Gantry 5

 

Syrie : Un point nodal des affrontements au sein de l’impérialisme.

La guerre en Syrie, voulue et entretenue par les puissances impérialistes et tout particulièrement les USA et leurs alliés occidentaux, dont la France, Israël et les pays du golfe se trouve à un tournant. Après huit années de guerre, dont il faut rappeler l’intensité et les destructions, l’Etat syrien n’a pas été démantelé comme le furent l’Irak et la Libye. Si les USA et leurs alliés locaux et la France en particulier ont continué à armer et financer des armées supplétives pour obtenir une partition de facto du pays, leur stratégie qui s’appuyait entre autres sur le soutien à un Etat kurde indépendant est en échec.

Rappelons que la non-existence d’un Etat kurde indépendant est le résultat des accords inter impérialistes après la première guerre mondiale et tout particulièrement de la France et de la Grande-Bretagne et que ce refus d’un Etat kurde a été concrétisé par les accords Syke Picot qui ont partagé les zones d’influences entre ces deux Etats impérialismes.
Le retrait partiel des USA qui traduit leur affaiblissement à diriger le Monde ne saurait être pris pour un renoncement, disons qu’il s’agit plutôt d’un redéploiement vers une zone qu’ils considèrent comme l’enjeu dans les affrontements du siècle : à savoir l’Asie. Pour autant, les USA ne manque pas de capacités d’intervention dans le Moyen- et Proche-Orient, cependant, cela exige de laisser à leurs alliés régionaux des marges de manœuvres visant à satisfaire leurs politiques de domination. Ainsi, le Président des USA en annonçant le retrait des troupes US a-t-il autorisé l’intervention militaire de la Turquie contre la Syrie. La Turquie, le plus puissant membre de l’OTAN dans le bassin méditerranéen qui est armé à la fois par les USA et la Russie y voit plusieurs avantages, celui de réduire la possibilité de l’émergence d’un Etat kurde et celui de peser dans les négociations finales en lui assurant un rôle de gendarme régional.
Si la France et l’Allemagne crient très fort au risque de résurgence de Daesh, ils ne peuvent ignorer que depuis longtemps, la Turquie utilise des forces supplétives comprenant des éléments de Daesh et Al Quaida. Ces cris visent à masquer leur impuissance à peser dans l’évolution de la situation.
C’est dans ces conditions inédites que la Syrie, soutenue par la Russie et l’Iran qui d’autre part entretiennent des bonnes relations avec la Turquie, et les Forces Démocratiques Syrienne avec les kurdes ont passé un accord permettant aux forces de l’armée syrienne de se rapprocher de la frontière entre la Turquie et la Syrie. Cet accord et les conditions de ce déploiement n’ont pas pu se faire sans l’accord de la Russie qui, si elle soutient militairement et politiquement la Syrie, ne tient pas à être empêtrée dans un bourbier inextricable. La violence et le cynisme des puissances impérialistes à se partager et à dominer cette région se mesure à l’aune des ressources énergiques qu’elle recèle. D’un côté, elles font mine de sauver le Monde en entretenant l’idée de l’apocalypse climatique, de l ‘autre elles détruisent des centaines de milliers de vie dans leurs guerres impérialistes pour s’assurer des ressources stratégiques permettant le développement du capitalisme des monopoles à l’échelle mondiale. Pour nous Communistes, il n’y a qu’une voie pour sauver l’Humanité du désastre de ces guerres et qui ont en gestation des affrontements encore plus meurtriers et destructeurs, c’est la lutte de classe pour abattre le système capitaliste, et tout de suite, pour exiger l’arrêt de l’intervention militaire turque et des ingérences dans les affaires du peuple syrien. Plus que jamais nous disons : impérialistes bas les pattes en Syrie !

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