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Élections régionales en Italie : Une recomposition permanente pour poursuivre la politique du capital

Scrutées avec attention par les observateurs politiques les élections régionales en Italie se sont déroulées dans sept régions. Du point de vue électoral, le seul changement notable est la victoire du représentant du parti Fratelli d’Italia, un parti néofasciste allié à la Ligue de Matteo Salvini sur le candidat du Parti Démocrate (PD).

Dans les autres régions importantes : La Campanie (PD), les Pouilles (PD), la Ligurie (Forza Italia), la Vénétie (La Ligue) et la Toscane (PD), il n’y a pas de changement de majorité et les sortants sont élus confortablement, avec une participation de l’ordre de 60 %-rappelons que le vote est obligatoire en Italie, qu’ils soient membres du PD ou de la Ligue. En toscane, malgré des sondages qui lui étaient défavorables le PD l’emporte largement (48 %) contre la candidate de la Ligue (40%).
Ces résultats s’ils ont satisfait Giuseppe Conte le premier ministre (PD) qui gouverne en alliance avec le Mouvement 5 Étoiles (M5S) et réduit, momentanément, les espoirs de la Ligue de contester ce gouvernement, ils ne sauraient à eux seuls caractériser les évolutions politiques en Italie. Comme en France, le capital en Italie a un besoin vital de s’inscrire dans la concurrence acharnée que se mènent les monopoles au niveau international, pour cela, ils doivent tailler dans les conquêtes des travailleurs et faire baisser de manière sensible le prix de la force de travail. Déjà, les gouvernements successifs ont réduit les droits des chômeurs, attaqué le système de retraite, privatisé et laissé en déshérence les services publics et tout particulièrement le système de santé...Ces attaques ont été menées aussi bien par le PD que Forza Italia de berlusconi que part la Ligue de Salvini.
Ces reculs sociaux attisent un mécontentement que la bourgeoisie italienne s’emploie à contenir et à détourner d’une perspective de changement mettant en cause sa domination. En l’absence d’une force politique révolutionnaire qui soit en capacité d’orienter le mouvement populaire, les forces du capital doivent en permanence recomposer les mouvements et partis politiques pour permettre de simuler des oppositions et des differenciations entre eux. L’exemple récent du M5S qui gouverne un jour avec la Ligue et le lendemain avec le PD en est une illustration, comme en est une autre la large alliance allant des néo fascistes à Forza Italia. Les tendances à personnaliser les élections autour de vagues programmes largement consensuels, comme ce fut le cas lors de ces élections régionales en est une autre. Le référendum accolé aux élections régionales qui visait à valider la diminution du nombre de députés en est une autre encore. Ce référendum voulu par le M5S et qui a été approuvé par 69 % des votants était un os à ronger s’appuyant sur l’antiparlementarisme.
Ainsi, au sortie de ce scrutin, l’essentiel pour la bourgeoisie italienne est préservé : il n’y aura pas de remise en cause sérieuse de l’intégration dans l’ensemble capitaliste européen pas plus que de mise en cause du plan de relance pour le capital.

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