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Débat organisé par notre Parti Révolutionnaire Communistes le 7 décembre

Le débat a été riche d’une discussion sur la situation sociale et politique, sur le développement de la lutte de classe pour faire reculer Macron et sur les questions de la jeunesse.
Vous trouverez ci-dessous l’introduction au débat par notre camarade J. N-Dedi membre du Comité National de notre Parti. Michel Gruselle, secrétaire de la cellule Université Recherche

Introduction au débat du 7 décembre 2019

Le 9 novembre 2019, un étudiant de l’Université de Lyon, Anas K. s’immolait à l’entrée du CROUS. Cet événement a entrainé la colère des étudiants de cette université et des deux principaux syndicats (FAGE, Unef) qui demandaient quelques jours plus tard une réunion gouvernementale pour prendre des mesures contre la précarité étudiante. Une question se pose : Comment un jeune étudiant a t-il pu en arriver là ? Il existe des raisons objectives à ce malaise.
Depuis quelques années, les syndicats étudiants expliquent la précarisation de la vie des étudiants due notamment à l’augmentation des prix de l’immobilier, des denrées alimentaires de première nécessité, et des différents coûts d’utilisation du matériel au sein même des universités. Les grandes universités ont la possibilité de ne pas reporter ces coûts sur les frais d’inscriptions alors que les universités des villes dites moyennes ont vu leur frais d’inscriptions augmentée constamment depuis 2007 (loi Pécresse sur l’autonomie des universités). Malgré les différents rapports attestant de cela, les politiques françaises de l’enseignement supérieur restent les mêmes, en dépit des changements des différents gouvernements, et celles-ci s’accentueront à l’avenir. En effet, la loi votée pour l’augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers hors Union européenne est une des nombreuses illustrations.
Il est à noter que ces réformes sont dans la continuité d’un mouvement de fond : celui de la compétition mondiale entre les différentes universités. Les gouvernements successifs n’ont de cesse de répéter à qui veut l’entendre que le niveau des étudiants français est en baisse car parait-il ceux-ci seraient trop nombreux pour pouvoir étudier dans de bonnes conditions à l’université. Pour appuyer ces arguments, ils évoquent constamment le classement des Shanghai qui classe les universités des différents pays développés en fonction principalement de leurs publications scientifiques. Ce classement sert de prétexte à diminuer le nombre d’étudiants dans les universités (les politiques au pouvoir n’arrêtent pas de répéter que c’est navrant d’avoir les 80% d’une classe d’âge qui ont un baccalauréat) par le biais d’une sélection, à diminuer l’investissement public dans les universités (notamment dans certaines filières) et enfin à concurrencer les universités nationales entre elles. La réforme du baccalauréat dont la plateforme Parcoursup n’est que la partie immergée de l’iceberg confirme cela. A savoir empêcher une partie des étudiants d’accéder au savoir universitaire. Mais dans une compétition économique mondiale exacerbée une question se pose : quels sont les étudiants concernés par ces différentes réformes ?
Depuis quelques années, un nombre d’étudiants est en constante augmentation dans les universités. Ceci n’est pas seulement dû à la démographie mais aussi à une part constante d’étudiants venus de baccalauréats professionnels et technologiques. A cela s’est ajouté l’important nombre d’inscriptions du nombre d’étudiants du supérieur ayant obtenu préalablement comme diplômes le Brevet de technicien supérieur (BTS) et le Diplôme universitaire de technologie (DUT). Cette augmentation des inscriptions de ces diplômés s’explique par plusieurs facteurs dont deux principalement : le besoin d’augmentation de connaissances de ces jeunes diplômés confrontés aux réalités de besoin d’emplois de plus en plus qualifiés et le besoin pour ces jeunes d’accéder à des postes de responsabilité plus élevée en entreprise afin d’avoir un meilleur salaire. Les bacheliers professionnels ressentent ce besoin aussi une fois confrontés au monde du travail. Dans un monde de plus en plus élevé sur le plan technologique, il est normal de constater une augmentation du nombre d’étudiants s’inscrivant à l’université. Alors pourquoi s’opposer à la formation croissante d’une partie de la jeunesse diplômée ?
De cette question, il convient de mettre en perspective le lien étroit entre diplôme, marché du travail et classe sociale. En effet, la jeunesse ne forme pas un tout uniforme. L’école française est décrite comme la plus inégalitaire des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Cette donnée initiale permet de comprendre comment fonctionne la stratification sociale étudiante de l’enseignement supérieur. Globalement, on retrouve dans les grandes écoles et universités les élèves issus des classes supérieures très aisées et moyennes alors que l’on retrouve les élèves issues des classes ouvrières et moyennes inférieures dans les filières professionnelles post-bac. De cette étude, on en déduit que les élèves issus des filières professionnelles se sont lancées massivement ces dernières années dans les filières universitaires. De ces étudiants mal préparés à ce type d’études, du fait de leur formation antérieure, les professeurs d’université ont constaté un taux d’échecs importants de ces étudiants. Selon les données du ministère de l’Education Nationale au 1er février 2018, seulement 50.7% des bacheliers professionnels et 35.4% des élèves ayant obtenu certificat d’aptitude professionnelle (CAP) avaient un emploi. Des chiffres, bien en deçà de leurs homologues ayant suivi une formation en apprentissage. Avec ce faible taux d’emploi, il est assez aisé de comprendre le besoin de ces jeunes de vouloir poursuivre les études dans une formation universitaire. Alors pourquoi les gouvernements actuels veulent les empêcher d’accéder à la voie universitaire ?
Depuis de nombreuses années, les médias dominants, les gouvernements successifs et les syndicats patronaux comme la CGPME notamment affirment qu’il existe de nombreux emplois non pourvus (environ 300 000) notamment dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et du bâtiment. Ce manque d’emplois pourvu est une des explications de la réforme universitaire à savoir que les étudiants de classe moyenne inférieure et les enfants issus des classes ouvrières ne doivent plus être encouragées à faire des études universitaires mais plutôt à être insérés le plus rapidement possible dans des emplois précaires, difficiles et à bas salaires. Dans un système éducatif français où le baccalauréat est la clé d’entrée pour la voie universitaire, tout lycéen possédant le diplôme peut s’inscrire à l’université quel que soit la filière suivie au lycée et ce dans le domaine de son choix. Ce droit, profondément ancré dans la population française ne peut être remis directement et officiellement en question. La question qui se pose est donc celle-ci : Comment remettre en cause un droit fondamental, celui de s’inscrire à l’université et de poursuivre des études supérieures, sans provoquer un trop grand mécontentement ? La stratégie utilisée par les gouvernements n’est plus simplement de réformer les universités mais le lycée. Pour cela, les politiques argumentent les mêmes constats : 80% d’une classe d’âge a le baccalauréat, il y a un problème d’orientation des jeunes, le niveau du baccalauréat a baissé, et cette question toujours qui est posée : Est-ce qu’il n’est pas illusoire de permettre à tous les jeunes possédant le baccalauréat (général, technologique et professionnel) d’accéder à des études supérieures ? En réponse à cette question le gouvernement actuel d’Edouard Philippe a trouvé une réponse simple : Parcoursup. Il s’agit de trier les nouveaux bacheliers afin d’empêcher les bacheliers non formés pour les études universitaires longues. De ce fait les jeunes étudiants des filières professionnelles venant des classes sociales les moins favorisées de la population sont gentiment invités à ne pas poursuivre des études universitaires et donc en conséquence doivent directement insérer le marché de l’emploi et notamment celui des emplois dits non pourvus comme cités précédemment. Cette politique de classe clairement menée dans le système éducatif qui il est vrai a toujours été inégalitaire n’est pas à différencier des autres politiques menées contre les jeunes travailleurs (dits actifs), les chômeurs et ce qu’on appelle la jeunesse en général.
En effet, la loi votée sur l’assurance chômage en 2019 et les lois sur la réforme du code du travail 2016 et 2017 ont aussi fragilisé les chômeurs et les jeunes actifs (notamment salariés). La loi de la réforme sur le code du travail, il faut le rappeler, plafonne les indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif et étend la primauté de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche. Ainsi, l’incertitude du lendemain concerne toute la jeunesse, ce qui explique actuellement les doutes qui l’accablent. A cela s’est ajoutée la réforme de l’assurance chômage qui s’applique à partir du 1er novembre 2019 et qui fait passer le droit de l’assurance chômage de 4 mois travaillés à 6 mois. Ecourter la période de l’assurance chômage permet de faire des économies sur le salaire (brut) des salariés et aussi de pousser les chômeurs à accepter un travail qui ne correspond pas forcément aux qualifications requises. Toutes ces lois votées ont des conséquences directes sur la vie des jeunes.
Ces politiques menées à l’encontre de la jeunesse ne sont pas différentes de celles menées à l’encontre des autres catégories de la population. Nous pouvons même dire que ce sont les mêmes et qui ont pour but une seule chose : le profit.
Après la lutte des personnels des urgences des hôpitaux et des établissements d’hébergement pour personnes âgées qui a réuni des dizaines de milliers de personnes ces depuis huit mois, et toutes celles qui sont en cours ou à venir, la question centrale au cœur de ces luttes même si elle n’est pas vécue comme cela est : quelle société ? Au service de qui ? Comment faire pour y parvenir ? C’est une question qui se pose partout en France et dans le monde où les peuples luttent pour une vie meilleure.
Une des nombreuses thématiques, représentant les doutes accompagnant l’avenir de la jeunesse et de la société en cours qui a émergé ces dernières années est la question écologique. Elle est devenue au cœur des discours de tous les bords politiques, de diverses associations, des grandes institutions internationales et des médias. Il n’existe plus de sujets aujourd’hui abordés sans que l’on questionne une éventuelle question écologique : école, logement, commerce, agriculture, industrie. Politiques, personnes inconnues de think thank abordent tous les plateaux de télévision des chaînes d’information en continu pour évoquer la « question écologique ». Pourtant lorsqu’on y regarde de plus près, la question écologique est subitement ramenée à la question du climat et de son réchauffement.
Le capitalisme est en difficulté politique partout pour appliquer sa politique de plus en plus rejetée. Je le répète encore, le capitalisme ne peut pas résoudre les problèmes de l’humanité pour une raison simple : il n’a pas été conçu pour cela et ce n’est pas sa vocation. Au-delà de la mise en question, à plus ou moins long terme, des conditions d’existence de l’Humanité menacée également, par des conflits de plus en plus meurtriers, les questions environnementales déterminent aussi les conditions de vie et de travail actuelles de la jeunesse et de tous les salariés. Mener ce combat dans la vie de tous les jours et au travail est une nécessité pour en finir avec la galère dans les villes et des campagnes de plus en plus inégalitaires où sévissent chômage, précarité et conditions de travail de plus en plus stressantes. Est-il question dans les média de ces conditions de vie et de travail ? La réponse est clairement non. Et pourtant personne n’échappe aux litanies constamment développées sur le climat et son réchauffement. La fin du monde est annoncée !! La propagande bat son plein pour faire peur, la jeunesse est outrageusement utilisée pour justifier les nécessaires restrictions futures restrictions imposées. Les peuples sont ainsi rendus coupables de vivre au-dessus de leurs moyens, ce qui annonce une austérité renforcée partout, des efforts à accomplir, des économies supplémentaires à réaliser. Cette manipulation de l’opinion est accompagnée d’une bataille idéologique exonérant, comme sur tous les sujets, la responsabilité du capital. Le journal « Les Echos » se montre une nouvelle fois à l’avant-garde de l’opération. Dans un de ses articles il est écrit : « le monde libre (le capitalisme) premier allié du climat », « on doit défendre le capitalisme tout en défendant sa régulation ». Il s’ensuit dans l’article en question une volée de bois vert contre ceux qui penseraient autrement. La course aux armements, y compris nucléaires, la multiplication des conflits armés, les guerres et agressions impérialistes et leurs conséquences ne figurent évidemment pas dans les écrits du journal.
Pour aborder ces questions sur les changements climatiques, il convient donc d’abord d’ouvrir le débat sur ses causes profondes dont on nous assène aujourd’hui qu’elles auraient une cause unique : les activités humaines.
Personne ne doute que les activités humaines ont une influence sur l’environnement. Pour se nourrir, se loger, se chauffer se soigner, voyager, les sept milliards d’êtres humains que compte la planète utilisent les ressources naturelles dont ils disposent. Ils produisent et transforment toute chose en usage nécessaire pour leur vie et leur reproduction. Mais cette production n’est pas le fait de décisions individuelles. Elle est sociale et régie par les rapports que les groupes sociaux établissent entre eux. Mais de quels rapports sociaux parle-t-on ? Nous évoquons ici les rapports sociaux issus du système capitaliste de production dont la base est l’exploitation du travail salarié par une minorité qui détient à elle seule les grands moyens de production et d’échange.
Comme dit précédemment, la loi de développement du capitalisme est celle de la réalisation du profit maximum et de l’accumulation du capital. Le capitalisme n’a comme limite dans son exploitation que les limites que lui impose la lutte des travailleurs. C’est vrai pour les salaires, la protection sociale, la sécurité du travail, les retraites comme cela l’est aussi pour la protection de l’environnement. Autant dire que sans les luttes sociales, les belles phrases sur l’environnement et le climat ne sont que des diversions visant à détourner l’attention des luttes nécessaires contre ce système prédateur. Un des exemples les plus marquants est l’exemple de la déforestation et la gestion des ressources forestières en France. Aucun média, aucune personnalité politique ne remet en cause la propriété privée des forêts en France. Et pourtant 75% des forêts françaises sont privatisées. Aussi, il n’y a jamais de débat sur les grandes entreprises qui détiennent le monopole du recyclage. Pire la plupart des personnes s’intéressant à ces questions ne les connaissent même pas. Or, comment peut-on dire que l’on souhaite changer de système économique si personne ne parle de la propriété privée des ressources environnementales et des grands moyens de production de recyclage, de l’eau ou encore de l’énergie ?
Ce que nous disons à la jeunesse est que la vraie bataille pour sortir de la crise est d’en finir avec le système prédateur qu’est le capitalisme qui ne respecte ni l’être humain ni la nature. Pour cela, il n’y a pas d’autre voie que la lutte pour abattre ce système et construire enfin une autre société que nous souhaitons moderne, juste et démocratique débarrassée des rapports sociaux d’exploitation de l’Homme par l’Homme. C’est ce débat que nous souhaitons engager ici.

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