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Assassinat de Georges Floyd ou la violence d’État

L’assassinat de Georges Floyd a créé une grande et légitime émotion aux USA et dans le monde. Elle s’est traduite par de nombreuses manifestations et tout particulièrement aux USA y compris dans de toutes petites villes, entraînant des foules importantes où se mêlent des américains de toutes origines, très au-delà de ce que l’on peut considérer comme les forces progressistes et anti-racistes et avec une forte composante de la jeunesse. Si le Président des USA surfe sur les violences qu’il alimente de manière provocante, il est en difficulté politique tant la réprobation touche de large couches de la société américaine. Le cocktail de la misère de pans entiers de la population et tout particulièrement des immigrés, des afro-américains et de couches moyennes déclassées, combiné aux conséquences sociales dramatiques de la pandémie qui a accéléré la crise économique et sociale, est le carburant de cette révolte qu’a allumé l’assassinat raciste odieux perpétré par quatre policiers à Minneapolis.

À l’étranger, de nombreuses manifestations importantes de solidarité se sont déroulées et c’est aussi le cas en France, en y associant des cas de répression et de violences policières ayant parfois entraîné la mort de jeunes. Chacun, à aussi en mémoire la brutalité avec laquelle les manifestations populaires pacifiques ont été réprimées en prenant prétexte de l’action de nervis, spécialiste de la casse au service du pouvoir.
Si la question du racisme est évidemment et justement posée y compris dans notre pays, elle ne saurait expliquer en elle même la nature des violences exercées à l’encontre de fractions de la population. Pour comprendre cette nature, il faut mesurer que l’État, celui du capital, doit mener sans cesse la lutte des classes contre les salariés afin de maintenir sa domination et l’exploitation du travail salarié. La forme, l’intensité de cette lutte sont évidemment largement dominés par l’état des rapports sociaux, l’histoire et la position qu’occupent les pays dans le système impérialiste.

De ce point de vue, les USA qui se sont formés par la voie d’une conquête coloniale violente, marquée par le génocide des peuples autochtones et un développement basé sur l’esclavage sont le fruit d’une histoire particulièrement violente. Le développement du capitalisme industriel, qui a vu surgir un mouvement ouvrier révolutionnaire a été particulièrement répressif, portant la violence de classe à un niveau paroxysmique se traduisant par une liquidation physique des militants ouvriers, rappelons nous entre autres, les exécutions de Sacco et Vanzetti en 1927 et de celles des Rosenberg en 1953. Pour contenir et contrôler la classe ouvrière, la grande bourgeoisie au pouvoir a développé un encadrement par des organisations syndicales de collaboration de classe et une législation qui met hors la loi toute activité contestant le capitalisme. Le racisme contre les afro-américains libérés de l’esclavage, mais maintenus en état de domination, et les immigrés de manière générale, a toujours été un moyen utilisé par la bourgeoisie américaine pour diviser les travailleurs et asseoir son pouvoir. Il a fallu des luttes importantes durement réprimées pour que les droits civiques soient reconnues à l’ensemble de la population. Que l’on se rappelle les luttes menées autour de Martin Luther King assassiné en 1968, de Malcom X assassiné en 1965 et de tant d’autres. À tous ces crimes s’ajoutent ceux d’un impérialisme US qui est responsable de millions de morts en Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient et de la répression contre tous les citoyens américains qui courageusement se sont levés et se lèvent pour réclamer la paix et la justice !

Si la violence d’État leur répond avec la brutalité que l’on connaît c’est parce que ces luttes sont porteuses, plus ou moins confusément, de l’exigence d’un monde nouveau et que pour le capitalisme cela est inacceptable. Cette violence d’État n’est pas propre aux USA, elle vaut pour tous les pays capitalistes et plus précisément ceux qui comptent dans la domination impérialiste et c’est vrai pour la France !
Alors oui, solidarité avec le peuple américain qui lutte, solidarité avec tous les peuples qui tracent la voie de leur libération !

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