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Rapport au Comité National du 12 septembre 2020.

Si nous vivons une période particulière et inédite, contrairement aux prédictions de certains penseurs le "jour d’après" ou le monde d’après sont identiques; le capital règne, le monde n’a pas changé de base, les peuples souffrent toujours de cette domination du capital, ce système politique et économique qui génère la misère et ses conséquences: 823 millions d’êtres humains souffrent de la faim, 10 millions en meurent. La mortalité infantile s’élève à 9 millions.

Il ne faut pas remonter très loin mais dans les mois précédent l’épidémie du covid le monde de la finance s’agitait et les rumeurs d’une nouvelle crise financière couraient. Une crise financière plus grave encore que celle de 2008. Crainte justifiée donc puisque ces crises sont inhérentes au système capitaliste.

Donc l’épidémie, nous l’avons dit et écrit, a été et reste une formidable opportunité pour le pouvoir et ses mentors capitalistes pour présenter la facture de cette crise qui couvait aux populations.
D’autant plus opportune cette épidémie que le mécontentement voire la colère étaient très forts dans les semaines qui précédaient le confinement. Les sondages l’attestaient mais, preuves plus fiables et concrètes, les luttes dans les entreprises et les manifestations contre la réforme des retraites témoignaient de cette situation.
Le confinement, l’épidémie ont donc été pour les tenants du pouvoir amplifiée par le poids des médias, répétons-le une opportunité inédite et bénéfique. D’autant plus qu’elle réactualise l’idée avancée par Sarkozy, poursuivie par Hollande et réaffirmée par Macron (et ses 17% de voix) d’une recomposition de la société. En clair, une société répondant exclusivement aux intérêts du capital débarrassé de toute contrainte politique, sociale, économique: le capital roi.
Un certain Artus, chef économiste et membre du comité exécutif chez Natixis nous prévient dans un livre et un article qui viennent de sortir: «Que croyez-vous que les entreprises, confrontées à la perte de leur activité, au recul de leurs parts de marché, à la chute de leur profitabilité, vont faire? Elles vont avoir une réaction forte qui passera par des plans d’économies, des suppressions d’emplois, des baisses de salaires des délocalisations encore plus massives. Je suis convaincu pour ma part que le capitalisme néolibéral que l’on critique tant va se durcir encore d’avantage dans les années qui viennent sous l’emprise de la nécessité. C’est le contexte qui l’exige... » etc...et s’en suit une justification des sales coups chiffres et menaces à l’appui. Tout est dit clairement.
Le moins que l’on puisse dire c’est que le "plan de relance" présenté en duo par Roux de Bézieux du MEDEF et son porte parole Castex premier ministre, est une première étape dans la feuille de route du MEDEF qui trouve d’ailleurs un peu juste les 100 milliards et apprécieraient une rallonge de 50 à 60 milliards. Roux de Bézieux a aussi pointé le nez en remettant sur le tapis la question des congés payés, des jours fériés et du temps de travail. Il déclare: « la richesse d’un pays c’est la quantité de travail d’un individu multiplié par le nombre de gens qui travaillent. Tout le reste n’est qu’idéologie»
La sécheresse et l’arrogance du discours révèle le mépris pour les salariés ravalés au rang d’outil. Une idéologie bien connue! Et passons sur le cynisme comme si le « nombre de gens qui travaillent » n’avait rien à voir avec les plans de licenciement.
Pour en revenir au "plan de relance" du gouvernement et du MEDEF, on en connaît maintenant les grandes lignes. Il comprend donc 3 volets et une facture:
* la transition écologique
* la compétitivité des entreprises
* les compétences et la solidarité
… et pour financer tout ça...un cadeau de 100 milliards et plus au patronat et à ses actionnaires. On n’oublie pas les 100 milliards du CICE ni les milliards déjà distribués de cadeaux fiscaux "habituels".
100 milliards, une bagatelle! Mais impossible à trouver quand il s’agit par exemple du budget de la sécu, du montant des retraites, du salaire des fonctionnaires bloqués depuis 10 ans, de l’UNEDIC, de la santé… et des 7 millions de chômeurs , des mal logés ; bref, l’argent coule à flots seulement pour une poignée de nantis. Après tout, 100 milliards c’est moins que ce que possède Bernard Arnaud 1ère fortune de France, 2ème fortune mondiale. La France, un des pays où le fossé social s’élargit de jour en jour entre une poignée de possédants et la population. En France les 10% des plus riches possèdent 50% de la richesse du pays quand 9.300 000 personnes vivent sous le seuil de la pauvreté.

Parallèlement l’emploi subit une véritable hémorragie.
800 000 postes devraient être supprimés cette année. L’UNEDIC annonce 900 000 chômeurs supplémentaires. Les plans de licenciement se multiplient. Au 2ème trimestre les entreprises ont détruit prés de 120 000 emplois et d’autres arrivent: Renault 4600, Airbus 5000, Renault Trucks de 400 à 600, Auchan propriété de la famille Mulliez) supprime 1000 emplois, 16 000 dans le secteur de l’habillement etc...Un exemple parmi d’autres, Airfrance qui supprime 2000 emplois va "toucher" 5 ou 10 milliards! Les fusions-acquisitions vont bon train avec leurs conséquences pour les salaires (voir Véolia-Suez-Engie).
Pour les salariés , à la menace de licenciement s’ajoute une aggravation de la précarité, une multiplication des CDD. Il faut exploiter toujours plus. Ce plan de relance sert les seuls intérêts du capital et non ceux des salariés et de leur emploi.
La santé, ses personnels dont on a tant parlé pendant le confinement et pour cause…
L e pouvoir faisait amende honorable: sortis de l’épidémie on allait voir ce qu’on allait voir. Les personnels de santé verraient leur dévouement, leurs compétences reconnus et "justice" leur serait rendue. Effectivement un « Ségur » de la santé était organisé, des négociations entamées et là, au lieu des 6 milliards nécessaires revendiqués par les personnels le ministre de la santé se fendait de 300 millions. Depuis des grèves ont repris et se développent dans les hôpitaux, remettant en cause ce qui se révèle être une duperie. Mais surtout ils se battent contre la casse du systèmes de santé et le projet du capital de l’amener à la privatisation.

Seules les luttes convergentes, organisées et déterminées peuvent mettre un coup d’arrêt à cette politique.
Le 17 septembre la journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations organisée par la CGT, la FSU, Solidaires et des organisations de jeunes et d’étudiants peut marquer le premier temps fort de cette rentrée qui doit être combative contre les attaques du pouvoir et du capital. Nous appelons et contribuons à la réussite de cette première étape qui doit être puissante, déterminée et unitaire.
On peut s’étonner de l’absence de réactions à ce plan de relance, voire son approbation d’après un sondage.
La première explication est le matraquage médiatique qui entretient l’illusion de l’efficacité de ce plan qui déboucherait sur une relance de l’économie et la création de milliers d’emplois. Une illusion renforcée par l’attitude des différents partis. Sur le fond ils ne s’opposent pas au plan, à sa mise en place en bons accompagnateurs des intérêts du capital. Ils veulent des aménagements ou un débat au parlement (La France Insoumise) ou des contreparties. La droite approuve, Le Pen invoque l’insécurité, PS et PCF sont restés très discrets, quant aux écolos...
Notons quand même la réaction de Martinez Secrétaire Général de la confédération CGT qui souhaite aussi discuter de contreparties à ce plan entre partenaires sociaux omettant d’évoquer dans son entretien la journée du 17 initiée par la CGT…

Ce moment politique démontre bien que le pouvoir en place et le capital ne rencontrent plus d’obstacle politique.
La prétendue opposition n’est qu’une façade. Ils s’écharpent et se chamaillent sur la gestion mais jamais ne remettent en cause le capital; une opposition coulée dans le moule du capital. L’exemple des "transfuges" de parti à parti, des alliances croisées pour électoralisme aux municipales (60% d’abstention), des compositions ministérielles dans les gouvernements. Par exemple: droite,écolo, ex.PS, et LREM, sont la face visible d’une réalité; les prétendues oppositions sont au service du capital, leurs différences et querelles se contentent de la forme et de l’aménagement des mesures diverses. La pensée unique, d’un parti unique avec des tendances et un partage des rôles est bien là, dans la réalité politique de notre pays.
L’état de notre société pose problème! D’autant plus que l’idéologie portée par Macron va encore plus loin et rappelle un passé pas si lointain où les mesures d’exception, le corporatisme et l’association capital/travail étaient des réalités concrètes et imposées. La suite de cette sombre période a heureusement amené une réaction du peuple ouvrant d’autres perspectives que nous avons connues mais qui aujourd’hui sont bien malmenées.
Tous les efforts du pouvoir sont donc dirigés vers un projet de société et l’absence d’une opposition politique favorise cette marche forcée. L’épidémie accélère le processus et permet l’instauration de mesures d’exception qui attentent à nos droits fondamentaux et nos libertés. Décrets illégaux, menaces et répression contre toute contestation, préfets qui eux mêmes disposent quasiment des pleins pouvoirs, toutes les possibilités, même celles qui sont contraires à leur constitution ont été et sont utilisées pour faire taire le mécontentement. Et pour amplifier et pourrir un peu plus le climat, l’arme de la peur est utilisée.
L’efficacité de cette stratégie de la peur est loin d’être avérée même si les médias entièrement aux ordres et contrôlés par le pouvoir et le capital participent activement à cette campagne.
Constat donc, avec la pandémie, l’économie et l’emploi, le réchauffement climatique et la participation active et complice des écolos c’est l’insécurité qui est le thème brandi. L’insécurité, un thème vieux comme les campagnes électorales. Un thème cher à l’extrême droite qui permet à Le Pen de donner de la voix sur le communautarisme relayée par Macron. Darmanain, ministre de l’intérieur, découvre les banlieues, l’insécurité, la drogue, la délinquance. Une délinquance dont il prend soin de ne pas évoquer les causes profondes, le chômage et la précarité, l’avenir, les conditions de vie pour une population abandonnée.

Sur la situation internationale
Le constat et les craintes se justifient tous les jours. Les appétits s’aiguisent, l’affrontement des impérialismes s’exacerbe comme en attestent les foyers de tension qui se multiplient. Quelques chiffres sur les guerres "en cours": 100 000 morts en Afghanistan, 380 000 en Syrie, 250 000 au Soudan et 100 000 au Yémen. A noter, le chiffre d’affaires des industries militaires s’élève à 420 milliards d’euros. La France est en bonne position!
Les impérialismes sont prêts à amplifier et multiplier les guerres pour piller les richesses des peuples.
Un point rapide sur cette activité internationale tout en vous renvoyant à notre site où les nombreux articles font l’objet d’un point plus complet et précis sur des situations souvent complexes.
* Liban. L’explosion dans le port de Beyrouth a dévasté la capitale libanaise le 4 août. Le bilan est lourd: 158 morts, 6000 blessés, et 300 000 personnes sans domicile fixe. La population est descendue dans la rue pour demander des comptes, relançant la contestation débutée l’année précédente contre une classe dirigeante jugée corrompue.
* Biélorussie. Le règne pendant 26 ans de l’autocrate Alexandre Loukachenko est contesté depuis les dernières élections du dimanche 9 août. Le régime a usé d’une répression féroce: tir à balles réelles, milliers d’arrestations. Une répression qui n’a pas enrayé la contestation.
* Aux USA des émeutes ont éclaté dans différentes villes après les assassinats de personnes noires par la police.
* Coup d’état au Mali où l’armée française, présente depuis 6 ans défend les intérêts du capital.
* L’armée américaine a pris une partie de la Syrie sous prétexte de protéger les puits de pétrole.
* La Turquie rêve d’une grande Turquie et envoie des troupes en Libye, en Syrie ainsi que son armée sur la mer pour conquérir le gaz dans les eaux territoriales de la Grèce.
* On assiste à l’effacement progressif de la Palestine par Israël avec l’approbation des USA. La France et bien d’autres pays sont muets, ce qui équivaut à un soutien à Israël dans son projet d’annexion totale de la Palestine.
Plus de 60 ans de mutisme ou soutien avéré à Israël conduit à la disparition de la Palestine malgré la décision de l’ONU en 1947.
On mesure donc face à cette actualité la nécessité de s’opposer au capital, à ses méfaits. Le capital, un système politique qui affirmait que le communisme (URSS) rayé de la carte ce serait le paradis pour les peuples ! Inutile d’épiloguer, le bilan est là on le subit.

La nécessité de se débarrasser de ce système politique et de construire le socialisme est une urgence.
Dans notre pays, avec la disparition de fait du PCF et sa transformation en parti social démocrate nous nous sommes attelés à la reconstruction d’une force politique, un parti révolutionnaire. Nous savions et le disions, ce sera long et laborieux. C’est le cas, mais la situation sociale et politique,si difficile à supporter pour tout le monde "nous permet" d’avancer nos arguments et nos propositions. Le capital est mortifère pour les peuples, pour la population de notre pays.
Nous avions une ambition : construire un parti révolutionnaire, ce parti, nous l’avons. C’est un outil. Autres atouts, nous avons une activité régulière, des expressions très actualisées. Des atouts donc. Il nous faut maintenant, pour nous renforcer de façon conséquente, nous faire connaître comme le seul parti qui veut se débarrasser du capital sans compromissions. Les obstacles dressés par nos adversaires de classe sont nombreux.
Une nécessité: nous faire connaître, multiplier les opportunités de rencontre surtout avec ceux qui se battent et qui sont à la recherche d’une solution. Ils sont nombreux parce que ceux qui subissent et qui souffrent de la situation sont nombreux. Voilà nos tâches. Toute notre activité doit se tourner vers notre renforcement dès maintenant. En dressant des plans de travail,en nous réunissant pour les établir et les mener à bien nous irons vers cet objectif que nous nous sommes donné à notre dernier congrès: le renforcement du parti révolutionnaire.
* Tous les chiffres cités sont des chiffres officiels émanant de l’ONU, l’OMS, l’OIT etc...

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