Gantry 5

 

Élections en Israël : Un mauvais coup pour la paix.

     Les résultats des élections israéliennes sont sans surprise. Ils confirment qu’une majorité de la population israélienne appuie activement ou s’est mis à la remorque des forces nationalistes et colonialistes. Le parti Likoud de B. Netanyahou et la liste Bleu-Blanc de l’ancien chef d’état-major Benny Gantz sont à la quasi égalité avec 35 sièges chacun sur les 120 que comptent la Knesset. L’un et l’autre ne se distinguent que par la forme. Le premier a servi d’attrape-tout à une large fraction de la population qui y voit la seule garantie de leur existence par la colonisation de toute la Palestine, tandis que l’autre a fait miroiter que son opposition pourrait éviter un nouveau mandat du premier ministre Netanyahou empêtré dans des affaires de corruption.

     Mais sur le fond l’un et l’autre sont favorables à la politique de force visant à la colonisation complète de la Palestine et à la constitution d’un État d’apartheid.
Si l’on ajoute le renfort des partis religieux dont l’attitude est clairement raciste et fasciste on peut mesurer que la politique d’Israël va accentuer son caractère raciste, et colonial au bénéfice du grand capital israélien qui tire de cette situation une paix sociale relative et une force de travail à bon marché du peuple palestinien soumis à la loi d’airain du colonisateur sioniste.
Les forces politiques se réclamant de la gauche (les travaillistes et le Meretz) sont laminées, il est vrai qu’elles n’ont jamais vraiment affronté la politique et se sont réfugiées dans une critique superficielle de la politique de colonisation et d’apartheid. Seul le Parti Communiste qui combat la politique du pouvoir a résisté malgré les pressions inouïes des éléments fascistes qui contrôlaient les bureaux de votes pour y faire une chasse au faciès et dissuader les électeurs arabes israéliens de voter. Cela n’a pas été sans effet, puisque ces derniers se sont largement abstenus.
Si Les deux grandes formations ont pu renforcer leur emprise sur la vie politique elles le doivent aussi largement au soutien inconditionnel que leur accordent les USA et l’Union Européenne, dont la France. Récemment, les USA se sont prononcés pour l’annexion du plateau du Golan syrien illégalement occupé par Israël sans qu’une grande émotion secoue la « communauté internationale » ! Des entreprises étrangères, des centres de recherche, des universités, y compris françaises travaillent et font des profits y compris dans les territoires occupés sans que des concerts de protestations indignés se fassent jour. Au contraire, ceux qui réclament le boycott de l’État colonial israélien, comme ce fut le cas avec l’Afrique du Sud sont condamnés par les tribunaux. Dans ces conditions, c’est de complicité des États capitalistes dont il faut parler. Cette complicité à un sens. Elle consiste à protéger un État qui, comme puissance régionale, assure la police impérialiste dans la région.
Cette protection, comme les résultats des élections encouragent l’État israélien à aller plus loin. Déjà, le conseil des colonies le Yesha, a publié un communiqué se félicitant que « le peuple a exprimé sa loyauté à la terre d’Israël et a choisi l’application de la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie et la vallée du Jourdain », ajoutant : « À la prochaine Knesset, nous aussi, nous continuerons à construire, à agrandir, à légaliser et à développer conjointement les communautés israéliennes dans la région. » En clair, c’est toute la Palestine qu’il faut coloniser et les palestiniens ne peuvent y être que des citoyens sans droit.
Ces élections sont donc la traduction d’une situation grave qui se développe dans cette région où les interventions impérialistes qui sont anciennes sont particulièrement violentes. De la Syrie, en passant par l’Irak, la Libye, la Turquie, le Yémen, le Soudan...aucun peuple n’est épargné par la cette violence.
Tout cela montre à quel point les luttes anti impérialistes doivent se conjuguer avec la lutte des classes pour en finir avec le système criminel qu’est le capitalisme des monopoles.