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Élections en Espagne : Une nouvelle formule, de vieilles recettes

     Les résultats des élections législatives anticipées qui se sont tenues dimanche en Espagne sont maintenant connus. Ils sont marqués par une participation de 75 % en hausse de 9,3 % par rapport au dernier scrutin, elle souligne que les enjeux pour l’avenir du pays ont été largement perçus dans un pays où la crise a fortement ébranlé les couches populaires et où les tendances nationalistes et séparatistes à l’œuvre, tout particulièrement en Catalogne, menacent l’existence même de l’État-nation.

     Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) du premier ministre sortant qui faute de majorité avait provoqué ces élections anticipées sort renforcé de l’épreuve avec 29 % des voix et un gain de 39 élus au parlement. Le Parti Populaire (PP) avec 16,7 % perd 16,3 % et 71 sièges.
     Au pouvoir en alternance avec le PSOE depuis de nombreuses années, il s’était montré incapable de résoudre la crise catalane autrement que par la force et il a subit un rejet qui permet aux deux partis émergents Ciudadanos et Vox de rafler respectivement 16 % et 10,5 % des voix et 57 et 24 députés. Vox qui se réclame presque ouvertement du franquisme fait à l’occasion de ces élections une irruption remarquée puisque ce parti n’avait aucun député dans la précédente législature, comme partout en Europe, il est, comme Ciudadanos, une des création du grand capital pour absorber et dévoyer le mécontentement dans un système d’alternance PSOE/PP qui marque ses limites. Le PSOE toujours très flou sur son programme et sur l’approche du problème catalan a beaucoup joué de la montée annoncée du parti Vox pour appeler à un vote utile contre le fascisme. Unidas Podemos qui regroupe la Gauche Unie avec le Parti Communiste d’Espagne et Podemos avec 14,5 % des voix en perd 6,8 % et avec 42 sièges il en perd 17. Unidas Podemos est largement victime de l’effet d’aspiration du PSOE qui s’est présenté comme le seul capable de constituer une majorité pour résoudre les problèmes de l’Espagne.
     C’est d’ailleurs la constitution d’une majorité qui va être la suite de ces élections. Pour le PSOE, les variantes possibles incluent l’alliance avec le parti moderne de la bourgeoisie, Ciudadanos. En tout cas ce qui est clair et que souligne la déclaration du bureau politique du Parti Communiste des Travailleurs d’Espagne (PCTE) : « la formule gouvernementale qui sera finalement établie sera pleinement fonctionnelle pour les intérêts capitalistes. Il est clair que, une fois de plus, la classe ouvrière sera la perdante des pactes post-électoraux. Comme nous le répétons constamment depuis le 3 mars dernier, la seule issue pour les travailleurs et la majorité populaire est de continuer à se battre quotidiennement dans les lieux de travail, dans les centres d’études, dans nos villes et villages pour la défense des conditions de vie. » Le PCTE, parti marxiste léniniste de lutte de classe a mis à profit ces élections pour faire connaître son programme et ses orientations. Il sera encore présent dans les élections locales qui viennent. Nous l’assurons de notre soutien internationaliste.

Bimestriel N°131

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