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Syrie : retrait américain pour un nouveau déploiement des forces impérialistes?

L’annonce faite par le Président des USA, D. Trump, d’un retrait dans les meilleurs délais des troupes US opérant en Syrie a fait l’objet de nombreuses réactions. Comme à leurs habitudes, les medias se sont focalisés sur la nature «imprévisible» de Trump. Les troupes US en Syrie au nombre officiel de 2.000 soldats agissent dans la plus totale illégalité aux yeux du droit international et cela comme d’ailleurs les forces françaises engagées en Syrie.

Leur rôle essentiel est en principe d’être l’épine dorsale de la «coalition internationale anti-daesh», coalition qui guerroie plus contre l’état syrien que contre daesh et qui de facto occupe une partie du territoire syrien.
Le retrait annoncé a suscité aux USA de vives réactions qui se sont traduites par des démissions au plus haut niveau de l’appareil d’état: celle du secrétaire d’état à la défense Jim Mattis et celle de Brett Mc Gurk émissaire des USA pour la coalition internationale. Ces démissions, notons le, marquent plus des divergences tactiques que de fond. En effet, la stratégie US au Proche et Moyen-Orient n’est guère modifiée. Elle s’appuie sur une alliance sans faille avec Israël et l’Arabie Saoudite. La décision de Trump prend en compte la réalité du terrain, à savoir que la Syrie et ses alliés russes et iraniens sont pour l’essentiel maîtres de la situation. Pour autant, les USA expliquent leur décision comme résultant d’une phase de redéploiement dans la région. Ils maintiennent 5.200 soldats en Irak et peuvent continuer d’intervenir de manière aérienne à partir du Qatar. Leur indéfectible allié israélien a, par la bouche du premier ministre annoncé immédiatement, qu’il continuerait à combattre le Hezbollah en Syrie. La décision de retrait a aussi pour effet de laisser les mains libres à la Turquie qui prépare une offensive militaire contre les kurdes syriens. La question kurde est donc aux yeux des USA réglée au bénéfice de la Turquie qui a reçu des assurances positives de la part de la Maison-Blanche pour sa nouvelle offensive contre les kurdes. Cette dernière qui rappelons le est un pilier de l’OTAN dans la région et, même si elle marchande sa participation au mieux avec l’ensemble des belligérants, vient de donner une nouvelle caution aux USA en commandant pour 3,5 milliards de Dollars de missiles «Patriot» après avoir acheté des missiles russes «S400».
Ainsi, les forces impérialistes de premier et deuxième rangs entendent bel et bien continuer à exercer leur pression pour la domination de la région.