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Pourquoi la crise sanitaire accroît les concurrences et les tensions au sein de l’impérialisme

La pandémie de Covid19 a pour conséquence, du fait de la réponse des États par un confinement des populations, un ralentissement brutal de l’activité économique dans le monde. Ce ralentissement touche la production, les services et les échanges du commerce mondial. Les chaînes de productions et de valeurs sont profondément affectées du fait de l’interdépendance des économies dues au caractère largement mondialisé et fragmenté de la production qu’ont imposé les monopoles transnationaux à l’économie mondiale.

Dans le même temps, les conflits armés, traduction des affrontements directs ou indirect au sein de l’impérialisme ont donné l’impression de s’apaiser, masqués qu’ils sont par l’intense attention portée à l’épidémie, sans pour autant, loin de là, disparaître.
Cette situation de ralentissement de l’économie mondiale, qui dans de nombreux pays a mis en lumière la dépendance extérieure des économies des puissances impérialistes, les amène à s’interroger sur leur stratégie industrielle. Pour autant, les tendances lourdes des concurrences qui se développent au sein du système impérialiste et qui ont pour racine, la lutte acharnée et violente que se mènent les grands monopoles capitalistes et les États à leur service sont-elles bouleversées ?
La réponse est non, même si nous devons noter qu’elles s’accentuent dans un contexte de changements importants dans la reconfiguration des rapports internationaux. Ainsi, la course à la reprise des activités économiques, y compris au détriment de la santé des populations, a-t-elle pour objectif de mettre les grands monopoles capitalistes en situation de s’assurer une suprématie dans les restructurations et concentrations capitalistes qui sont déjà en mouvement. Dans l’immédiat, les stratégies d’externalisation de la production manufacturière et des services vers les pays à faible coût de la force de travail ne vont pas se modifier, si ce n’est à la marge, par contre les flux financiers auront tendance à accentuer les mouvements déjà à l’œuvre, par exemple de la Chine, considérée comme une puissance impérialiste montante concurrente d’un impérialisme US en recul, vers l’Inde considérée comme plus faible et qui constitue au yeux des USA un contre-poids asiatique à la puissance chinoise. Pour les USA, la Chine qui fut un de ses partenaires majeurs en Asie pour contrer l’influence soviétique, est devenue son adversaire principal. Tout est fait pour empêcher qu’elle devienne une puissance impérialiste de premier rang. La guerre commerciale que mènent les USA contre la Chine, comme l’extension capitaliste de la Chine au travers des projets de « routes de la soie » sont l’expression de ces affrontements.
Il apparaît clairement que la stratégie des USA, puissance majeure en lutte pour le maintien de sa prééminence dans les système impérialiste, c’est de s’appuyer sur sa relative indépendance en matière énergétique et plus globalement économique et militaire pour se « libérer » de ce qu’ils considèrent comme des carcans. Ils veulent pouvoir opérer économiquement et militairement sans « contrainte » des accords internationaux, qu’ils soient économiques, culturels, sanitaires, militaires…Ainsi, récemment les USA ont déclaré sortir du traité « ciel ouvert », un traité de sécurité collective important permettant aux pays signataires des inspections aériennes des pays tiers. Toutes les mesures économiques et militaires que prennent les USA lui donnent certes les mains libres mais en même temps banalisent son statut d’un État comme un autre. Si cette voie est dangereuse pour la paix du monde, elle traduit l’affaiblissement des USA comme puissance impérialiste dominante.
En Europe, les conséquences de la pandémie ne sont pas moindres qu’ailleurs là aussi, elles accentuent les tendances anciennes. Les solutions misent en œuvre consistent à alimenter la formation d’une dette à caractère spéculatif tandis que se préparent de grandes opérations de restructurations et de concentration du capital. C’est le cas par exemple dans des secteurs aussi importants que l’industrie mécanique, la chimie et la pharmacie. Chaque pays et surtout l’Allemagne entend défendre ses champions monopoliste et ses intérêts propres se mettant de fait à la remorque des USA.
Pour les pays dominés par l’impérialisme et qui sont les plus pauvres et les plus exploités, l’épidémie ajoute une difficulté majeure : celle d’un accroissement sans précédent depuis des décennies des problèmes alimentaires et sanitaires. Il sont une proie encore plus facile pour tomber sous la domination des puissances impérialistes qui les pillent. Des émeutes de la faim se déroulent tous les jours dans de nombreux pays dans tous les continents et elles sont l’objet d’une répression féroce.
Si donc l’épidémie accentue les tendances en cours et exacerbe les affrontements inter impérialistes, elle n’a pas supprimé les guerres et les interventions étrangères que traduisent ces affrontements. Cuba, le Venezuela, l’Iran… sont toujours sous le coup d’un blocus qui prive leurs populations de biens élémentaires, au Moyen et Proche-Orient le Yémen, la Syrie subissent des interventions impérialistes tandis qu’Israël accentue la colonisation totale de la Palestine.
Au bilan, ce à quoi on assiste aujourd’hui, c’est à une concurrence exacerbée au sein de l’impérialisme dont le moteur principal est celui de la première place dans le système impérialiste. C’est autour de cette question qu’il faut lire les stratégies développées par les États, et qui dessine les futures alliances, la formation de blocs autour des deux protagonistes principaux : la Chine et les USA.

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