Gantry 5

 

N° 911 05/02/2025  En déclarant que les Étas-Unis voulaient devenir maître du Groenland, le président des États-Unis D. Trump n'a fait qu'exprimer crûment qu'il n'y avait de droit que la force pour assurer les intérêts des monopoles américains au sein du système impérialiste. Rappelons que cette visée sur le Groenland s’est accompagnée de décisions sur les droits de douane vis-à-vis du Mexique, du Canada et de la Chine, tandis que Panama est sommé de rompre avec la Chine et de faciliter encore plus l'accès au canal. Les cris d'orfraie des supporters ordinaires des États-Unis qui ne voit en Trump qu'une exception passagère dans le gouvernement des États-Unis feraient bien de réviser leur histoire qui montre que cette puissance capitaliste majeure n'a jamais hésité à utiliser directement ou indirectement la force, y compris des armes, pour défendre ses propres intérêts et cela que les présidents soient Démocrate ou Républicain. Le style change mais pas le fond !
Dans l'affaire du Groenland, il faut revenir un peu sur l'histoire, la géographie et la nature pour comprendre ce qui pousse les États-Unis à une telle agressivité.
Le Groenland qui appartient géographiquement au continent nord-américain, a été politiquement et culturellement associé à l'Europe, en particulier à la Norvège et au Danemark puissances coloniales, pendant plus d'un millénaire. Sa population de 56.609 habitants est faible au regard de sa superficie, 2 ,2 millions de kilomètres carrés. Si le Groenland a été sous la domination du Danemark et de la Norvège, cette dernière a perdu sa souveraineté sur le Groenland en 1814, devenant alors une colonie danoise. Membre de la CEE jusqu'en 1982, un référendum a mis fin à cette situation. Depuis, le Groenland bénéficie d'une autonomie interne, qui n’a pas mis fin à la colonisation, il reste un territoire du Danemark et Copenhague exerce un contrôle sur sa politique étrangère et de défense. La question de l’indépendance est posée avec de plus en plus de force dans la jeune génération qui demande que : les Groenlandais décident eux-mêmes de leur avenir ». Le Groenland est situé dans une zone stratégique entre les Amériques et le continent eurasiatique. Il a toujours été convoité par les États-Unis qui, dès 1941, y ont installé et disposent d'une base militaire importante et dès 1946, le président H. Truman a renouvelé l'offre d'achat de ce territoire déjà faite par les États-Unis en 1867, pour 100 millions de dollars, offre refusée par le Danemark.
Ainsi, les visées états-uniennes sur le Groenland ne sont pas nouvelles. Alors pourquoi ce regain d'intérêt pour une domination directe du territoire. Il y a au moins deux raisons à cela. La première est stratégique. L'Arctique, dont le Groenland est un proche voisin, représente la frontière septentrionale entre les Amériques et l'Eurasie qui constituent les deux entités majeures du système impérialiste, c'est donc une zone de friction des plaques tectoniques des affrontements au sein du système impérialiste. C'est une voie de communication majeure. Elle l'est d'autant plus que la fonte relative des glaces permet en été une circulation plus facile des embarcations. La Zone Arctique est aussi l'objet des stratégies militaires avec l'affaiblissement des accords qui régulaient jusqu'à présent la gestion de cet espace, accords qui ne sont pas contraignants pour les puissances riveraines : Canada, Danemark, Etats-Unis, Norvège et Russie, Suède, Finlande et Islande. De plus, les richesses minérales dont l'exploitation commence à être envisagée suscite des convoitises et des frictions importantes dans un contexte de montée des affrontements entre les puissances capitalistes.
La deuxième raison, c'est que le Groenland lui-même est riche de ressources minérales stratégiques : le cuivre, l’or, le plomb, les pierres précieuses, les métaux des terres rares, l’uranium et le zinc . À l'heure du développement des technologies de communication et d'IA, la maîtrise de ces ressources est primordiale pour assurer la capacité autonome de décision des États-Unis et asseoir sa puissance économique et militaire.
La question du Groenland et de l’Arctique est donc un parfait exemple de ce que notre analyse sur les causes qui sont à la racine des conflits entre les puissances capitalistes formant le système impérialiste mondial : maîtrise des ressources naturelles énergétiques et non énergétiques, contrôle des voies de communications matérielles et immatérielles et de la force de travail, maîtrise qui passe par la force sous toute ses formes et y compris la guerre ouverte. Il n'y a aucun avenir de paix pour l'Humanité dans cette voie. C'est pourquoi le combat de classe pour en finir avec le capitalisme est aussi un combat fondamental pour la paix !
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