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Rapport au Bureau National du 25 juin 2022

775-25/06/2022 Le rapport que je suis chargée de vous présenter porte en grande partie sur les élections législatives, mais il est impossible de ne pas rappeler avant le contexte international qui pèse déjà et qui continuera à peser lourd dans les choix économiques, sociaux et démocratique.

Très brièvement je rappellerai ce contexte, dès le début nous avons qualifié cette guerre comme étant une guerre au sein du système impérialiste. Nous sommes rentrés dans une étape nouvelle du développement capitaliste avec une concentration des monopoles qui s'est accentuée. À cette étape, le partage du Monde, de ses ressources et des zones d'influences est plus que jamais à l'ordre du jour. Dans le système capitaliste, ce repartage qui ne peut pas se faire sans tension et sans guerre conduit à des antagonismes accrus entre les plus grandes puissances capitalistes.
Tout cela pèse et va peser lourd et longtemps. Ainsi Macron, le 13 juin, à l’inauguration du « Salon de l'Armement Eurosatory 2022 » a déclaré : "Nous entrons dans une économie de guerre, dans laquelle nous devrons durablement nous organiser. Une économie au fond, dans laquelle on ne peut plus vivre au même rythme, avec la même grammaire d'il y a un an ». Selon la délégation générale de l'armement, cela va jusqu'à la réquisition des moyens civils et leur mobilisation pour les moyens militaires. Une telle déclaration prépare l'entrée de la France dans un conflit majeur de haute intensité.
Dans ces conditions, comment peut-on parler de justice sociale, de solutions aux problèmes de la santé, de l'éducation, des salaires, des retraites, des libertés...car dans une économie de guerre, il ne peut y avoir que des reculs sociaux et démocratiques. Cela renvoie à la question de fond : lutte des classes, refus de l'union nationale, lutte contre l'impérialisme ou arrangements politiciens visant à faire gober aux travailleurs salariés l'acceptation de nouveaux reculs.

Situation économique, sociale et politique

Pendant la campagne des législatives toute la démagogie des fausses solutions s’est développée en créant des illusions et en masquant les vrais problèmes, les responsables de la situation et les conditions d’un vrai changement de politique.
Le fait marquant du 2ème tour, encore plus qu’au 1er a été l’abstention massive. Depuis 25 ans elle n'a cessé de progresser, passant de 28,9 % en 1997 à 53,79% en 2022, avec un pic de 57,4% en 2017.
Au 1er tour 52,49% des électeurs inscrits se sont abstenus. Au 2ème tour avec une hausse de 1,28 points (53,79%) par rapport au 12 juin, ce sont 26 125 907 d’inscrits qui ont fait le choix de ne pas aller voter et 1 716 806 qui ont voté blanc ou nul, soit 1 204 307 de plus qu’au 1er tour (511 499).
L’abstention est particulièrement élevée dans les départements les plus pauvres : en Seine-Saint-Denis le taux d’abstention est en moyenne de 63,39%, Aubervilliers 67,58%, Epinay 68,44%, La Courneuve 73,67, au Blanc-Mesnil 74,26%, à Stains 77,72% ; 71,11% dans la 7ème circonscription de Marseille ; 72,39% à Vaulx-en-Velin (Rhône) ; 61,51% à Metz dans la 1ère circonscription de Moselle.
En Outre-mer : 75,44% à Saint Barthélémy ; 71,77% à la Guadeloupe ; 74,29% à la Martinique ; en Guyane 66,42%, etc.
⁕ Entre le premier et le second tour, l'abstention a progressé dans toutes les tranches d'âge, 18-24 ans 71% d’abstention ; pour les 35-49 ans 62% ; 50-59 ans 57%, seule la tranche de 25-34 ans a enregistré une diminution de l'abstention : 66% au second tour, contre 71% au premier ; 50% pour les plus de 60 ans.
⁕ L'abstention atteint 67% chez les ouvriers, 64% chez les employés, 59% chez les professions intermédiaires et 54% chez les cadres. Entre les deux tours l’abstention a augmenté de 5 points chez les ouvriers.
⁕ 64 % des personnes ayant un revenu inférieur à 1250 € s’abstiennent, ils ne sont plus que 49% quand leur salaire dépasse 3 000€
En raison du fort taux d’abstention les députés représentent en moyenne moins d’un quart des inscrits de leur circonscription. Seulement 37 députés sont élus par plus 30% des électeurs inscrits de leur circonscription, 479 (soit 83%) par seulement 20 à 30%, 58 par 10 à 20% et 3 députés sont en dessous de ce seuil.
La représentativité des députés se réduit encore si l’on rapporte le nombre de voix obtenues non plus aux inscrits sur les listes électorales mais à la population en âge de voter. Au total 455 députés sur 577 représentent moins d’un cinquième (20%) de la population de leur circonscription et 144 moins de 15%. (Cf. étude du Monde 20 juin)
Ces chiffres ont une grande signification. S’ils se sont abstenus ou s’ils ont voté blanc ou nul c’est parce qu’ils ne croient pas que les élections puissent apporter la moindre amélioration dans leur situation mais c’est aussi l’expression d’une colère, d’un profond rejet de la politique menée depuis des années, politique dictée par le capital qui est aux commandes quel que soit le gouvernement.
Nous sommes contre le présidentialisme de la cinquième république, nous voulons une constitution démocratique qui donnera de nouveaux droits aux citoyens, à l’entreprise et dans la cité. Nous exigeons le rétablissement de la proportionnelle intégrale à toutes les élections

Les profits augmentent, la situation du peuple et du pays se dégrade et ça va s’aggraver.

A la demande du MEDEF et des organisations patronales, le gouvernement fait des centaines de milliards de cadeaux aux entreprises. Ensemble ils attaquent toutes les conquêtes sociales dans le seul but d’augmenter les profits. Leur politique, c’est tout pour l’entreprise.
Pendant le premier quinquennat de Macron, en 2017 les profits du Cac 40 s’élevaient à 93,4 milliards €, en 2021, les profits des entreprises du Cac 40 ont été de 160 milliards, les profits des plus grandes sociétés françaises cotées en bourse ont augmenté de 85%.
Pendant la même période, le salaire moyen a augmenté de 0,9% en 2017 et la moitié des salariés du secteur privé percevait moins de 1 845 € net par mois (Insee). En 2022, Selon une étude menée par la Banque de France sur les hausses de salaires, « les augmentations se situent entre 2,5% et 3,5%, alors qu'elles oscillaient autour de 1% depuis 2014…ces revalorisations restent en dessous de la progression de l'inflation au grand dam des salariés français dont beaucoup peinent à joindre les deux bouts » conclue l’étude.
Le capital veut toujours aller plus loin, gonfler toujours plus son taux de profit, pour se placer dans ce qu’il nomme la « compétitivité », dans la concurrence capitaliste. Le mode même d’existence du système capitaliste c’est ça.
Le rejet de la politique de Macron et de son gouvernement est très fort, il s’est manifesté par une abstention massive, il s’est aussi exprimé dans les urnes.
Macron peut se targuer d’avoir été réélu avec près de 60% (58,55%) des votes exprimés, mais c’est oublier que seulement 20,07% des inscrits ont voté pour lui au premier tour, score le plus faible de la Ve République.
Le rejet lors des élections législatives a été encore plus net. Le parti présidentiel avec 245 élus est le plus important de l’Assemblée Nationale, mais « Ensemble » - composé de LREM -rebaptisé Renaissance-, du Modem (Bayrou), d’Horizon (E. Phillipe), d’Agir (Centre Droit), de Territoires de Progrès (Le Drian), et du Parti Radical, n’obtient pas la majorité absolue.
La situation politique est radicalement différente affaiblissement du parti présidentiel, et deux camps qui eux deviennent plus puissants :
La Nupes avec 131 élus, triple ses forces à l’Assemblée Nationale par rapport à la précédente législature où LFI, le PS, le PCF et les écologistes ne représentaient qu’une soixantaine d’élus ;
Le RN avec 89 élus devient un groupe important, qui confirme son ancrage dans l’électorat, son implantation dans certains départements qui n’ont élu que des députés RN (Aude, La Haute Marne, les Pyrénées Orientales) et qui s’implante bien au-delà du pourtour méditerranéen.
Les Républicains, malgré un nombre d’élus pratiquement divisés par deux (61 au lieu de 112, en 2017), l’absence de majorité absolue lui ouvre des perspectives sur le rôle qui peut lui être dévolu dans le cadre d’une majorité relative.
On le constate l’élection Présidentielle est contraire à la démocratie. Le peuple est par ce mode d’élection complètement dessaisi de son pouvoir. Le citoyen est enfermé dans un système qui lui ôte tous ses droits Il n’a pas le choix véritable puisque l’élection se réduit à une compétition au 2ème tour entre deux « candidats ». Ce piège qu’est le régime présidentiel est même couplé avec les législatives qui suivent aussitôt après pour mieux créer la logique du pouvoir présidentiel.
Dès le soir du 19 juin, la 1ère ministre est intervenue pour alerter sur les dangers que fait courir à la France la nouvelle composition de l’Assemblée Nationale : « Jamais l’Assemblée Nationale n’a connu une telle configuration sous la Ve République. Cette situation constitue un risque pour notre pays aux vues des défis que nous avons à affronter tant sur le plan national, qu’international » et elle appelle à construire « une majorité d’action » pour garantir à la France la stabilité et surtout « conduire les réformes nécessaires »
Après avoir reçu pendant deux jours les chefs de partis politiques, Macron s’est exprimé pour la première fois après les législatives dans une allocution largement diffusée par tous les médias, « le 24 avril, vous m'avez renouvelé votre confiance en m'élisant Président de la République. Vous l'avez fait sur le fondement d'un projet clair, et en me donnant une légitimité claire » et il a interprété les résultats des législatives essentiellement comme l’expression d’une volonté de changement de méthodes, « la majorité présidentielle doit s’élargir soit en bâtissant un contrat de coalition, soit en construisant des majorités texte par texte, il faut trouver une majorité plus large, plus claire les différentes forces politiques, doivent dire en toute transparence jusqu’où [elles] sont prêtes à aller » pour mettre en œuvre le projet choisi en avril dernier : le pouvoir d’achat, le plein emploi, l’écologie, la santé, etc…et surtout « notre pays a besoin plus que jamais de réformes ambitieuses pour créer plus de richesses », ces réformes ambitieuses se sont : la réforme des retraites, une nouvelle étape dans la réforme de l’assurance chômage, réforme du RSA, avant de s’attaquer à la Sécurité Sociale.
Le précédent quinquennat donne une indication sur la capacité ou non du groupe LR à se montrer constructif et à voter des textes au cas par cas. Il suffit de se rappeler comment le LR a voté les textes de lois les plus importants présentés par le gouvernement, ils les ont pratiquement tous voté, et s’ils ne les votaient pas ils s’abstenaient. LR ont voté pour les ordonnances sur le code du travail, pour la réforme du code du travail, pour la réforme de la SNCF, pour la loi de sécurité globale et abstention bienveillante sur la loi de programmation militaire
M. Le Pen a déclarée pour le RN « Nous incarnerons une opposition ferme, c'est-à-dire sans connivence, mais une opposition responsable, c'est-à-dire respectueuse des institutions et toujours constructive ».
Dupond-Moretti et Céline Calvez (députée Renaissance (ex-LREM) ont évoqué la possibilité pour le camp présidentiel d'avoir recours aux voix du RN. "Quand on a besoin d'avoir une majorité et si c'est bon pour les Français, on va aller chercher les voix du Rassemblement national,"
Pour la Nupes Olivier Faure se réjouit d’avoir a eu un échange nourri avec Macron « J’ai cru comprendre qu’il avait entendu le message des Français, au sens où il ne pouvait plus être le président, l’omniprésident, l’hyperprésident »

Les patrons redoutent l’arrêt des réformes

Si les organisations patronales jugeaient le programme de la Nupes « désastreux pour les PME et les entreprises de taille intermédiaire (ETI), donc celles qui créent le plus d'emplois et celles qui exportent le plus », ils sont « contrariés » par la constitution du nouveau parlement qu’ils jugent ingouvernable :
« On est très ennuyés, car, dans la durée, cette chambre introuvable risque de créer de la confusion, d'empêcher les décisions et donc les réformes. Si on ne poursuit pas la baisse des impôts de production, comme l'avait prévu Emmanuel Macron, et face à la dégradation de la conjoncture, la diminution de la compétitivité par rapport aux autres pays européens va peser lourdement sur les investissements et les recrutements », déclare le porte-parole du Meti (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire), mais il sait qu’il peut faire confiance au nouveau parlement pour ne pas mettre en difficulté les entreprises.
« Ensemble » (ex LREM), LR, RN, servirons loyalement les intérêts du capital et suivront la feuille de route que le Medef leur a fixé, les déclarations timides de la Nupe contre le capital ne sera pas suivi d’effet elle se limite à demander le partage des richesses. Seules le Parti Révolutionnaire Communistes appelle à la lutte contre le capital, luttes dans les entreprises, luttes sociales, économiques, luttes politiques.
Pour s’assurer la paix sociale Macron multiplie les rencontres avec les syndicats, les associations, deux jours avant les élections législatives il a invité les centrales syndicales à déjeuner à L’Elysée, invitation que Martinez a été le seul à décliner. Début juin Macron a reçu chacun à leur tour des « partenaires sociaux » pour « évoquer leurs projets et leurs attentes et nouer tout de suite une relation de travail et une relation de confiance ». Le gouvernement entend s'appuyer sur la négociation avec les directions syndicales pour imposer son offensive, ses réformes destructrices. Ces rencontres préparent le terrain à la réforme des retraites en renouant avec le "dialogue social".
Avec ses « concertations », son « dialogue social » Macron tente d’étouffer la colère des salariés, il craint des explosions sociales mais toutes ces manœuvres ne suffiront pas à calmer la colère actuelle, promise à se renforcer avec la situation qui s’aggrave de jour en jour.
Pendant cette longue période électorale les luttes n’ont pas faibli. Le mouvement des grèves se sont développés dans toute la France. Du commerce à l'aérien en passant par le secteur de l'énergie, de nombreux salariés ont entamé des mouvements de grève pour réclamer une revalorisation salariale à la hauteur de l'inflation qui atteignait, en mai le niveau record de 5,2% sur un an.
Dans ces élections législatives le Parti Révolutionnaire Communistes a été le seul parti à appeler à lutter, contre le capitalisme, à lutter contre ceux qui le servent et qui veulent adapter toute la société aux exigences du capitalisme. Là où nous avons présenté des candidats, le parti progresse, ce qui montre qu’il y a dans le pays un courant qui lutte pour que ça change, qui refuse d’accepter la loi du capital.
Des salariés nous reconnaissent comme une force politique qui compte et sur laquelle ils peuvent compte. Nous menons notre bataille dans une lutte de classe acharnée dans un système où tout est fait pour museler les travailleurs, le peuple, la bataille est dure.

Nous devons nous développer, faire grandir le Parti.

Avec notre hebdomadaire, son contenu et sa régularité, nous avons amélioré notre expression.
Nous devons élargir la diffusion de notre journal, des tracts dans les entreprises, les facultés, les quartiers populaires.
Nous devons améliorer encore notre expression quotidienne, son contenu. Faire mieux connaitre, notre politique, notre action, qui peuvent être approuvées bien plus largement encore aujourd’hui, car elles répondent à l’attente de ceux et celles qui veulent que ça change.
A condition que nous nous adressions bien plus à tous et en particulier à la jeunesse, 1l y a de la place pour un parti révolutionnaire en France. C’est notre responsabilité de l’installer plus encore dans la vie nationale.
Assurer le développement de notre organisation nécessite des sommes considérables. Il faut répondre financièrement aux exigences d’une organisation politique qui assure sa vie et sa propagande à tous les échelons, qui édite un journal, des tracts, des affiches, qui organise des rencontres.
Nous ne pouvons pas bloquer notre activité, comme par exemple lors de la campagne des élections législatives par manque d’argent, ou pour tout autres raisons.
Nous devons aussi veiller à la formation des militants et organiser des stages. La connaissance de la théorie marxiste est indispensable à notre combat révolutionnaire.

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