà de 1 million. D’autres s’apprêtent à faire de même. A quand la taxation généralisée de tous les dépôts ?
Société Générale. Annonce 530 suppressions d’emplois d’ici à 2023.
Optique. Essilor Luxottica (groupe franco-italien verres et montures) numéro un dans ce domaine annonce son intention de prendre le contrôle du distributeur Général d’optique et de Grand Optical en France appartenant au hollandais Grand Vision soit 900 magasins et 10% du marché. Essilor Luxottica est largement implanté à l’international mais peu présent dans la distribution en France et en Europe. Cet achat doit lui permettre de combler ce vide. L’ensemble des opticiens, indépendants ou groupe tel Afflelou s’inquiètent de cette arrivée d’un nouveau concurrent maitrisant toute la chaine de la fabrication à la distribution. Depuis trois ans il disparait 200 opticiens par an. Ce marché juteux en raison du vieillissement de la population, donc d’un besoin accru de lunettes, attire toutes les convoitises y compris la grande distribution qui se lance dans cette activité.
Universités. L’inspection des finances de l’éducation vient de réaliser, à la demande du ministère, une étude sur la gestion des universités et de ses personnels. Elle trouve qu’elles disposent de marges de manœuvre inexploitées pour piloter leur masse salariale. En clair il y a trop de personnel enseignant ou technique et de préconiser le non- remplacement poste pour poste des départs en retraite. Dans la droite ligne de la politique du pouvoir.
Syndicalisation. Le défenseur des droits, J. Toubon, dans un rapport vient de faire une découverte : c’est la peur des représailles qui est la cause du faible taux de syndicalisation. Cette réalité est connue depuis longtemps, aggravée par les campagnes antisyndicales menées systématiquement par le patronat et le pouvoir. J. Toubon qui ignore la lutte de classes se félicite d’avoir envoyé un guide aux « entreprises pour « un recrutement sans discrimination». Sans commentaire.
Monde.
USA. Les 49.000 salariés de Général Motors sont en grève pour les salaires et une meilleure protection sociale assurée par l’entreprise.
Ecosse. Les salariés du fabricant de whisky Diageo sont en grève entre le 17 et le 27 septembre. Motif : l’augmentation de 30% du salaire du patron alors que le personnel se voit proposer 2,8%.
Bourses. La bourse de Londres soutenue par le gouvernement refuse la proposition d’achat faite par celle de Hong Kong.
Chine. Confirmation du ralentissement économique en août après celui de juillet. Il est dû pour une part à la guerre commerciale déclenchée par les USA mais aussi à la faiblesse de la consommation intérieure. La gestion capitaliste de l’économie chinoise en est la cause. La couche de la population qui s’est enrichie avec cette gestion n’est pas suffisante pour tirer l’économie face aux bas salaires (même si des luttes ont conduit à une augmentation de ceux-ci) à l’absence de protection sociale digne de ce nom, aux frais de scolarité, à la hausse des loyers qui amputent le pouvoir d’achat de la grande masse de la population. Les dirigeants chinois n’ont pas l’intention de modifier cet état de chose. Le premier ministre vient de déclarer « qu’il ne serait pas quelqu’un qui se prépare à appuyer sur le bouton de la croissance ». Autre signe du malaise. Les capitalistes chinois procèdent à des ventes d’actifs qu’ils détiennent à l’étranger pour 40 Mds de $ contre 28 en 2017 tandis que les investissements à l’étranger reculent à 35Mds.
BCE. Le torchon brule à la tête de la banque. Lors de la dernière réunion du CA deux lignes se sont opposées. Celle de son président M. Draghi qui veut continuer à inonder les banques de crédit pour « relancer l’économie », et porter l’inflation à 2% par an et ceux partisans d’une stricte orthodoxie budgétaire menée par les représentants de l’Allemagne et de la Hollande qui ont fait part publiquement de leurs critiques. A suivre à un mois de la prise de fonction de la nouvelle présidente de la banque. (Lagarde)
Situation identique à la Réserve Fédérale US (la banque centrale) ou ces deux mêmes oppositions se font jour. Pour l’instant la Réserve continue à injecter massivement dans le système bancaire. 128 Mds de $ en deux jours cette semaine et abaisse une nouvelle fois son taux de 0,25% après une baisse en juillet du même ordre.
France.
Luttes.
Urgences. Les fausses mesures pour trouver une solution aux questions des urgences avancées par la ministre A. Buzin ont reçu la réponse qu’elles méritaient : l’action continue. Les 750 millions annoncés ne sont que des redéploiements de crédits qui existaient déjà. Quant aux autres mesures avant tout technocratiques elles ne répondent en aucun cas aux revendications des personnels. La résistance du pouvoir n’est pas une surprise. Les revendications- 300 euros d’augmentation, 10.000 créations de postes- sont en contradiction absolue avec la politique de santé mise en place depuis des années. Que poursuit ce gouvernement avec sa volonté de réduire à 2,3% en 2020 les dépenses de santé contre 2,5 en 2019 ? Fortes manifestations à Paris et dans plusieurs grandes villes. D’autres actions sont prévues en septembre. A noter le service très minimum des médias publics et privés pour rendre compte de cette journée. (Voir article dans l’hebdo)
RATP Grève le 13 pour le maintient du régime de retraite. Très forte mobilisation qui bloque pratiquement tout le trafic.
Ehpad. (Quimperlé, Morbihan). Grève d’une heure le 11 septembre pour plus de personnel.
SNCF. À la suite de l’action des cheminots et de la population la ligne Rennes-Châteaubriant est partiellement rouverte en attendant sa réouverture complète.
Retraite. Le discourt d’E. Philippe devant le Conseil économique et son passage à TF1 confirme la volonté du pouvoir de ne rien céder sur la « réforme » des retraites. La disparition du régime de solidarité par répartition est bel et bien en route. En revanche il est obligé de tenir compte de l’inquiétude et du refus du régime par points qu’il compte mettre en place exprimé par une grande partie des retraités et futurs retraités. Les mots justice et égalité entre tous sont répétés, tandis que des « garanties » nombreuses et variées sont données. La bataille idéologique pour faire accepter et l’allongement du temps de travail et la baisse des pensions va encore gagner en intensité.
Pauvreté. Un rapport du ministère des solidarités fait le point sur la pauvreté en France. Sont considérés comme pauvres ceux dont le revenu est de 60% du revenu médian qui s’établi à 1026 euros par mois. Cela touche 14% de la population en 2016 soit 8,8 millions de personnes. Pour elles les prestations sociales se montent en moyenne à 345 euros par mois soit 42% de leurs revenus. Un pognon de dingues avait dit Macron d’où la diminution des allocations familiales de 1,4%, celles de l’allocation logement de 1,3%. Une autre étude du même ministère fait état d’une forte détérioration du sentiment de pauvreté. En 2018 18% des Français se sentent pauvres contre 13% en 2017. Ces chiffres atteignent 29% chez les ouvriers contre 18 un an auparavant. 90% des personnes interrogées se déclarent pessimistes sur l’évolution de la pauvreté et de l’exclusion.
Il y a un an Macron lançait son plan de lutte contre la pauvreté autour de l’idée de l’insertion par l’activité économique (IAE) qui supprimait dans le même temps les emplois aidés. Il relance l’IAE qui devrait concerner 240.000 bénéficiaires en 2022. Loin des 8,8 millions de pauvres. Avec la casse du droit du travail, le développement de la précarité, la diminution des indemnités chômage, le blocage des salaires, traitements et retraites et l’ensemble des mesures prises par le pouvoir c’est plus une augmentation de la pauvreté qui se profile à court et moyen terme.
Sécurité sociale. Les heures supplémentaires sans cotisations sociales vont couter 1 Md à la Sécu plus 600 millions de baisse du forfait social payé par les entreprises. Depuis le 1er janvier 2019 l’Etat qui décide et ne rembourse plus ces suppressions de cotisations. Ce sont les assurés qui payent par la diminution des prestations.
Actionnariat salarié. 43% des salariés des sociétés cotées en bourse détiennent des actions et 3,81% du capital de ces entreprises. La loi Pacte votée cette année prévoit de relancer l’actionnariat salarié. Une manière d’intégrer ceux-ci en échange de quelques maigres dividendes et de s’opposer à l’augmentation des salaires. Ce qui n’empêchera pas de licencier ces « actionnaires » en cas de suppressions d’emplois.
La Chapelle-Darblay. (Papier journal, Grand Couronne, Seine Maritime). Propriété du finlandais UPM il annonce la mise en vente de l’usine. En cas d’échec ce sera la fermeture et la disparition de 236 emplois à la mi-janvier 2020.
Hutchinson. (Joué-les-Tours, Indre et Loire) Prévoit la suppression de 120 emplois sur 600. Les fabrications sont délocalisées en République Tchèque.
Monde.
Angleterre. Grève historique des pilotes de British Airways les 9 et 10 septembre. Ce sont les salaires qui sont la cause du conflit. Les propositions de la direction d’une augmentation de 11,5% sur trois ans ont été repoussées par les pilotes qui envisagent un nouveau mouvement le 27 septembre. 1700 vols ont été supprimés, 280.000 passagers touchés. Le syndicat estime à 80 millions de £ les pertes causées par la grève alors que la direction refuse les augmentations demandées qui d’après elle représente 50millions par an.
De leur côté les pilotes de Ryanair Angleterre envisagent des grèves en septembre.
UE-Cuba. La « ministre des Affaires étrangères » de l’UE vient de se rendre à Cuba dans le but d’aider l’ile à « s’affranchir des sanctions US ». C’est une structure du même type que celle mise en place pour commercer avec l’Iran (qui donne des résultats plus que médiocres) qui est envisagée pour développer les relations commerciales. C’est avant tout une tentative pour pénétrer le marché cubain en profitant du vide laissé par la politique US.
Cryptomonnaie. (monnaie virtuelle) Celle que veut mettre en place Facebook et qui s’appelle le « libra » commence à poser des problèmes aux gouvernements. Un membre de la BCE le traite de promesses séduisantes mais perfides. Il ne s’agit pas ici de traiter des aspects techniques qui ne sont pas tous au point et leurs conséquences sur les monnaies mais de voir comment les gouvernements réagissent. Ils pourraient prendre des mesures législatives ou réglementaires pour interdire à une société privée de battre monnaie. Mais en bons gestionnaires du système capitaliste ce n’est pas dans leurs projets. Il faut laisser au capitalisme toute liberté de réaliser du profit. La proposition faite par le directeur de la Banque d’Angleterre et reprise par B. Lemaire consiste pour les banques centrales à créer elles-mêmes leurs propres cryptomonnaies. La Chine a décidé de s’engager très vite dans cette voie. Le vice- président de la Banque centrale déclare : Nous devons faire en sorte d’éviter que des monnaies comme celle-ci deviennent des monopoles. Et d’envisager de lancer cette monnaie à la fin de l’année. Avec l’idée de disputer la domination du dollar et le main- mise des USA sur ce genre de devise.
Cash. Les grandes entreprises capitalistes croulent sous des montagnes de trésorerie. Pour les pays d’Europe, du Moyen- Orient, d’Afrique elles se montent à 1100 Mds d’euros en hausse de 15% en un an, les dix les plus puissantes dont EDF, Total, représentent à elles seules 260 Mds (+ 30%). Les USA détiennent 1600 Mds de trésorerie. Avec les dividendes versés et ces chiffres de trésorerie on mesure le degré d’exploitation des peuples par le capital.
ONU. Un rapport de l’organisation indique qu’aucun pays n’est sur la trajectoire pour atteindre les objectifs du développement durable qui devaient être réalisés d’ici à 2030. Résultat : 653 millions d’êtres humains vivent avec moins de 1,9 dollar par jour et par personne tandis qu’un milliard vivent avec 2 à 3 dollars, avec toutes les conséquences qui en découlent. L’ONU tire la sonnette d’alarme sur les déchets que rejette la société capitaliste qui pousse toujours à consommer d’avantage et de gaspillages qui en découlent.
Bourses. Les troubles dans la ville n’empêchent pas les affaires. La bourse de Hong Kong vient de proposer le rachat de la bourse de Londres pour 31,5 Mds de £ soit 83,61£ par action actuellement cotée à 72£. Proposition fraichement accueillie par Londres. Dans la course au gigantisme il est impératif de grossir pour tenir tête à la concurrence. Dans le cas présent face aux bourses de New York et de Shanghai en plein développement. A moins que Hong Kong ne soit dans cette affaire le visage masqué de la Chine. A suivre
France.
Luttes. Le mois de septembre va être marqué par de nombreuses luttes : urgences, RATP, EDF, retraite les 21 et 24, professions libérales, pilotes de ligne. Les retraités manifesteront en octobre. Pour faire reculer le pouvoir la question de la convergence des luttes est vraiment à l’ordre du jour.
Aux « urgences » les médecins décident de se joindre au mouvement.
Fonction publique. Après 10.000 suppressions d’emplois au ministère de l’économie et des finances, Darmanin vient d’annoncer aux syndicats la suppression de 5.557 postes au prétexte de la mise en place du retenu à la source et de la disparition des trésoreries de proximité. Les syndicats appellent à la grève le 16 septembre.
St Louis (sucrerie, Toury, Eure et Loir). Manifestation le 31 août du personnel et de la population contre la fermeture de l’usine décidée par le groupe allemand dont elle est la filiale.
La Poste. Pyrénées orientales. Appel départemental CGT à une grève le 9 septembre. Elle touche aussi le centre de tri de Toulouse. Elle a pour cause les suppressions de tournées de facteurs et la réorganisation du travail imposée par la direction.
Hôpital. Fougères (Ile et Vilaine) En grève tous les lundis depuis juin, la CGT organise une manifestation de soutien le 7 septembre.
Universités. Le président de la Conférence des présidents d’universités déclare que seulement 4 d’entre elles (Bordeaux, Lille, Orléans, Rennes 1) ont augmenté les droits d’inscription des étudiants étrangers (hors UE) décidé par le pouvoir et qui sont entrés en vigueur cette année.
Impayés de salaires. Il s’agit d’une caisse (AGS) mise en place par le patronat et financée par lui, qui permet de payer les salaires à la place des entreprises en liquidation ou en redressement judiciaire. Elle constate une nette augmentation des versements à 530 millions (+5%) qui ont été versés entre avril et juin de cette année tandis que les défaillances d’entreprise de + de 100 salariés augmentaient de 9,5%.
Un rapport non publié de la Cour des Comptes fait état d’un certain nombre de malversations dans la gestion des fonds de l’AGS. La Cour si prompte à dénoncer les insuffisances quand il s’agit du service public a fait preuve d’une grande discrétion. A ses yeux la gestion patronale ne doit pas faire l’objet de critiques publiques.
Marge. Le taux de marge (% par rapport à la valeur ajoutée) des entreprises atteint 33,1% au deuxième trimestre, son plus haut niveau depuis 2008. C’est le résultat des politiques de cadeaux au patronat de Hollande et de Macron. Ils vont représenter cette année 40 Mds entre le CICE et la baisse des cotisations sociales.
Armement. L’augmentation des budgets militaires fait le bonheur des fabricants d’armes qui réalisent des profits record. Naval Group avec une rentabilité de 7,3% (6,8 en 2018) et 3,85 Mds de commandes pour la marine française, Thales qui annonce 820 millions de résultat opérationnel (+10%) Dassault avec 286 millions de résultat net (+ 154% par rapport à 2018). Pour Dassault qui ne livrera aucun avion à l’armée française, c’est l’exportation des « Rafale » à l’Egypte et au Qatar qui fait le gros du résultat.
Egalité hommes-femmes. C’est au 1er septembre que les entreprises de plus de 250 salariés devaient rendre leurs copies sur l’index d’égalité des salaires. Très peu ont répondu. Une sur deux pour celle de plus de 1000 salariés, 10% en juillet pour celles de 250 à 1000 salariés. Il est vrai qu’aucune sanction n’est prévue pour celles qui ne répondent pas. Un coup de com.’ dont est coutumier le pouvoir.
RATP. Elle vient de publier ses comptes 2018. Le bénéfice se monte à 126 millions d’euros (+10,5%). Ce résultat est dû à la hausse permanente des titres de transports, sur un moindre service rendu aux usagers.
Peugeot Sochaux. L’accord qui vient d’être passé ne concerne qu’un atelier qui doit être transformé pour accueillir de nouvelles fabrications mais il est significatif du degré de compromission des syndicats réformistes. Il s’agit de l’horaire de l’équipe de VSD (vendredi, samedi, dimanche) qui passe de 10 à 12h par jour. Pour la direction il s’agit de constituer des stocks tampons en prévision de possible arrêts de productions liés aux travaux. La CFDT justifie son accord sous prétexte qu’il s’agit de volontariat. La CGT- qui n’a pas signé- indique que le contrat de travail de ces ouvriers comporte une clause d’obligation d’accepter les modifications d’horaires.
Les accords signés il y a trois ans chez Peugeot et Renault arrivent à leurs termes. Ils doivent être rediscutés cet automne. Le patronat va en profiter pour aggraver encore plus les conditions de travail dans les usines. L’attitude des syndicats réformistes ne laisse aucun doute sur leurs positions.
Idée. (Voir l’hebdo de cette semaine, article « Le capitalisme peut-il s’améliorer ») La campagne se poursuit. Dans « les Echos » (5.09) un certain X. Fontanet, par ailleurs professeur à HEC, grand défenseur du capitalisme et pourfendeur du service public termine son article en écrivant le but réel de cette tentative de réhabiliter le capitalisme en écrivant : Le chemin est encore long, mais tout peut arriver. Ce serait une manière de sortir, à la française du concept de la lutte des classes et une excellente nouvelle.
Cette campagne se mène aussi aux USA ou les 200 PDG des plus grandes entreprises regroupées au sein du Business Roundtable viennent de publier une déclaration pour « un capitalisme des parties prenantes ».
Monde.
Jordanie. Grève des enseignants pour une augmentation de salaires de 50% avec manifestation à Amman réprimée par la police. Le ministre a répondu par une fin de non- recevoir à la revendication.
Chine-USA. Les décisions de Trump sur l’augmentation des droits de douane sont entrées en vigueur au 1er septembre. Les USA augmentent leurs droits de douane de 15% sur 125 Mds d’importations chinoises qui riposte en augmentant les siens de 5 à 10% sur 75 Mds de produits US. Malgré cela Trump affirme que les négociations entre les deux pays sur leurs échanges commerciaux se poursuivent.
Ces mesures commencent à avoir des conséquences sur l’économie chinoise qui a ralenti au deuxième trimestre. Elles ont aussi pour conséquences de pousser les entreprises US implantées en Chine à envisager des délocalisations vers d’autres pays du Sud-est asiatique pour échapper aux droits de douane. Une manière d’affaiblir la Chine dans le cadre de la lutte pour la suprématie mondiale.
UE. C. Lagarde, future présidente de la Banque centrale Européenne, a été entendue par les députés européens sur sa vision de la politique monétaire qu’elle entend mettre en œuvre. Elle a confirmé la politique d’abondance monétaire envers les banques et déclare Nous ne devons pas être dirigé par les marchés mais nous devons les écouter et les comprendre. Les comprendre pour répondre à leurs exigences. En passant elle a eu le couplet écologiste obligatoire.