Depuis deux jours, l'armée d'occupation israélienne bombarde sans discontinuer les cinq gouvernorats de la bande de Gaza, faisant près d’un millier de victimes, au-delà de tout ce qui a pu se faire depuis le début du génocide. Ces attaques ont principalement visé des tentes, des habitations civiles et des abris pour personnes déplacées.
L’entité sioniste a accepté la trêve malgré elle et toujours pensé à la rompre. En particulier, les sionistes ne voulaient pas remplir la clause consistant en le retrait total de leurs forces armées de la Bande de Gaza avant la libération des derniers captifs. C’est bien eux et non la Résistance palestinienne qui ont rompu la trêve, avec le soutien des USA, qui commandent et fournissent les armes.
Les sionistes savent bien que leur propagande a de plus en plus de mal à passer auprès des peuples et des travailleurs du monde, qu’ils sont désormais au ban des peuples et des nations. Ils n’en ont cure. La complicité des gouvernements impérialistes occidentaux, l’inaction des dirigeants arabes et des autres puissances impérialistes leur permet de poursuivre tranquillement leur œuvre génocidaire et leur but : éradiquer les Palestiniens de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie. La gauche en France a beau dire que ce projet est celui de Trump et de l'extrême droite en Israël, c’est faux. C’est le vieux projet des sionistes, de tous les sionistes.
Ce qui, depuis 1948 et encore plus depuis 1967, empêche la réalisation de ce projet mortifère, c’est la résistance héroïque, la ténacité qui force l’admiration qui caractérisent les Palestiniens, notamment ceux de Gaza. Issus à 80 % de réfugiés de 1948, les Gazaouis savent bien que s’ils partent, on ne les laissera pas revenir. Le message qu’ils adressent aux peuples et aux travailleurs du monde avec leur Résistance est que personne ne les chassera de leurs terres ancestrales, ils y mourront s’il le faut.
Plus que jamais, notre parti soutient la Résistance des Palestiniens, avec les moyens dont ils décident seuls. La Résistance armée en fait partie. Elle est légitime.
Dans son Discours sur le colonialisme, en 1950, Aimé Césaire écrivit : « la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral ». C’est bien ce à quoi nous sommes confrontés. Pour la frange des politiciens au service du Capital et des media qui ont choisi le camp génocidaire, la honte est bue, le soutien aux massacres est clair, cynique même.
Mais toute la gauche en France condamne aussi la Résistance armée, elle qui n’est pas en reste pour évoquer en boucle les « actes terroristes du Hamas ». Cette gauche se refuse, dans son ensemble, à comprendre la question coloniale et ses ressorts. Elle enterre de fait ce que disait Nelson Mandela : « C’est toujours l’oppresseur, non pas l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’a d’autre choix que de répondre par la violence ».
Ce rapport à la violence a toujours séparé les marxistes de la gauche petite-bourgeoise ; mais, aujourd’hui, cela atteint des proportions jusque-là inégalées. En s’en tenant à la seule critique du « Netanyahu d’extrême-droite », les militants de gauche, même sincères, ne peuvent appréhender le réel, refusent même de l’appréhender, se refusent à dire que le sionisme et lui seul, dans le projet qu’il a fondé dès la fin du XIXème siècle est le responsable de tout ce qui est arrivé en Palestine depuis 1917 et la déclaration Balfour.
Au contraire, le Parti Révolutionnaire Communistes affirme haut et fort qu’il n’y aura pas de paix durable, il n’y aura pas de fin de la colonisation tant que l’État colonial sioniste existera. On ne peut pas défendre les Palestiniens si l’on accepte l’existence de l’État colonialiste raciste qu’est l’entité sioniste ! Les sionistes de gauche ou du centre sont tout autant génocidaires que les sionistes de droite ou les fascistes sionistes.
Nous continuons d’exiger le retrait total des forces d’occupation et de colonisation de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem, le démantèlement des colonies, le retour des réfugiés et un État palestinien indépendant.
Il faut un État où tous les habitants jouissent des mêmes droits et puissent vivre ensemble, quelle que soit leur origine, en l’occurrence, un État palestinien démocratique.
Le Parti Révolutionnaire Communistes, après la trêve et la poursuite du massacre en Cisjordanie et désormais à Gaza, soutient plus que jamais les revendications fondamentales du mouvement de libération nationale palestinien : fin intégrale de l'agression militaire sioniste, droit au retour des réfugiés et formation d'un État palestinien sur le territoire de la Palestine mandataire.
Paris le 20 mars 2025