France.
Luttes :
Cheminots. Manifestation nationale réussie avec des débrayages dans deux régions : Hauts de France et Centre. A noter la faiblesse de la couverture médiatique. Il faut attendre 15 minutes pour que la question soit abordée au 20h d’A2, sans aucune image de la manif et traitant du seul « mal être » qui règne dans l’entreprise, alors que l’objet de la lutte est la suite de la privatisation contre une convention collective qui casse le social. On est loin des dizaines d’heures de direct lors des manifestations de gilets jaunes, des heures de débats sans intérêt. Il est vrai que l’enjeu n’est pas le même.
Hôtels. Campanile et Première Classe à Surenne en grève depuis le 19 mai pour les conditions de travail.
Urgences. Appel à une action nationale les 6 et 11 juin. A l’hôpital Lariboisière pour la première fois une équipe des urgences se met toute entière en arrêt maladie, expression d’une situation insupportable. La ministre A. Buzin sur France inter (4 juin) en réponse aux besoins immédiats vante les mérites de sa loi santé en discussion au Parlement, insulte les personnels en leur reprochant leur manque de solidarité avec les autres soignants. Grèves ou débrayages dans les hôpitaux de Paimpol, Pau.
Nutella. (Villers-Ecalle, Seine Maritime). Grève pour une augmentation de salaire de 4,5% et une prime de 900 euros.
RATP Bus. Appel CGT à des débrayages et une manifestation lors d’un conseil de discipline visant deux adhérents CGT le 28 mai.
La Poste. (Villeneuve/ Lot, Lot et Garonne). Préavis de grève illimitée à compter du 5 juin contre la fermeture d’un bureau.
Elections. Dans 11 hôtels parisien la CGT obtient entre 80 et 86% des suffrages, 39 dans un autre.
Budget 2019. On continue clament en cœur Macron et Philippe. La préparation du budget le confirme. D’après des « fuites » organisées c’est le logement social qui continuerait à être ponctionné (300 à 350 millions) les allocations familiales à partir d’un nouveau mode de calcul (1 Md), audio- visuel public (50 à 100 millions), l’assurance chômage (1 à 1,3 Md) ; l’allongement de la durée de cotisations retraite (500 millions), le gazole non routier (900 millions), les suppressions d’emplois dans la fonction publique (entre 4500 et 10.000). Les cadeaux sociaux et fiscaux au patronat sont bien sûr épargnés.
Assurance chômage. Retraite. Des informations de presse confirment les économies sur l’assurance chômage réalisées sur le dos des chômeurs, le départ réel de la retraite à 64 ans par le biais d’une pénalité sur la pension pour un départ entre 62 et 64 ans.
Radio France. Présentation par la PDG de son plan d’économie de 60 millions imposé par la baisse de subvention du gouvernement. La masse salariale représente 60% du budget annuel (ce qui est normal pour une radio) c’est l’emploi qui va être mis à contribution pour réaliser les économies exigées.
TecSom. (revêtement de sols, Sedan) 38 emplois supprimés après liquidation judiciaire.
Tujagne. (Vic- en -Bigorre, Hautes Pyrénées). La fermeture de cette entreprise de meubles entraine la suppression de 30 emplois.
Bic. Après avoir supprimé plusieurs centaines d’emplois dans ses usines en le délocalisant en Pologne, Bic en ajoute une centaine au siège social de Clichy (hauts de Seine)
Renault-Fiat. Voir article dans l’hebdo.
Transport ferroviaire. Les concurrents de la SNCF n’attendent pas pour se saisir des lignes qui rapportent. Trenitalia par l’intermédiaire de sa filiale Thello annonce pour juin 2020 le lancement d’un TGV entre Paris et Turin avec la desserte de Lyon, une des lignes les plus rentables. Avec deux aller et retour par jour 7 jours sur 7.
Intox. Face à la fermeture d’entreprises et aux suppressions d’emplois qui font la une de l’actualité et dont l’essentiel est le fait d’entreprises étrangères implantées en France un vaste plan de désinformation est mis en œuvre par la capital et le pouvoir. « Les Echos » du 4 juin titre : Investissements étrangers : la France double l’Allemagne, titre repris sous une autre forme par « le Parisien », développé sur France Inter par D. Seux, journaliste aux « Echos », sur A2. Si le nombre de ses investissements est connu -1027- celui des emplois créés n’est indiqué nulle part. Pour sa part A2 apporte sa pierre à l’opération et se fend d’un long reportage sur « la renaissance de l’industrie textile en France ». Cette tentative de dédouaner le capitalisme à un deuxième but que « les Echos » rappelle : En revanche ces derniers (les investisseurs étrangers) sont toujours en attente de mesure de simplification administrative, de développement des compétences et de l’allègement de la pression fiscale. De quoi nourrir la deuxième partie du quinquennat. Impossible d’être plus clair.
De son côté le FMI s’inquiète de la dérive budgétaire de la France et l’invite à réduire ses déficits publics.
Monde.
Chine. En réponse à la guerre commerciale que mène l’impérialisme US, la Chine décide d’augmenter ses droits de douane sur 60 Mds de $ de produits américains. Elle a aussi dressé une liste d’entreprises US qui n’auront plus droit de cité en Chine. Les négociations pour trouver un accord entre les deux sont au point mort.
D’autre part en décidant de taxer les importations mexicaines de 5% qui iront en augmentant tous les mois de 5% pour atteindre 25% en octobre, Trump qui ne peut plus utiliser son armée pour intervenir dans les affaires des autres pays, a trouvé le moyen de la guerre économique pour y pallier. Pour le Mexique il s’agit de faire pression pour qu’il freine les flux migratoires vers les USA, les « sanctions » contre l’Iran pour aider ses alliés du Moyen-Orient, Israël et l’Arabie Saoudite, sa décision d’interdire le tourisme de groupe avec Cuba sous le prétexte que celui-ci aide le Venezuela.
Agence internationale de l’énergie. Elle alerte sur les incertitudes qui pèsent sur les centrales nucléaires et le risque que fait peser sur le réchauffement climatique leurs fermetures. Elle préconise l’allongement de la durée de vie des centrales pour faire face aux besoins en énergie d’ici à 20 ans. L’agence estime à1600 Mds de $ les sommes nécessaires en investissement dans les énergies renouvelables pour y faire face contre 500 à 1Md de $ par centrales pour le prolongement de leur activité.
Arabie Saoudite. Un des premiers producteurs de pétrole vient de décider d’acheter aux USA 5 millions de tonnes de gaz naturel par an pendant 20 ans. (il s’agit de gaz de schiste) et d’investir à hauteur de 25% dans un terminal de liquéfaction au Texas. Le but déclaré est que l’Arabie veut économiser son pétrole pour l’exporter et se servir du gaz pour faire tourner ses centrales électriques. A moins que ce soit pour aider son allié et protecteur Trump à quelques jours de l‘annonce de sa candidature pour un deuxième mandat.
France.
Luttes :
Cheminots. Manifestation nationale le 4 juin à l’appel de la CGT, Sud, Unsea, CFDT. Première action dans la cadre de la négociation de la convention collective à la suite de la privatisation de la SNCF. Sans surprise le patronat de la branche tire vers le bas tout le social. A suivre.
Hôpitaux. Celui de Bourges en grève depuis le 15 mai, sa reconduite est votée tandis que celle de Paimpol le sera à compter du 6 juin. C’est 81 centres des urgences qui sont dans l’action. Une grève générale de cinq minutes dans l’ensemble du secteur a eu lieu le 28 mai à midi. La ministre de la santé répond par la négative à toutes les revendications des personnels, y compris sur la demande d’augmentation de salaire qui pourrait être satisfaite. A condition de changer de politique.
Victalia (transports publics, Perpignan) En grève depuis le 15 mai pour les salaires, la direction dépose plainte pour « entrave à la liberté du travail » en raison des piquets de grève.
St Louis. Avec la CGT les salariés du site d’Eppeville (Somme) poursuivent la lutte contre la fermeture du site à la suite de la décision de l’allemand Südzucker propriétaire de St. Louis. Ce dernier ferme en raison de la surproduction mondiale de sucre. Il sacrifie ses usines françaises au profit de ses usines allemandes. (A noter que les prévisions pour les trois ans à venir font état d’une baisse de production mondiale). En mars les salariés ont été manifester devant le siège du groupe à Mannheim. Ils viennent de manifester devant l’ambassade d’Allemagne à Paris.
FR3. Grève le 29 mai dans les stations de radio bleu contre la fusion des éditions régionales du matin avec FR3, ce qui à terme met l’emploi en cause.
St Gobain (Foug, Meurthe et Moselle) Grève le 25 mai à l’appel de la CGT contre le projet de vente de l’entreprise à un repreneur.
Dockers (Marseille) Ils viennent de réaffirmer leur refus de charger des armes pour l’Arabie Saoudite. Dans la grande tradition des luttes ouvrières pour la paix.
Pompiers (Morbihan) En grève à l’appel de la CGT pour obtenir les moyens en personnel nécessaire à leurs missions.
Casino. La maison mère de Casino, Rallye vient de se placer en procédure de sauvegarde en raison de sa dette (2,9 Mds) qu’elle est incapable de rembourser. Le groupe comprend les 584 enseignes Casino, 5153 magasins de proximité, Monoprix, Leader Price, Franprix pour un CA de 19,1 Mds. Sans entrer dans les détails financiers induits par cette procédure (l’action Casino a pris 7,8% à cette annonce), une des options envisagée serait la vente de certains actifs. Avec des conséquences certaines sur l’emploi.
Timac Agro. (Sète, Hérault). Supprime 38 emplois sur 49 dans son usine qui produit des granulés pour l’agriculture. 200 emplois induits sont eux aussi menacés. Avec une répercussion importante sur l’activité du port et la disparition de 50.000 de fret par an.
GE. Annonce 1.050 suppressions d’emplois : 792 à Belfort dans les turbines à gaz sur 1900 le reste au siège (Boulogne Billancourt). C’est la disparition annoncée à terme de la fabrication des turbines en France. Pour mémoire GE devait créer 1000 emplois annoncé lors de la reprise d’Alstom (accord signé par CFDT-CGC). La réalité c’est depuis cette date, la suppression au total de 1400 emplois (400 à Grenoble + les 1000 de Belfort). L’amende payée par GE de 60 millions pour non-respect des engagements pris n’est qu’une goute d’eau au regard de son CA mondial. La perte d’emplois chez les sous-traitants et entreprises de service n’est pas chiffrée pour l’instant (on parle de 3 à 5000 ?). En général ce sont les oubliés des plans sociaux.
Whirpool. Chacun se souvient du feuilleton lors de la campagne électorale de 2017 autour de la fermeture de l’entreprise et l’annonce de la reprise de 162 salariés sur 282 par un repreneur WN. (les 300 sous- traitants qui travaillaient sur le site ont tous été liquidés). Après avoir touché 10 millions WN annonce la mise en redressement judiciaire de l’entreprise pour laquelle, selon les syndicats la nouvelle direction n’a fait aucun effort pour trouver des débouchés à ses fabrications. On peut avoir de forts doutes sur l’utilisation de ces 10 millions.
A noter que cette annonce, ainsi que celle de GE, intervient 48 h. après les élections européennes. Le capital sait ne pas mettre en difficulté son pouvoir.
Insee. Vient de publier une enquête sur les marge des entreprises. Celles-ci ont augmenté de 1,1% et se montent à 32,6%. C’est la baisse des cotisations sociales qui est la cause de cette augmentation. Merci Macron.
EDF. Profitant de la hausse des prix de 5,9% au 1er juin, de Rogy ministre de l’écologie, ex député EELV, s’en prend pour expliquer la hausse, aux « avantages » des agent EDF en matière de tarif. Les taxes de l’Etat sur les factures d’électricité lui sont inconnues. Les prix du secteur conventionné d’EDF servent à financer les énergies renouvelables en grande partie privées. D’autre part l’Etat impose à EDF de vendre son électricité au privé presque en dessous de son prix de revient. Le privé en profite pour acheter sur le marché européen son électricité lorsque les prix sont en dessous du prix EDF, il achète à EDF lorsque les prix du marché sont supérieurs à ceux d’EDF. Un seul gagnant : le privé, les perdants : les abonnés au tarif réglementé d’EDF.
Haute fonction publique. Macron veut les hauts fonctionnaires à sa botte. Il veut avoir des hauts fonctionnaires d’accord avec ses objectifs. L’ouverture de la haute fonction publique à des personnels venant du privé pour une mission prévue dans la loi sur la fonction publique ne peut que faciliter cette exigence.
Canal +. Vient d’acquérir pour plus d’un milliard M7 un des plus gros opérateurs de TV, payante en Europe. Cette acquisition permet à Canal de récupérer 20 millions d’abonnés dans sept pays européens.
Monde.
Brésil. Deuxième manifestation de masse dans tout le pays des profs d’universités et du second degré, des étudiants contre le projet de budget de l’enseignement supérieur du gouvernement Bolsonaro qui considère que la jeunesse n’en n’a pas besoin.
Chine. L’ambassadeur chinois à Paris explique dans une longue tribune (les Echos du 29 mai) que la Chine ne se laissera pas faire dans les négociations avec les USA. « Cette guerre commerciale nous ne la souhaitons pas. Mais nous ne céderons pas au chantage » et réaffirme la volonté de son pays en faveur du multilatéralisme et ses efforts pour s’ouvrir aux investissements étrangers.
Dans la bataille qui oppose la Chine aux USA autour de Huawei l’institut Montaigne (de droite) apporte sa pierre dans ce conflit en préconisant de ne pas faire appel au chinois pour l’installation de la 5G au nom de la sécurité des réseaux et pour donner plus de débouchés à l’industrie européenne très en retard dans ce domaine.
Enfin le système bancaire chinois donne des inquiétudes à la finance mondiale après la mise sous tutelle de la banque centrale d’une petite banque provinciale. C’est le résultat de l’endettement de l’économie chinoise encouragée par le gouvernement pour faire face au ralentissement économique du pays. Enfin la finance grise, qui agit en dehors de toute régulation, est passée 335 Mds de $ en 2010 à 8254 Mds en 2017.
France.
Luttes :
Enseignants. Manifestations dans plusieurs villes le 19 mai contre la réforme Blanquer.
Taxis, ambulances, auto-écoles. Manifestation le 20 mai contre la loi Mobilité qui tend à tirer l’ensemble de ces activités vers une ubérisation, sous le prétexte de baisse des prix pour les consommateurs.
GE. (ex Alstom, Belfort) Débrayage et manifestation le 21 mai contre les menaces sur l’emploi. GE dont les actionnaires exigent plus de dividendes a engagé un vaste plan de suppressions d‘emplois dans tous les pays où il est implanté.
Presse. Nouvelle grève de 24h le 22 mai dans la distribution de la presse parisienne pour défendre l’emploi face à la privatisation de la distribution des journaux.
Hôpital. (Rennes) Les urgences entrent en grève illimitée à compter du 24 mai, avec les mêmes revendications que l’ensemble des urgences qui continuent le mouvement : personnel en plus et augmentation des salaires.
SNCF. La lutte des cheminots, des producteurs de fruits et légumes, des élus pour le maintien du train Perpignan-Rungis, a permis le report de la fermeture en décembre. Sur le fond, pour les investissements nécessaires à assurer la poursuite de l’exploitation de la ligne rien n’est définitivement solutionné. D’autant qu’une liaison Barcelone-Rungis par fer est en projet.
Ascoval. Nouvelle menace sur l’aciérie de St Saulve et sur celle d’Hayange (Moselle) après la mise en liquidation judiciaire de la maison mère British Steel qui réclame une aide de 75 millions de la part de l’Etat. Elle a déjà reçu 125 millions pour effacer la facture des droits d’émission de CO2. Pour l’instant l’activité est maintenue. Pour combien de temps ? Il faut rappeler que l’usine de St Saulve appartenait à Vallourec à qui elle fournissait l’acier nécessaire à la fabrication des tubes pour l’industrie pétrolière. Avec la baisse du prix du pétrole et le ralentissement des nouveaux investissements, Vallourec qui a une aciérie au Brésil a préféré liquider St Sauve et se fournir au Brésil. Profit d’abord.
Mowi. (production de saumon fumé, groupe norvégien, Landivisiau, Finistère) Prenant prétexte de l’incendie de son usine supprime les 106 emplois.
Cora. (St Malo) Deux salariés qui ont refusé de travailler le dimanche sont licenciés pour « faute lourde ». La CFTC seul syndicat dans le magasin proteste sans appeler à l’action. Les salariés vont déposer plainte aux prud’hommes.
Capitalisation boursière. Au 17 mai elle représente environ 172.000 Mds pour les dix premières capitalisations boursières. En tête les entreprises du luxe LVMH 172,2 Mds, l’Oréal 136,8, puis Total 130,6 et pour finir Axa 54,8. Les banques -à l’exception de la BNP avec 56,7 contre 77,7 en 2018-ne figurent plus dans le palmarès.
Cinéma. D Boutonnat (producteur et réalisateur, ancien d‘Axa) vient de rendre un rapport demandé par Macron qui veut légiférer sur les aides au cinéma français. Il s’agit uniquement de propositions financières sans aborder à aucun moment le rôle culturel du cinéma. Sans surprise c’est au secteur privé qu’il est prévu de faire appel à hauteur de 80 à 100 millions par an. Le Centre National du Cinéma (CNC) présidé par D Bredin c’est félicité de cette proposition « L’idée est d’adapter notre modèle à une nouvelle donne économique ». Le cinéma français, s’il a produit des films remarquables, est des plus discrets pour mettre en cause les orientations politiques (par exemples les guerres coloniales) ou sociales. La pénétration plus importante du capital qui va exiger un retour sur investissements, va tirer vers le bas la production.
Bricolage. Alors que le pouvoir réaffirme sa politique de casse des acquis et des droits sociaux -fonctionnaires, assurance chômage, retraite- E Philipe vient d’adresser aux préfets une circulaire qui leur ordonne de trouver sous dix jours des solutions pour le retour à l’emploi et la transition écologique en liaison avec les « acteurs pertinents (?) du territoire ». L’opération poudre aux yeux se poursuit pour tenter de faire baisser le mécontentement. Un seul exemple : une offre de garderie « ponctuelle » le temps d’un entretien d’embauche.
Fonctionnaires. E. Philippe n’arrête pas d’écrire. Cette fois aux ministres pour exiger la décentralisation des services en province (par exemple 3000 aux finances) et la suppression des agences de moins de 100 fonctionnaires. Une deuxième circulaire en projet prévoit la suppression des « doublons » entre l’Etat et les collectivités locales. Une méthode de liquidation de la fonction publique en douceur rendue possible par la « réforme » qui va être votée à l’Assemblée.
Crédit immobilier de France. (CIF) Le gouvernement Hollande avait décidé la fermeture à terme en 2012 de cet établissement d’Etat spécialisé dans les prêts pour l’accession à la propriété des ménages modestes. Il devrait disparaitre au fil du temps en refusant tous nouveaux prêts. Il ne reste plus que 360 salariés contre 2500 en 2012 et la fin du CIF en 2035. Pour l’instant c’est une bonne affaire pour l’Etat, le CIF ayant versé 950 millions de dividendes entre 2013 et 2018.
Monde.
USA.
Plusieurs dizaines de milliers d’employés dans la restauration rapide sont en grève et demandent que les salaires ne soient pas inférieurs à 15 $ de l’heure.
Ford qui licencie à tour de bras en Europe va supprimer 7000 emplois aux USA de cadres et dans les fonctions supports. Il a provisionné 11 Mde $ pour les indemnités et espère économiser 2Mds par an.
Dividendes. Pour les trois premiers mois de 2019 les entreprises US vont verser 122,5 Mds de $ de dividendes (+7,8% en un an) grâce, en partie à la réforme fiscale décidée par Trump. Dans la région Asie-Pacifique (hors Japon) ils augmentent de 14,7% à 18,1Mds. Pas de résultat significatif en Europe qui ne publie pas de résultats trimestriels.
Chine-USA. Chaque semaine amène une nouvelle sanction US envers la Chine dans la course entre capitalistes pour la domination mondiale dans les nouvelles technologies et les télécoms. Un commentaire du cabinet Gemway confirme notre appréciation avec leurs mots à eux « Ce qui est certain, c’est que les Etats-Unis ne tolèrent pas l’ascension de la Chine, tout comme ils n’avaient pas toléré celle du Japon dans les années 1980 ». Il s’agit cette fois de bloquer les composantes fabriquées aux USA et vendues à la Chine qui les inclus dans ses productions. La suspension de cette interdiction par Trump pour trois mois ne change rien au fond de la décision. Le Japon et l’Angleterre annoncent leur intention de ne plus fournir eux aussi les composants qui entre dans les productions chinoises. Plusieurs entreprises françaises qui vendent des composants à la Chine et qui contiennent des produits US risquent de souffrir de cette décision et ont fortement chutées en bourse à son annonce.
France.
Luttes :
La Poste. Amboise (Loir et Cher) Grève des facteurs depuis le 23.04. Ils refusent la nouvelle organisation du travail qui fait passer leurs distributions de 4h 1/2 à 6h.
Amazone. Douze salariés ont porté plainte devant les prud’hommes pour refus de l’entreprise d’appliquer la convention collective en matière de classification ce qui leur fait perdre 400 euros par mois. Soutient de l’UD CGT qui appelle à une manifestation devant le tribunal.
Hôpitaux. La grève des urgences prend de l’ampleur avec 41 services dans l’action. Citons : en plus de l’AP-HP, Nantes, Croix Rousse (Lyon), Strasbourg, Anger, etc... A Bourges grève illimitée à compter du 12.05.
Gernele (ex NMPP) Grève le 15.05 pour l’avenir de la société.
Sovab (Batilly, Meurthe et Moselle, filiale de Renault) Débrayage et manifestation devant la direction à l’appel de la CGT, Sud, CFTC contre la mise à pied conservatoire d’un militant CGT.
Congrès de la CGT. La campagne de presse contre la CGT s’est largement poursuivie à l’occasion du congrès et de son déroulement. Nous reviendrons dans « l’hebdo » sur les travaux et les conclusions à en tirer.
Air France. Ce n’est pas 420 postes qui vont être supprimés mais 465 pour les personnels au sol en France, avec la fermeture prévue d’un certain nombre de désertes. Les compagnies low-cost sont sur les rangs pour prendre la place laissée vacante par AF. AF comptait 54.700 salariés il y a dix ans contre 40.220 en CDI en 2018.
Auchan. Qui ferme magasins et emplois correspondants a touché 88 millions au titre du CICE (le E signifie emploi) ce qui permet à la famille Mulliez de se partager 313 millions de dividendes.
Retraites complémentaires. Les 7 manifestations de retraités portent en partie leurs fruits. Les retraites complémentaires, bloquées depuis 6 ans, seront augmentées de l’inflation au 1er octobre, augmentation qui sera poursuive pour une durée de quatre ans. Cependant le patronat refuse toujours que l’augmentation soit basée sur les salaires et refuse de revenir sur la signature par les syndicats réformistes, CFDT en tête, de la décote instituée pour les salariés partant en retraite à 62 ans. (pas de décote pour un départ à 63 ans).
La « réforme » des retraites avec la retraite par point pose des questions sans solution pour l’instant. Ainsi les départs anticipés pour carrières longues ou pénibles. Le COR (conseil d’orientation des retraites) propose que ce soit l’impôt qui finance ce manque à gagner.
Pour leur part, cinq caisses qui couvrent les professions libérales refusent le projet dans l’état. Elles entendent surtout préserver -à juste raison- leurs réserves financières de plusieurs milliards résultat des cotisations versées par leurs adhérents.
Salaires. L’OFCE constate que malgré les créations d’emplois dans le privé les salaires n’augmentent pas. Elle casse au passage la prétendue difficulté mise en avant par le patronat à recruter et écrie : « Si recruter des gens était tellement difficile, les salaires devraient augmenter nettement. Or ce n’est pas le cas ». Remarque partiellement juste, l’OFCE semblant ignorer la résistance patronale à l’augmentation des salaires.
Carrefour. FO et la CGC ont signé la RCC (rupture conventionnelle collective) qui prévoit la suppression de 3000 emplois entre décembre 2029 et décembre 2020. L’accord comprend un avenant qui permet « d’augmenter le nombre de départs visés.
De son coté Auchan annonce qu’il a vendu-pour une somme non précisée- l’ensemble de ses magasins (1600 et 14.6000salariés) en Italie au groupe coopératif Conad qui va détenir 20% du marché italien. Il annonce aussi son retrait du Vietnam.
RMI. Le nombre de personnes touchant le RMI augmente de 1% en 2018 sot 1,88 millions de foyers.
France TV. Avec plus de 45% des voix aux élections la position de la CGT était déterminante pour faire valider ou non un accord aboutissant à la suppression de 900 emplois avec comme seul objectif des économies sur la masse salariale. Elle vient de le signer le 9 mai. Curieuse façon de défendre le service public.
Logement. La fondation Abbé Pierre dans une étude sur le logement indigne et insalubre, indique qu’il en existe 600.000 en France. (420.000 pour le gouvernement). Seulement 12.197 logements du parc privé ont été rénovés en 2018 avec une contribution de 126,2 millions du service public de l’Anah. Le gouvernement prévoit de consacrer 3 Mds sur dix ans à la rénovation de ces logements. Ainsi les propriétaires qui ont réalisé des profits considérables en louant ce genre de logements, en les laissant devenir des taudis vont bénéficier des fonds publics pour les rénover. Marseille où la situation est encore plus dégradée va bénéficier d’une enveloppe spéciale de 600 millions. Pendant ce temps le pouvoir met les offices HLM en difficulté en les obligeants à réduire leurs loyers.
Ile de France. La région est pressée pour les appels d’offres de transport hors RATP, cela avant l’entrée en vigueur de la loi sur les mobilités. En réduisant le nombre de contrats, actuellement 140 à 38 ces appels d’offres visent à éliminer les plus petits des transporteurs au profit des plus puissants.
Environnement. Deux fois par semaine un train chargé de fruits et légumes assure la liaison Pyrénées Orientales-Rungis. Il va être supprimé à compter du 1er juin. Motif : des investissements à réaliser par les sociétés utilisatrices et la SNCF pour moderniser le terminal et les wagons. Aucune des listes aux élections européennes ni le gouvernement n’ont protesté contre cette décision qui va mettre des dizaines de camions sur les routes. Une fois de plus c’est la confirmation qu’écologie et capitalisme sont incompatibles.
Monde.
Espagne. Les banques espagnoles taillent elles aussi dans leurs effectifs. CaixaBank annonce 2.023 suppressions de postes soit 7% des effectifs, moyennant une prime de départ de 440.000 euros par personne. Les syndicats signataires (dont les sigles ne sont pas précisés) se félicitent du « succès sans appel de l’efficacité négociatrice ». Pour eux le chômage à 17% dans le pays doit être tenu pour négligeable. Une autre banque, Santander l’une des première banque européenne annonce sa volonté de fermer 1000 agences et supprimer 3000 à 4000 emplois.
Chine-USA. Faute de la signature de l’accord commercial (les discussions continuent) les USA viennent de faire passer leurs droits de douane sur 200 Mds d’importations chinoises de 10 à 25%. La Chine a réagi en augmentant les droits de douane sur 60 Mds d’importations US et menace de ne plus acheter certains produits (soja, avions) Ces tensions ont amené une chute des bourses mondiales de 3,23% aux USA soit 1660 Mds de capitalisation boursière à 1,20% pour Euro Stock (le lundi 14.05). La monnaie chinoise a plongé de 0,8% par rapport au dollar entrainant la baisse des monnaies des pays émergents. Au-delà du déficit commercial en défaveur des USA c’est l’avenir de la domination mondiale dans les nouvelles technologies et des télécoms qui est en jeu. Tous les moyens sont bons pour y arriver. L’Etat américain en interdisant l’accès à son marché de China Mobile, après Huawei, sous prétexte de « sécurité intérieure » espère placer en position favorable les entreprises US sur le marché mondial.
Japon. Nissan annonce une très forte réduction de ses profits. Rien que sur le 1er trimestre 2019 c’est 56 millions qui n’iront pas dans les caisses de Renault et pour 2020 Nissan annonce une baisse de 30% du dividende. « les Echos » qui donne ces informations s’inquiète des conséquences de cette baisse pour les actionnaires alors que l’annonce de 4600 emplois dans le monde ne soulève aucune compassion de la part du journal.
Angleterre. Vinci prend pour 3,2 Mds d’euros le contrôle de l’aéroport de Gatwick à Londres. Il devient le deuxième opérateur mondial dans les aéroports.