N° 938 13/08/2025 Nous l'attendions mais maintenant c'est acté, le congrès du FLNKS a clairement rejeté l'accord de Bougival. Il l'a annoncé lors d'une conférence de presse : " [Le FLNKS] rejette formellement le projet d’accord de Bougival, en raison de son incompatibilité avec les fondements et acquis de [sa] lutte ". Analysant cet accord, nous avions apprécié1 que : " Le chemin vers l'indépendance ne passe pas par Bougival mais par l'action du peuple Kanak ! " Cette analyse est visiblement partagée par les principales forces constituantes du FLNKS, occurant que la réponse serait celle du rejet. Déjà, dès après la fin de Bougival, le 31 juillet, le député Emmanuel Tjibaou, qui conduisait la délégation, avait annoncé lui-même le rejet du texte par le parti dont il est le président, l’Union calédonienne. Christian Tein le Président du FLNKS ne fait pas mystère de son opposition à l'accord de Bougival qu’il juge comme " l’illustration du mépris de la puissance administrante à l’égard de notre combat pour la reconnaissance en tant que peuple colonisé ". De son côté, l’Eglise protestante de Kanaky-Nouvelle-Calédonie s’est positionnée contre le texte, elle affirme que ce dernier nie complètement l'identité Kanak :" Ce mot, notre nom, ne figure même pas dans le document ". Enfonçant le clou, la Cellule de coordination des actions de terrain animant les actions récentes pour l'indépendance a déclaré lors de son assemblée générale du 2 août." Nous refusons de nous endormir dans une paix fabriquée, sans justice, sans équité ni souveraineté ".
Le rejet par le FLNKS acquis, il restait une interrogation sur son positionnement quant à la suite. L'alternative pouvant osciller entre la réouverture de négociations sans le préalable de l'accord de Bougival ou la réécriture partielle de cet accord, ce à quoi les forces coloniales sont farouchement opposées. La réponse du FLNKS tranche cette question en affirmant : " C’est un rejet en bloc, nous ne participerons pas au comité de rédaction " proposé par le ministre des outre-mer, Manuel Valls et d'ajouter : " Nous lançons un appel pacifique à nos forces vives pour dire stop à l’Etat s’il entend passer en force". De son côté le gouvernement et le ministre E. Valls tentent d'avancer afin de mettre en musique les fameux accords. Ce sera un exercice d'autant plus difficile puisque le FLNKS clarifiera sa position de rejet de l'accord.
Après cette tentative d'enfermer les indépendantistes kanaks dans le filet d'une solution post-coloniale permettant à la France de conserver la domination sur le territoire, s'ouvre donc un chemin ardu pour la libération nationale du territoire et les forces qui mènent cette lutte. Notre solidarité internationaliste leur est acquise.




