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N° 953 22/11/2025  Le samedi 22 et le dimanche 23 novembre 2025, le KKE (Parti Communiste de Grèce) a organisé un événement internationaliste afin de commémorer le 108e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d'Octobre, sur le thème : " Messages d'actualité de la Révolution d'Octobre dans notre lutte contemporaine pour le socialisme dans le contexte de guerre impérialiste ".
Dimitris Koutsoumbas, secrétaire général du Comité central du KKE, a prononcé le discours d'ouverture. Les vingt-six partis communistes et ouvriers suivants ont participé à l'événement : Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS), Parti communiste argentin, Parti du travail d'Autriche, Parti communiste du Danemark, Parti communiste ouvrier pour la paix et le socialisme (Finlande), Parti révolutionnaire communiste de France, Parti révolutionnaire Communistes (France), Parti communiste (Allemagne), Parti communiste de Grèce, Parti ouvrier d'Irlande, Front communiste (Italie), Mouvement socialiste du Kazakhstan, Parti communiste du Mexique, Nouveau Parti communiste des Pays-Bas, Parti communiste du Pakistan, Parti communiste palestinien, Parti communiste paraguayen, Organisation des communistes (Russie), Parti communiste des travailleurs d'Espagne, Parti communiste de Suède, Parti communiste suisse, Parti communiste syrien, Parti communiste de Turquie, Union des communistes d'Ukraine, Plateforme ouvrière communiste des États-Unis, Parti communiste du Venezuela. Lors de cet événement, les partis participants ont décidé de publier une déclaration commune, ouverte à la signature d'autres partis communistes et ouvriers.
 
Une vue des travaux de la conférence
RENCONTRE ATHENES
L'intervention du Secrétaire Général du KKE, Dimitris Koutsoumbas
S G KKE
 
Intervention du Parti révolutionnaire Communistes Athènes 23 novembre 2025
Commémoration du 108éme anniversaire de la Révolution d'Octobre
Ce que nous honorons aujourd'hui, c'est comme le dit la déclaration commune des partis communistes et ouvriers:" la Révolution d'Octobre, qui a mis en lumière la force de la lutte de classe révolutionnaire – la puissance des exploités et des opprimés – lorsqu'ils ont pris le devant de la scène et ont fait avancer l'histoire vers l'émancipation sociale. Cette Révolution était indissociable du grand révolutionnaire et théoricien du socialisme scientifique, Vladimir Ilitch Lénine."
Dans cette intervention, nous voulons insister sur une question fondamentale celle de l'impérialisme dont l'analyse et la compréhension sont vitales pour mener le combat révolutionnaire. Comme le souligne la déclaration des partis communistes et ouvriers commémorant le 155éme anniversaire de la naissance de Lénine : "L’œuvre léniniste, [est] particulièrement utile à l'heure où la lutte entre les États-Unis et la Chine pour la suprématie dans le système capitaliste mondial s'intensifie, [elle] s'oppose à l'identification de l'impérialisme uniquement à une politique étrangère agressive ou à quelques pays capitalistes puissants, un point de vue qui a été promu au fil du temps par les forces de l'opportunisme."
Nous partageons fondamentalement cette analyse. Notre parti à consacré beaucoup de travail à caractériser ce qu'est l'impérialisme aujourd'hui. Ce travail à fait l'objet d'une publication intitulée : " Qu'est-ce que l'impérialisme aujourd’hui ? ". Nous y faisons le constat, de l'approfondissement des contradictions au sein d'un système impérialiste hétérogène et dominé par le conflit entre les États-Unis et la Chine pour la suprématie dans le système capitaliste mondial, s'accompagnant d'affrontements allant de conflits commerciaux jusqu'à des guerres de haute intensité, tandis que des tendances lourdes se développent d'un réarmement massif.
C'est à partir de cette analyse que nous orientons notre travail politique, que nous menons nos actions de solidarité internationalistes et que nous participions ou non à des initiatives communes.
Nous voudrions rappeler ici, dans cette courte intervention, notre point de vue sur deux questions celles :
  • de la guerre sur le territoire de l'Ukraine
  • de la solidarité avec la lutte de libération nationale du peuple palestinien
En ce qui concerne la guerre sur le territoire de l'Ukraine, dès le début de la guerre à partir de notre analyse sur le caractère impérialiste du conflit, nous avons clairement exprimé qu'il n'était pas question pour nous de rallier l'un ou l'autre camp mais de mener la lutte de classe contre le capitalisme et l'impérialisme et en tout premier lieu le nôtre.
Nous n'avons pas changé de boussole et nous continuons à dénoncer le caractère néfaste du capitalisme comme porteur de la guerre et nous qualifions la Russie pour ce qu'elle est : un état capitaliste. Nous menons la lutte contre l'appartenance de la France à l'OTAN expression militaire de l'alliance euro-atlantique. Nous combattons les plans de réarmement et de militarisation de la société.
S'agissant de la Palestine, nous voulons tout d'abord insister sur la nécessaire qualification de ce que l'on nomme improprement la question palestinienne ou pire encore la guerre Israël Hamas. De notre point de vue et nous l'avons exprimé dans un long document intitulé : " Une brève histoire de la Palestine : comprendre et soutenir la lutte de libération nationale du peuple palestinien."
La déclaration du Parti Révolutionnaire Communistes au lendemain du 7 octobre qualifiait l’évènement d’action militaire légitime de la résistance palestinienne et reconnaissait le droit du peuple palestinien à lutter contre l’oppression, la colonisation, l’apartheid. Le Parti Révolutionnaire Communistes apporte tout son soutien à la résistance palestinienne, dans les formes qu'elle se choisit. De notre point de vue, la lutte du peuple palestinien est une lutte de libération nationale qui s'inscrit dans les luttes anti-impérialistes face à une situation coloniale.
Nous ne prenons pas l’événement du 7 octobre comme un fait en soi, mais comme un épisode d'une guerre qui dure depuis 75 ans et prend racine dans l'histoire longue d'une colonisation de remplacement de la Palestine, où le choix du gouvernement colonial israélien avec le soutien actif des puissances impérialistes occidentales est l'annexion pure et simple de toute la Palestine, parsemée de quelques ghettos après l'expulsion et le massacre des Palestiniens.
Il faut apprécier justement le rôle central de la Palestine aujourd’hui. L'État sioniste est le dispositif avancé de l'Occident impérialiste au Moyen-Orient, clé de sa domination mondiale. La question palestinienne ne doit donc pas seulement être vue comme l'affrontement d'un peuple avec son ennemi direct, le sionisme, mais elle est avant tout le combat stratégique d'un mouvement de libération nationale qui, dans un rapport de forces déséquilibré, doit vaincre un ennemi armé et soutenu par tout le collectif impérialiste occidental et ses alliés régionaux arabes. Le récent vote à l’ONU de la résolution officialisant le plan impérialiste de Trump illustre ce rapport de force. Le vote favorable de l’Algérie tourne le dos à des décennies de solidarité anticoloniale. L’abstention des impérialistes chinois et russes montre leur vrai visage.
La Paix dans cette région du monde, ne sera pas possible tant que l’État sioniste, qui a mis en place un apartheid et qui pratique l’épuration ethnique existera sous la forme qui est la sienne. Le seul avenir possible est que les populations juive et arabe vivent côte à côte dans un État unique laïque.
Et pour aller sur ce chemin, il faut commencer par exiger, dans un premier temps, le cessez-le-feu immédiat à Gaza, l’ouverture d’un accès humanitaire, la fin des meurtres de Palestiniens et des exactions des colons en Cisjordanie, mais aussi le départ des troupes d’occupation, le démantèlement des colonies en Cisjordanie, le droit au retour de tous les réfugiés et un État palestinien indépendant.
L’existence d’un État colonial empêche une telle paix. Les travailleurs d’Israël ne peuvent être libres s’ils ne rompent pas avec le sionisme et continuent de se trouver objectivement dans le camp des colonisateurs.
Les Communistes doivent appréhender la réalité du sionisme et le rôle central de la Palestine dans les luttes anti-impérialistes. En Palestine, il n’y a qu’un bloc impérialiste et il est dans un seul camp, celui des sionistes qui sont son prolongement organique. Face à lui, un peuple lutte pour son indépendance nationale et ébranle la domination impérialiste occidentale au Moyen Orient. Il ne s’agit donc pas seulement de solidarité, mais de voir ce que cette lutte apporte à nos propres émancipations dans les pays impérialistes.
Si un large courant de solidarité avec le peuple palestinien a pu tout de même se développer en France, ce soutien est resté très dépendant d'une rhétorique surtout humanitaire, d'une unique dimension morale, d'une sympathie pour un peuple martyr et d'une compassion qui fait siennes les souffrances du peuple palestinien mais peine à comprendre les racines politiques profondes de l'entreprise sioniste de conquête de la Palestine.
La véritable solidarité avec le peuple palestinien exige d'abandonner cette vision passive et victimaire pour le reconnaître comme un peuple acteur de sa propre histoire, en lutte contre le sionisme, l'impérialisme et la réaction, pour sa libération nationale, un long combat dont nous devons reconnaître la centralité et le caractère stratégique pour notre propre émancipation.
 
Déclaration commune à l'occasion du 108e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d'Octobre
Les partis communistes et ouvriers signataires de cette déclaration commune souhaitent, entre autres, honorer la Révolution d'Octobre, qui a mis en lumière la force de la lutte révolutionnaire des classes – le pouvoir des exploités et des opprimés – lorsqu'ils se lèvent et font avancer le cours de l'histoire vers l'émancipation sociale.
 
Cette révolution est indissociable du grand révolutionnaire et théoricien du socialisme scientifique, Vladimir Ilitch Lénine. Nous condamnons le génocide du peuple palestinien et l'occupation prolongée des territoires palestiniens par l'État d'Israël. Nous dénonçons la guerre impérialiste en Ukraine, qui fait rage depuis plus de trois ans et qui massacre les peuples d'Ukraine et de Russie. Nous restons vigilants ! Les peuples s'opposent à l'agression impérialiste et à l'exacerbation de la concurrence impérialiste. Les guerres commerciales et économiques s'intensifient, les économies capitalistes se militarisent et les risques d'une guerre généralisée se multiplient. Une nouvelle crise économique capitaliste se profile, dont le fardeau pèsera une fois de plus sur les épaules des travailleurs. Dans ce contexte, l'immense portée de la Révolution socialiste d'Octobre apparaît plus clairement que jamais. Elle a démontré que le capitalisme n'est pas invincible et qu'il est possible de bâtir une organisation supérieure de l'économie et de la société, affranchie de l'exploitation de l'homme par l'homme et de la barbarie des guerres impérialistes. La flamme d'Octobre a inspiré et accéléré la fondation d'une série de partis communistes – des partis ouvriers révolutionnaires d'un nouveau type – à mesure que se révélait concrètement le rôle indispensable de l'avant-garde politique révolutionnaire, le Parti communiste. Tel fut le Parti bolchevique, qui se tint à l'avant-garde de la lutte des classes du prolétariat et des autres couches populaires opprimées de Russie, rompant résolument avec l'opportunisme et la trahison des anciens partis sociaux-démocrates. Le Parti de Lénine, s'adaptant aux circonstances, a eu recours à toutes les formes de lutte. Elle ne céda ni aux interdictions ni aux persécutions, et ne renonça jamais à son indépendance idéologique et politique. Ainsi, elle mena la classe ouvrière russe à la victoire, au renversement des classes exploiteuses et à l'instauration de la dictature du prolétariat, le gouvernement des ouvriers et des paysans, au service du plus grand nombre : des exploités et des opprimés. Le cours de l'histoire qui suivit confirma le rôle prépondérant du Parti communiste non seulement dans la révolution socialiste, mais aussi tout au long de la lutte pour la formation, la consolidation et la victoire finale de la nouvelle société communiste. Ce constat demeure d'une grande importance aujourd'hui, alors que nous voyons nombre de régimes bourgeois interdire les partis communistes, entraver leurs activités, voire créer de faux partis « communistes ». Leurs actions anticommunistes seront vouées à l'échec ! Aujourd'hui, alors que le conflit armé en Ukraine s'intensifie et que la rivalité entre les États-Unis et la Chine pour la suprématie au sein du système capitaliste international s'accentue, nous n'oublions pas que la situation révolutionnaire qui a mené à la Révolution d'Octobre est née des souffrances infligées aux classes populaires par la guerre impérialiste, de la crise qui a ébranlé le pouvoir bourgeois et empêché les puissants de gouverner comme auparavant, et du travail politique et organisationnel mené par les bolcheviks au sein de la classe ouvrière et des soldats, avant et pendant la guerre, contre la guerre impérialiste et le système qui la nourrit. La position des bolcheviks s'opposait frontalement aux forces de l'opportunisme, qui ont toujours assimilé l'impérialisme à une simple politique étrangère agressive ou aux seuls États capitalistes puissants, prenant ainsi parti dans le carnage impérialiste. Ce n'est pas un hasard si le premier décret du pouvoir soviétique fut le Décret sur la Paix, proclamant la sortie de la Russie soviétique de la guerre impérialiste. La Grande Révolution socialiste d'Octobre a conduit à l'établissement du premier État socialiste au monde, qui, pour la première fois, a placé le pouvoir entre les mains des travailleurs grâce à de nouvelles institutions révolutionnaires, telles que les Soviets. Elle visait à réorganiser le fonctionnement économique de la société sur des bases nouvelles : répondre aux besoins contemporains et assurer le développement libre et inclusif de tous, plutôt que de servir les profits d'une minorité. L'URSS, premier État socialiste au monde, grâce à la socialisation des moyens de production, à la planification centrale et au contrôle ouvrier, a permis à la classe ouvrière et à l'ensemble des travailleurs d'accomplir des progrès économiques, sociaux, politiques et culturels sans précédent, exerçant une profonde influence sur l'évolution historique et progressiste à travers le monde.
C’est l’URSS, l’Armée rouge et le peuple soviétique, unis aux mouvements partisans menés par les communistes, qui ont vaincu le fascisme, né du capitalisme. Cette année, nous avons commémoré le 80e anniversaire de cette Victoire, rejetant les tentatives des forces bourgeoises – celles qui ont combattu et continuent de combattre le socialisme – de se l’approprier. L’URSS a été un pilier pour les peuples dans leur lutte pour le socialisme et la paix, démontrant ainsi leur indissociabilité. Aucun prétendu « monde multipolaire » ni aucune nouvelle « architecture mondiale » ne peut garantir la paix et la sécurité des peuples, quelles que soient les proclamations des forces bourgeoises relayées par les opportunistes. La solution réside dans le renforcement de la lutte des classes pour se détacher des alliances impérialistes telles que l’OTAN et l’UE, pour s’opposer à la guerre impérialiste et remettre en cause le système qui la produit : le capitalisme. La contre-révolution et la restauration du capitalisme ne sauraient effacer les acquis du socialisme. La destruction et l'injustice dont nous sommes témoins aujourd'hui, ainsi que les graves problèmes et souffrances de la classe ouvrière, des travailleurs indépendants urbains, des paysans et des peuples, soulignent la nécessité et l'actualité du socialisme aujourd'hui, partout dans le monde. Les partis communistes et ouvriers dénoncent, devant les travailleurs, la jeunesse et les peuples, le silence qui règne ainsi que la diffamation réactionnaire et anticommuniste à l'encontre de la Révolution d'Octobre, de l'URSS et de Lénine, propagée dans le monde entier par les forces politiques au service du capital. Nous condamnons en particulier les tentatives des classes bourgeoises d'Ukraine, de Russie et d'autres pays issus de la dissolution de l'URSS de diaboliser la Révolution d'Octobre et Lénine. Nous nous efforçons de poursuivre l'œuvre entreprise en octobre 1917. Nous nous engageons à défendre et à diffuser son héritage, à tirer les leçons de ses réussites comme de ses échecs et de ses dérives survenus au fil de l'histoire, et nous appelons la classe ouvrière et tous les peuples à s'inspirer de l'élan révolutionnaire d'Octobre, à l'étudier et à en tirer des enseignements.
 
Partis communistes et ouvriers signataires de la Déclaration commune :
1. Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) 2. Parti du travail d’Autriche 3. Parti communiste du Danemark 4. Parti communiste de Grèce 5. Parti des travailleurs d’Irlande 6. Mouvement socialiste du Kazakhstan 7. Parti communiste du Mexique 8. Nouveau Parti communiste des Pays-Bas 9. Parti communiste du Pakistan 10. Parti communiste palestinien 11. Parti communiste paraguayen 12. Parti communiste des travailleurs d’Espagne 13. Parti communiste de Suède 14. Parti communiste suisse 15. Parti communiste syrien 16. Parti communiste de Turquie 17. Union des communistes d’Ukraine 18. Parti communiste du Venezuela 19. Parti communiste argentin 20. Parti communiste ouvrier pour la paix et le socialisme (Finlande) 21. Parti communiste révolutionnaire de France 22. Parti révolutionnaire - Communistes (France) 23. Parti communiste (Allemagne) 24. Front communiste (Italie) 25. Organisation des communistes (Russie) 26. Plateforme ouvrière communiste (États-Unis)
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