Gantry 5

 

N° 953 27/11/2025  De plus en plus, les sionistes révèlent la vérité et leur désarroi.
De plus en plus souvent, nous les voyons exprimer à haute voix ce qu’ils pensent tout bas, alors qu’ils s’efforcent frénétiquement de gérer les perceptions et de manipuler les esprits à travers le monde.
Sarah Hurwitz, qui fut une des rédactrices des discours d’Obama, a fait des remarques très révélatrices lors d’une intervention à l’Assemblée générale de la Fédération juive d’Amérique du Nord dimanche 25 novembre, exprimant sa frustration face à la manière dont les jeunes Juifs rejettent les arguments prosionistes en raison du carnage dont ils ont été témoins à Gaza.
Voici quelques extraits de cette déclaration : « Nous sommes aujourd’hui confrontés à un nouveau fossé générationnel, et je pense que cela est particulièrement vrai dans la mesure où les réseaux sociaux sont désormais notre source d’information […] 
Auparavant, les informations que l’on recevait en Amérique provenaient des médias américains, qui étaient assez traditionnels ; en général, ils n’exprimaient pas d’opinions anti-israéliennes extrêmes. Il fallait se rendre dans une librairie assez bizarre pour trouver des médias internationaux et marginaux. Mais aujourd’hui, nous avons les réseaux sociaux, qui sont un média mondial ; leurs algorithmes sont façonnés par des milliards de personnes dans le monde qui n’aiment pas vraiment les Juifs. Ainsi, alors que dans les années 1990, un jeune n’aurait probablement pas trouvé Al Jazeera aujourd’hui, ce sont ces médias qui le trouvent ; ils le trouvent sur son téléphone. […] 
Ainsi, TikTok martèle toute la journée le cerveau de nos jeunes avec des vidéos du carnage à Gaza. Et c’est pourquoi beaucoup d’entre nous ne peuvent pas avoir une conversation sensée avec les jeunes Juifs, car tout ce que nous essayons de leur dire, ils l’entendent à travers ce mur de carnage. Je veux donc leur donner des données, des informations, des faits et des arguments, mais tout ce qu’ils voient dans leur esprit, c’est le carnage. Et j’ai l’air obscène. »
Hurwitz a poursuivi en disant que l’enseignement de l’Holocauste a commencé à se retourner contre le récit officiel sioniste, car il a donné aux jeunes la fausse impression qu’un génocide est toujours mauvais.
« Et vous savez, je pense malheureusement que le pari très judicieux que nous avons fait sur l’éducation sur l’Holocauste pour servir d’éducation contre l’antisémitisme dans ce nouvel environnement médiatique commence à s’effriter un peu, car, vous savez, l’éducation sur l’Holocauste est absolument essentielle, mais je pense qu’elle peut semer la confusion chez certains de nos jeunes au sujet de l’antisémitisme , parce qu’ils apprennent que les nazis, grands et forts, font du mal aux Juifs, faibles et émaciés, […] Alors, quand ils passent toute la journée sur TikTok et qu’ils voient les Israéliens puissants faire du mal aux Palestiniens faibles et maigres, il n’est pas surprenant qu’ils pensent : que la leçon de l’Holocauste, c’est qu’il faut combattre Israël, qu’il faut combattre les grands et les puissants qui font du mal aux faibles. ».
En analysant correctement ces propos, on s’aperçoit qu’elle reprend des arguments utilisés depuis des décennies par les antisionistes, mais en leur donnant exactement le sens inverse. On pourrait « traduire » ainsi les propos de Hurwitz que nous rapportons :
  • Les media traditionnels ont toujours caché au public les opinions anti-sionistes, et c’était une bonne chose.
  • Les réseaux sociaux permettent désormais aux Palestiniens de révéler la vérité sur les abus commis par Israël, et c’est une mauvaise chose.
  • Les gens ne se laissent plus berner par la propagande sioniste et ses manipulations, car ils ont vu de leurs propres yeux le carnage à Gaza, et c’est un problème.
  • Les personnes qui ont appris grâce à l’enseignement de l’Holocauste que le génocide est une horreur appliquent ces mêmes leçons au génocide à Gaza, ce qui signifie qu’elles sont « désorientées ».
Hurwitz ne nie pas les abus commis par l’État colonial sioniste et ne présente pas ses atrocités génocidaires comme un problème, elle dit simplement que celui-ci vient du fait que les gens obtiennent des informations et ont une vision morale claire de ces abus. Les atrocités ne sont pas mauvaises, ce qui est mauvais, c’est que les gens voient ces atrocités et les appellent par leur nom. On retrouve parfaitement la rhétorique de Netanyahu et d’autres politiciens de l’entité sioniste à propos des soldats ayant torturé et violé un détenu palestinien. Ce n’est pas l’acte en soi qui est mauvais, mais le fait de le rendre public, parce que ça nuit à l’image que voudrait donner de lui-même l’État colonial sioniste. Mais cela démontre une nouvelle fois, s’il le fallait, que cette image met aujourd’hui complètement à nu la soi-disant « seule démocratie » du Proche Orient. Et cette révélation et la mise au ban des nations qui s’en suit causent une grande inquiétude aux propagandistes du sionisme.
En réalité, pour Hurwitz, les gens ont tort d’appliquer les leçons tirées de l’enseignement de l’Holocauste à l’opposition aux atrocités génocidaires d’Israël, car « l’Holocauste était le fait que l’Allemagne nazie reprochait aux Juifs tous ses maux, de la même manière que les gens pensent aujourd’hui qu’Israël est la source de tous les problèmes du monde. ».
Elle interpelle ensuite les Juifs d’Amérique du Nord en ces termes : « Le problème, c’est que nous ne sommes pas seulement une religion. Nous sommes une nation. Une civilisation. Une tribu. Un peuple. Mais avant tout, nous sommes une famille. […] Les sept millions de personnes en Israël ne sont pas mes coreligionnaires, ce sont mes frères et sœurs. Mais je pense que si vous les considérez simplement comme vos coreligionnaires, il est facile de glisser vers l’antisionisme. Vous n’avez pas nécessairement ce lien avec eux. ».
Ainsi donc, ce qu’explique aux Juifs d’Amérique du Nord cette propagandiste sioniste, c’est que, comme il est commis par leurs frères et leurs sœurs, ils doivent trouver licite le génocide.
Tout ceci montre à quel point les sionistes paniquent face à la perte de contrôle de leur entité génocidaire sur le récit ces deux dernières années. De plus en plus souvent, nous les voyons dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas, alors qu’ils s’efforcent frénétiquement de gérer les perceptions et de manipuler les esprits à travers le monde. Beaucoup de choses auparavant cachées sont en train d’être révélées au grand jour. Les peuples et les travailleurs du monde ont bien compris ce qu’est cette entité coloniale sioniste. Et cette vérité révélée fait trembler les sionistes au point que Ehud Barack, ancien premier ministre travailliste ait pu déclarer « Pour la première fois, Israël est remis en cause dans son existence même ».
 
Où en sommes-nous après le vote de l’ONU ?
L’armée d’occupation a lancé depuis le 25 novembre une vaste offensive contre les foyers de Résistance dans le nord de la Cisjordanie, faisant l’objet depuis des semaines d’exactions de la part des colons avec le soutien de l’armée.
Dans un communiqué, le FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine) dénonce les horreurs commises par l’armée d’occupation en ces termes :
« Notre peuple est confronté à une entité monstrueuse dirigée par un système criminel déviant qui mêle mégalomanie et plaisir sadique du carnage. Ses pratiques d'incendies, de destructions et de ciblage des civils révèlent une doctrine raciste et fasciste profondément enracinée et une structure psychologique malade incarnée par un groupe de tueurs et d'individus dérangés qui pratiquent la violence comme un instinct humain perverti.
Mais, notre peuple ne restera pas les bras croisés face à ce sadisme criminel et ne se soumettra pas au terrorisme d'État organisé. L'occupation se berce d'illusions si elle croit que l'escalade de ses crimes instaurera le calme ; au contraire, elle alimentera une immense énergie révolutionnaire qui imposera une confrontation totale et transformera la Cisjordanie en un champ de bataille d'usure pour l'ennemi et ses hordes de colons. ».
Le FPLP affirme, par ailleurs, qu'une explosion est imminente en Cisjordanie occupée et que le déclenchement d'une troisième Intifada d'envergure est plus proche que jamais. Il souligne que les effusions de sang en cours et la violence incontrôlée des bandes de colons qui tuent et vandalisent à travers la Cisjordanie, sont l'étincelle qui consumera les dernières illusions de calme et que la colère palestinienne accumulée explosera comme de la lave en fusion contre l'occupation.
Enfin, le FPLP lance un avertissement au monde entier: la perpétuation de cette entité fasciste est devenue un foyer central de génocide et une grave menace pour l'humanité tout entière. Il appelle toutes les forces libres à assiéger ce système criminel par un boycott total et à le démanteler et à cesser de traiter ses dirigeants non comme un État normal, mais comme une bande de meurtriers et d'ennemis des valeurs humaines. Il affirme que la stabilité dans la région ne viendra que de l'éradication de cette occupation à la racine.
Ces affirmations font écho au communiqué du PCP (Parti Communiste Palestinien) que nous avons publié récemment à propos du blanc-seing accordé par tous les pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU au plan colonial de Trump. Ce communiqué se termine ainsi : « Le parti appelle les partis communistes et ouvriers, les peuples libres du monde et les mouvements populaires actifs à intensifier leur solidarité et leur lutte contre l’impérialisme et le sionisme, en soutien au peuple palestinien, dont la lutte a prouvé que la volonté de libération ne peut être vaincue et que la résistance perdurera tant que l’occupation existera. ».
L’enjeu, pour tous les mouvements progressistes et tous ceux se réclamant du mouvement communiste international est bien là. Il faut amplifier la solidarité en partant des éléments de la bonne explication : la dénonciation de l’oppression coloniale et du sionisme, le soutien à la Résistance palestinienne. Cela implique une dénonciation sans ambiguïté du vote du Conseil de Sécurité et notamment de l’abstention des puissances impérialistes rivales des USA, cela implique aussi de dénoncer clairement l’existence de l’État colonial sioniste, en tant qu’État colonial, raciste et fascisant. C’est l’orientation du Parti Révolutionnaire Communistes.
 
En conclusion
Plus que jamais, en raison des menaces que fait peser sur la Palestine l’adoption du plan Trump par le Conseil de Sécurité de l’ONU, le chemin juste est celui d’une position anticolonialiste, anti-impérialiste, de soutien à la libération nationale, prenant en compte la réalité de la situation : la cause que nous défendons est en train de gagner.
Le peuple palestinien ne peut compter que sur lui-même, sa Résistance, et l'immense solidarité internationale. L'Etat colonial sioniste est désormais au ban des nations. Il a, pour le moment échoué à terminer le génocide et à vaincre la Résistance armée. La solidarité internationale doit maintenant se poursuivre et s'amplifier. Soyons bien convaincus que si l'impérialisme doit reculer en Palestine, ce sera un atout de plus pour le faire reculer en France et partout ailleurs !
Afin d’aider à la libération nationale de la Palestine, il faut, plus que jamais, des actions et un discours clair, anticolonialiste, anti-impérialiste, antisioniste, dénonçant les acteurs, les complices de la colonisation de substitution mise en œuvre en Palestine. Il est impossible de soutenir la lutte pour une Palestine libre sans soutenir la Résistance armée, dans toutes ses composantes et dans toutes ses actions ; sans réclamer la fin de l’entité coloniale d’apartheid, car son existence empêche une véritable paix.
Nous avons plus que jamais besoin de construire un rassemblement de toutes celles et tous ceux qui soutiennent la libération nationale de la Palestine et sa Résistance armée, pour apporter notre contribution militante, en France contre nos capitalistes et leurs tenants, à « la Palestine libre du fleuve à la mer ».