frcaendeitptrues
Gantry 5

 

Rapport au Comité National du 29 février 2020.

Chers camarades,
Cela fait trois mois que notre pays vit une lutte sociale contre le projet de loi capitaliste des retraites.
Des centaines de milliers de travailleurs venant de professions différentes sont engagés dans cette lutte et le premier constat que nous pouvons faire, c’est bien sûr sa durée inédite car il y a très longtemps qu’une telle détermination contre une « réforme capitaliste » n’avait été observée.

Après des dizaines d’années de casse des acquis sociaux auxquels tous les gouvernements ont participé, la retraite solidaire malgré les multiples attaques depuis sa création, représente encore aujourd’hui un repère social, un outil social protecteur et solidaire très important aux yeux du peuple.
65 % de la population se prononce contre le projet gouvernemental et demande son retrait, y compris après trois mois de lutte ce qui n’est pas banal.
Ce qui rassemble tous les mécontents relève d’une idée simple :
c’est que tout le monde est perdant avec ce projet s’il venait à voir le jour alors qu’aujourd’hui le système de retraite actuel, malgré les réformes régressives successives, satisfait majoritairement la population.
Ce constat simple ne doit pas nous satisfaire, nous avons besoin d’expliquer pourquoi le projet capitaliste en cours est un enjeu fondamental de société.
Pourquoi cet acquis social existe ? Pourquoi a-t-il toujours été attaqué ? Par qui ? Dans quel but et pour le remplacer par quoi ?

Poser ces questions démontre la profondeur de l’enjeu, les choix politiques en question, l’affrontement de classe qu’il impose.

Sans refaire un retour historique détaillé sur sa création, la Sécurité Sociale et toutes ses protections, dont la retraite, a été imposée par les luttes et les rapports de force politiques et sociaux d’avant, pendant et après-guerre auxquelles les forces du capital étaient confrontées. Elles ont dû reculer sous la menace d’un possible changement de société.
Les conditions politiques de la création de la Sécurité Sociale dans un pays dévasté comme la France en 1945 sont directement liées à l’affrontement de classe favorable à l’époque aux travailleurs.
Il est donc important de rappeler que lorsque le rapport de force créé par les travailleurs et le peuple contre le capital est favorable, la société évolue, progresse et créée des réformes sociales utiles pour satisfaire les besoins multiples du peuple.
Tout est donc question de lutte politique, question centrale pour changer de politique.
Les forces du capital ont dû céder, reculer face à l’affrontement de classe de l’époque, elles ont dû céder notamment le système de financement solidaire assuré par une part des richesses créées et utilisées pour résoudre les problèmes de santé publique, de santé au travail, la maladie, la retraite, les allocations sociales.
Cette partie des richesses créées par les travailleurs pour les protéger solidairement des aléas de la vie et les assurer d’un repos après une vie de travail est insupportable pour le patronat français qui a toujours considéré que pour avoir une protection, il faut que chacun soit capable de se la payer.
Le patronat, qu’il soit français ou international a toujours considéré que le résultat de l’exploitation capitaliste lui appartient parce qu’il en est à l’origine, confirmant ainsi les raisons de son existence : l’accumulation de profits par l’exploitation toujours plus dure du travail salarié.
Lorsqu’il est obligé de reculer, il s’acharne immédiatement à reprendre ce qu’il a perdu lorsque le rapport de force lui permet à nouveau.

Cet affrontement de classe est permanent tant que le capital existera.

En cassant la Sécurité Sociale, il veut récupérer la part des richesses qu’il considère comme étant sa propriété, consacrée à la protection sociale du peuple dans le seul but de gonfler ses profits.
Il propose la mise en place d’un système d’assurance individuelle où chacun sera responsable de sa propre situation. Fini la solidarité, c’est l’individualisme qui prévaut, excluant les plus fragiles et les plus pauvres.
Voilà rapidement tracé l’objectif poursuivi par le capital. Pour notre parti, nous en connaissons les tenants et les aboutissants mais est-ce le cas pour les masses ?
Voyons bien toute l’importance de la situation économique et sociale dans le financement de la Sécurité Sociale. L’augmentation des salaires, l’emploi et son développement sont des leviers essentiels pour développer une protection sociale répondant aux questions de santé, de sécurité, à une retraite décente. On ne peut pas séparer la question des salaires et de l’emploi car c’est le financement et donc l’existence des acquis sociaux qui est en cause. Bloquer le SMIC, les salaires, c’est amputer la Sécurité Sociale de son financement et ainsi remettre en cause son fonctionnement.
Délocaliser les productions, fermer des sites industriels, précariser le travail, c’est supprimer des moyens considérables pour faire fonctionner les services de la Sécurité Sociale. Chaque emploi perdu, précarisé, mal payé est un coup porté à cet acquis social.
Ce n’est évidemment pas le souci du pouvoir capitaliste aux ordres du patronat qui veut s’accaparer les centaines de milliards consacrés à la protection sociale.
Salaires, emplois, précarité, besoins sociaux, nous sommes au cœur de la société, soit elle répond aux exigences économiques et sociales du peuple, soit elle s’en détourne pour satisfaire le profit.
Le capitalisme n’a jamais disparu en France, y compris lorsque le rapport de force était favorable aux travailleurs, il sait reculer pour préserver son existence et reprendre la course au profit. La situation que nous vivons actuellement en est l’éclatante démonstration.
Tant que le capitalisme existera, la course au profit existera peu importe les conséquences sociales, l’essentiel est d’aller toujours plus loin dans l’exploitation du travail pour toujours plus de profits.
Dans cette société individualisée à l’extrême, il faut être le plus fort possible pour être rémunéré selon son mérite, ce qui revient à dire qu’il y a d’un côté les « méritants » et les autres. Il faut être employable, c’est-à-dire correspondre aux critères fixés par le patron, ce qui exclut les autres, être flexible dans tous les domaines que ce soit sur les questions de salaire et d’emploi, autrement dit être précaire et malléable à merci.
Nous pouvons tous ici vérifier la réalité de ces situations qui n’ont qu’un but : le profit. Être rentable, compétitif, se vendre à moindre coût quelque soit sa formation, son niveau d’études est devenu la règle rappelée sans cesse, martelée continuellement pour faire comprendre qu’il n’y a pas d’autres voies que celle que le capital impose.
Mettre en concurrence les salariés entre eux, les professions entre elles, les secteurs d’industrie, les entreprises, les multinationales entre elles, c’est le propre du capitalisme, la concurrence, la compétition sont les maîtres mots dans la recherche du profit.
A partir d’un acquis social comme la Sécurité Sociale nous pouvons décliner toute la politique nationale, les choix politiques, à qui cela profite, qui sont les responsables ?
Le montant des prestations sociales s’élève aujourd’hui à plus de 750 milliards d’euros (DRESS), la retraite en représente la moitié, la santé, la famille, le chômage le reste. Voilà à quoi le capital veut s’attaquer pour s’accaparer les dépenses sociales en les faisant porter sur chaque individu. Cela représente 31,5 % du produit intérieur brut que les patrons considèrent comme étant leur propriété.
La réforme capitaliste de la retraite, le mouvement social qui s’y oppose représente un enjeu de société qui recouvre, nous l’avons vu tous les domaines de la vie économique et sociale.
Pour rendre les luttes plus fortes, les étendre, les intensifier, les faire converger, il faut démontrer avec ténacité partout où nous pouvons agir et débattre, les raisons pour lesquelles la réforme capitaliste actuelle va bien au-delà de la retraite.
Le capital ne veut plus contribuer au financement des dépenses sociales pour accumuler son profit.
La seule réponse politique à cette question est qu’il faut engager la lutte contre lui pour l’empêcher de nuire.
Cela coule de source pour nous, mais est-ce aussi évident pour les 65 % de personnes qui demandent le retrait du projet capitaliste ? Certainement que non, nous n’en serions pas là mais il y a des raisons pour cela.

Les forces révolutionnaires se sont affaiblies.

Les partis politiques ne s’attaquent pas à l’origine des problèmes. Ils considèrent tous qu’il faut les aborder les uns après les autres comme si il n’y avait pas de lien entre eux alors qu’ils sont le reflet d’une politique extrêmement cohérente.
Ils ont tous abandonné le combat de classe. Excluons la droite et l’extrême droite et leurs alliés au service du capital pour développer encore plus et plus vite le profit capitaliste. Les partis qui sont situés à « gauche » par la bourgeoisie ne sont pas pour l’abolition du capital, ils reconnaissent tous la propriété capitaliste des moyens de production et d’échange.
Cela pèse dans le combat politique qu’il faut mener. Ils ont tous participé à un moment ou un autre par opportunisme ou pour servir le capital aux gouvernements qui se sont tous attaqués aux acquis sociaux. Ils poursuivent aujourd’hui, et pour les mêmes raisons, leur stratégie de dévoiement, de détournement qui mène dans des impasses multiples pour que rien ne change.

Nous sommes à trois semaines des élections municipales.

et nous voyons à quel point comment les partis en présence évitent avec soin tous débats sur les enjeux de ces élections.
Aucun ne parle des transferts de compétences dans les régions concernant les transports, la santé, l’éducation, le social, l’attribution de fonds publics et toute l’économie soumise aux règles du capital européen.
Personne ne parle de ces enjeux politiques parce que tous les acceptent.
Là encore, c’est la mise en concurrence des communes, des communautés de communes, départements et régions, dans le but d’appliquer la réforme territoriale dont on sait les dégâts qu’elle cause. Les conséquences sont désastreuses, la disparition des services publics, la privatisation des services municipaux, la baisse des investissements dans les communes sont le résultat d’une politique nationale dont tous les partis nient l’existence, estimant que les élections municipales n’ont rien à voir avec la politique nationale.
Combien de fois entendons-nous que les élections municipales c’est « gérer l’existant ». Aujourd’hui les partis politiques se cachent derrière des slogans divers et variés pour détourner le vrai débat sur le rôle d’une commune et sur ses moyens d’action politique pour organiser la lutte afin de résoudre les problèmes sociaux.
Plus personne ne sait pour quel parti il vote aujourd’hui mis à part dans les grandes villes, tout est fait pour camoufler au mieux les responsabilités. Qui n’a pas son « gilet jaune », son « écologiste » sur sa liste ? À droite comme à « gauche » c’est l’auberge espagnole, ça sert la politique actuelle. Les programmes des candidats font la part belle aux thèmes comme la sécurité, le changement climatique, au-delà de cela c’est le vide politique.

Notre parti ne peut pas se prêter à une telle illusion démocratique qui consiste à tromper le peuple sur les enjeux en présence.

Il est donc évident que nous n’appellerons à voter pour aucun des candidats à cette élection, ni au premier ni au deuxième tour, mais nous mettrons à disposition des électeurs un bulletin pour permettre un vote révolutionnaire, le seul qui puisse vraiment compter.
Nous sommes à trois semaines des municipales et déjà une campagne de propagande prépare l’opinion à la présidentielle de 2022. Cette campagne consiste à centrer le débat autour d’un duel Macron–Le Pen sur les questions de sécurité, de laïcité, d’islamisme, de communautarisme, de séparatisme nouveau terme employé pour diviser encore la société dans le seul but de l’exploiter encore plus par la poursuite et l’aggravation de la politique actuelle.
Cette stratégie a déjà été utilisée, elle montre clairement l’alliance objective entre toutes les forces politiques capitalistes. Le Pen manipule, instrumentalise tous les événements, toutes les difficultés, elle développe sa démagogie en se déclarant le « parti du peuple ». Marine Le Pen a même déclaré réfléchir à abandonner la présidence du Rassemblement National pour mieux « représenter l’ensemble des Français ».
Toute cette actualité politique consiste à faire diversion pour éviter au maximum le débat sur la société actuelle et comment en changer. Tout est bon pour tenter de faire oublier le mouvement social actuel et sa signification. Tout est fait pour faire peur : changement climatique utilisé pour culpabiliser les populations qui consomment trop, trop d’énergie, trop de tout, alors qu’au même moment le taux de pauvreté en France ne cesse d’augmenter (14,7 % de la population–10 millions de personnes), que 4 millions de personnes sont mal-logées, que trois fois plus de familles vivent dans la rue dont 500 enfants… pourvu que l’on ne parle pas de la politique qui mène à cette situation !!
L’épidémie actuelle du Corona virus fait l’objet d’une campagne incessante sur ses effets sur l’économie et ses conséquences sociales à venir. Le pouvoir oublie très vite les 15 000 morts dus à la canicule de 2003, l’état déjà désastreux des hôpitaux à l’époque, encore aggravé aujourd’hui à la suite des multiples « plans et réformes» mis en place et qui provoque la colère des personnels hospitaliers, risque de provoquer de graves problèmes de santé en cas d’extension de l’épidémie.
Tout est bon pour dédouaner, détourner l’attention pour surtout éviter de parler des enjeux de société. Si ce n’est pas suffisant on invite les Balkany sur les chaînes de télévision, on sort l’affaire « Griveaux » pour dénoncer une atteinte à la « démocratie », à la « liberté ». De quelle démocratie et de quelle liberté est-il question ? S’agit-il de donner aux travailleurs le pouvoir de décider de la gestion des productions ? De maîtriser les richesses créées ? De résoudre les problèmes sociaux ? De décider du développement nécessaire aux pays ? Rien de tout cela évidemment, nous en sommes très loin, la démocratie façon capitaliste ne vise qu’à donner le pouvoir aux multinationales au travers des élections qu’elles maîtrisent.
Le débat politique n’existe pas dans la campagne des municipales, il est réduit à sa plus simple expression, il n’y a qu’à lire les programmes des candidats pour se rendre compte que toute cette agitation politicienne constante masque mal les difficultés du pouvoir à appliquer sa politique ou à en accepter les directives.
Le mouvement social est traversé par toute cette agitation où les opportunistes de tous poils se démènent, des unions se créent, des alliances multiples de circonstance se font, personne n’y comprend plus rien, la confusion règne, mais ce n’est pas un hasard car les difficultés pour apparaître différents du pouvoir actuel sont nombreuses. Se démarquer de la politique actuelle n’est pas facile, car ils sont tous d’accord pour développer ou gérer la politique capitaliste, aucun ne la condamne, certains agissent sur les effets qu’elle produit, cela ne va pas au-delà.
Il n’est donc pas étonnant que le débat politique soit confus y compris chez celles et ceux qui luttent. Le mouvement social se poursuit mais les difficultés à l’étendre et l’intensifier sont réelles, notamment dans l’industrie.
Il y a bien des raisons à cela. La casse industrielle a fait et fait toujours des dégâts considérables en termes d’emplois bien sûrs, mais également du point de vue des droits syndicaux depuis la casse du code du travail. Il ne faut pas négliger l’intense bataille idéologique menée par le patronat par exemple sur les salaires remplacés aujourd’hui par le paiement au mérite individuel, les primes diverses l’intéressement. Le groupe Peugeot après avoir supprimé des dizaines de milliers d’emplois voit son profit exploser. Aujourd’hui il signe des accords avec les syndicats pour aller encore plus loin dans l’exploitation du travail et dans le même temps il distribue des primes d’intéressement pour « récompenser » le mérite des travailleurs à accepter les conditions de l’exploitation du travail que le groupe exige. Dans le commerce, les grandes enseignes comme Casino–Auchan–Castorama–Carrefour–Conforama ont supprimé 6000 emplois en quelques mois. Renault prépare une vaste restructuration au nom de la transition énergétique. Alstom transport met 6 milliards sur la table pour s’approprier Bombardier après des milliers de suppressions d’emplois dans le groupe, il s’apprête à réorganiser l’ensemble des fabrications dans le ferroviaire. Dans l’énergie c’est la fermeture de Fessenheim avec son lot de suppressions d’emplois pour satisfaire les écologistes. A Airbus malgré des résultats financiers impressionnants, le groupe continue à supprimer des emplois. Dans le secteur bancaire, à La Poste, des agences sont fermées avec leur lot de suppressions d’emplois. Dans l’industrie pharmaceutique ou les délocalisations des fabrications en Chine ou en Inde ont entraîné également la fermeture de nombreux sites et la suppression de milliers d’emplois. On constate depuis une pénurie permanente de médicaments nécessaires aux soins médicaux. Le nombre de pénuries constatées en 2008 était de 44, en 2018 on en dénombre 868.
Tous ces grands groupes bénéficient de centaines de millions d’euros au titre du CICE. La pression est forte sur ces millions de travailleurs soumis aux exigences des patrons, ajoutons à cela un syndicalisme divisé, affaibli, réprimé, dont les droits sont sans cesse remis en cause, les atteintes au droit de grève par la multiplication des réquisitions dans des secteurs de plus en plus nombreux, nous avons là tout un cocktail de mesures qui rend plus difficile les mobilisations. Certes cela n’explique pas tout, les stratégies syndicales pèsent beaucoup dans les luttes.
La CFDT se déclare aujourd’hui sans aucune retenue être un syndicat « réformiste », ce que nous savions depuis sa création, mais aujourd’hui il affirme et assume haut et fort sa stratégie. Interlocuteur privilégié du patronat, intermédiaire, porte-parole, courroie de transmission des patrons, les adjectifs sont nombreux pour qualifier cette organisation mais cela démontre le recul du syndicalisme de lutte que seule la CGT et ses syndicats défendent aujourd’hui.
On le voit, les obstacles sont nombreux à une mobilisation plus forte, ce qui ne veut pas dire, loin de là, que le mouvement social ne peut pas s’étendre. Au contraire, si les difficultés sont réelles, le mécontentement ,l’opposition à la politique du pouvoir grandissent, des initiatives d’actions se poursuivent. Toutes les semaines, des actions, des luttes sont menées, l’intersyndicale prépare une grande journée d’action interprofessionnelle de grèves et manifestations le 31 mars prochain, le 5 mars, journée de lutte dans l’enseignement supérieur et la recherche. Notre engagement doit être total dans ces luttes, nous allons en débattre.
Nous vivons une période intense en activité, notre parti joue son rôle politique indispensable à la compréhension de la situation et nous voyons à quel point et pour quelles raisons il faut multiplier les rencontres avec les travailleurs devant les entreprises, dans les grèves et manifestations.
Faire de la politique est essentiel, incontournable pour faire comprendre, convaincre que l’engagement dans la lutte politique est le seul moyen pour que les choses changent vraiment.
Certes, cela ne va pas aussi vite que nous voudrions mais il faut tenir compte des obstacles à l’engagement. Nous faisons des adhésions, le cercle de nos sympathisants s’élargit, l’accueil qui nous est réservé n’est plus du tout celui que nous avons connu il y a quelques années. Il faut du temps pour l’adhésion, parce qu’il faut beaucoup de conviction politique pour participer activement et pleinement au combat révolutionnaire.
Nous prenons des contacts avec les travailleurs dans les manifestations, les rassemblements, il faut poursuivre les débats, avoir des rencontres régulières, le renforcement passe par ce travail militant parce que c’est le plus efficace.
Nous disons souvent que la politique ne se découpe pas en tranches, elle est le résultat de décisions cohérentes qui vont toutes dans le même sens. Par exemple, on ne peut pas expliquer l’action du capitalisme en France sans en franchir les frontières.
Le salon de l’agriculture qui se déroule en ce moment est l’occasion de faire le lien entre politique nationale et internationale, les agriculteurs le disent eux-mêmes, ils sont contraint à la concurrence avec des pays comme le Canada, les USA, dernièrement le Vietnam sans compter les pays européens. Le retrait de la Grande Bretagne de l’Union va aggraver encore les difficultés des agriculteurs français bénéficiant de la politique agricole commune qui n’a jamais réglé les problèmes des agriculteurs. Ce sont les multinationales de l’agroalimentaire qui bénéficient de cette politique. (Voir article sur notre site)
Les règles constantes du capital, c’est faire toujours plus de profits toujours plus vite en exploitant toujours plus les peuples quel que soit l’endroit et les moyens utilisés. Cette course effrénée au profit a des conséquences graves sur les populations mais ce n’est pas cela qui va faire reculer le capital parce que ce n’est pas son souci.
Ce sont les luttes et uniquement les luttes, leur puissance et leur force, leur détermination, leur durée qui peuvent faire reculer partout le capital.
Nous analysons la situation en France et dans le monde parce que nous sommes un parti révolutionnaire qui compte dans la vie politique nationale, mais qu’en est-il hors de nos frontières ? Nous n’allons pas ici refaire l’histoire, nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur cette question parce que nous aurons beaucoup de choses à dire sur la création du Parti Communiste Français il y a 100 ans en 1920. La situation a beaucoup changé depuis en France et dans le monde selon la force des partis révolutionnaires qui se sont créés puis se sont affaiblis et se reconstruisent aujourd’hui. Des luttes ont lieu partout dans le monde car partout le capital accentue l’exploitation des terres et du travail des peuples, détruit des états entiers, installe sitôt qu’il le peut des gouvernements à sa botte.
Les multinationales se font concurrence dans cette course au profit dont les peuples payent la violence au prix fort. Les frontières sont de moins en moins respectées, le choix des peuples à disposer d’eux-mêmes est remplacé par la domination souvent violente pour satisfaire aux appétits des multinationales.

Non, nous ne pouvons pas faire abstraction de cette situation internationale.

Le pouvoir capitaliste français rejoue sa musique coloniale en Afrique avec d’autres notes et sur un autre ton mais toujours avec la même mélodie, celle de l’impérialisme.
Lorsque les budgets de défense augmentent que ce soit en France ou en Europe ou celui de l’OTAN dominé par l’impérialisme américain, ce n’est pas pour faire la paix mais pour préparer des opérations militaires qui se multiplient sur toute la planète pour conquérir de nouvelles sources de profits. (Les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 4% en 2019).
Les états membres de l’Europe capitaliste viennent de se réunir pour définir le budget de fonctionnement de l’Union, toute la discussion a tourné autour du retrait de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne laissant un trou de 70 milliards d’euros qu’il faudra combler. Soyons sur que c’est dans la poche des populations que l’Europe va trouver la solution. S’il y a un sujet sur lequel ils sont d’accord, c’est l’organisation de la défense européenne.
Les grandes puissances s’affrontent pour servir les intérêts de leurs multinationales respectives en concurrence entre elles. Pour contrer l’impérialisme chinois, les USA renforcent leurs liens avec le gouvernement indien qui pratique l’apartheid et le racisme comme d’ailleurs Israël à l’égard de la Palestine. Les donneurs de leçons de démocratie se taisent complaisamment, Macron le premier, ce qui revient à approuver la politique pratiquée dans ces pays, mais nous pourrions en citer d’autres comme l’Arabie Saoudite le Qatar, la Turquie et beaucoup d’autres encore où il est bien connu que la démocratie pratiquée ne souffre d’aucune critique.
La lutte des classes dépasse nos frontières, elle est internationale, car le capital domine partout, cela ne doit pas échapper à nos débats avec les travailleurs y compris dans cette période de mobilisation sociale centrée sur la réforme capitaliste de la retraite.
En dehors de notre parti, personne ne peut expliquer la cohérence des décisions politiques actuelles, le lien entre le national et l’international, car personne à part notre parti ne s’attaque fondamentalement au capital, d’où l’importance de notre activité, de notre présence dans les débats, de notre volonté à faire grandir nos forces, à peser toujours plus fort dans la vie politique nationale, c’est le but que nous poursuivons, la perspective politique que nous voulons faire partager.

Imprimer le rapport

Notre brochure
brochure
 
Bulletin d'adhésion
bulletin d'adhésion
 
Affiche
affiche