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Hong Kong : La grève générale marque une nouvelle étape dans le mouvement de protestation.

    Des milliers d’habitants de Hong Kong sont sortis dans la rue pour manifester pour le retrait complet du projet de loi d’extradition donnant la possibilité d’extrader vers la Chine, des citoyens de Hong Kong, condamnés ou accusés par la justice (projet de loi actuellement suspendu) et qui est à l’origine de la mobilisation. Les manifestants estiment que cette loi constitue une violation du principe : « un pays, deux systèmes » instauré lors de sa réunification à la République populaire de Chine en 1997.
Pourquoi un statut particulier à Hong Kong ? Hong Kong cédé à l’empire britannique en 1839 est devenu colonie britannique.

En 1984, une déclaration commune Sino-Britannique entérine la restitution à la Chine. La Chine s’engage à maintenir les systèmes économiques et législatifs ainsi que le mode de vie hongkongais pendant une période de 50 ans après la rétrocession. Il est appliqué la formule : "un pays, deux systèmes". Le chef de l’exécutif est choisi par le gouvernement chinois.
    Aujourd’hui Pékin qui considère l’actuel mouvement comme une mise en cause de son intégrité territoriale, veut standardiser le système légal au sein de ses frontières.
Sous la pression le gouvernement municipal a repoussé le débat sur cette loi, pour tenter de désamorcer la crise. Les manifestants continuent leur mouvement pour exiger qu’elle soit retirée et que la tête de l’exécutif présente sa démission. Certains d’entre eux font référence aux désordres de 2014 connus sous le nom de "révolution des parapluies". Aujourd’hui on sait que les américains avaient financé les leaders de ce mouvement par l’intermédiaire de l’association Asia Foundation.
Les autorités répondent aux manifestations par des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Le gouvernement recourt de plus en plus à la violence, que celle-ci soit exercée par la police ou par des bandes de voyous engagées.
    Tous ceux qui ont des intérêts à Hong Kong cherchent à utiliser le mouvement de protestation à leurs propres fins en le détournant.
*La cheffe de l’exécutif Carrie Lam a réagi à l’évolution du mouvement dans un discours belliqueux, celle-ci a déclaré : « J’ose affirmer que cela vise à renverser Hongkong, à détruire complètement la précieuse vie de plus de sept millions de personnes. Le gouvernement sera ferme pour maintenir la loi et l’ordre et rétablir la confiance. » La possible intervention des forces militaires chinoises menace le mouvement ces derniers jours.
*Pékin craint que le mouvement de protestation s’étende au continent, où le mécontentement social est également élevé.
*L’objectif poursuivi par les membres les plus extrêmes de ces manifestations, est de transformer les manifestants pacifiques en couverture pour pousser à la confrontation, attaquer les autorités afin de provoquer une issue dramatique.
Des participants au rassemblement ont crié des slogans comme «Réclamez Hong Kong, la révolution de notre époque», une phrase utilisée par Edward Leung lors des élections de 2016. Leung appartient à l’organisation de droite Hong Kong Indigenous (les indigènes de Hong Kong) qui comme d’autres groupes de droite prône l’indépendance de Hong Kong.
*Les USA guident la déstabilisation en cours dans la direction de leurs intérêts stratégiques, la Chine leur demande de ne pas interférer dans ses affaires intérieures. Washington a suggéré de reconsidérer le statut légal d’exception qu’ils accordent à la région autonome de Hong Kong.
Cette instabilité se produit à quelques semaines du G7 qui doit se tenir à Biarritz fin Août.
*Les entreprises capitalistes de l’île manipulent le mouvement, comme la plus grande compagnie aérienne de Hong Kong, qui encourage ses membres à participer, les agents de bord et le personnel de l’aéroport se sont joints à la manifestation. Dans le Financial Times, Roy Lim, un dirigeant du plus grand distributeur d'équipement d'automatisation de Mitsubishi en Chine, a déclaré "avoir initialement marché avec des manifestants début juin".
Standard Chartered, l'une des plus grandes sociétés financières de Hong Kong ferme les yeux si ses employés décident de faire grève, qu'ils ne seront pas pénalisés pour ne pas être venus au travail…
*Les représentants du capital soutiennent la suspension du projet de loi, pensant qu'il affecte négativement les opérations commerciales, Hong Kong est la huitième entité commerciale et le troisième centre financier au monde. Son économie est la plus libérale du monde. Les taux de prélèvements obligatoires sont bas avec une législation peu contraignante. Son activité économique permet à son port d'être le cinquième du monde pour le tonnage cargo et le cinquième pour le trafic conteneurs, son aéroport est le portail de fret le plus grand du monde et l’un des aéroports passagers les plus fréquentés de la planète.
Le système capitaliste craint maintenant que les manifestations en cours commencent à soulever des questions sociales plus larges dans ce territoire qui compte 7,9 millions d’habitants, dans l'une des villes les plus inégales du monde et conduisent à des revendications qui remettent directement en cause le pouvoir. Les préoccupations sociales sont profondes, elles concernent la pauvreté, l’absence de protection sociale, de logements suffisants, le coût élevé de la vie, le sentiment de désespoir que ressentent beaucoup de gens à Hong Kong les poussent dans la rue.
20 % des habitants de la ville vit en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de chômage est élevé chez les jeunes de 20 à 24 ans. Dans une étude Oxfam montre que bon nombre de ceux qui ont un emploi sont embauchés par l’entremise d’organismes qui retiennent entre 20 et 40% du salaire d’un travailleur. Une personne qui gagne ainsi 13.000 $HK mensuellement peut voir dans les faits ce montant réduit à 8000 $HK alors que l’an dernier, un travailleur avait besoin d’au moins 10.494 $HK pour gagner sa vie.
Le mouvement de Hong Kong s’inscrit contre le programme d’austérité des gouvernements au service du capitalisme mais comme dans tous les pays seule la lutte contre le capitalisme, pour en finir avec cette société dominée par le profit capitaliste, peut changer la situation.
Rien ne changera sans le développement, sans le renforcement des idées révolutionnaires. C’est tout le sens de de notre combat.

Bimestriel N°131

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