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Territoires et État : des enjeux de la lutte des classes

Dans son discours d’investiture le premier Ministre a de manière répétitive fait appel aux « territoires » affirmant y voir la source de la résolution des problèmes posés aux français. Cet appel aux « territoires » n’est pas une invention récente, depuis des années, le sénat, les conseils économiques sociaux et environnementaux national et régionaux, les assemblées régionales, départementales, les communes et les communautés de communes, d’agglomérations et de territoires,

ne jurent que par ce concept local qui permettrait de différencier les traitements politiques des problèmes et de s’adapter aux besoins dans un zone géographique limitée.
Au plan politique, les partis font aussi beaucoup dans le « territoire », où comme par enchantement les rapports de classe auraient disparus et où il ne resterait que des problèmes concrets à résoudre « tous ensemble » : élus, syndicats patronaux et salariés, associations….. Récemment, à l’initiative d’Anne Hidalgo une vingtaine de maires écologistes et socialistes se sont retrouvés à Tours pour créer un « arc humaniste » et reconstruire la « gauche » à partir des territoires !
Si aujourd’hui, ce besoin de « territoires » est si fort, c’est qu’il s’inscrit dans une volonté de « rassembler » autour de la politique du capital. Il est une composante de la version moderne de la collaboration de classe dont le patronat et son pouvoir ont tant besoin pour faire accepter leur politique de destructions des conquêtes sociales et pour faire voler en éclat le caractère indivisible du droit sur le plan national et tout particulièrement du droit social. Il acte la mise en concurrence des régions et des collectivités territoriales dans le cadre de l’Europe du capital.
Pour autant, il serait absurde de penser que la territorialisation serait l’affaiblissement de l’État du capital monopoliste: bien au contraire. Si elle décharge l’État d’un certain nombre de missions non régaliennes, elle permet à ce dernier d’être mieux encore celui des monopoles capitalistes en exerçant pour l’ensemble des capitalistes ses fonctions de régulation et de répression.
Par fonction de régulation, il faut entendre sa capacité à orienter et à décider de l’organisation de l’activité économique et sociale au service exclusif du capital. On le voit tout particulièrement dans cette dernière période où l’État agit massivement sur le plan économique pour permettre au capital de se restructurer et de se concentrer dans le cadre d’une concurrence exacerbée entre grands monopoles à l’échelle mondiale. On le voit aussi dans les lois anti-sociales qui visent à faire baisser le prix de la force de travail et à fragiliser le mouvement ouvrier organisé (ici, il n’est évidemment pas question de « territoire »!). Par fonction de répression, il s’agit là d’assurer l’ordre social en mettant hors d’état de « nuire » tous ceux qui contestent l’ordre social. Les exemples foisonnent de militants syndicaux aujourd’hui réprimés.
D’un côté, le pouvoir discourt sur le rôle des territoires pour mieux intégrer les salariés à la stratégie du capital en les éloignant, autant que faire se peut, des enjeux politiques et sociaux, de l’autre, il dirige d’une main de fer dans l’intérêt des groupes capitalistes dominants. Il est bien l’État du capital

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