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Irak : Des émeutes de la faim durement réprimées

Depuis que, en 2003, les USA ont déclenché la deuxième guerre contre l’Irak, sous le prétexte mensonger de détruire des armes de destruction massive, ce pays connaît une descente aux enfers particulièrement destructrice de son État et de son peuple. Après la guerre impérialiste directe, dans sa continuation, les bandes mercenaires de l’État Islamique, armées par, entre autre l ‘Arabie Saoudite, ont tenté de mettre en coupe réglée le pays, tandis que le

Kurdistan irakien était l’objet d’une tentative de sécession alimentée par les puissances impérialistes et organisée par le dirigeant kurde pro-américain Barzani. Arabie Saoudite et Iran, comme puissances régionales, n’ont de cesse avec, contre au au côté des puissances impérialistes de premier rang de faire de l’Irak un champ clos de leurs rivalités. Dans ces conditions, la caractéristique impérialiste des interventions contre l’Irak se cache derrière les affrontements qualifiés d’inter religieux entre Sunnites et Chiites.
Récemment, lors des élections législatives, la majorité de la population a signifié son rejet des conflits inter communautaires et a envoyé au parlement un front de lutte contre la corruption et pour l’indépendance de l’Irak. Les communistes du Parti Communiste d’Irak ont joué un rôle important dans cette coalition.
Cette situation déplaît évidemment à tous ceux qui veulent tronçonner le pays pour mieux en exploiter les richesses énergétiques. Avec leurs alliés locaux, ils font tout pour faire capoter une issue politique conforme aux exigences du peuple. En attendant avec le gouvernement intérimaire au service de l’impérialisme aucun problème ne trouve de solutions et les conditions de vie de la population empirent.
C’est dans ces conditions qu’à Bassora, une grande ville de cinq millions d’habitants, une ville riche en pleine zone pétrolière, se sont produites des émeutes populaires tant la situation y est catastrophique et les services publics en déliquescence. Récemment plus de 30.000 personnes ont été intoxiquées par de l’eau du robinet dont le traitement est inexistant. Ces émeutes sont le résultat de la colère sociale de la population qui estime que rien n’est fait pour elle tandis que les jeux politiciens continuent pour imposer au peuple des solutions sponsorisées de l’extérieur. La répression a été terrible et l’on compte des dizaines de morts.
Le Bureau Politique du Parti Communiste d’Irak s’est exprimé le 4 septembre au sujet de la situation : « Les événements sanglants de Bassora se sont intensifiés ces dernières heures. Les derniers rapports font état de la chute d’un plus grand nombre de martyrs et de dizaines de blessés, de la prise de contrôle du bâtiment du gouvernement provincial et d’un couvre-feu total dans la province...L’énorme colère populaire qui a éclaté aujourd’hui n’est pas seulement due à l’ignorance des demandes légitimes et à la lenteur de la gestion des problèmes brûlants qui ont transformé la vie de millions de personnes en souffrances quotidiennes insupportables. Cela est également dû à la répression utilisée par les forces de sécurité contre les manifestants pacifiques qui exercent leur droit constitutionnel d'exiger leurs droits fondamentaux, indispensables à une vie digne.
La violence sanglante et la répression à Bassora doivent cesser immédiatement ».