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Chine et USA en compétition pour le Cambodge

Les élections législatives qui se sont déroulées dimanche au Cambodge ont été l’occasion d’un éclairage particulier sur ce pays du Sud Est asiatique. Les medias ont souligné le succès de la participation de 82 % et celui du Parti du Peuple Cambodgien de Hun Sen qui dirige le pays depuis 33 ans, malgré l’appel au boycott de forces politiques ouvertement pro-américaines.

La reconnaissance de ces résultats et leur appréciation au niveau international sont en rapport direct avec le rôle qu’entendent jouer au Cambodge les forces impérialistes les plus impliquées en Asie : c’est à dire les USA et la Chine. La Chine a félicité le pouvoir sortant pour ce résultat, tandis que les USA, suivis par l’Union Européenne en ont condamné le caractère qu’ils estiment non démocratique. De son côté, le voisin vietnamien a lui aussi félicité le Cambodge pour ces élections réussies.

Il n’est pas possible de comprendre ces approches sans souligner qu’elles traduisent la force des affrontements au sein de l’impérialisme dans cette région du monde où le capitalisme se développe de façon impétueuse et représente des enjeux majeurs dans la guerre que se livrent les grands monopoles pour la conquête de marchés en pleine expansion et l’appropriation de forces de travail à bas prix. Pour la Chine, le Cambodge est à la fois une source de développement et un appui politique au sein de l’association des Nations de l’Asie du Sud Est (ASEAN). En terme de mise en mouvement du capital, il faut noter que la Chine est le premier investisseur de capitaux au Cambodge avec 30 % du total. Elles y créent des zones économiques spéciales où ses entreprises peuvent exploiter un salariat à bon marché et sans moyens de défense. Les principaux investissements chinois concernent tous les secteurs stratégiques de l’économie : textile, hydroélectricité, culture du riz, du caoutchouc, de la construction et des exploitations minières.

Du point de vue économique, le voisin vietnamien joue aussi une carte importante et entend développer sa présence au Cambodge, c’est ce que met en lumière le séminaire international « Cambodge Vietnam : relation d’amitié et de coopération » qui c’est tenu à Phnom Penh en 2017 et dont les développements sont régulièrement rapportés dans la presse économique vietnamienne. Cette volonté du Vietnam n’a pas que des dimensions économiques, certes importantes dans le cadre d’une intégration plus poussée des économies asiatiques, il y voit aussi un intérêt diplomatique de premier ordre.

En effet, au sein de l’ASEAN, auquel ne participe pas la Chine, le Cambodge est un soutien ferme et actif de la Chine et empêche par son veto la prise de position de l’ASEAN sur les conflits territoriaux en mer de Chine méridionale, conflits territoriaux avec en particulier le Vietnam et les Philippines. Ces conflits sont d’autant plus intenses que les zones revendiquées sont potentiellement riches en gaz et en pétrole.

Les USA dont une grande partie de l’économie est liée à l’Asie entendent rester maître du terrain, ce que la Chine leur conteste de plus en plus. Des alliances se nouent au sein des puissances impérialistes majeures en Asie, y compris les USA et dessinent deux grands camps l’un autour de la Chine, l’autre autour des USA. C’est ainsi que le Cambodge est un objet de compétition entre ces forces

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