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Agriculture: un enjeu de société

Le Salon de l’Agriculture, rendez-vous incontournable pour la profession, a ouvert ses portes au public au Parc des Expositions de Paris. C’est l’occasion pour les agriculteurs de partager leur quotidien mais également d’alerter sur les problématiques liées à leur activité.

Dans un pays pourtant leader européen en matière d’agriculture avec une production de 73 milliards d’euros en 2018 tous secteurs confondus, les paysans n’ont que des miettes.
La difficulté de vivre décemment de leur travail :
Selon l’Insee, le revenu courant avant impôts (RCAI) par actif non salarié des moyennes et grandes exploitations a augmenté de 10,8% en 2018 pour avoisiner les 2530 euros par mois, ce revenu comprend les aides et subventions touchées par l'exploitant mais pas les cotisations sociales qu'il lui faut encore payer.
Ce revenu moyen des agriculteurs cache d’importantes disparités. La moitié des exploitations affichaient un RCAI par actif à 1725 euros brut par mois. Si un quart ont généré des résultats supérieurs à 3116 euros par mois,un quart a enregistré des résultats inférieurs à 642 euros par mois. Enfin, 14% des exploitations ont fini dans le rouge.Ils étaient en outre 26 100 à toucher le RSA.
Rappelons que près de 20 % des agriculteurs français n’ont pas pu se verser de revenu.
En bas de l’échelle, les éleveurs d’ovins, de caprins, d’équidés tirent la langue, avec un revenu moyen de 620 euros par mois.
Les paysans connaissent pour toutes ces raisons un taux de suicide supérieur de 12% à la moyenne, avec environ 1 suicide par jour en France.
Face aux difficultés financières, les agriculteurs français comptent sur des aides et notamment sur la PAC (politique agricole commune) dont ils sont les premiers bénéficiaires en Europe.
Les agriculteurs sont particulièrement précarisés et méprisés ces dernières années, contraints à produire toujours plus pour exporter, ils sont passés de 514 000 en 2008 à 448 000 en 2018.
L’État favorisant les agrandissements d’exploitations agricolesqui imposent un modèle de production intensive, il s’agit de produire plus avec moins de forces de travail.Les vrais paysans disparaissent au profit d’exploitants agricoles que seuls les rendements intéressent, qu’importent les moyens de production.
Macron le VRP des multinationales :
Prétendant répondre aux aspirations du « mieux consommer » qui s’élèvent au sein de la population, il dit chercher à développer le marché de l’agriculture biologique mais, en réalité, sa politique bénéficie plus aux capitalistes du secteur. Les agriculteurs sont encouragés à « passer au bio », mis en concurrence d’une part avec les gros producteurs de bio et d’autre part avec ceux des autres pays dont les prix sont plus compétitifs que les prix français, du fait que les travailleurs y sont moins protégés et encore plus précaires et donc « moins chers » qu’en France.
Les trusts agrochimiques veulent prendre le contrôle de la nourriture
Les paysans semblent être de trop…
*Depuis le mois de mars 2019, la viande synthétique produite en laboratoire est autorisée à la vente aux Etats-Unis, avec l’arrivée sur le marché non seulement de viandes, mais également d’œufs et de lait synthétiques... Des produits qui pourraient arriver en Europe grâce au traité CETA ratifié par la France cet été, il ne restera plus grand-chose de l’agriculture traditionnelle. L’élevage, la production laitière, seront en concurrence avec des produits de l’industrie biotechnologique… Un professeur néerlandais Mark Post explique qu’il est possible de réduire le nombre de bêtes d’élevage de 500 millions d’individus à « quelque 30 000 au niveau mondial ».
*Fermes urbaines : des laitues cultivées sans terre et sous éclairage artificiel.
*Les robots peuvent aujourd’hui effectuer les tâches les plus délicates comme distinguer les produits déjà mûrs et ceux qui ne le sont pas encore. 24 heures sur 24: les robots agricoles peuvent travailler nuit et jour…Les nouvelles technologies réduisent drastiquement les besoins en main d’œuvre dans l’agriculture.
*La reconnaissance par drone, permet aujourd’hui d’identifier précisément l’état de santé des champs agricoles. Il est ainsi possible de réaliser de façon ciblée les besoins des plantes en: eau, engrais, herbicides, fongicides, insecticides. Il est absurde que ces technologies d’intérêt public soient accaparées par les grands exploitants industriels!
On le voit la campagne de dénigrement dont font l’objet nos paysans depuis plusieurs années est faite pour faciliter le passage vers de nouveaux modes de production plus rentables pour les investisseurs, on nous vendra ça comme plus écologiques, plus respectueux des animaux et même meilleurs pour la santé!
On voit bien que le catastrophisme climatique permet de promouvoir des modèles d’affaires juteux pour le profit.
Avec les nouvelles technologies, les trusts agrochimiques veulent prendre le contrôle de la nourriture.
Macron a été mis en place par les multinationales capitalistes pour accélérer l’adaptation de tous les secteurs de la vie économique et sociale aux exigences du capital, l’agriculture n’y échappe pas, ces monstres destructeurs et empoisonneurs n’ont rien à craindre.
Il est capital d’amplifier les luttes pour dire stop à cette politique. Il n’y a pas d’autre choix pour changer vraiment que de lutter contre le capitalisme sans relâche, jusqu’à l’abattre, pour construire une société sans exploitation, une société socialiste de producteurs libres et solidaires, pour répondre aux besoins mondiaux d’alimentation, par des solutions s’appuyant sur l’utilisation rationnelle des ressources et des connaissances scientifiques et techniques.
La boussole du capitalisme est orientée sur la recherche permanente du profit maximum, ce qui amène à un gâchis entraînant des inégalités de plus en plus criantes. L’urgence est donc bien de dénoncer le système capitaliste, le danger qu’il représente pour l’avenir immédiat de l’Humanité, de continuer à développer la lutte de plus en plus large, d’unir les forces de tous ceux, paysans, ouvriers, travailleurs de toutes catégories, jeunes, qui subissent son exploitation.

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