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Libye : Le Caire prêt à la guerre

La situation en Libye ne cesse de se dégrader et ce sont plus de dix états qui y interviennent ouvertement ou de manière plus discrète en fournissant des armes et des moyens aux factions en présence.

Cette situation ne vient pas de rien, elle résulte de l’intervention impérialiste de 2011 qui en est la cause et dans laquelle la France a pris une part majeure : voir article: libye les affrontements au sein de l'imperialisme s'exacerbent.
Depuis, les affrontements se multiplient et les puissances régionales en soutenant le gouvernement de Tripoli ou celui du Maréchal Haftar en Cyrénaïque entretiennent une guerre dont les enjeux sont à la fois le contrôle des très importants gisements de pétrole au sud et des potentielles ressources gazières off shore que convoitent la Turquie, mais aussi de celui d’une zone stratégique au nord du sahel. La Turquie par une intervention militaire décisive impliquant des milliers de mercenaires de Daesh rapatriés de Syrie a permis au gouvernement de Tripoli de repousser les troupes de Haftar et entend prendre le contrôle complet de la Libye au grand dam des puissances du golfe, de la France et de la Russie qui soutiennent Haftar.
C’est dans ces conditions que le parlement égyptien à l’unanimité vient d’autoriser le pouvoir à une intervention militaire égyptienne en Libye. Depuis des mois l’Égypte avait mis en garde la Turquie contre toute avancée vers les champs pétroliers du sud. De plus la Turquie soutient les Frères Musulmans que le président Abdel Fattah Al Sissi a chassé par la force du pouvoir en 2013. Le Caire et Ankara sont donc en conflit ouvert et le territoire Libyen pourrait devenir le lieu de leur affrontement militaire.
Si Paris, Berlin et Rome demandent le respect de l’embargo sur les armes en direction des différents protagonistes, leur voix et surtout celle de la France, est faible à la fois compte-tenu de sa responsabilité dans la situation en Libye mais aussi du fait de son intervention militaire au Sahel qui la conduit à soutenir Haftar pour « protéger son espace sahélien ». La Turquie, en intervenant en Syrie par l’annexion d’une bande frontalière au nord et en Libye pour y assurer son protectorat ne peut agir seule sans l’aval ou pour le moins la neutralité des USA qui domine l’OTAN à laquelle elle appartient et qui constitue sa garantie militaire. L’intervention turque qui se heurte à la Russie et à ses alliés principaux aux Moyen- et Proche-orient n’est pas pour déplaire aux USA qui la verrait bien s’embourber dans des conflits multiples dans la région.
En se préparant à la guerre le Président égyptien entend non seulement prendre sa part du gâteau mais aussi régler ses problèmes politiques intérieurs marqués par une situation économique et sociale très dégradée et lourde de potentialité de révolte populaire. Les révolutionnaires égyptiens n’ont rien à attendre d’une intervention qui serait largement inspirée par l’allié russe dont l’Égypte est grandement dépendante en particulier au plan alimentaire puisque près de 70 % des céréales si vitales pour nourrir sa population sont issues du marché russe. Dis moi qui te nourrit je te dirais pour qui tu mords !
S’aligner sur les va-en-guerre au nom du nationalisme c’est finalement leur offrir le moyen de juguler toute velléité de changement révolutionnaire. Pour notre part, nous soutenons tous ceux qui en Égypte et ailleurs s’opposent aux guerres impérialistes.

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