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Caucase : un accord sur le Haut-Karabagh et après ?

L'accord sur le Haut-Karabagh signé sous l'égide de Moscou redessine-t-il un nouvel ordre régional ?
Ce conflit militaire, de plus de 40 jours, entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, a fait couler le sang de la jeunesse, au moins 5000 personnes sont mortes pendant cette guerre du 27 septembre au 22 octobre,

90.000 Arméniens et 40.000 Azéris ont fui leurs foyers. Les peuples payent de leur sang les intérêts capitalistes des uns et des autres dans cette région. Ce cessez-le-feu fragile ne résoudra pas le conflit du Haut-Karabagh que les impérialistes se sont avérés incapables de résoudre pendant trois décennies (Groupe de Minsk). Voir l’article 1083 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/proche-et-moyen-orient/1083-caucase-un-elargissement-des-affrontements-au-sein-de-l-imperialisme-en-orient
Les contours de l'accord :
Si l'Azerbaïdjan s'en sort gagnante et l'Arménie grande perdante, la Russie, elle, accroît son influence, ainsi que la Turquie.
Avec le déploiement d'une «force de paix» russe, de 2.000 soldats, ceux-ci seront déployés dans l'enclave du Nagorno-Karabagh et autour du corridor de Latchin.
Les sept provinces frontalières situées au Sud et à l'Ouest de l'enclave, devront être remises à l'Azerbaïdjan d'ici la fin novembre. Ce dernier a récupéré la totalité de ses territoires, tels que reconnus par le droit international.

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De fait, les enjeux politiques, économiques, des pays impérialistes régionaux et occidentaux de la région du Caucase peuvent créer les conditions d’une nouvelle conflagration future. La Russie a ignoré les coprésidents français et américain du groupe de Minsk. Ankara comme Moscou cherchent à laminer l'influence et le rôle de l’Europe et plus généralement de l'Occident.
L’Azerbaïdjan: ce pays est soutenu par Israël, un allié stratégique contre l'Iran, qui se sert de ce pays pour espionner l'Iran. Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, s'est rendu dans la capitale azérie, Bakou, et a déclaré: «La situation actuelle est très agréable pour nous. Cette opération est un réveil [...] L'armée azérie a montré sa puissance au monde entier».
La Turquie : soutenait ouvertement les opérations militaires de l'Azerbaïdjan pour étendre son soutien géopolitique dans le Caucase et la région caspienne. Elle va désormais bénéficier de l'instauration de ce corridor reliant l'enclave du Nakhitchevan à l'Azerbaïdjan, c'est-à-dire permettant un accès turc de la mer Noire à la mer Caspienne, de quoi conforter le projet turc de constituer un pivot énergétique aux portes de l'Europe. De plus, la Turquie et l'OTAN renforcent encore plus leur présence politico-militaire.
La Russie : accroît son influence, elle étend sa présence militaire et politique en déployant des «forces de maintien de la paix» au Haut-Karabagh et elle sécurise sa liaison routière avec l'Arménie. Bien qu'allié de l'Arménie, elle vend également des armes à l'Azerbaïdjan et se positionne en arbitre régional,
L’Arménie : Des échauffourées ont éclaté à Erevan au siège du gouvernement et au Parlement envahis et par 3 000 manifestants. Diverses formations d’opposition ont également posé un ultimatum au premier ministre arménien Nikol Pashinyan pour démissionner. Celui-ci a déclaré pour se justifier. « Ce n'est pas une victoire mais il n'y a pas de défaite tant qu’on ne s'avoue pas vaincu. Nous ne nous avouerons jamais vaincus et cela deviendra un nouveau départ pour une ère de notre unité nationale et de notre renaissance». De quoi agiter et entretenir des relents guerriers et nationalistes.
Usa : Trump a failli entrer en guerre avec l'Iran l'année dernière, Biden et le Parti démocrate ont exigé sans relâche une politique plus agressive contre la Russie, dénonçant Trump comme un agent russe.
Iran : le ministère iranien des Affaires étrangères qui, comme la Russie, a traditionnellement appuyé l'Arménie, s'est déclaré «satisfait de la signature d'un accord» et a exprimé «l'espoir que l’accord conduirait aux arrangements définitifs pour une paix durable dans le Caucase».

Tous ces événements doivent être analysés en se référant à la nature des affrontements au sein d’un système impérialiste dans une compétition mondiale pour asseoir les intérêts de leurs multinationales. Aucun continent n’échappe à cette lutte acharnée, c’est vrai en Europe, avec l’Ukraine, la Biélorussie, c’est vrai sur le continent africain, en Asie et en Amérique.
Les milices islamistes syriennes soutenues par la CIA ont été transportées de la Syrie en Azerbaïdjan avec le soutien tacite de la Turquie, tous mènent des guerres par procuration en soutenant des camps rivaux dans des guerres civiles comme en Libye et en Syrie, déclenchées par l'intervention de l'OTAN…
Nous devons mesurer les dangers que représentent ces luttes et ces guerres impérialistes qui s’accompagnent d’une montée en puissance des capacités militaires de la plupart des États.

Pour les peuples, les travailleurs, l’alternative est simple : emboîter les pas de leur bourgeoisie capitaliste et en devenir leur chair à canon ou engager la bataille de classe pour abattre ce qui est à l’origine de ces affrontements c’est à dire le système capitaliste et les monopoles. Notre parti a choisi la deuxième option. Menons le combat ensemble.

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