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La lutte pour défendre l’hôpital public de plus en plus forte, de plus en plus déterminée

     Depuis plusieurs mois les grèves et les manifestations des personnels hospitaliers et des urgentistes ne cessent de se développer et concernent un nombre de plus en plus important d’hôpitaux dans toute la France. Plus de 255 établissements sont actuellement en lutte, dont 95 services d'urgence en grève. Grèves illimitées, grèves ponctuelles, débrayages, préavis, pétitions se multiplient dans les hôpitaux, les maternités, les Ehpad...

     Après la manifestation du 6 juin à Paris, des urgentistes venus de toute la France, l’intersyndicale CGT, FO, Sud, CFE-CGC et le collectif Inter-Urgences ont appelé le 11 juin à une journée de grève nationale et de mobilisation des urgentistes et des hospitaliers qui a été un succès, le mécontentement gagne tous les services hospitaliers publics.
Les personnels hospitaliers luttent contre la politique d’austérité qui mine le système de santé et le rend exsangue. Ils revendiquent des mesures d’urgence : la création de 100 000 emplois (10 000 aux urgences et 40 000 dans les Ehpad) ; l’arrêt des fermetures de services, des suppressions de lits et des fermetures d’établissements ; une augmentation de salaire ; des conditions de travail qui permettent une prise en charge de qualité de la population.
La ministre de la Santé n’a pas daigné recevoir la délégation des soignants et urgentistes. Droite dans ses bottes Buzyn répète « que la loi Santé 2022 répond à leurs attentes et vise à pallier à tous ces disfonctionnements (…) tout est mis en œuvre pour que notre système soit mieux organisé (…) Ce n’est pas lié à un manque de moyens humains ou matériels ou à un problème de conditions de travail ». Quant aux revendications salariales, c’est par le mépris qu’elle répond : « Je comprends que ce soit une reconnaissance. Mais quand la préoccupation est purement salariale alors que ça dysfonctionne… Sincèrement, les problèmes ne vont pas se régler parce que je paye davantage » !
Aucune des revendications ne sera satisfaite, les mesures annoncées ne sont pas à la hauteur des revendications : création d’une « mission de refondation des urgences » confiée au député LREM Thomas Mesnier (urgentiste) et au professeur Carli (président du Syndicat national des urgences hospitalières) et dont les propositions sont attendues pour … fin novembre !!! ; des crédits exceptionnels pour les services qui font face à une très forte hausse de leur activité, mais aucune précisions chiffrées est donnée ; une prime de 70€ mais pas d’augmentation des salaires gelés depuis 6 ans, le salaire des infirmiers est passé en 20 ans de 1,7 fois le smic à 1,3 fois le smic ; délégation de certaines tâche des médecins aux paramédicaux. Buzyn veut ajouter du travail à des personnels déjà en sous-effectif et qui sont à la limite de l’épuisement professionnel.
La ministre de la Santé refuse d’augmenter les effectifs alors qu’un rapport de la Cours des comptes estime qu’il faudrait les augmenter de 20 %. Aucune mesure ne sera prise pour ré-ouvrir les services et les lits supprimés ces dernières années. Les plans d’économie du gouvernement Macron ont imposés des fermetures de lits, de services qui ont comme conséquences un engorgement des urgences, une diminution de l’offre de soins.

La nouvelle loi Santé adoptée par l’Assemblée Nationale et le Sénat : un nouveau recul du service public hospitalier
      Cette loi santé dite 2022, sous couvert de réformes, de modernisation, casse le service public hospitalier pour l’offrir au secteur privé.
      Macron et sa ministre de la Santé veulent aller plus vite et plus loin que leurs prédécesseurs.
     Depuis plus de 30 ans tous les gouvernements ont mis en place la politique exigée par le capital, une politique de recul de la Sécurité Sociale et de privatisation du système de santé Toutes les « lois Santé » ont dégradé la situation, en imposant des économies drastiques elles asphyxient financièrement l’hôpital. Entre 2005 et 2019, 8,6 milliards d’€ d’économies ont été imposées à l’hôpital (chiffres de la Fédération hospitalière de France (FHF), ce qui s’est traduit par la fermeture d’établissement hospitaliers : en 20 ans la moitié des maternités ont fermé. En 1975, il y avait 1369 maternités en France, en 2018 il n’en restait que 498. La nouveauté de la loi santé du gouvernement Macron, c’est qu’elle instaure la fermeture de maternités et d’hôpitaux généraux jugés non rentables, comme un des principes structurants du système de santé. Entre 1995 et 2016, 95 services d’urgences publics ont été fermés, alors que la fréquentation des urgences a doublé pendant ce même laps de temps : le nombre de patients pris en charge aux urgences est passé de 10 millions à 21 millions.
En 2018 la circulaire relative à la campagne tarifaire et budgétaire des établissements de santé a diminué de 960 millions d’€ le budget des hôpitaux, Agnès Buzyn a ajouté « un nouvel effort de maitrise de la dépense hospitalière […] estimé à 663 millions d’euros », la masse salariale des hôpitaux représente 70% du budget ; en 2018 pour éviter d’être dans le rouge c’est plus de 15000 postes qui ont été supprimés, par les directeurs d’hôpitaux qui gèrent l’hôpital comme une entreprise privée soumise à la loi du marché.
Le gouvernement programme en toute lucidité les crises des services hospitaliers, son objectif est de livrer aux entreprises privées capitalistes l’intégralité du service public de santé.

Les mobilisations et les grèves qui se multiplient et se développent dans toute la France montrent la volonté d’enrayer la casse des services publics. La lutte unie et résolue seule permettra le maintien d’un système de santé pour tous.
La lutte est la seule voie qui fera reculer Macron et son gouvernement, comme elle a fait reculer leurs prédécesseurs.

Les moyens existent pour développer un service public hospitalier qui réponde aux besoins de la population de la France. Le PIB (Produit intérieur brut) de la France est de 2500 milliards d’€, les richesses créées par les travailleurs doit leur revenir. Les exonérations de cotisations sociales patronales s’élèvent à 35 milliards d’€ par an, le montant pour 2019 du CICE est de 40 milliards, l’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires c’est 600 millions. Ces sommes doivent revenir à la sécurité sociale et être gérées par les travailleurs qui seuls assureront à tous la possibilité de se soigner selon leurs besoins et non selon leurs moyens.
Le Parti révolutionnaire COMMUNISTES apporte son soutien aux travailleurs en luttes pour faire reculer Macron aux ordres du capitalisme.

. cf. Hebdo n° 531n°537, n°589, n° 599

Bimestriel N°131

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