N° 991 20/08/2026 En octobre 2025, Sanae Takaichi, membre du Parti Libéral Démocrate est élue première ministre du Japon par la Chambre basse de la Diète, pouvoir consolidé grâce à une élection anticipée en février 2026 lui accordant une majorité absolue à la Chambre. Idéologiquement proche de du « personnage » Donald Trump, elle est considérée comme une ultra-conservatrice ancrée fermement à droite.
L’économie du Japon est, depuis plusieurs années, dans une situation pouvant être qualifiée par certains de complexe. En effet, le pays sort au début des années 2020 de plusieurs décennies de déflation, de faiblesse du yen avec des coûts majorés des imports (d’énergie entre autres). La stagnation économique générale perdure: en effet, si les investissements reprennent légèrement, ils ne sont pas assez importants tandis que les salaires stagnent. De même l’inflation est aujourd’hui à un taux d’approximativement 1,7%, encore en deçà de l’attente des 2%, étant généralement considéré comme un « bon » taux d’inflation.
Pour sortir de cette stagnation, Sanae Takaichi a mis en place des politiques comme une réduction de 1% de la taxe sur la consommation (alimentaire), ainsi qu’une augmentation des dépenses sociales gouvernementales et… de défense.
Ces politiques, elles-mêmes sont similaires à celle mise en place par Liz Truss durant son court mandat à la tête du Royaume-Unis, ont eu pour effet notamment de faire bondir les rendements des obligations d’Etat à près de 3%. Cela pose, à nouveau, des problèmes, car couplé à une baisse historique du yen (approximativement 160 yens pour 1 dollar en 2026), et du fait de l’importante dette publique japonaise (230% du PIB en 2026), le coût du service de la dette augmente.
S’il est peu probable que le marché des rendements d’obligation d’Etat s'écroule au Japon car une grande partie de la dette (88%) est détenue par les foyers et entreprises japonaises (banques, assurances essentiellement) et la moitié par la Banque nationale, ça n’en reste pas moins une problématique majeure pour l’économie du pays.
La chute du yen, quant à elle, est si importante qu’elle a poussé la Banque du Japon à acheter du yen afin d'éviter une chute sévère. Elle est si inquiétante que même les États-Unis se sont lancés dans l’achat du yen, à la fois pour éviter des achats massifs de dollars ce qui rendrait la situation des exports américains encore plus complexe (un dollar puissant empêche des exportations compétitives) mais aussi car les Etats-Unis s’inquiètent de la montée rapide des rendements des obligations d’Etat au Japon et de sa possible transmission vers eux. Ce qui est d’ailleurs en train de se passer également en Europe.
Pendant ce temps, concernant les Japonais moyens, le contexte de stagflation pèse. La stagnation complète des salaires empêche la consommation de repartir tandis que les entreprises gardent leurs prix aux mêmes niveaux (ou les augmentent) tout en réduisant les quantités vendues pour augmenter leurs profits.
Si la situation ne s’annonce pas ensoleillée pour le gouvernement de Sanae Takaichi, majoritairement les foyers et les personnes japonaises sont le plus gravement touchés par la situation économique présente.




