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Document: Une initiative de solidarité internationaliste avec le Parti Communiste du Pakistan

Le 26 février à l’initiative de la cellule de l’Université Sorbonne Université, une réunion s’est tenue de solidarité avec le Parti Communistes du Pakistan (PCP). A cette initiative ont participé deux membres du PCP dont un du Comité Central de ce parti. Après une brève présentation du Pakistan par le responsable du Parti Révolutionnaire COMMUNISTES montrant l’enjeu stratégique de ce pays de 200 millions d’habitants, dans les affrontements au sein du système impérialiste en Asie et la volonté de notre parti de situer son action sur le terrain de la lutte de classe pour abattre le capitalisme et construire une société socialiste débarrassée de l’exploitation de l’Homme par l’Homme, notre Camarade du Parti Communiste du Pakistan a souligné les grandes contradictions qui traverse ce pays qu’il a qualifié de semi-féodal et semi-capitaliste. Une longue discussion a suivi. Elle a mis en évidence le caractère dictatorial du régime pakistanais, l’état des alliances dans la région autour de l’affrontement entre les USA puissance impérialiste dominante et la Chine puissance impérialiste montante et a souligné la nécessité de la solidarité internationaliste dans le mouvement communiste révolutionnaire.

Chers camarades,
Au nom du Parti Communiste du Pakistan (PCP) qui est mon parti, j’exprime ici ma sincère gratitude au Parti Révolutionnaire COMMUNISTES qui me fait l’honneur d’être présent parmi vous. Le PCP considère ce geste comme un véritable geste d’internationaliste prolétarien.

Chers camarades,
J’aimerais vous faire un bref résumé de l’histoire de mon parti.
En Août 1947, avant de quitter l’Inde, l’impérialisme britannique a taillé dans l’Inde un nouveau pays appelé Pakistan. Cette zone était peuplée majoritairement de musulmans. A la suite de cette partition de l’Inde, un parti issu du Parti Communiste d’Inde, le Parti communiste du Pakistan a été fondé dans le Pakistan nouvellement créé.
La création du Pakistan a été le point de départ de la guerre froide. Pendant toute la période qui a suivi, cet état théocratique du Pakistan devait servir de base à tous les projets impérialistes parmi lesquels figurait l’encerclement de l’URSS.
C’est pour cette raison que dès le début de son existence le PCP fut considéré comme une sérieuse menace par les impérialistes et leurs pouvoirs, en particulier par la junte militaire du Pakistan.
En 1951 une répression féroce s’est déchaînée contre le Parti Communiste. La plus grande partie de ses cadres et dirigeants fut emprisonnée pendant de longues périodes et les structures du parti furent demantelées. Le parti et ses fronts (front de la jeunesse, des femmes, syndical, des écrivains...) furent aussi déclarés illégaux. En 1958, à la veille de la première loi martiale la dictature resserra son étau sur le parti et un de ses principaux dirigeants, le camarade Hassan Nasir a été brutalement assassiné sous la torture. Après quoi le parti est devenu clandestin.
A la suite de la révolution Sawar de 1978 en Afghanistan (elle conduisit au pouvoir le Parti Démocratique du peuple d’Afghanistan), le régime militaire de Ziaul Haque a passé toutes les bornes en matière d’oppression et de persécutions. Le camarade Nazeer Abbasi, un dirigeant du parti a été lynché à mort dans la salle de torture des militaires. Un autre leader, le leader de la province NWFP (la province de la frontière Nord Ouest – aujourd’hui renommée Khyber Pukhtoonkhwa), le Docteur Taj Mohammad a été assassiné froidement dans le district de Dir et le camarade Jam Saqee, le Secrétaire Général ainsi que d’autres membres dirigeants du parti ont passé plus de 8 ans en prison et subi la torture. Beaucoup d’autres ont été forcés de s’exiler.
Dans le même temps une déplorable contre révolution a réussi en URSS et dans les pays du bloc socialiste. Malgré cette violence permanente de l’État, le Parti Communiste du Pakistan garde haut le drapeau rouge de la lutte pour le socialisme.
Chers camarades,
Pour une meilleure compréhension, la situation actuelle du Pakistan peut être divisée en cinq contradictions.

1- Les oppositions de classe.
Le Pakistan est fondamentalement une société semi féodale et semi capitaliste contrôlée d’une main de fer par une élite militaire. D’un côté il existe un fort antagonisme de classe entre la bourgeoisie et le prolétariat dans les zones urbaines ; d’un autre côté, dans les zones rurales il existe le même antagonisme entre la classe féodale et la paysannerie. Sur une main d’œuvre de 70 millions au Pakistan, seulement 2 % sont organisés dans des syndicats. Constitutionnellement les syndicats sont autorisés au Pakistan. Mais pratiquement fonder un syndicat se heurte à beaucoup d’obstacles. Une majorité de travailleurs n’a pas de contrat de travail, de salaire minimum,de sécurité sociale ni autres aides sociales. Monter un syndicat peut conduire au licenciement. Il n’existe aucune mesure ni aucune notion de santé et de sécurité dans les usines et sur les lieux de travail. Cette situation dramatique existe même dans les usines de production de produits de marque destinés aux marchés internationaux.

2- Contradictions nationales.
A) Depuis le tout début de l’existence du Pakistan les nationalités opprimées sont en butte à une répression sauvage. En 1948 l’état indépendant du Baloutchistan a été brutalement annexé au Pakistan par une intervention militaire. Depuis 70 ans le peuple du Baloutchistan se bat pour son indépendance. Une 5ème opération militaire est en cours contre ce peuple. On compte plus de 25.000 disparitions forcées de militants politiques ; 10.000 ont été brutalement assassinés dans les geôles où se pratique la torture. Malheureusement cette brutalité continue aujourd’hui.

B) La 2ème question importante concerne la nation Pachtun qui a été brutalement annexée au Pakistan en 1948 par un référendum truqué. Historiquement, culturellement, géographiquement et plus important ethniquement, le Pachtun et la région Pachtun font partie de l’Afghanistan. Cette région a été utilisée comme camp de base contre leurs frères ethniques afghans depuis la fin de la guerre d’Afghanistan. Le fanatisme religieux qui prévaut actuellement dans la ceinture pachtun est le résultat de l’action conjointe du Pakistan et des USA. Ces 15 dernières années plus de 70000 pashtuns ont été tués dans la soit disant guerre contre le terrorisme et on compte plus de 30000 disparitions forcées perpétrées par les services de l’État. Les dégâts matériels sont estimés à plus de 300 milliards de Dollars. Cette compensation demandée aux USA viendra alimenter le budget militaire. Face à cette grave situation caractérisée par l’oppression et le terrorisme soutenu par l’État, s’est créé un mouvement politique progressiste, éclairé de la Jeunesse pour l’Émancipation et la Protection des Pachtuns, appelé PTM. Contre ce mouvement l’État pakistanais a déchaîné d’inimaginables persécutions et oppression.

C) Le Sindh est la seule province qui ait volontairement accepté de faire partie du Pakistan à sa création. 70 % du potentiel industriel du Pakistan est situé dans cette province mais la population du Sindh n’a aucun droit au partage de ses ressources. De vastes étendues de terre agricole appartiennent à l’élite militaire étrangère à la région. De la même manière sa démographie est artificiellement modifiée. Il en résulte depuis longtemps une montée des mouvements nationalistes qui, eux aussi sont en butte au terrorisme d’état.
Le Kashmire n’est pas très différent. Une partie est sous contrôle pakistanais et l’autre sous contrôle de l’Inde.
Le Parti Communiste du Pakistan exprime son soutien et sa solidarité inconditionnels à ces nationalités opprimées dans leur lutte pour l’émancipation.

3-Contradictions démocratiques.
Au cours de ses 70 années d’existence le Pakistan a connu 30 ans de pouvoir militaire direct et le reste du temps le pouvoir militaire s’est exercé indirectement. Il y a un gouffre de contradictions entre la junte militaire et les partis politiques. L’armée pakistanaise et ses agences de renseignement essaient constamment de mettre en place des gouvernements civils fantoches. Le gouvernement actuel de Imran Khan en est un exemple typique, qui a remporté les élections avec l’aide de l’armée. Le Parti du Peuple du Pakistan et la Ligue Musulmane du Pakistan et autres semblables partis bourgeois ne s’opposent au pouvoir militaire que par un imbroglio d’intrigues et de tactiques politiciennes. C’est pour cette raison que l’armée a fondé le MQM, le soit disant Comité de la Paix et a créé plusieurs organisations de fondamentalistes religieux et de fascistes ethniques.

4-Contradictions inter impérialistes.
A la suite du 11 septembre le Pakistan a été forcé de museler les talibans – qu’il avait lui même créé, ainsi que d’autres jihadistes fanatiques, cette situation a conduit une fraction des talibans à s’élever contre leur maître et créateur.
Actuellement le Pakistan tend à se tourner vers la Chine, ce qui donne lieu à des contradictions entre le Pakistan et l’Amérique. La Chine, puissance impérialiste montante, gagne progressivement mais très rapidement un poids politique important au Pakistan. Elle est impliquée dans le pillage des ressources naturelles du Baluchistan ; elle a mis en place un couloir économique au Pakistan nommé CPEC (couloir économique Chine-Pakistan). Ce développement a déclenché la guerre par procuration (par alliés interposés) entre les puissances impérialistes au Pakistan.

5-Opposition entre les extrémismes religieux.
L’extrémisme religieux a été nourri et prospère au Pakistan depuis le début de son existence puisque c’est sur une base religieuse qu’il a été créé. Pour contrer le courant communiste dans la région, un des plans impérialistes a été le renforcement et la promotion de la religiosité dans cette partie du monde. Localement l’armée pakistanaise y trouvait le plus grand intérêt. Ensuite ces forces extrémistes ont été efficacement utilisées contre l’État socialiste d’Afghanistan et en interne contre toutes les forces progressistes, laïques et révolutionnaires. Cette politique continue aujourd’hui. La majorité de l’armée pakistanaise elle même est profondément atteinte par l’hystérie religieuse. D’un côté elle était partenaire des USA et se déclarait être en première ligne de la lutte contre le terrorisme mondial mais dans le même temps elle hébergeait Osam Ben Laden dans la cour de son école militaire de Abbottabad. L’hystérie religieuse a complètement paralysé le tissu même de la vie sociale du Pakistan. D’autres minorités religieuses comme les chrétiens, les hindous, les sikhs et même quelques sectes musulmanes sont confrontées aux pires conditions au Pakistan.

En dépit de ces obstacles terribles le Parti Communiste du Pakistan se bat ardemment. D’un côté il affronte l’armée pakistanaise, les extrémistes religieux, les anarchistes, les fascistes, les féodaux, les capitalistes et d’un autre côté, il défend l’idéologie marxiste léniniste, ne permettant jamais que le drapeau rouge s’incline.
Nous croyons fermement que l’avenir est à la construction d’une société socialiste partout dans le monde pour le prolétariat et les peuples opprimés.

Vive le Marxisme Léninisme
Vive la fraternité de la classe ouvrière
Ali, Membre du Comité Central, PC Pakistan.

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