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Coup d’Etat au Mali

La capitale malienne s’est réveillée mercredi sur un coup d’Etat des militaires, et l’arrestation du Président Ibrahim Boubacar Keïta (connu sous le nom d'IBK), porte-parole des militaires, Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air a affirmé que « tous les accords internationaux du Mali seraient respectés et qu’une transition politique civile conduisant à des élections serait mise en place ».

Le Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), coalition composée d’acteurs religieux, de la société civile et de l’opposition, avoue ne pas être surpris par le « coup de force » engagé par l’armée et estime que cette initiative des militaires est venue « parachever [leur] lutte ». (Voir l’article de l’hebdo 947). Des dizaines de milliers de personnes scandent leur mécontentement tous les vendredis depuis le 5 juin, dans le centre de Bamako, la capitale malienne ou la misère côtoie l’opulence, le ressentiment contre la classe dirigeante est très fort et l’exigence de la démission du président soutenu par la France était motivée par la colère face aux inégalités croissantes, exacerbées par la pandémie de coronavirus, la pénurie de services sociaux et la corruption.
Si le gouvernement français n'a fait aucune déclaration publique, il intervient activement pour assurer la défense des intérêts impérialistes français, pour l’exploitation des ressources, les marchés, dans cette région stratégiquement importante.
Le Mali est le troisième plus important producteur d'or d’Afrique, également très riche en pétrole, la France y puise la majorité de ses approvisionnements en uranium, Macron avait annonçé en février une escalade significative de son intervention, faisant passer le nombre de troupes françaises de l‘"Opération Barkhane" de 4 500 à 5 100. Cette intervention française s’accompagne d'une hausse du nombre de massacres ethniques, d’exécutions extrajudiciaires et de crimes de guerre, signalés par un récent rapport d'Amnesty International intitulé «Violations des droits de l'homme par les forces de sécurité au Sahel», ce rapport signale au moins 199 incidents de ce type en seulement trois mois, entre février et avril 2020.
Frappé par des décennies de politiques au service du capital et d’une corruption entretenue, le pays est en faillite. Depuis 7 ans et l’intervention de l’armée française, aucune des causes du désastre n’a été traitée. Pire encore la situation s’est aggravée. Dans son dernier journal le Parti Communiste Malien dénonce : « La France est liée avec l’Afrique pour le seul profit du capitalisme occidental. Sauf les intellectuels aliénés et les gens endormis croient toujours que la France et ses amis sont au Mali pour lutter contre les terroristes et aider l’Etat malien, alors qu’en réalité, ils sont là pour détruire l’Etat malien avec la complicité de tous les hommes politiques du Mali et les dirigeants de la CEDEAO. La France et le capitalisme ont commencé à exploiter, à piller les ressources depuis 2013 ». La situation démontre bien que les intérêts du capital sont inconciliables avec ceux des peuples.
La crise que connaît cette région ne peut avoir de solution que politique, économique et sociale ouvrant une perspective de lutte et de changement de société pour le peuple malien qui doit pouvoir choisir son destin, ce qui implique l’arrêt des opérations militaires néo-coloniales.

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