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Comité National du 01 juin 2019 - Rapport

Chers camarades,
Avec les élections européennes, nous venons de vivre une intense activité politique que nous allons examiner ensemble et en tirer les premiers enseignements.
Pour poursuivre sa politique, Macron et son équipe ont besoin de concentrer le débat autour de deux idées : poursuivre les réformes portées par le gouvernement actuel incarnant un capitalisme libéré de ses frontières nationales contre un capitalisme national incarné par le rassemblement de Marine Le Pen. Il s’agissait bien sûr et on a tous compris d’éviter de parler du capitalisme, de ses dégâts économiques et conséquences sociales.
Il faut bien se rendre à l’évidence, cette stratégie politicienne a fonctionné puisqu’elle a abouti à la marginalisation des partis traditionnels, stratégie inspirée de l’action des « gilets jaunes » qui se sont déclarés rappelons-le dès le départ apolitiques et contre les syndicats.

Le duel entre Macron et Le Pen annoncé comme inévitable a été construit et préparé savamment par toute la propagande capitaliste pour installer durablement l’idée qu’en dehors de ces deux serviteurs du capital, il n’y a pas de solution. Ça vaut pour cette élection comme pour les élections futures.
La droite classique, même si elle a tenté d’utiliser les thèses les plus dures empruntées au Front National s’est effondrée, ses électeurs se sont dispersés entre la liste Macron et celle du Rassemblement National.
Les partis appelés encore de « gauche » sont marginalisés, l’aménagement de la politique ne séduit pas le peuple et notamment la classe ouvrière qui vote majoritairement pour le Rassemblement National (38 % chez les ouvriers–27 % chez les employés) et qui s’abstient massivement.
Malgré une meilleure participation, l’abstention reste très forte puisque un électeur sur deux s’est abstenu. Cette abstention est très forte dans les quartiers populaires et chez les jeunes dont l’opération de manipulation politique consistant à faire croire que l’avenir de la planète est écologique, a partiellement fonctionné, offrant ainsi un nouveau recours au capital.
Nous ne sommes pas au bout des alliances et fusions politiques diverses qui s’annoncent, ce dont nous sommes sur, c’est que le capital dans ce rapport de force va poursuivre et accélérer sa politique.
C’est dans ce contexte que notre parti a mené la bataille politique dans les conditions que l’on connaît.
Les obstacles, comme à l’habitude ont été nombreux.
Le premier et pas des moindres, c’est l’impossibilité d’imprimer notre bulletin de vote et nos circulaires. Il aurait fallu financer, il est bon de le rappeler, 94 millions de bulletins de vote et 40 millions de circulaires électorales. Seuls les partis financés par les entreprises ou de riches sponsors, peuvent y parvenir. Notre seule source de financement provient de nos adhérents et souscripteurs, ce qui est loin d’atteindre les millions d’euros nécessaires.
L’accès aux médias est toujours réservé aux partis choisis par les rédactions, les débats télévisés ont été offerts aux listes qui ne dérangent pas, il n’y avait donc rien à en attendre, personne n’a remis en cause le capital et les effets de sa politique, la nécessité de l’abattre car tous sont d’accord pour le développer ou l’aménager.
Il y a que la presse locale qui a fait état de nos initiatives, et les passages obligés dans les spots électoraux où il faut dire en trois minutes ce que nous proposons.
Malgré ces obstacles permanents, notre campagne a été active, les débats que nous avons organisés ont été riches, des dizaines de milliers de tracts ont été distribuées aux portes des usines, dans les quartiers populaires, sur les marchés. Les rencontres avec les travailleurs ont été très positives, personne n’a critiqué notre action, l’écoute très attentive, les retours que nous avons sont très encourageants.
Les sollicitations de sympathisants ont été nombreuses pour aider à la distribution de tracts, pour télécharger les bulletins de vote, les porter dans les mairies.
Nous ferons le bilan de tous ces contacts et adhésions nouvelles qui montrent l’intérêt grandissant porté à la politique que nous proposons.
Des bulletins Communistes ont été utilisés dans plus de 73 départements confirmant et renforçant ainsi notre ancrage national y compris dans les départements d’outre-mer ou notre politique est appréciée.
Nous pouvons constater que le vote Communistes obtient des scores très intéressants dans les communes utilisant le vote électronique, ce qui démontre bien que l’absence de bulletins papier a été un obstacle important au vote Communistes.
Nous allons poursuivre et réfléchir à pérenniser nos initiatives partout où nous avons des forces, aller dans les endroits où les votes pour notre liste ont été nombreux, aller à la rencontre des électeurs qui se sont prononcés pour notre politique, renforcer notre parti, multiplier les rencontres devant les entreprises, montrer que la lutte contre le capital est la seule perspective politique pour s’en sortir.
Ces élections démontrent le potentiel, l’espace politique à occuper, les possibilités de développement et de renforcement de notre parti. C’est un engagement permanent qui doit occuper toute notre activité.
Dès le lendemain des élections, au-delà des magouilles et arrangements politiques divers qui sont à l’œuvre, Édouard Philippe a annoncé la poursuite et l’accélération du train de réformes capitalistes et se disait « conforté » par le résultat des élections pour aller plus vite.
La casse sociale prévue va être mise en œuvre : retraite, fonction publique, enseignement, hôpitaux, santé, privatisations multiples, tous les secteurs vont de nouveau être touchés. Blocage des salaires et pensions, augmentation de l’énergie, des transports, c’est une austérité renforcée que l’équipe Macron aux ordres du capital organise.
L’industrie continue à être démantelée : dans l’automobile Peugeot poursuit sa restructuration par des fermetures de sites, Renault souhaite une prochaine fusion avec Fiat Chrysler dont on connaît à l’avance les conséquences si elle a lieu, les grandes enseignes commerciales suppriment des milliers d’emplois, Alstom, Whirlpool, Ascoval, les papèteries, les annonces se succèdent à un rythme élevé, les élections passées, les coups pleuvent.
Les ministres ont la larme à l’œil en déplorant leur « impuissance » mais promettent d’accompagner les salariés, ce qui est sûr c’est que les milliards perçus par les grands groupes au nom de la compétitivité-emploi ont gonflé les profits sans aucune influence sur l’emploi sinon à en détruire davantage.
Nos propositions sont les seules à répondre à cette politique de casse systématique des acquis sociaux et des leviers économiques, il faut débarrasser la société du capitalisme, l’empêcher de nuire en lui arrachant par la lutte les moyens de production, les moyens économiques, financiers et le pouvoir politique. C’est la seule et unique solution pour répondre aux besoins sociaux, aux besoins de développement de l’industrie, au développement des services publics d’éducation, de santé, de recherche, au besoin fondamental d’augmenter les salaires, les pensions, les allocations sociales…Rien ne changera tant que le capital sera à la manœuvre.
La perspective politique que nous développons rencontre une écoute de plus en plus attentive aujourd’hui, il faut poursuivre notre activité pour développer plus encore nos propositions, les faire connaître car plus le temps passe et plus l’austérité se renforce, plus la population s’appauvrit.
La France reste un grand pays où les possibilités de développement sont énormes, ce n’est pas l’objectif du capital dont le souci premier est d’augmenter le profit par l’exploitation de plus en plus dure du travail quelqu’en soient les conséquences.
Pour les élections européennes, notre mot d’ordre était : combattre le capitalisme. Ce mode d’ordre est et restera dans toutes les batailles politiques. Le capital se combat partout, en France, en Europe et dans le monde car la lutte des classes est internationale.
Mais nous le soulignons souvent, la faiblesse des partis révolutionnaires laisse la voie libre au développement des politiques d’austérité partout. Le mécontentement est partout, il se traduit de manière différente selon les pays. Le capital est conscient de ce mécontentement et des luttes qui peuvent s’amplifier. Pour résoudre poursuivre sa politique, il utilise des moyens qui donnent l’illusion de changement pour qu’évidemment rien ne change.
En Italie, il utilise le mouvement cinq étoiles, en Ukraine il fait élire un clown, en Pologne, en Hongrie l’extrême droite avec comme thème principal l’immigration, en France en mettant constamment le mouvement des gilets jaunes en exergue pour disqualifier les partis et les syndicats et ainsi concentrer le débat autour du développement du capitalisme international et l’opposer au capital national.
Édouard Philippe, dans son intervention d’après élection le confirme : « les clivages ne sont plus ceux d’hier » (gauche–droite). De nouveaux clivages apparaissent entre une droite libérale est une droite nationale. En clair le débat se résume entre deux forces politiques de droite. Evidemment le capital n’est pas remis en cause, ce sont les peuples qui payent. Les partis d’extrême droite se développent partout parce que partout le rejet de la politique du capital européen est rejeté, l’immigration, les religions sont utilisées pour justifier une politique plus dure, une exploitation toujours plus forte du travail et ainsi éviter de débattre des véritables causes des difficultés des peuples.
La question n’est donc pas d’être pour ou contre l’Europe posée par tous les partis de la campagne électorale. La vraie question, celle que tous évitent est bien de sortir du capital jusqu’à l’abattre ou qu’il soit, en France ou ailleurs.
Cette question est fondamentale car toutes réponses différentes amèneraient à opposer les peuples entre eux, les travailleurs entre eux et dans ce cas, le capital sort toujours gagnant.
Cette bataille idéologique intense menée par tous les organes et outils de propagande au service du capital consiste à imposer la loi du profit partout et dans tous les secteurs, éliminer tout ce qui ne pas rentable, compétitif, supprimer tous les obstacles à la formation du profit, à l’exploitation accrue du travail. Il faut pour le capital et ses serviteurs éviter absolument tous débats sur les difficultés que cette politique engendre, tenter de démontrer qu’il n’y a qu’une politique possible, celle qui est mise en œuvre.
Tout est fait pour nier la responsabilité des multinationales dans la casse économique et sociale, la promotion jamais vue d’un mouvement type « gilets jaunes » a eu et a toujours pour objectif d’exonérer cette responsabilité. Le grand débat initié par le pouvoir a consisté durant des mois à eu le même objectif. Enfin, les élections européennes se sont résumées en un duel savamment orchestré entre Macron et Le Pen ou jamais ce sujet n’a été abordé, ni par les autres partis politiques, qui répétons-le, sont tous d’accord pour gérer le capital ou le développer.
Ce qu’il faut noter, c’est que malgré cette entreprise idéologique, les luttes sociales n’ont pas cessé, que ce soit dans la fonction publique comme dans l’éducation nationale, les hôpitaux avec le mouvement national des personnels des urgences, à La Poste ou des actions ont lieu depuis des mois, chez les cheminots qui appellent à une action nationale le 4 Juin, dans la grande distribution, la métallurgie, dans les transports, ces luttes revendicatives sur l’emploi, les salaires et conditions de travail perdurent et ne peuvent que se développer au regard des réformes capitalistes actuelles et à venir. Nous les soutenons et appelons à leur amplification et leurs convergences indispensables pour faire reculer pouvoir et patronat.
À ce titre nous nous sommes exprimés sur le rôle et l’action syndicale en France (voir notre site). Le congrès de la CGT qui vient d’avoir lieu à Dijon à débouché sur une déclaration qui appelle à la lutte, c’est appréciable et c’est le résultat d’interventions diverses de syndicats d’entreprises. Mais depuis, que se passe-t-il alors que les annonces se multiplient pour accélérer la politique des multinationales ? L’orientation générale n’a pas changé, le « dialogue social », le « syndicalisme rassemblé » illustré par le vote de la CGT en faveur de Laurent Berger à la présidence de la CES, le « partage des richesses » reste l’orientation politique de la centrale syndicale, ce qui est un handicap à la convergence des luttes, à la lutte des classes indispensable pour résoudre l’antagonisme irréductible entre le capital et le travail. Les luttes actuelles dans de nombreux secteurs démontrent la cohérence de l’attaque du capital contre les intérêts des travailleurs et du peuple. À cette attaque globale, la convergence des luttes organisée depuis le lieu de travail doit être l’objectif unique pour satisfaire les besoins sociaux qui s’expriment.
Les moyens existent pour cela et nous le démontrons à chaque fois que nous nous exprimons. Il y a largement de quoi répondre aux revendications des travailleurs, augmenter les salaires et pensions, des allocations sociales, développer l’industrie nationale, les services publics au service de la population, une fonction publique répondant aux besoins de santé, d’éducation, de recherche scientifique, pour développer une agriculture pour nourrir et non pas pour enrichir les multinationales. Oui les moyens sont considérables pour résoudre les problèmes économiques et sociaux générés par la politique du capital.
Dans le journal « les Échos » du 20 mai dernier, les économistes du capital se réjouissent que « en 2018 les entreprises du CAC 40 ont créé 373 milliards ». Au-delà du langage employé consistant à faire croire que ce sont les entreprises qui ont créé et non pas le travail des salariés, le chiffre annoncé est éloquent, c’est l’équivalent du budget de l’État qui est de 380 milliards, on voit qui dirige la France…
Dans le même journal le lendemain, on peut lire que les dividendes distribués aux actionnaires en Europe ont augmenté de 9,2 %. Les dividendes mondiaux distribués ont doublé (+ 100 %) depuis 2009, année où les plans d’austérité sous prétexte de la « crise » ont été appliqués partout et notamment en Europe.
Rappelons également comme nous l’avons fait pendant la campagne électorale que le travail des salariés produit 2500 milliards de richesses, toutes accaparées par la politique du capital, et l’augmentations des profits qui atteint des chiffres records.
Ces moyens considérables doivent être gérés par le peuple pour résoudre et répondre aux besoins de vivre mieux, s’attaquer à la pauvreté, à la précarité et à la misère, aux besoins de se loger, de se nourrir, et encore une fois augmenter les salaires, pensions et allocations sociales pour vivre mieux.
Mais pour cela, il faut arracher les richesses produites qui sont aux mains du capital, engager la lutte permanente, quotidienne sinon rien ne changera et nous en resterons au constat que rien ne bouge et que tout s’aggrave.
Notre action, nos initiatives politiques sont déterminantes.
Ce que nous avons constaté pendant la campagne électorale est encourageant. Il faut maintenant conforter, donner encore plus de force à notre parti. Notre politique rencontre un écho de plus en plus favorables malgré tous les obstacles, ce que nous avons fait pendant la campagne doit être poursuivi parce qu’il y a des résultats.
Qui aurait prédit que nous aurions des votes Communistes dans les départements d’outre-mer ? Cela est lié aux liens fraternels que nous entretenons et les propositions que nous avons vis-à-vis de ces territoires.
Nous ferons une analyse plus poussée pour déterminer les efforts que nous avons à faire dans les départements afin de renforcer notre parti.
Ces élections nous ont permis également de développer nos propositions sur les relations internationales.
Nous sommes les seuls à être intervenus sur le sujet d’une manière claire. Le respect de l’indépendance des peuples et des Nations, les coopérations sans domination, le retrait de tous accords supranationaux, la disparition de l’OTAN ont été au cœur de nos propositions.
Sur ce terrain, aucun des partis en présence n’a effleuré le sujet, tous préoccupés à offrir la meilleure image possible pour se couler dans le moule capitaliste, la situation internationale n’a pas fait l’objet de débats alors qu’elle a des conséquences directes sur la politique nationale.
Aucun n’a réclamé l’arrêt des agressions impérialistes, le retrait des troupes françaises, l’arrêt des opérations militaires dont le pouvoir français est coupable pour servir l’impérialisme et exploiter de nouveaux territoires et les peuples notamment en Afrique, en Libye, en Syrie.
Personne n’a condamné le pouvoir raciste israélien, les menaces du pouvoir Étasunien qui veut dominer le monde. Personne n’a dénoncé le nouveau partage du monde en cours entre les grandes puissances, les risques et les conséquences. Personne n’a parlé de paix, nous sommes les seuls à l’avoir fait.
Comme d’habitude, chacun a versé sa larme sur les conditions des migrants, mais c’est pour mieux éviter le débat sur les causes et chacun s’est évertué à proposer des solutions pour les repousser et les utiliser pour justifier une politique agressive. C’est normal car ils sont tous d’accord sur la politique internationale comme ils sont d’accord avec la politique nationale puisque aucun ne condamne le capitalisme.
Chers camarades,
Ces élections ont permis au parti de développer nos propositions sur tous les sujets, il fallait absolument mener cette bataille politique et nous l’avons fait dans les conditions que vous connaissez.
Il s’agit maintenant de faire fructifier tous les aspects positifs de cette campagne, veiller à ne rien négliger des contacts très nombreux que nous avons eu, en faire autant de points d’appuis pour développer notre politique, renforcer notre parti.
Soyons présents dans les luttes qui s’annoncent, poursuivons le travail engagé dans la campagne des européennes car les enseignements sont encourageants.
Place au débat

Bimestriel N°131

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