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Non à l’intervention militaire de la France au Mali

Lors de sa visite en Côte d'Ivoire Macron a fait une nouvelle sortie remarquée en déclarant que « le colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la république ». Une déclaration hypocrite pour ce VRP du capital qui est venu renforcer les "partenariats" confortant ainsi les intérêts de l’impérialisme français en Côte d’Ivoire.
La France est en Afrique et fait la guerre pour préserver les intérêts des multinationales françaises.
Les nouveaux fonds alloués par la France iront vers des secteurs garantissant la mainmise des intérêts français dans la région : Total, Vinci, Areva, Engie, Boloré, Accord, BNP-Paribas, Société Générale, Lafarge, Air Liquide, Bouygues, Axa etc... Ces entreprises pillent les richesses de ces pays mais la question de l’annulation de la dette qui asphyxie les pays africains n’a pas été évoquée.

Le président a aussi inauguré une stèle en hommage aux soldats français morts en 2004. Il n’a pas dit un mot sur les dizaines de victimes civiles abattues cette même année par les soldats français pendant les manifestations protestant contre la présence française dans le pays.
Préserver les intérêts des multinationales françaises et non les populations :
Avec cette visite, le gouvernement Macron confirme son occupation néocoloniale du Mali et de l’ouest du Sahel riche en ressources naturelles. En marge du dernier sommet du G7 à Biarritz, Macron avait déclaré : « Notre objectif est un changement d’échelle et de méthode».
Le professeur et géopoliticien à l'université de Kinshasa Thierry Mwepu affirme que : « La majorité des pays où sont déployés des soldats français sont des pays qui regorgent d’intérêts économiques ou démographiques de la France », il ajoute que «les plus importants investissements français en Afrique sont logés dans les pays du Sahel.
Plus de 4.000 soldats français et plus de 800 soldats allemands, ainsi que des canadiens sont déjà stationnés au Mali, la force des Nations Unies compte plus de 15.000 militaires et policiers, 16000 militaires maliens pour 18 millions d’habitants.
Cette occupation s’étend sous l’argument « de la lutte contre le terrorisme et de la protection de la population ». En réalité, l’intervention de l’impérialisme français vise à assujettir cette région d’Afrique occidentale riche en ressources et vise à soutenir le régime fantoche de Bamako qui rencontre une opposition croissante des travailleurs et de la population du pays.
En mars, le gouvernement Macron a annoncé que les militaires français déploieront des drones armés, une première, ils seront équipés de missiles, l’approvisionnement en drones passera de cinq unités actuellement à 12 en 2025 et à 25 en 2030. Ce programme montre que le pouvoir entend intensifier des années de guerres. La guerre au Sahel devient le terrain d’essai de l’impérialisme français pour développer de nouvelles méthodes d’intervention.
En six ans, la guerre du Mali a entraîné la mort d’au moins 6.000 personnes, elle a provoqué une crise de réfugiés fuyant leur foyer, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent démunies à Bamako.
Les origines du conflit au Mali sont dans la guerre de l’OTAN en Libye en 2011
Avec le soutien des forces islamistes fondamentalistes de droite la France a détruit le gouvernement de Kadhafi. Huit ans après l’agression impérialiste contre la Libye: le désastre.
*la destruction complète de la société libyenne. Le pays est maintenant dirigé par des milices rivales liées aux puissances impérialistes, qui maintiennent le pays dans un état de guerre civile.
*des milliers de combattants islamistes ont quitté la Libye et ont traversé le Sahara pour se rendre dans la région du Sahel, dont le Mali.
Depuis six ans, Paris s’enfonce dans un bourbier au Mali. Macron poursuit la guerre, initiée par Hollande.
Une nouvelle ruée vers l’Afrique des puissances impérialistes
La guerre du Mali fait partie de la volonté des puissances impérialistes d’assujettir et de se partager l’Afrique. L’impérialisme français répond également à l’influence croissante de nouveaux concurrents dans la région, comme la Chine et la Russie. Les investissements chinois en Afrique ont augmenté de 1400% de novembre 2015 à novembre 2016.
Le Mali est un pays d’Afrique occidentale crucial du point de vue géostratégique. Le nord du pays est frontalier avec le Niger, d’où la France s’approvisionne principalement en uranium. Au Mali également se trouvent au moins trois grands gisements d’uranium, ce pays est aussi le troisième producteur d’or d’Afrique, après le Ghana et l’Afrique du Sud. Des gisements à faible coût au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et en Côte d’Ivoire offrent un potentiel de profit à long terme pour le capital. Pour promouvoir leurs intérêts économiques et stratégiques internationaux dans le contexte de rivalités inter impérialistes croissantes et pour obtenir leur part des ressources minérales de la région du Sahel.
Chacun y joue sa partition, les budgets militaires explosent.
Le Canada a ainsi engagé des centaines de soldats sur le long terme pour maintenir la «stabilité de la région», c’est-à-dire sa domination impérialiste. Les entreprises canadiennes exploitent depuis longtemps les ressources aurifères du Mali. Le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé une augmentation de 70% des dépenses de "défense" d’ici 2026.
La Russie. Ces derniers mois on assiste à une offensive de Moscou sur le continent africain, comme l’a montré l’organisation d’un premier Forum économique Russie-Afrique à Sotchi les 23 et 24 octobre et en juin 2019, la Russie et le Mali ont signé un accord de coopération militaire.
L’Allemagne. Le parlement allemand a voté la prolongation de l’occupation militaire du pays avec 1100 soldats jusqu’en 2020, pour un coût annuel de 400 millions d’euros. Le gouvernement prévoit d'augmenter encore les dépenses militaires. Il a annoncé son intention de dépenser 50,25 milliards d'euros en 2020.
Les États-Unis, la Grande-Bretagne sont aussi déterminés à jouer un rôle.
L’Afrique est un continent riche sur lequel lorgnent toutes les puissances impérialistes.
Face à l’offensive du capital, les travailleurs et les peuples se battent.
Une opposition profonde et croissante de la population malienne se développe contre les puissances impérialistes et le régime de Bamako. Pas un jour ne se passe sans manifestation, protestations, de populations des campagnes appauvries, des grèves de milliers de travailleurs éclatent à Bamako. Les forces d’occupation sont considérées par les maliens comme chargées d’assujettir le pays. Ils rendent ces forces responsables des attaques et conflits interethniques pour que les multinationales, les centaines d’entreprises pillent les ressources minières et naturelles de ces pays. Mais partout dans le monde comme en Afrique, les luttes sociales et politiques se développent en Algérie, Sénégal, Tunisie, Egypte, Afrique du Sud, Mali… Notre soutien à leurs luttes est entier.
L'impérialisme domine le monde et partout il a besoin aujourd'hui de renforcer son exploitation. La situation mondiale démontre bien que les intérêts du capital sont inconciliables avec ceux des peuples. Les peuples et nations d’Afrique doivent pouvoir choisir leur destin ce qui implique l’arrêt des opérations militaires néo-coloniales partout.
Pour stopper ces guerres, l’exploitation des peuples et des pays, il faut combattre le capitalisme jusqu’à l’abattre et donner le pouvoir au peuple. C’est la seule perspective crédible pour les peuples. C’est le combat de notre Parti Révolutionnaire Communistes en France.
Construire cette perspective passe par la construction, le renforcement de partis politiques révolutionnaires dans chaque pays.

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Bimestriel N°133

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