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Golfe D’Oman : Les USA et leurs alliés à la recherche d’un contrôle militaire complet de cette voie stratégique

     Pour mesurer l’enjeu du golfe d’Oman, il faut rappeler que par cette voie maritime transitent 30 % des hydrocarbures et du gaz naturel des pays producteurs vers les grandes puissances consommatrices en Europe et en Asie. Le contrôle de cette voie de communication est donc vital et fait l’objet d’un affrontement entre les puissances impérialistes.

     Cette région est aussi celle où se trouvent les plus grandes réserves de pétrole et de gaz. Ainsi, les réserves naturelles de gaz en Iran sont-elles deux fois su-périeures à celle des USA. La Libye, l’Irak, la Syrie, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis..., possèdent d’immenses réserves et sont aussi des voies de circulation terrestres pour les produits énergétiques. C’est cette situation qui explique, l’engagement des USA et de ses alliés locaux et occidentaux, dont la France, à détruire tous les obstacles à leur domination. Les guerres récentes et la destruction des États dans cette région n’ont pas d’autre origine que la volonté de la force dominante de l’impérialisme : les USA de s’assurer la main mise sur la production et le transport des hydrocarbures.
     La récente escalade militaire des USA à la suite de l’agression contre deux pétroliers, l’un norvégien et l’autre japonais est justifiée par les autorités US comme une nécessité : le secrétaire à la Défense par intérim, Patrick Shanahan, s’est exprimé ainsi dans un communiqué. « Les récentes attaques iraniennes valident les renseigne-ments fiables et crédibles que nous avons reçus sur le comportement hostile des forces iraniennes et des groupes qu'elles soutiennent, qui représentent une menace pour les citoyens et les intérêts américains dans l'ensemble de la région ». Ce discours n’est pas nouveau dans la bouche des responsables américains, si aujourd’hui « l’incident du golfe d’Oman » est présenté comme un casus belli, c’est le même type de prétexte qui a été invoqué pour bombarder le Nord Vietnam en août 1964, accusé d’avoir attaqué un torpilleur US (incident du golfe du Tonkin, accusation qui s’est ensuite révélée fausse). Pour les USA le doute n’est pas permis, c’est l’Iran qui est responsable des attaques contre les deux pétroliers. Notons qu’au cours des mois précédents, quatre incidents de ce type ont eu lieu dans cette région pourtant une des plus surveillée du monde et où les bases militaires et les accords internationaux contre « la piraterie » devaient en principe assurer la « tranquillité » du trafic maritime. Rappelons aussi que les guerres contre l’Irak et la Libye ont été motivées sur la base d’informations qui se sont révélées être des mensonges grossiers.
     Ces mensonges et prétextes n’ont qu’un but : renforcer la présence militaire US à la fois maritime aérienne et de troupes pour préparer une agression contre l’Iran, mais au-delà de mettre en difficulté la Chine et la Russie en privant la première d’un approvisionnement sûr et la deuxième des moyens de vendre ses hydrocarbures en limitant ses capacités de transport en particulier par les réseaux terrestres. Les réactions de la Russie et de la Chine ont été marquées par la volonté de faire baisser la pression, tandis que de nombreux dirigeants occidentaux prêtent au contraire main forte au chef de file de l’impérialisme. La France devant la réaction de l’Iran de défendre sa souveraineté, l’engage à la patience au lieu de dénoncer la manœuvre militaire des USA. L’ami italien de Marine le Pen, Matteo Salvini (vice premier ministre) lui n’y a pas été par quatre chemin, il a fait allégeance à son maître américain en déclarant lors d’une rencontre à Washington avec le secrétaire d’État Mike Pompeo, un des artisans de cette stratégie d’affrontement avec l’Iran : « l’Italie veut redevenir dans le continent européen le premier partenaire de la plus grande démocratie occidentale ». Inutile de faire un dessin. L’Italie membre de l’OTAN est prête à une opération militaire à partir de son sol où se trouvent des bases militaires de l’OTAN.
     Nous dénonçons cette escalade guerrière alimentée par la volonté d’hégémonie de l’impérialisme américain. Il est urgent d’agir pour dénoncer l’agression qui se poursuit contre les peuples et les États de la région qui refusent de se plier aux diktats de la Sainte Alliance des USA et de ses vassaux.