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Rapport au Bureau National du 3 juillet 2019. Rapport

Chers camarades,
Nous allons consacrer une bonne partie de notre bureau à examiner comment renforcer notre parti car l’analyse concernant les élections européennes, le potentiel que nous avons tous constaté nous encourage à le faire.
Au regard de la situation politique, économique et sociale, nous avons la responsabilité de développer et de faire partager notre perspective politique par le plus grand nombre.
La seule issue politique pour les travailleurs et le peuple, nous en avons l’exemple tous les jours, c’est un changement fondamental de société, une société totalement dominée aujourd’hui par le capital qui n’existe que pour développer le profit par l’exploitation de plus en plus forcenée du travail au détriment de la satisfaction des besoins sociaux.

L’antagonisme des intérêts entre capital et travail n’a jamais été aussi perceptible, c’est valable pour les situations nationales mais aussi internationales lorsque l’on voit la situation, l’état de l’impérialisme aujourd’hui, les conséquences désastreuses partout pour les peuples du monde.
En France, deuxième puissance européenne, septième mondiale, ce qui situe sa puissance tant du point de vue de la production de richesses et son influence dans la concurrence inter impérialiste actuelle, on pourrait penser que les problèmes économiques et sociaux sont au niveau de cette puissance, c’est-à-dire résolus et globalement satisfaits.
C’est évidemment tout le contraire qui se produit, et ceci est lié exclusivement au système en place, le capitalisme et sa domination sur toute la société.
Cette domination se traduit en France par une transformation profonde de la société : casse des acquis sociaux collectifs, salaires bloqués ou au mérite, retraite qui se transforme en assurances privées, l’accès à la santé rendu de plus en plus difficile (la ministre vient d’annoncer 2 milliards d’économies supplémentaires en 2020), l’éducation de moins en moins nationale maîtrisée de plus en plus par le privé et les entreprises, les droits syndicaux réduits, l’assurance-chômage, les collectivités territoriales etc... Tout cela pour soumettre toute la société à la domination capitaliste.
Il faut y ajouter tous les secteurs d’industrie aujourd’hui totalement privatisés ou en passe de l’être, les transports, l’énergie, la chimie, la métallurgie, tout cela accompagné d’une politique répressive de plus en plus forte, libertés individuelles et syndicales de plus en plus restreintes, syndicalistes condamnés, code du travail réduit à sa plus simple expression, politique pénale renforcée.
Tous les leviers pour développer le capital sont actionnés au nom de la « compétitivité », de la « rentabilité », de la « concurrence » nationale et internationale, la société française subit une profonde transformation sous les coups des multinationales et les pouvoirs aux ordres.
Nous détaillons chaque semaine sur notre site cette situation, et nous pouvons dire et répéter que la perspective révolutionnaire que nous portons apparaît de plus en plus clairement comme la seule et unique solution de changement réel.
Aucun parti politique n’apporte de vraies réponses à la situation actuelle. Les résultats des élections européennes démontrent le rejet massif de cette politique et des partis qui la défendent ou veulent l’aménager.
Ce que la propagande capitaliste appelle la « crise politique » se traduit par une recomposition permanente, des alliances, des regroupements multiples et divers pour faire croire que ces accommodements pourraient déboucher sur un changement de politique.
Nous disons avec fermeté qu’il n’y aura pas et qu’il n’y aura jamais de changement politique tant que le capital dominera la société, tant que les multinationales maîtriseront la politique, le pouvoir et l’économie.
Tous les partis cherchent une issue, un débouché, une réponse au rejet dont ils font l’objet, mais tous sont pour développer ou aménager le capital, c’est une impasse qui est due à la nature même du capital. Car ses intérêts et ceux des travailleurs et du peuple ne sont pas conciliables négociables, ils sont contraires et le resteront, il suffit d’observer l’évolution de la société et des rapports sociaux.
La droite, on le sait est en pleine recomposition, toujours plus à droite, toujours plus extrême pour aggraver toujours plus et plus fort les conditions d’exploitation du travail. Le patronat démontre aujourd’hui ce besoin d’utiliser comme il l’a déjà fait, les forces les plus extrêmes pour développer le profit (invitation de Marion Maréchal aux universités du Medef). On peut examiner ce phénomène naturel pour le capital, observer son développement depuis le début des années 70 (après 68) et son accélération après la chute de l’URSS et la liquidation des partis révolutionnaires dont le Parti Communiste Français.
Les partis dénommés « de gauche », tous en échec comme la droite, utilisent aujourd’hui les mêmes recettes pour tenter d’offrir une alternance au pouvoir. Tout est bon, toutes les équipes se retrouvent au cours de multiples débats pour synthétiser leurs multiples propositions dont aucune ne remet en cause le capital. Des débats sont organisés partout pour enfumer, détourner, dévoyer le débat nécessaire sur la société et les changements fondamentaux qu’il faut mettre en œuvre. Ils organisent même des « festivals » pour « réinventer la gauche » comme ils disent, une sociale démocratie qui ne veut pas dire son nom pour mieux servir le capital.
Lorsque l’on écoute et que l’on observe ce que chacun propose, ils peuvent en effet s’allier puisqu’ils défendent la même politique, l’aménagement du capital pour le rendre « plus social ».
Des Verts, au Parti Communiste Français, du Parti Socialiste à Mélenchon et nombre d’organisations diverses, ils veulent resservir une « union de la gauche » déjà utilisée et qui a contribué à développer le capitalisme en appliquant dès 1983 et pour la première fois en France le blocage des salaires, et le premier plan d’austérité, nous n’en sommes jamais sortis depuis.
On voit où on en est arrivé aujourd’hui avec des pouvoirs différents mais qui se sont tous mis au service du capital.
Au fil de ces années, la situation s’est aggravée pour les travailleurs et le peuple, nous la connaissons.
Les forces politiques à sa solde, des forces syndicales immobiles ou qui participent activement à la poursuite de la politique actuelle. C’est le cas de la CFDT, chef de file des porte-parole du Medef, qui participe activement aux « réformes » Macron, proposant son aide et ses solutions. Quoi de plus naturel pour un syndicat se revendiquant « réformiste » que de participer aux « réformes » dont il se dit fier. Sauf que ces réformes servent uniquement le capital, il suffit d’en faire le bilan social.
La CGT quant à elle n’a pas abandonné le « dialogue social », « le syndicalisme rassemblé », le « partage des richesses » au cours de son congrès qui vient de se terminer.
Mais elle doit faire face au mécontentement qui se traduit par des luttes dans de nombreux secteurs : santé, éducation, commerce, transports…
Dans de nombreuses entreprises, les syndicats avec les travailleurs ne se laissent pas faire, salaires, emplois, conditions de travail sont au centre des revendications. Les luttes amènent des succès mais il est bien évident que la masse des travailleurs a besoin de se retrouver dans ces luttes pour stopper le capital. Les travailleurs ont besoin de s’unir, d’être ensemble pour être plus fort face au patronat.
Ces luttes tenaces poussent à l’organisation d’une journée d’action interprofessionnelle le 24 Septembre que propose la CGT.
Mais l’attaque globale contre les acquis sociaux doit faire l’objet d’une riposte globale. Les enjeux nationaux sont tels que la lutte doit être portée au niveau national, c’est le seul chemin possible, le seul outil dont les travailleurs disposent pour satisfaire leurs revendications.
Cette convergence des luttes est à gagner, et à ce titre il faut constater le silence actuel de la confédération CGT dans une période où le droit des chômeurs est violemment attaqué, la formation professionnelle démantelée, l’apprentissage soumis aux critères patronaux, où les salaires et les pensions sont bloquées, les personnels de santé, de l’éducation nationale, du commerce, de la métallurgie, de la chimie luttent pour leurs revendications souvent identiques.
Il est inquiétant de constater que cette stratégie de « dialogue social » devient la règle dans les régions où les responsables CGT votent des résolutions qui vont à l’encontre des intérêts des travailleurs. C’est le cas en Bourgogne Franche-Comté ou sur les transports, la santé, l’éducation, le handicap, la gestion des déchets, toutes les résolutions présentées ont été votées au Conseil Economique et Social sans aucune analyse politique de fond. Il serait étonnant que les syndiqués aient été consultés. Ce syndicalisme conciliant avec la politique du pouvoir contre les intérêts des travailleurs c’est le contraire du syndicalisme de lutte que l’on constate et soutient dans les entreprises.
Nous vivons donc avec les travailleurs et le peuple une période de transformation profonde de la société où tout est soumis au capital, une société où la violence utilisée contre le peuple est de de plus en plus forte, une société qui vire à l’extrême droite, des partis politiques qui s’y complaisent et des centrales syndicales qui ne jouent pas le rôle.
Au regard de cette situation, il n’est pas étonnant que les travailleurs, le peuple, soient désorientés, démunis d’une véritable perspective de changement.
Cela nous confère une grande responsabilité.
Notre action, notre activité, sont déterminantes. Nous devons sur chaque question, sur la situation, donner à connaître, à comprendre, à apprécier, nous devons développer notre perspective révolutionnaire et renforcer notre parti.
Répétons-le : nous sommes les seuls à développer une politique excluant toute maîtrise, toute intervention des forces du capital dans la société.
Nous devons continuer à affirmer que rien ne changera, que tout s’aggravera tant que le capital dominera la société.
Que le seul moyen est de lui arracher la propriété des moyens de production et d’échange, sinon rien ne changera.
Que constatons-nous au lendemain des élections européennes ?
    • Le mécontentement est toujours très fort, les luttes nombreuses,
    • Les forces du capital vont poursuivre, accélérer leur politique,
    • Tous les partis s’organisent pour construire une relève éventuelle au pouvoir en place,
    • Un syndicalisme de classe en difficulté.
Mais pour ce qui nous concerne :
    • Une grande écoute, une attention à nos écrits et interventions dans les médias,
    • Une demande de participation à la campagne électorale, demande d’affiches, de tracts, de bulletins de vote,
    • De nombreux messages qui approuvent notre politique,
    • Des adhésions nouvelles,
    • Des électeurs dans des régions où nous sommes absents,
    • De nombreux contacts noués.
Ce n’est pas une vision idyllique que je suis en train de décrire, c’est la réalité et nous en avons tiré des conclusions : nous avons un champ de développement important à investir.
Comment faire ?
    • « conforter nos relations » avec toutes celles et ceux qui nous ont soutenu, garder un lien étroit, communiquer et débattre avec eux.
    • Examiner dans les détails les endroits nous avons obtenu des voix car il fallait vraiment faire preuve de bonne volonté pour accéder à notre bulletin de vote, il a fallu contourner les nombreux obstacles pour y parvenir. Il faut noter que nos bulletins ont été refusés par quelques préfectures et présidents de bureaux de vote.
L’absence de circulaire électorale dans les foyers, de bulletin de vote dans les bureaux est évidemment préjudiciable au vote « communistes », mais malgré toutes les difficultés, chacun a pu constater un réel intérêt pour la politique que nous portons.
    • L’objectif que nous proposons est d’aller au contact de ces électeurs, de toutes celles et ceux qui ont adhéré ou qui nous ont aidé.
    • Mettre toute l’énergie de notre parti au service de son développement et du renforcement. Augmenter nos forces, chacun le sait, c’est donner plus de force à la perspective d’une société débarrassée du capital. Le champ est immense, mais la bataille que nous avons menée démontre les grandes possibilités.
    • Il faut regarder de plus près les nouvelles force dont nous disposons, réunir les adhérents, tous ceux qui nous ont aidé, là où ils sont, les réunir, organiser le parti autour de ces nouvelles forces pour en développer d’autres.
    • Faisons beaucoup de politique, toujours plus et toujours plus près de ceux qui nous écoutent et nous soutiennent. Le renforcement passe par la conviction et nous avons senti pendant ces élections cet intérêt grandissant. Nous devons le conforter. Nous allons bien sûr examiner ce que nous pouvons faire concrètement et rapidement : déplacement dans les départements, aide aux cellules, rencontres avec les travailleurs, multiplication des débats etc.… Voyons bien que le deuxième semestre de cette année et l’année 2020 doit marquer une évolution sensible de notre organisation à partir des départements, des localités, des régions.
Tout cela demande des actes, des initiatives concrètes avec des dates définies et l’implication plus active du Comité National.
Parlons-en car la période que nous vivons, les enjeux en cours, demandent à organiser la lutte politique d’autant qu’ils dépassent largement nos frontières nationales.
Chacun peut observer la situation internationale et ses conséquences pour les peuples. L’impérialisme, ses luttes internes amènent toujours plus de souffrance et d’exploitation.
La lutte inter impérialiste prend des formes de plus en plus violente, nous en rendons compte régulièrement dans nos écrits. Nous assistons parallèlement à cette course au profit, à un renforcement des armées nationales, à l’augmentation des budgets de défense partout car chacun veut participer à cette recherche de profits nouveaux exigés par les multinationales mondiales quel qu’en soit le prix.
Le dernier G20 et l’accord entre l’Europe et les pays d’Amérique du Sud (Mercosur) montre bien cette concurrence effrénée que se mènent les multinationales mondiales capables d’être concurrentes un jour, alliées le lendemain suivant les profits à réaliser.
La maîtrise du commerce mondial, des terres et des peuples pour leur exploitation, des voies terrestres, maritimes et aériennes pour le transport des matières premières sont l’objet de cette concurrence inter impérialiste pour le profit. Les peuples, le développement humain ne sont pas la préoccupation du capital mondial.
77 millions de personnes (plus 11 millions en un an) sont déplacées, déracinées par les conflits armés et les guerres organisées et financées par les états impérialistes.
Les bourses mondiales y trouvent leur compte, leurs profits ont augmenté de 15 % au premier semestre de cette année. Notons que les profits du CAC 40 en France ont augmenté de 17 % dans la même période.
On voit bien les conséquences sociales du capital mondial ou national, ses répercussions sur les nations et l’explosion des profits que cela entraîne.
Il n’y a pas d’autres ennemis à la classe ouvrière que le capital et ses serviteurs. C’est bien cela qu’il faut démontrer comme étant la seule source des problèmes qu’ils soient nationaux ou internationaux.
C’est l’objectif qu’il faut se fixer, faire partager, développer notre perspective, l’expliquer, pour renforcer notre parti.
Notre tâche est difficile, la lutte de classe est rude mais les résultats encourageants.
Poursuivre, accélérer notre travail militant doit être notre préoccupation permanente.
Nous allons en débattre, la parole est au Bureau National.

Bimestriel N°131

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