Gantry 5

 

N° 996 24/06/2026  La déclaration de Macron, ce 22 septembre, vient comme un écho à notre étude de l’article publié par Le Monde. Selon les media, ses principaux thuriféraires, ce serait un tournant, Macron ayant appelé les États de l’ONU à ne plus rester inactifs face à Gaza. On peut tout de suite noter qu’il n’a pas prononcé le mot de génocide, même pas de nettoyage ethnique, comme l’a fait le gouvernement britannique il y a plusieurs semaines. Et, le même jour, il a laissé Netanyahu survoler la France pour venir à New York.
Voici l’essentiel de ce qu’il a dit, sans l’ombre d’un mea culpa : « Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? Certains se flattent d’une paix prétendue ! Mais cette paix n’a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires. Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ? Jamais ! Regardez ce qui se passe en Cisjordanie ! Au nom de quoi ? Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie ! ». Derrière une certaine fougue, il faut gratter et s’intéresser au dernier argument. Car il est repris de la rhétorique de presque l’ensemble de la gauche non sioniste en France, utilisée à toutes les sauces depuis trois ans : « Mais que dites-vous pour la Cisjordanie où il n’y a pas le Hamas ? », qui justifie l’absence de soutien, voire l’opposition à la Résistance palestinienne armée. On pourrait suggérer aux gens ayant utilisé cet argument de détourner la fameuse phrase de Babel : « Quand la bourgeoisie me félicite, je me demande quelle bêtise j’ai pu commettre. », en : « Quand Macron reprend mes arguments, je me demande si ce n’était pas erroné de les utiliser ».
Enfin, pour décrypter complètement le discours de Macron, il ne faut pas passer à côté de cette phrase essentielle : « Tous ceux qui prétendent que la sécurité d’Israël passe par la violation de la souveraineté de tous ses voisins font une erreur funeste ! ». Comme la plupart des politiciens occidentaux, de gauche, de droite ou du milieu, mais pas seulement, Macron se place du point de vue du colonisateur. Il nous démontre que son problème, ce n’est pas le génocide à Gaza, mais la sécurité de l’entité coloniale sioniste. Et voilà pourquoi votre fille est muette ! Probablement perçoit-il le danger pour les impérialistes occidentaux, le discrédit croissant de l’État colonial génocidaire met en danger son existence, et leurs multinationales ont un besoin vital de ce prolongement organique.
Et le pire, la gauche colonialiste des bons sentiments suit. Mélenchon écrit sur X : « A l'ONU, Emmanuel Macron a tenu un discours de remords sur le Moyen-Orient. Ses propos sur les attaques et les invasions de Netanyahu contre ses voisins sont les mêmes qu'on a tenus depuis le début. La défaite morale du gouvernement de M. Netanyahu est totale. ». On pense toujours avoir touché le fond, mais il est encore possible de creuser. Comment mieux avouer que Mélenchon est d’accord avec Macron pour défendre la survie de l’État colonial sioniste génocidaire ? Comment croire qu’il peut être assez cruche pour croire que Macron aurait concocté « un discours de remords » ?
Le discours n’est pas et ne sera pas suivi d’actes. Le porte-parole du Quai d’Orsay a répondu à une journaliste que, pour le moment, on n’a pas réussi à distinguer les productions venant des colonies sionistes de Palestine occupée censées être interdites à l’exportation. Il faut s’en tenir là : Macron n’intervient pas pour le plaisir de nous envoyer de la poudre aux yeux, mais dans l’intérêt de l’entité coloniale sioniste. Il est une sorte de lanceur d’alerte pour le bloc impérialiste occidental, à la suite de ses collègues britanniques. Et tout le reste est littérature. Nous le savons bien, les discours de Macron lorsqu’il semble se préoccuper de la Palestine sont seulement des mots, à l’opposé des actions de l’État impérialiste français.
Dans cette littérature, il existe une pièce de théâtre dont tout le monde commence à comprendre les tenants et les aboutissants. Macron, Trump et Netanyahu ont depuis un moment mis en place un théâtre rythmé, ils prétendent ne pas être d’accord, sur la Palestine, sur l’Iran, ils jouent la rupture. Gageons le,  la prochaine scène de ce spectacle pourrait bien être une nouvelle accusation d’antisémitisme de Netanyahu envers Macron. Ils sont tellement prévisibles et nous lisons tellement clair en eux !