Gantry 5

 

Le récent sommet des chefs d’États à Salzbourg avait deux points à l’ordre du jour: la position de l’Union Européenne (UE) sur les propositions britanniques à propos du Brexit et la question migratoire. Aucun accord n’a été trouvé.
Sur la question migratoire, l’Union Européenne est toujours dans l’impasse. des gouvernements comme en Italie, Hongrie, Pologne, Autriche...affichent une hostilité croissante à toute politique migratoire commune et refusent l’accueil de nouveaux migrants sur leur territoire au nom de leur souveraineté nationale. D’autres comme la France tout en préconisant une politique d’accueil mènent hypocritement la même politiqu. Le dernier exemple en date est le refus par le gouvernement français de laisser accoster le bateau «Aquarius» dans le port de Marseille se défaussant sur Malte tout en acceptant une «pincée» de dix huit réfugiés pour masquer sa politique restrictive.

La Grèce, depuis huit ans, sous contrôle de ses créanciers de l’Union Européenne et du FMI en est sortie officiellement cette semaine. Elle peut à nouveau emprunter sur les marchés financiers. L’UE et le FMI ont salué cette situation comme un « succès » tout en réaffirmant la poursuite de leur surveillance sur les mesures législatives et réglementaires permettant au grand capital monopolistes de mieux exploiter et plus librement les richesses du pays.

Voilà une semaine qu'était conclu un soi-disant accord entre les États-Unis et l'Union européenne, qualifié de « trêve » dans la guerre commerciale transatlantique.

Qu’a-t-il été exactement convenu à la réunion du 25 juillet entre Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ?

Nous commençons cette semaine une série d’articles où nous rappelons notre position sur l’Union Européenne.

Les événements récents, qu’il s’agisse du vote des citoyens britanniques pour la sortie de l’Union Européenne (Brexit), de la tentative d’indépendance de la Catalogne, de la destitution de Rajoy en Espagne, de la question migratoire, de la situation en Grèce, du vote des électeurs slovènes, hollandais, autrichiens, allemands, italiens, hongrois, polonais…témoignent tous, à leur manière, de la situation actuelle au sein de l’Union Européenne.
La lecture de ces événements est orientée par les media du grand capital de manière à occulter leur nature profonde. Il s’agirait essentiellement de réactions immatures des peuples focalisant leur incompréhension de la construction européenne et de ses «bienfaits» sur les questions migratoires et d’un repli nationaliste face à la mondialisation. La recette pour dépasser cette situation se trouverait dans plus d’Europe et l’on voit se dessiner en France l’idée du pouvoir que le combat devrait avoir lieu entre les pro-européens et les anti-européens.
Il y a, bien entendu, des variantes, c’est le cas du PCF, qui se place dans la vision d’une «réforme sociale» de l’Europe et développe l’idée suivante: «Elections européennes, nous refusons l’Europe des technos comme celle des fachos». Il y a aussi la France Insoumise de Mélenchon qui avance l’idée d’une renégociation des traités dans le cadre de l’Europe capitaliste. Les écologistes quant à eux se prononcent pour une Europe fédérale qui effacerait les Nations. Le FN rebaptisé Rassemblement National entend substituer à l’Europe supranationale celle des Nations. La caractéristique de toutes ces démarches est qu’elles se placent uniquement dans le maintien et le développement du système capitaliste.
C’est bien là le fond du problème!
Dès la fin de la 2ème guerre mondiale, l’Union Européenne a été créée pour renforcer les intérêts capitalistes dans cette région du monde pour donner au grand capital monopoliste les moyens de son expansion mondiale et se liguer pour combattre le camp socialiste en construction et tout particulièrement l’URSS. C’est une puissance militaire, l’Europe de la défense a été créée, elle apporte sa capacité à l’OTAN sous la houlette des USA.
L’Europe impérialiste s’est construite contre les peuples. Sa logique est la recherche du profit maximum. Cette logique conduit à mettre en concurrence les travailleurs sur un marché élargi de la force de travail disponible pour en faire baisser le prix. Elle conduit à supprimer tout ce qui entrave le développement du capitalisme, liquider tous les acquis de décennies des luttes ouvrières dans le cadre des Nations. C’est pourquoi, du Sud au Nord d’Ouest en Est de l’Europe nous retrouvons les mêmes lignes de forces politiques.
A l’intérieur même de l’Europe, la concurrence entre capitaliste est rude. Le développement du capitalisme dans les pays est inégal. La concentration du grand capital, son accumulation et la localisation des productions et des services se font au détriment des tissus industriels nationaux et génèrent comme en France un recul important des capacités productives entraînant un chômage de masse.
L’Euro, monnaie unique, est un élément de domination du grand capital monopoliste. Il coûte cher aux économies les plus faibles, en particulier du fait que leur dette publique est soumise à la spéculation des grands groupes financiers. L’argument avancé selon lequel l’Euro protège les économies européennes de la domination du Dollar est infondé et les récentes mesures prises par les USA en matière de sanctions contre les entreprises qui travaillent avec l’Iran, comme les taxes sur les importations d’acier et d’aluminium montrent clairement le contraire.
Les états qui composent l’UE défendent les intérêts monopolistes par la guerre, c’est le cas au Moyen- et Proche-Orient, c’est le cas en Afrique et l’on voit bien leur nature impérialiste, dans leur participation à ces opérations militaires. De ce point de vue la France, comme ancienne puissance coloniale y joue un rôle particulièrement actif.
Face à cette situation, les peuples d’Europe sont à la recherche d’issues politiques. Ils expriment leur mécontentement et leurs aspirations par des luttes sociales importantes en Grèce, en Italie, en France, en Espagne au Portugal, en Allemagne…Ils votent ou ne votent pas comme ce fut le cas en France aux élections présidentielle et législative. De plus en plus souvent, les forces politiques, de droite et de gauche qui alternent au pouvoir et aggravent la situation des peuples, connaissent une usure. Les mouvements et partis nationalistes, comme les forces dites «anti-système», ou «ni de droite ni de gauche» deviennent alors des réceptacles au désarroi politique. C’est un piège énorme car ces partis et mouvements qui sont en réalité au service du capital, ont pour fonction précise d’absorber le mécontentement, de le détourner de la lutte contre le grand capital, pour continuer et accélérer la réalisation des objectifs du capital ( on le voit en France avec Macron)
Pour sortir de cette situation, suffirait-il comme le déclarent les organisateurs de la «Marée populaire» de se rassembler pour vouloir:«une société plus juste, plus solidaire, plus égalitaire avec un meilleur partage des richesses?». C’est faire croire que le capitalisme pourrait partager les profits. La loi de l’Europe capitaliste c’est la surexploitation des peuples. La concurrence capitaliste mondiale est de plus en plus exacerbée, le capitalisme européen doit aujourd’hui aller de plus en plus loin et vite.
Il ne peut pas y avoir de solution capitaliste pour les peuples en Europe. La seule solution est la lutte anticapitaliste contre cette Europe.
Seules les luttes sociales peuvent imposer des reculs au capitalisme mais tant que le capitalisme domine il fait tout pour reprendre ce qu’il a dû concéder.
La lutte politique est donc indispensable, car ce qui est donc posé c’est la question politique du pouvoir aujourd’hui dominé et au service des multinationales capitalistes. C’est la lutte pour abattre le capital et construire une société socialiste débarrassée de l’exploitation capitaliste. C’est à cette lutte qu’appelle notre parti et qui l’organise.
Les élections européennes se tiendront dans un an. Nous n’avons aucune illusion sur le rôle du parlement européen qui n’est au fond qu’un maquillage «démocratique» d’une réalité qui est la direction des affaires par le grand capital monopoliste. Mais ce sera une grande bataille politique où nous serons présents par une liste qui appellera à la lutte contre l’Europe capitaliste, qui démontrera que sans lutte contre le capital, sans volonté de l’abattre il ne peut pas y avoir d’issue à la crise.

Bimestriel N°131

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