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Moyen Orient Méditerranée : une redéfinition des rapports de forces au sein de l’impérialisme

Après la tragique catastrophe survenue au Liban, deux nouveaux événements ont forcé l’attention sur cette région : L’accroissement de la tension en Méditerranée à la suite de la mise en mouvement de la Turquie pour la recherche et l’appropriation de gisements gaziers dans des zones maritimes que lui conteste la Grèce et l’accord de normalisation des relations entre Israël et les Émirats Arabes Unis.

Ces deux événements s’ils recouvrent des problèmes différents n’en sont pas moins intimement liés à une réalité commune : La redéfinition des rapports de forces au sein de l’impérialisme dans une région particulièrement sensible à la fois par ses enjeux géostratégiques et énergétiques.
L’URSS disparue, le terrain est laissé vacant aux interventions impérialistes dont des interventions militaires majeures en Irak, Syrie, Yémen, Libye... qui ont considérablement modifié les données régionales. À la fin du duopole d’alliances autour de l’URSS et des USA et qui assurait un équilibre conflictuel dont l’avenir de la Palestine était l’un des sujets majeurs, s’est substitué un affrontement général dans lequel de nouveaux axes d’alliances se nouent autour des puissances régionales, agissant pour le compte de forces impérialistes d’un rang majeur, mais aussi pour leur propre compte.
Ces puissances régionales : Israël, l’Iran, la Turquie, l’Arabie Saoudite tentent d’étendre leur influence. Elles sont à l’origine et interviennent directement dans les conflits en cours, tout particulièrement en Syrie et en Libye. Il existe clairement un axe autour de la Turquie qui entend mettre à profit son ambivalence d’alliances à la fois au sein de l’OTAN et avec la Russie pour pousser ses pions en Méditerranée. Privée de ressources énergétiques gazières et pétrolières elle tente d’imposer par la force son « droit » à rechercher et exploiter ces ressources dans des espaces maritimes que lui conteste la Grèce. Cette dernière membre de l’Union Européenne et de l’OTAN, comme la Turquie, y recherche abri et appui, ce qui entraîne une escalade à laquelle la France n’est pas étrangère. Quoi de plus naturel dans ces conditions, pour la Turquie d’affirmer son soutien au peuple palestinien pour rallier à sa cause les pays de la région qui sont sous son aile et tenir des discours nationalistes et « anti-impérialistes »! Dans ce domaine, la Grèce n’est pas en reste et attise de son côté le ferment nationaliste.
Les peuples turcs et grecs n’ont rien à gagner à cet affrontement, c’est ce que soulignent les Partis Communistes de Grèce et de Turquie dans un communiqué commun : « Les deux Partis Communistes notent que les relations entre les deux pays sont encore compliquées par la concurrence entre les classes bourgeoises de Grèce et de Turquie pour devenir la plaque tournante de l’énergie et un centre de transit et leur lutte acharnée pour la distribution de la richesse énergétique dans la région. Cela fait partie du conflit plus large entre les classes bourgeoises, les monopoles et les alliances impérialistes qui ont fait déjà couler le sang des peuples de Syrie et de Libye et menacent maintenant le golfe Persique. Ces intérêts contradictoires n’ont rien à voir avec les intérêts des peuples ».
L’accord entre Israël et les Émirats Arabes unis (EAU) relèvent de la même recherche de redéfinition du rapport des forces, sa dominante est bien de construire une alliance en opposition à l’Iran et à la Turquie. Notons que les relations entre ces deux pays ne sont pas nouvelles, ce qui est nouveau c’est qu’elles se formalisent et officialisent l’abandon du peuple palestinien dont l’enjeu symbolique de son soutien ne présente plus aucun intérêt face au poids des concurrences au sein de l’impérialisme. Les EAU ne sont pas seuls, ils rejoignent l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite dans des relations officielles ou officieuses avec Israël. Bien entendu ces alliances sont soutenues par les USA. L’un des promoteurs importants de l’accord EAU Israël n’est autre que le gendre de Trump à l’origine du sinistre plan d’annexion d’une grande partie de la Palestine par Israël ! Du coup les affirmations par les EAU du fait qu’avec leur accord ils auraient stoppé l’annexion, est une cynique plaisanterie.
Tous les événements de la zone Méditerranée, Moyen et Proche-Orient doivent donc être lus et analysés en se référant à la nature des affrontements au sein d’un système impérialiste dont les affrontements s’exacerbent. La redéfinition des rapports de forces régionaux et mondiaux ne fait que s’approfondir. Aucun continent n’échappe à cette lutte acharnée, c’est vrai en Europe, on le voit avec l’Ukraine et plus récemment le Bélarus, c’est vrai sur le continent africain, en Asie et en Amérique.
Nous devons mesurer les dangers que représentent ces luttes et ces guerres impérialistes qui s’accompagnent d’une montée en puissance des capacités militaires de la plupart des États. Pour les peuples, les travailleurs, l’alternative est simple : ou emboîter les pas de leur bourgeoisie capitaliste et en devenir à terme leur chair à canon ou engager la bataille de classe pour abattre ce qui est à l’origine de ces affrontements c’est à dire le système capitaliste et les monopoles.

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