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Algérie : un référendum pourquoi faire ?

Le référendum pour adopter ou non la nouvelle constitution a eu lieu dimanche. Le résultat est sans appel : Si le oui l’a emporté à 66,8 %, la faiblesse de la participation 23,7 %, jette un doute sur sa légitimité.

La position du Président Abdelmadjid Tebboune, actuellement hospitalisé en Allemagne, s’en trouve incontestablement affaiblie. Parmi les forces politiques, les islamistes du Mouvement de la société pour la paix (MSP), ont appelé à voter non à la Constitution révisée tandis que l’essentiel des forces constitutives du « Hirak » qui a conduit au renversement du Président Bouteflika avait opté pour l’abstention. La majorité de la population a donc choisi clairement de ne pas se prononcer restant dans la ligne d’un « qu’ils dégagent tous » qui jusqu’à présent n’a pas ouvert de perspective à un réel changement politique. Les élections législatives qui vont suivre seront un indicateur important des évolutions politiques en Algérie et de la capacité ou non des forces progressistes de s’inscrire durablement dans une stratégie de changement autre que le « dégagisme ».
La volonté de changement constitutionnel du pouvoir n’est pas simplement un toilettage cosmétique de l’ancienne constitution qui a été l’aboutissement de choix intégrant l’Algérie dans le processus de mondialisation capitaliste. Comme l’écrit l’économiste algérien Abdelatif Rebah dans une publication récente (voir aussi son interview) : ici .
« Ces changements institutionnels doivent couronner le processus de recomposition politique mis en branle avec l’élection, le 12 décembre 2019, d’un nouveau président de la république, Abdelmadjid Tebboune, et la formation d’un nouveau  gouvernement, en fonction, depuis le début de cette année.
Comment interpréter ce processus ? Quelle est sa portée réelle ?
Augure-t-il de l’avènement d’une Algérie nouvelle, comme le proclament ses promoteurs, ou s’agit-il d’une simple redistribution du pouvoir politique qui maintient le statu quo ante, comme le martèle, sans cesse, une des composantes du « hirak », la plus en vue, qui revendique «...une véritable transition démocratique vers un Etat de droit et la démocratie pluraliste» ?
D’autre part, la remise en cause de l’ordre sociopolitique parasitaire et prédateur honni d’Abdelaziz Bouteflika va-t- elle entraîner celle de son fondement structurel, l’ordre économique et social qui l’a sécrété et nourri, et les choix doctrinaux qui l’ont légitimé » ?
Jusqu’à présent, les changements constitutionnels, marquant chaque nouvelle présidence, ont accompagné et conforté des politiques favorables à la liquidation des acquis populaires de la révolution algérienne au profit des forces du capital. Rien n’indique, que même sous couvert de démocratisation, encore que le projet renforce le pouvoir présidentiel, il n’en soit pas de même aujourd’hui. Tout cela dans un contexte d’affaiblissement considérable de l’économie productive au profit d’un marché artificiellement entretenu par la rente pétrolière et à l’origine d’activités parasitaires où se niche une corruption importante. Cet affaiblissement des forces sociales productives rend complexe et difficile l’émergence d’un courant révolutionnaire qui a été réprimé pendant des décennies. Le travail que mènent les communistes algériens pour analyser la situation et organiser la lutte politique n’a donc que plus de valeur. Nous leur devons un soutien internationaliste sans faille !

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