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Rapport au Bureau National du 16 mai 2018

Chers camarades,

Nous avons décidé il y a quelques temps de faire de notre Bureau National d’aujourd’hui un moment d’analyses et de débats autour de la situation internationale pour en saisir les causes et les conséquences liées exclusivement à la lutte que mènent les impérialismes et leurs états pour dominer les ressources et exploiter les travailleurs de la planète.
Les événements que l’on constate aujourd’hui confirment une accentuation de la concurrence inter impérialiste avec tous les dangers pour la paix que cela comporte.

En ce moment, au Moyen-Orient, Israël, bras armé de l’impérialisme US tue, massacre le peuple palestinien, bombarde un pays souverain (la Syrie) sans qu’aucune sanction ne soit prise contre cet état assassin qui agit en toute impunité en piétinant le droit international. Il en a l’habitude puisque cela fait maintenant plus de 60 ans qu’il passe outre le droit en imposant avec les États-Unis et la complicité des états européens la colonisation chassant de leurs terres les occupants légitimes, installés et reclus depuis des dizaines d’années dans des camps de réfugiés. Ils luttent depuis toujours pour un retour sur leur terre, quoi de plus légitime? Ils le payent au prix de centaines de morts et de milliers de blessés.
Les gouvernements successifs de la France sont plus que complices dans cette situation, ils ont joué un rôle premier pour doter l’État d’Israël depuis sa création, de l’arme atomique, et n’ont jamais bougé lorsque l’armée israélienne a commis des massacres comme Chabras et Chatila. Ils ne disent rien sur la spoliation des terres palestiniennes, acceptent sans broncher la colonisation galopante consistant à étendre les territoires israéliens dont l’objectif du gouvernement est de supprimer purement et simplement tout espoir de construction d’un État palestinien libre et indépendant. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’État français n’a jamais reconnu l’existence d’un État palestinien. Le gouvernement Macron comme ses prédécesseurs et les gouvernements européens sont à la remorque de l’impérialisme américain, tous sont d’accord pour qu’Israël joue le rôle dominant dans la région car tous ont des intérêts à défendre.
Nous allons donc consacrer un moment de cette réunion, pour revenir sur l’analyse de la situation internationale, éclairer sur les causes, les responsabilités et les conséquences de la situation actuelle.
Le Proche et Moyen-Orient n’est qu’un aspect de cette lutte impérialiste de plus en plus agressive. Le capitalisme est en crise permanente, il faut rentabiliser le capital à tout prix, c’est la raison majeure du développement des conflits et des guerres. Il lui faut aller vite et beaucoup plus loin. C’est vrai à l’international, c’est vrai en France.
La tâche n’est pas simple: dans les pays industrialisés, il casse les acquis sociaux arrachés par les luttes. Dans les pays riches en ressources, il tue, massacre les peuples pour installer sa domination.
En France Macron poursuit et accélère ce que les autres gouvernements ont entrepris.
Nous pouvons faire la liste de tout ce qui est attaqué et tout ce qui va l’être, nous avons fait plusieurs articles sur le sujet, ils sont d’actualité. Mais les luttes se développent, l’action des travailleurs a toujours et de tous temps été déterminante pour faire reculer le capital. Nous célébrons 1968, c’est un exemple, le capital a dû reculer, contraint par 10 millions de grévistes, mais il n’a pas disparu.
L’initiative organisée par notre parti sur ce thème à Paris et qui a été un succès, apporte un éclairage utile sur la question des luttes sociales et du pouvoir politique. (Voir le site)
Notre présence, notre action dans les luttes, nos réunions dans les départements, les débats que nous portons sont appréciés car la perspective politique que nous construisons est unique. Aucun parti politique ne la porte, mais tous tentent de récupérer le profond mécontentement qui s’exprime chaque jour de plus en plus fort.
Ne parlons pas de la droite qui tente de trouver des alliances avec le Front National pour aggraver encore les conditions de vie du peuple.
Ce que l’on appelle encore les partis de « gauche » tentent avec difficulté de rassembler les mécontents, mais tous ont été au pouvoir à un moment donné. Leur objectif est de gérer la société actuelle sans la remettre en cause. Le Parti Communiste Français veut reconstituer une « union de la gauche » avec « tous ceux qui veulent construire une perspective à gauche» comme le martèle Pierre Laurent. Pour lui le capitalisme n’est pas responsable de la situation, c’est la répartition des richesses qui pose problème. Même position pour Mélenchon qui tente de s’accaparer les luttes des travailleurs pour les mener dans une impasse politique.
Ces manipulations de l’opinion tournent le dos aux intérêts du peuple et l’entraînent dans une voie dangereuse qui ne crée pas les conditions du changement auquel il aspire.
De plus, la volonté des travailleurs à vouloir être plus nombreux à lutter, ne peut conduire à considérer le syndicalisme comme un relais politique. Le syndicalisme a un rôle essentiel à jouer dans la lutte des classes pour obtenir des acquis sociaux comme l’histoire du mouvement social le démontre.
Nous sommes de toutes les luttes, nous les encourageons, nous sommes pour leur coordination et leur convergence face à une politique du capital cohérente mais nous luttons pour supprimer le capital et donner le pouvoir aux travailleurs et au peuple, lui confier la maîtrise des moyens de production et d’échanges.
Qui le dit à par notre parti ? Y a-t-il une autre perspective crédible ?
Tous les partis politiques actuels ont participé au pouvoir on voit ce qu’il en est aujourd’hui.
En réalité ils sont tous préoccupés à construire dès maintenant la relève à l’équipe Macron pour, soit poursuivre le développement du capital, soit le gérer, ce qui revient à le laisser continuer à dominer et à poursuivre ses objectifs en exploitant le peuple.
Les luttes sont essentielles nous le savons, elles se développent et vont continuer à se développer. Nous avons fait sur le site un tour d’horizon de ces luttes qui touchent de très nombreux secteurs parce que c’est l’ensemble de la vie sociale qui est attaquée.
Pour le capital, tout ce qui représente un repère collectif doit être supprimé, je ne reviens pas sur les acquis sociaux, code du travail et toutes les lois actuelles sur les libertés syndicales, individuelles et collectives. Tout ce qui concerne l’enseignement, les universités, la recherche soumise aux lois du profit et à la rentabilité ainsi que la santé dont Macron promet une « grande réforme » ou la fonction publique dont les premières rencontres entre les syndicats et le ministère ont eu lieu hier.
Rappelons que l’objectif du pouvoir est de supprimer 120000 postes pour diminuer la «dette publique », que le statut des fonctionnaires est dans la ligne de mire comme à la SNCF et à La Poste où il a été supprimé. 1280000 salariés sont contractuels (hors statut) dans la fonction publique aujourd’hui. La privatisation des services est donc déjà bien avancée. Cela n’a rien arrangé dans le fonctionnement des services, au contraire mais ils veulent aller jusqu’à suppression totale du statut et ainsi avoir la liberté de licencier, précariser, flexibiliser comme à La Poste aujourd’hui pour rentabiliser les services.
La retraite par répartition est également sur le point d’être remise en cause, les discussions doivent avoir lieu prochainement entre syndicats, pouvoir et patronat en vue d’aboutir en 2019. Bref, on est face à une politique livrée totalement aux appétits du capital. Une seule voie existe: la lutte.
Les centrales syndicales doivent tenir compte du mécontentement et de la colère qui s’expriment.

  • Berger de la CFDT doit temporiser dans le conflit de la SNCF car le mécontentement existe partout y compris chez les adhérents CFDT. Porte-parole du Medef et du pouvoir, Berger a condamné violemment la lutte des salariés d’Air France mais les travailleurs ont démontré leur détermination et désavoué Air France, Macron et Berger lors du référendum interne.
  • Le congrès Force ouvrière a remis en cause l’inaction de la centrale lors de la lutte contre la loi travail.
  • La CGT est à l’initiative des luttes, le 1er mai a été un succès malgré les violences organisées, l’idée d’unifier les luttes continue à faire son chemin. Le 22 mai prochain est une initiative importante de ce point de vue. Des appels, notamment locaux, des organisations CGT sont lancés pour participer à la journée d’action dans les départements. Des fédérations, des unions départementales ont rappelé dans une déclaration l’importance des revendications à gagner par la lutte.

Nous sommes donc dans une période ou par notre activité politique, nous apportons des arguments pour comprendre la situation et à s’organiser pour mieux la combattre. D’autant plus que les coups portés, la casse des acquis ont un effet immédiat sur l’explosion des profits capitalistes.
Nous l’avons dit il y a quelque temps mais vous avez pu voir ou entendre l’étude de l’O.N.G. Oxfam qui révèle que les entreprises du CAC 40 ont réalisé 1300 milliards de chiffres d’affaires en 2017, c’est la moitié du produit intérieur brut français. Les dividendes distribués aux actionnaires ont augmenté de 30 à 67,4 % en 15 ans (rappelons-nous le discours sur la crise de 2007 qu’ils continuent à faire payer aux travailleurs).
Les PDG du CAC 40 gagnent en moyenne 257 fois le SMIC et possèdent 1454 filiales dans les paradis fiscaux.
Qui a dit partage des richesses !
Ces moyens considérables, les richesses produites doivent revenir au peuple pour son développement parce qu’il en est l’unique producteur.
Pour cela, il faut bien sûr un parti révolutionnaire qui porte ces questions, c’est notre rôle.
Les moments forts de lutte facilitent les rencontres, les débats. Il faut donc développer encore plus notre activité. Des dizaines de milliers de tracts sont distribués et appréciés parce qu’ils apportent un éclairage nouveau sur la société et sur les moyens d’en changer.
Multiplions les contacts et les rencontres, proposons l’adhésion.
La situation nationale, implique notre total engagement auprès des travailleurs pour développer notre politique.
Nous allons engager le débat sur cette situation, notre activité dans les départements puis nous aurons une introduction à la discussion sur les développements de la situation internationale. Cette intervention sera rendue publique sur notre site afin de la diffuser plus largement pour aider à comprendre l’état du monde d’aujourd’hui.

Bimestriel N°131

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