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De Sibiu à Milan : les intérêts du capital comme boussole

     Le 18 mai, à Milan les partis d’extrême droite et fascisants d’Europe ont tenu meeting sous la houlette du dirigeant italien de « la ligue » M. Salvini, et par ailleurs vice-premier ministre du gouvernement de coalition avec le « mouvement 5 étoiles ». Cette rencontre tentait de préfigurer leur alliance au parlement européen.
Si le leader italien M. Salvini s’est taillé la part du lion avec une demi-heure de discours, Marine le Pen elle a eu droit à dix minutes.

     Bien entendu tout ce monde affirme à la suite de Salvini : « Sur cette place il n’y a pas d’extrémistes, il n’y a pas de racistes ou de fascistes » et le discours anti-oligarchique est en vogue comme le proclame le Pen : « non à cette oligarchie sans repères, sans racines, sans âme, qui nous dirige ». Il est vrai que dans leur phase ascendante, les fascistes ont toujours tenu un discours se présentant « anti-capitaliste », visant à rassembler le mécontentement sous leur houlette avant que de servir fidèlement les intérêts du grand capital monopoliste dont ils sont les enfants naturels. Au delà des discours sur les peuples et les nations, l’unité de ces mouvements n’est pas une réalité à ce jour. Les partis qui opèrent dans les ex-républiques populaires se distinguent par leur opposition à la Russie. Ceux de l’ouest choisissent la Russie contre les USA ; ce qui n’empêche pas Steve Bannon l’idéologue de Trump de sponsoriser le rassemblement où il était présent. La Russie de Poutine le leur rend bien à en croire le site quasi officiel « sputnik » et la radio « Russia today » qui se font souvent leurs porte paroles.
     Le meeting de Milan a été une occasion pour le pouvoir en France d’accuser le Rassemblement National, d’ « Europicide », ce qui l’est à première vue puisque toute l’expression de ce meeting a été une longue volée de bois vert contre l’Union Européenne. Mais quand on gratte un peu, il devient évident que les pouvoirs en place dans les pays de cette Europe, qu’ils soient « europhiles » ou « europhobes » ne sont que les deux faces d’une même médaille : celle du service des intérêts du grand capital monopoliste. Les uns et les autres sont au service du capitalisme, ils sont tous pour l’alliance militaire impérialiste dominée par les USA qu’est l’OTAN, tous combattent la classe ouvrière et ses organisations de lutte
     Pour s’en persuader, il suffit de lire la déclaration de Sibiu (Roumanie) produite par tous les dirigeants européens de Macron à Merkel en passant par Tsipras et les amis de M. le Pen au pouvoir dans des pays européens. Cette déclaration se veut un plaidoyer pour l’Union Européenne. Le 9 mai, jour de la capitulation de l’Allemagne nazi sous les coups de boutoir de la coalition anti-fascistes à laquelle l’URSS a apporté une contribution décisive, elle indique : « Nous défendrons une seule Europe - de l'est à l'ouest, du nord au sud. Il y a trente ans, des millions de personnes se sont battues pour leur liberté et pour l'unité, faisant tomber le Rideau de fer qui avait divisé l'Europe pendant des décennies. Il ne saurait y avoir de place pour les divisions, qui portent atteinte à notre intérêt collectif. » La suite est à l’avenant et proclame haut et fort le caractère impérialiste de l’Union Européenne et de son attachement au pacte militaire de l’OTAN.
     Voilà donc la vérité ! Les uns et les autres ne sont là que pour servir les intérêts du capitalisme. Nous, nous menons la lutte pour l’abattre en ce qu’il est la source des problèmes auxquels sont confrontés tous les peuples. C’est le sens de notre bataille pour dire non à l’Europe capitaliste et à ses serviteurs de Sibiu à Milan !

Bimestriel N°131

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